“Question posée par l’épître aux Galates”

Posté par diaconos le 18 avril 2008

Auteur Michel Houyoux, diacre permanent * Étude du texte « Ga 3, 1-4,11″, travail publié en 2002.

Question en jeu dans cette épître

Le texte est construit autour d’une seule question posée par Paul aux communautés qu’il a fondées:  » Est-ce par suite de la pratique de la loi que vous avez reçu l’Esprit ou par l’acceptation de la loi ? (Ga 3,2) L’objet de cette épître n’est pas seulement de proclamer la vérité de la La conversion de Paul justification par la foi en contraste avec des œuvres de la loi, mais de la défendre contre les efforts de Satan qui cherchait à l’ensevelir. La venue de la foi n’est autre que la venue du Christ.
La réponse de Paul est sévère. Elle peut vraiment paraître très négative vis à vis des pratiques religieuses. Faire trop crédit aux règles et pratiques d’une religion, c’est s’enfermer dans un système, un ordre dans lequel nous attendons, même sans le dire, la récompense de nos bonnes actions. La foi, au contraire, c’est se livrer à Dieu et à son mystère.

Cette question a-t-elle eu de l’importance dans la vie de l’Église ?

Cette épître est considérée comme la grande charte de l’Église. L’enseignement de Paul a donné le coup d’envoi pour l’identification propre du Christianisme, un mouvement qui prône a justification par la foi et qui n’est plus une simple branche du judaïsme. Pierre et Jacques veulent adresser aux non-juifs le message du Messie dans le strict respect de la loi de Moise. Pour Paul, la conversion au judaïsme n’est pas nécessaire. Cette opinion déclencha alors un scandale et sera promise à un bel avenir: un siècle après la mort de Paul, la grande majorité des chrétiens avait abandonné la pratique de la Loi, rendant définitive la rupture entre le judaïsme et le christianisme.

 

C’est grâce à la controverse que cette vérité s’est implantée. (La Loi et la Grâce selon l’épître aux Galates. étude de Raymond Boivin)

Luther aimait particulièrement cette épître qui fut sans conteste une des armes les plus efficaces lors de la Réforme protestante du 16e siècle. La doctrine de la justification était centrale pour la Réforme luthérienne du XVIe siècle. Elle était considérée comme le premier article, l’article capital à la fois « guide et juge pour tous les autres domaines de la doctrine chrétienne « . On y défendait et affirmait surtout l’acception réformatrice et la valeur particulière de la doctrine de la justification face à la théologie et à l’Eglise catholique romaine de l’époque qui, de leur côté, affirmaient et défendaient une doctrine de la justification aux accents différents. Du côté de la Réforme, on considérait cette question comme étant le point de cristallisation de toutes les polémiques. Les confessions de foi luthériennes et le Concile de Trente de l’Église catholique romaine ont prononcé des condamnations doctrinales qui restent en vigueur aujourd’hui et dont les conséquences sont causes de séparation entre les Églises.

Extrait de l’étude de Raymond Boivin : « La Loi et la Grâce selon l’épître aux Galates »

« Tout a commencé lorsque des chrétiens juifs, des judaïsant, ont enseigné les Galates de la sorte: pour réellement être considéré comme faisant parti du peuple de Dieu, il fallait, après avoir cru au Seigneur Jésus, accomplir les œuvres de la loi. 1/s devaient donc se faire circoncire et suivre les prescriptions de la loi mosaïque. Ce message étant contraire à celui qu’ils avaient reçu de leur père spirituel, l’apôtre Paul, il fallait donc discréditer celui-ci. Boice décrit bien la calomnie dont fut alors victime l’ouvrier fidèle : « Actually, they asserted, he wasmerely an evangelist who, after he had received some knowledge of Christianity, turned to his wn devices and, in order to please the Gentiles, taught an easy gospel that was opposed to that of the apostolic model (Ga 1,10). They said that Paul must teach as the disciples taught or be rejected » . Lorsque Paul eût vent de cette influence néfaste pour l’église qu’il avait fondée, il écrivit alors l’épître aux Galates, une lettre pleine de fougue qui montre bien le cœur de l’apôtre. Celui ci doit donc d’abord défendre son apostolat pour ensuite soutenir la saine doctrine de la justification par lafoi et non par les œuvres de la loi. C’est dans cet écrit que l’on peut vraiment voir tout l’esprit combatif qui pouvait animer l’apôtre des gentils. Fin de citation.

À suivre la semaine prochaine  » Actualité de cette question dans la vie de l’Église »
Voir aussi la première partie dans les archives (11avril 2008) : « Présentation de l’épître aux Galates »

 

 

4 Réponses à ““Question posée par l’épître aux Galates””

  1. diaconos dit :

    Bonjour à Ait France, merci pour votre commentaire dans cet article,
    Situons le verset 17 dans son contexte : dans Ga 2,11 à 2,21, Paul rappelle l’incident qui l’a opposé à Pierre à propos des observances judaïques (vv 11-14). Puis il résume son Évangile qui est le même que celui de Pierre : la seule observance de la Loi est inapte à sauver l’homme des son péché(v 16).

    Ga2, 14b à 2, 21 : La révélation apocalyptique de la croix signifie la fin de la malédiction de l’existence sous la Loi et la bonne nouvelle de la justification par la foi.

    Ga 17 « Mais si, en cherchant à être justifiés en Christ, nous avons été trouvés pécheurs nous aussi, Christ serait-il ministre du péché ? »

    S’il est nécessaire d’observer la Loi, il est nécessaire aussi ; ou que nous cessions d’écouter le Christ, ou, si nous écoutons le Christ, que nous transgressions la loi. Si l’on doit rester fidèle à la Loi , ceux qui ne lui sont pas fidèles la transgressent, et il se trouvera que l’auteur de cette désobéissance est Jésus-Christ, car il a détruit lui-même la Loi en ce qui concerne ces pratiques, et a de plus donné ordre aux autres d’en faire autant.
    Voyez-vous où en arrivent ceux qui se soumettent aux pratiques des Juifs ? Jésus-Christ, qui devrait être l’auteur de leur justification, devient ainsi l’auteur de leur péché, comme nous le fait entendre Paul quand il dit : « Jésus-Christ serait donc ministre du péché ». Ensuite, après avoir poussé ce raisonnement jusqu’à l’absurde, et n’ayant pas besoin d’une nouvelle argumentation pour rétablir la vérité, il se contente de dire : « Ce qu’à Dieu ne plaise ! » Car, coutre les choses par trop absurdes et révoltantes, il n’est pas besoin de faire effort de logique, une simple exclamation de dégoût suffit.
    Conclusion : Le contact avec des païens n’est plus source d’impureté. Tout au contraire, ne pas les accepter à table serait ne pas croire en Christ, source du salut pour tous les hommes !

    Pour consulter des notes et des commentaires pour chaque verset de l’épître aux Galates, utilisez le moteur de recherche « Nouveau Testament annoté (colonne de gauche de cette page) et pour le mode d’emploi de cet outil vraiment performant, cliquez sur le titre « mode d’emploi, c’est ici ! » en haut de cette page.

    Bien à vous. Recevez mes salutations cordiales.
    Michel Houyoux, diacre permanent et administrateur de ce site.

  2. Ait France dit :

    Merci pour votre étude. Auriez-vous la gentillesse de m’expliquer le verset 17 dans Galates 2 .
    Mais si, en cherchant à être déclarés justes ….. Cela signifie-t-il que le Christ est complice du péché?…. D’avance je vous en remercie.Fr

  3. diaconos dit :

    Bonjour, je vous remercie pour votre visite sur ce site.
    « L’épine dans la chair » est mentionnée par l’apôtre Paul dans sa deuxième lettre aux membres de l’église de Corinthe au chapitre 7 : « Frères, les révélations que j’ai reçues sont tellement exceptionnelles que, pour m’empêcher de me surestimer, une épine a été plantée dans ma chair, un envoyé de Satan qui est là pour me gifler, pour m’empêcher de me surestimer. » (2 Co 12,7)
    Diverses hypothèses ont été émises sur ce que pouvait être cette épine : une maladie peut-être (2Co 1,8 ; Ga 4,13)dont les rechutes imprévisibles le réduisaient à l’impuissance ? Ou des tentations de la chair contrecoup d’une première éducation morale aussi rigide que les commandements de la Loi ?
    Ce qui est certain, c’est que nous aspirons tous à un état de paix où nous nous sentirions sûrs de nous-mêmes, mais Dieu pour sa part (selon Paul), quelque soit la richesse de ses dons, se refuse à nous la donner (1 Co 2, 5 ; 4, 7)
    La Bible pastorale de Maredsous dit de cette épine qu’il s’agit d’une souffrance qui nous est inconnue…
    Les termes dont se sert l’apôtre expriment l’indicible douleur de son épreuve, mais n’en indiquent pas clairement la nature. Le mot que nous traduisons par une épine (écharde, dans la TOB)désigne tout corps muni d’une pointe propre à percer, à déchirer, comme un pieu, une lance, les clous d’une croix, la croix elle-même. Cette cause de souffrance étant dans la chair, il est probable que c’était quelque infirmité corporelle très douloureuse, très humiliante. (Comparer Galates 4.14)

    Ses propos concernant les femmes (1) lui ont aussi été vivement reprochés et ont été opposés à la sollicitude que Jésus a manifesté à leur égard. Ils doivent cependant être contextualisés et ne pas occulter qu’il s’agit de rappels à l’ordre témoignant justement que les femmes avaient une participation active au sein des premières communautés chrétiennes (2). Pour Paul, comme entre maîtres et esclaves (1 Co 7, 21-23), le statut compte moins que la fraternité dans les relations sociales ; de même l’autorité étatique doit être acceptée si elle s’exerce avec justice.
    Pour lire les versets référencés ici dans leur contexte, utilisez l’outil « Le Nouveau Testament annoté en ligne » dans la colonne de gauche de cette page et pour le mode d’emploi de cet outil, cliquez sur le bouton « Mode d’emploi, c’est ici ! » en haut de cette page. Vous aurez aussi d’autres notes et commentaires pour chaque verset.

    (1) à confronter à cette sentence de la Mishna : « Mieux vaut brûler les paroles de la Torah plutôt que les livrer aux femmes » (traité Sota, 18, 8), ou à certaines paroles de Hillel l’ancien « Beaucoup de femmes, beaucoup de sorcellerie » ou « ne parle pas trop avec les femmes » (Aboth 2, 7 et 1, 5).
    (2) Daniel Marguerat, « Saint Paul contre les femmes ? » dans « Le Dieu des premiers chrétiens », Labor et Fides, 1990.

  4. naguere dit :

    Bonjour,
    Peut-être pourrez-vous répondre à cette question qui me tarabuste : quelle était « cette épine dans la chair » que Saint-Paul mentionne ? Par ailleurs, il est clair qu’il n’aimait pas les femmes, à la différence de Jésus. Comment concilier des démarches et des positions si dissemblables ?

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