Présentation de l’épître aux Galates

Posté par diaconos le 11 avril 2008

 

Auteur : Michel Houyoux, diacre permanent (Étude de l’épître aux Galates, février 2002 * Extraits)

Depuis l’antiquité patristique jusque vers 1748, la lettre aux Galates a été considérée comme destinée aux habitants de la Galatie. Une hypothèse émise en 1748 par Schmidt, puis par Mynster et reprise par Ernest Renan (1869) a introduit un doute quand aux destinataires de l’épître ( Histoire de l’hypothèse sud galatique, page 219. )
Les membres des églises de Galatie, églises fondées par la prédication paulinienne étaient des païens qui ne connaissent le Dieu juif et chrétien que depuis leur conversion ; des missionnaires apparus en Galatie et troublèrent les Galates : ils essayèrent de les persuader à se faire circoncire et en avaient déjà convaincu quelques-uns (Ga 5,2-4), qui firent ensuite pression sur les autres. La lettre de Paul visa à clarifier l’esprit des Galates. Selon l’apôtre Paul, l’évangile des nouveaux missionnaires n’a rien à voir avec l’Évangile de Dieu ! (Ga. 1,9)

 

La lettre de Paul aux communautés chrétiennes de Galatie, en Asie Mineure, marque un tournant dans les perspectives de l’Apôtre en même temps qu’elle donne, au fond, les raisons fondamentales pour lesquelles, tôt ou tard, le christianisme naissant devait se détacher du judaïsme. Le point de départ circonstanciel de la lettre (l’intrusion de prédicateurs chrétiens judaïsant dans les communautés fondées par Paul en Galatie) donne lieu à des prises de positions, traduites en langage abrupt, qui montrent que pour le juif Paul, nul compromis n’est possible entre une religion dont la médiation est la loi de Moïse et le christianisme qui se définit par la foi au Dieu sauvant le monde en Jésus-Christ. Les argumentations en série que Paul développe pour soutenir sa thèse sont pour une bonne part obsolètes aux yeux d’un lecteur moderne. La thèse subsiste qui ne peut qu’interroger tous ceux qui aujourd’hui travaillent, au rapprochement entre juifs et chrétiens, entre deux religions, l’une issue de l’autre. De cette recherche les thèses de Paul, la crudité de ses formules ainsi que leur influence dans la pensée chrétienne ultérieure ne peuvent être écartées sans manquer à l’honnêteté que les chrétiens doivent à eux-mêmes et à ceux qui ne partagent pas leur foi. La lettre de Paul aux Romains, rédigée un peu plus tard dans un climat plus serein, montre que, malgré les atténuations opérées, la pensée de Paul n’a pas changé sur le fond.

 

L’objet de cette épître n’est pas seulement de proclamer la vérité de la justification par la foi en contraste avec des œuvres de la loi, mais de la défendre contre les efforts de Satan qui cherchait à l’ensevelir. La venue de la foi n’est autre que la venue du Christ.

La réponse de Paul est sévère. Elle peut vraiment paraître très négative vis à vis des pratiques religieuses. Faire trop crédit aux règles et pratiques d’une religion , c’est s’enfermer dans un système, un ordre dans lequel nous attendons, même sans le dire, la récompense de nos bonnes actions. La foi, au contraire, c’est se livrer à Dieu et à son mystère.

Visée théologique : Une double conviction fondamentale est la caractéristique de l’essence de l’Évangile proclamé par Paul

  1. l’existence de Paul a été cassée en deux par un événement qu’il interprète comme étant une révélation de Dieu. (Ga 1, 15-16)
  2. Cet événement fondateur est la révélation par Dieu du Crucifié comme étant son Fils. (Ga 1, 12-16)

Cette double conviction fondamentale a deux conséquences :

  • Première conséquence : Universalisme de l’Évangile paulinien
  • Deuxième conséquence : Pluralisme de l’ecclésiologie paulinienne.

Chacun est appelé avec son identité et son statut d’une part et d’autre part la diversité des membres de la communauté des baptisés renforce leur unité.

La Loi dans l’épître aux Galates.

Affirmation centrale de l’épître: ” …nul ne sera justifié par les œuvres de la Loi, si ce n’est pas la Foi de( ou en ) Jésus Christ.” (Ga 2,16)
Par cette confiance totale au Christ , l’existence se trouve transformée en nouvelle créature: “Ce n’est pas moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi…” (Ga 2,19-20)
Un premier supposé de cette affirmation se trouve dans la conception apocalyptique de l’histoire: la révélation de Dieu en Jésus Christ a cassé l’histoire en deux. Ce qui veut dire que l’on change d’époque ( temps ancien = temps de la loi) Le temps nouveau, c’est le temps de l’esprit, ce qui a pour conséquence que les croyants ne sont plus sous la Loi mais dans l’Esprit.

 

Ce schéma laisse deux questions ouvertes

  • · Qu’est-ce qui a fait de l’existence sous la Loi une existence de malédiction? (Ga 3,10-14)
  • Que devient la Loi dans l’époque nouvelle ? À l’époque nouvelle la Loi se trouve accomplie dans le double commandement de l’amour de soi même et de l’amour du prochain . Le sens de cette parole (Ga 5,14) rend réelle la justification par la confiance.

D’un point de vue historique, le débat sur la place de l’épître dans la vie de Paul et dans son évolution théologique est rouvert prudemment aujourd’hui. D’un point de vue théologique, pendant une longue période, l’interprétation de l’épître a donné lieu à des débats confessionnels (Catholiques et Protestants…) au sujet de la justification par la foi.

À suivre la semaine prochaine :  « Question posée par l’épître aux Galates »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

 

Salem alikoum |
Eazy Islam |
Josue |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | AEP Gresivaudan 4ieme 2007-08
| Une Paroisse virtuelle en F...
| VIENS ECOUTE ET VOIS