Choisis le chemin de la vie ! (Dt 30, 15-20)

Posté par diaconos le 10 février 2009

Auteur Michel Houyoux, diacre permanent , « Choisis la vie ! » éd. 2003

Introduction

Le livre du Deutéronome se présente comme une série de longs discours de Moïse juste avant l’entrée au pays de Canaan. Ces discours énoncent diverses prescriptions juridiques reprenant entre autre les dix commandements ce qui a permis de parler d’une seconde loi par rapport à l’Exode.

Par certains aspects, le Deutéronome apparaît comme le testament de Moïse, son encouragement à tenir bon après qu’il ait disparu.

Le grand thème de ce livre, du commencement à la fin, c’est l’exhortation ; sa thèse, la parole de Dieu ; son objet, l’obéissance sincère, entière, du cœur, fondée sur une relation connue, sur des privilèges dont on jouit. Le but du livre est de préparer les Israélites à la possession des bénédictions que l’Éternel voulait leur donner dans le pays. Aussi l’obéissance joue-t-elle un rôle très important dans ce livre. L’obéissance aux commandements de Dieu conduit à la bénédiction, la désobéissance entraîne la malédiction et le jugement. Le livre se termine avec le sobre récit de la mort de Moïse.

Plan du livre du Deutéronome : Quatre sections…

  1. Discours d’introduction (Dt 1-11)
  2. Le code deutéronomique (Dt 12-26)
  3. Les derniers discours (Dt 27-30)
  4. La fin de Moïse (Dt 31-34)

 Le Deutéronome développe une théologie de l’alliance avec le Seigneur qui interprète le lien entre Dieu et son peuple selon le schéma des traités de vassalité du Proche Orient ancien. Les bénédictions et en particulier l’existence  d’Israël sont liées à l’obéissance du peuple à la loi.  Des six points qui composent les traités de vassalité, on en reconnaît deux dans « Dt 30, 15-18  » traitant des malédictions et des bénédictions et dans « Dt 30, 19″ concernant l’invocation des témoins de l’Alliance.

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Étude d’un extrait du Deutéronome au chapitre 30, versets 15 à 20

15. Vois, je te propose aujourd’hui vie et bonheur, mort et malheur.

16. Si tu écoutes les commandements de Yahvé ton Dieu que je te prescris aujourd’hui, et que    tu aimes Yahvé ton Dieu, que tu marches dans ses voies, que tu gardes ses commandements, ses lois et ses coutumes, tu vivras et tu multiplieras, Yahvé ton Dieu te bénira dans le pays où tu entres pour en prendre possession

17. Mais si ton cœur se détourne, si tu n’écoutes point et si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d’autres dieux et à les servir,

18. je vous déclare aujourd’hui que vous périrez certainement et que vous ne vivrez pas de longs jours sur la terre où vous pénétrez pour en prendre possession en passant le Jourdain.

19. Je prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez,

20.  aimant Yahvé ton Dieu, écoutant sa voix, t’attachant à lui ; car là est ta vie, ainsi que la longue durée de ton séjour sur la terre que Yahvé a juré à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob, de leur donner.

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Ce texte concernant les « deux voies » est très célèbre. Cette invitation montre l’importance de nos décisions prises en toute liberté ainsi que le respect de Dieu pour la liberté humaine. Dans ce passage  Moïse disait clairement à son peuple : « La vie et la mort se trouvent devant vous choisissez ! ».

Ce texte montre que les êtres humains sont libres et responsables : on retrouve clairement  ce thème dans le Siracide (l’Ecclésiastique) au chapitre quinze (Si 15, 11-18) → « Ne dis pas : Dieu m’a fait pécher ! car il ne fait pas ce qu’il déteste. Ne dis pas : Il m’a fait commettre une erreur !, car il n’avait pas besoin d’un pécheur.

Le Seigneur déteste le mal, et de même le détestent ceux  et celles qui craignent le Seigneur.

Quand au commencement il a créé l’homme, il l’a remis à sa propre conscience : Si tu veux, tu peux garder les commandements ; il est en ton pouvoir de rester fidèle. Il a mis devant toi, le feu et l’eau : étends la main vers ce que tu préfères. Vie et mort sont là devant les êtres humains, à chacun sera donné ce qu’il a choisi.

Que la sagesse du Seigneur est grande, comme il est fort et puissant ! Le Seigneur voit toutes choses. Son regard se pose sur ceux qui le craignent ; il connaît toutes les œuvres des humains. À personne, il n’a demandé d’être impie, à personne il n’a donné la permission de pécher « 

♣ Ce texte dont je propose l’étude se situe dans la troisième section du Deutéronome (Plan ci-dessus). Dans cette  section, le discours de Moïse prend une tournure prophétique.

Le chapitre vingt sept révèle le rituel de conclusion de l’Alliance ; le chapitre vingt huit relève les bénédictions et les malédictions qui accompagneront le respect ou la violation des commandements. Les dernières exhortations de Moïse sont développées aux chapitres vingt-neuf et trente, révélant un aspect très caractéristique de la théologie deutéronomiste :  La promesse est toujours conditionnelle. Le chapitre trente prédit la repentance et le retour du peuple…. Si le peuple reste fidèle, alors tous les bienfaits promis arriveront. Mais s’il se détourne du Seigneur, il ne profitera pas des dons de l’Alliance. C’est à ce niveau que se situe le texte retenu pour cette étude. Dans ce texte, Moïse fait un appel particulièrement solennel au cœur et à la conscience du peuple, parole d’exhortation puissante.

Analyse du texte

En divisant ce texte en trois paragraphes ( Dt 30, 15-16,  Dt 30, 17-18 et Dt 30, 19-20), vous remarquerez que le morceau central est antithétique du premier et du troisième.

Dans cette péricope, il y a des formes verbales en « tu » et d’autres en  « vous « . Le discours en   » tu «   ne vise pas l’Israélite individuellement, mais le peuple tout entier, interpellé comme le partenaire du Seigneur. Cette interpellation collective n’est sans doute pas seulement une forme de style ; elle doit avoir son origine dans certaines cérémonies liturgiques où tout Israël était effectivement rassemblé pour entendre, comme un seul homme, la loi de son Dieu.

La manière de parler de Moïse diffère beaucoup de celle d’un prophète. À l’inverse du prophète qui transmet une parole directe de Dieu à son peuple, Moïse s’adresse lui-même au peuple et lui parle de son Dieu. Moïse tient donc le rôle d’un médiateur, placé entre le Seigneur qui lui a révélé sa loi et le peuple à qui il doit la transmettre et l’expliquer.

Vois…(30,15), …si tu écoutes…(30,16), …si ton cœur (30, 17) : la vue, les oreilles et le cœur  sont,  dans la Bible, reconnus comme étant le siège de l’intelligence spirituelle des évènements, sans laquelle l’œuvre divine du salut échoue.

En (Dt 30,35) : l’Alliance de Dieu avec son peuple est liée à la perspective de la vie, ici, dans sa composante corporelle. Le commandement est présenté en elle comme le chemin de la vie. Le choix du bien n’est pas une adhésion à une morale théorique, c’est un choix concret que l’on doit faire aujourd’hui, c’est à dire dans un « aujourd’hui » (hayom) précis immédiat et permanent, dans l’existence. Ce mot apparaît sept fois dans Dt 30.

Les mots vie et mort suggèrent deux états, indiquent deux directions ; ils sont toujours liés. Ils se retrouvent dans le verset 11 du chapitre 15 du Siracide (voir introduction).

Bonheur et malheur sont à rapprocher de bénédiction et malédiction : bénédiction si le Peuple de Dieu obéit aux commandements du Seigneur ou malédiction s’il n’obéit pas à ses commandements. Deux voies se trouvent devant moi : choisir la bonne voie c’est accepter en toute liberté les commandements de Dieu. Le bonheur dont il s’agit ici est un bonheur terrestre, l’auteur n’en conçoit pas d’autre.

Dt 30,15-16    reprend Dt 11,26-28 : « Tu vois que je mets aujourd’hui devant vous la bénédiction et la malédiction : la bénédiction si vous obéissez aux commandements du Seigneur votre Dieu que je vous donne aujourd’hui ; la malédiction, si vous n’obéissez pas aux commandements du Seigneur votre Dieu, si vous vous détournez de la voie que je vous ai montrée en ce jour pour vous mettre à la traîne d’autres dieux que vous n’avez pas connus » (Dt  11,26-28)

Dt 30, 16 : ce verset 16 invite  Israël à observer les commandements du Seigneur pour vivre.

Dt 30,16a :  » Si tu écoutes mes commandements…tu vivras… »

Je retrouve dans ce verset l’aspect conditionnel de la promesse du Seigneur ; de plus, il me renvoie au chapitre quatre dans le discours d’introduction qui traite de l’observance de la Loi.

Aimer Dieu, ses commandements, ses lois et ses coutumes assurent vie et prospérité (30,16b) Ce passage du texte fait allusion aux versets (Dt 5, 10-21).

« Mais je maintiens ma faveur jusqu’à la millième génération à ceux qui m’aiment et gardent mes commandements ». (Dt 5, 10)

Aimer les lois de Dieu implique le respect de son nom (Dt 5, 11), l’observance du jour du  sabbat (Dt 5, 12-15), le respect des parents et  du prochain (Dt 5, 16-21).

Dt 30,16d : « Si tu gardes ses commandements …  » est à rapprocher de Dt 4,2-9. Garder les commandements du Seigneur, c’est les observer  tels qu’ils ont été donnés sans rien ajouter ni retrancher.

« Et maintenant Israël, écoute les ordres et les commandements que je vous enseigne, pour les mettre en pratique.  Ainsi vous vivrez et vous entrerez, pour le posséder, dans le pays que Yahvé le Dieu de vos pères vous donne. Vous n’ajouterez rien à ce que je vous commande et vous n’en retrancherez rien, mais vous observerez les commandements de Yahvé votre Dieu tels que je vous les donne. » (Dt 4,1-2)

♣  S’adressant à un auditoire collectif, Israël, le Deutéronome entremêle constamment le singulier et le pluriel. Le verset précédent en est une illustration, déjà relevée en début d’analyse.

Remarquez la différence dans les deux extraits :

◊ En Dt 4,1, Moïse exhorte le peuple à écouter les ordres et les commandements qu’il enseigne: « Et  maintenant Israël, écoute… (emploi de l’impératif). Ainsi vous vivrez… »

◊ En Dt 30,16a: « Si tu écoutes…(emploi du conditionnel), tu vivras…. »

 

Dans Dt 30, 16e… : Il s’agit ici de la terre de Canaan et de l’existence du peuple d’Israël. Du point de vue théologique, la possession de la terre de Canaan est un événement important : nous pouvons faire de Canaan l’image de la patrie céleste.

« Prendre possession du pays » se trouve aussi dans le discours d’introduction en Dt 1, 21.

« Vois Yahvé ton Dieu met ce pays à ta disposition, monte, envahit-le  comme Yahvé le Dieu de tes pères, te l’a dit ! Ne crains pas, n’aie pas peur. » (Dt 1, 21)

Dans Dt (30,17a) : « Si ton cœur… » Le cœur signifie dans la Bible tout ce qui est à l’intérieur de l’homme : sa conscience, ses désirs profonds, ses propres critères.

♣ La Bible considère que le cœur est l’organe de la volonté, de la décision. C’est du cœur de l’homme que vient le pouvoir de faire le bien ou le mal. C’est dans le cœur de l’homme que peut s’enraciner le péché, c’est à dire une volonté hostile au projet de Dieu.

« Si ton cœur se détourne …  » : ici il faut comprendre « …se détourne de Yahvé  » bien que le nom de Yahvé ne figure pas dans le verset.  Dt 30,17 reprend Dt 29,27

« Que personne parmi vous, homme, femme, famille ou clan, ne se détourne aujourd’hui de Yahvé notre Dieu pour aller servir les dieux de ces nations.  » (Dt 29,27)

«  …autres dieux… « ,  se laisser entraîner à se prosterner devant d’autres dieux et les servir, c’est renier Yahvé, le Dieu vivant et unique qui n’est pas au service d’Israël, ni à notre service : c’est nous qui devons le servir !

Ce passage est un rappel du premier commandement. Aujourd’hui « servir d’autres dieux » signifie la course à l’argent, la recherche exagérée de biens matériels superflus, la recherche du pouvoir par exemple.

« …, tu n’auras pas d’autre Dieu que moi. »  ( Ex 20,3)

Servir Dieu en premier, cela signifie :  ne servir rien ni personne avant Dieu, ni suivre une idéologie qui contredit ses paroles ou vivre un amour qui ne respecte pas ses commandements.

Dans Dt (30, 18) : « …, vous périrez… » et « …vous ne vivrez pas de longs jours sur la terre…  » signifie  « pas de vie prolongée ».

Choisir la deuxième voie conduit à la mort. Ce verset est une reprise de Dt (4, 25,26)

« … il se pourrait que vous tourniez mal, et que vous fassiez des idoles, des images : Alors, si vous faîtes ce qui est mal aux yeux de Yahvé ton Dieu, si vous le mettez en colère, je le dis aujourd’hui même à la face des cieux et de la terre : vous disparaîtrez rapidement de ce pays. Il doit être vôtre quand vous aurez traversé le Jourdain, mais alors vous n’y prolongerez pas vos jours et vous serez totalement détruits. » ( Dt 4,25-26)

Dans Dt 30, 19 : Servir Dieu en premier, cela signifie :  ne servir rien ni personne avant Dieu, ni suivre une idéologie qui contredit ses paroles ou vivre un amour qui ne respecte pas ses commandements.

La foi est d’abord un acte de décision, un choix. De même que Yahvé a choisi Israël, de même celui-ci est appelé à choisir Yahvé et la vie qu’il lui offre. Ce choix est important car il met en jeu la vie et la mort.

Dt 30, 19a : On retrouve cette expression en Dt 31, 28 :  « Prendre à témoin le ciel et la terre… » correspond à  » …je le dis aujourd’hui même à la face des cieux et de la terre « dans Dt 4, 26. Cette conclusion utilise explicitement le thème du choix qui n’était que implicite  à la fin du chapitre 11, jusqu’ici le Deutéronome n’avait parlé que du choix opéré par Yahvé en faveur d’Israël. Maintenant Israël est appelé expressément à choisir à son tour, en réponse au choix de Yahvé.

« Rassemblez donc autour de moi tous les anciens de vos tribus avec vos scribes. Je prononcerai ces paroles à leurs oreilles et je prendrai le ciel et la terre comme témoins contre eux « . (Dt 31, 28)

Le substantif bénédiction est au singulier comme dans tout le Deutéronome sauf en Dt 28,2 :  « …et voici toutes les bénédictions qui se réaliseront pour toi si tu écoutes la voix de Yahvé ton Dieu. »

La bénédiction est un don de Dieu et les malédictions apparaissent comme la conséquence logique de l’infidélité.

(Dt 30, 17-18). La bénédiction est signe de l’élection et conséquence de l’alliance.

Dans Dt 30, 19b :  » Choisis donc la vie «   peut être compris dans le sens : « Choisis moi ! (le Seigneur) »

 » Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité,  vous viviez » correspond à  » …pour que tu vives ! « 

Dieu ne demande pas des choses impossibles : pour les cœurs droits, suivre la volonté de Dieu est le chemin le plus naturel. Le passage 30, 19b reprend Dt 30, 6.

« Yahvé ton Dieu circoncira ton cœur et le cœur de ta race pour que tu aimes ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme et que tu vives. » Dt (30,6).

Yahvé te circoncira le cœur signifie qu’Il le rendra pur  et saint ; ce qui peut être précisé davantage en citant  Ez 36,26-27 : « Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai dedans de vous un esprit nouveau : J’enlèverai de votre chair un cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. »

Dans Dt 30, 20″… aimant le Seigneur Yahvé ton Dieu » (20 a) est à rapprocher de Dt 6, 5 : « Tu aimeras Yahvé ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir. »

L’amour de Dieu ne peut être tout à fait désintéressé : les Israélites savent qu’en correspondant à l’amour de Dieu qui les a élus, ils sont sur une bonne voie et que Dieu les récompensera en leur donnant la paix et la prospérité.

Écouter la voix du Seigneur (20b) est à rapprocher de Dt 4, 30-31 :  » Lorsque tu seras dans l’angoisse, lorsque plus tard toutes ces malédictions se seront réalisées, tu reviendras vers Yahvé ton Dieu et tu écouteras sa voix. Car Yahvé ton Dieu est un Dieu qui pardonne : Il ne t’abandonnera pas, il ne te détruira pas, il n’oubliera jamais l’Alliance qu’il a jurée à tes pères. »

S’attacher à Dieu (20,c), c’est l’aimer et le servir de tout son cœur et de toute son âme. C’est un amour qui est une réponse à l’amour de Dieu car c’est Dieu qui aime d’abord et qui choisit ; ensuite nous répondons à son amour et nous essayons de l’exprimer par notre obéissance. La miséricorde de Dieu vient en premier lieu.

Le pays promis (20,d) est un rappel de Dt 1,8 : « C’est le pays que je mets à votre disposition, le pays que Yahvé a juré à vos pères Abraham, Isaac et Jacob de leur donner, ainsi qu’à leur descendance après eux : allez le conquérir. »

Le verbe « jurer  » (30,20d) est typique du Deutéronome et de la littérature apparentée.

Conclusion

En conclusion, ce texte clôturant le dernier discours de Moïse reprend l’essentiel des thèmes du Deutéronome. Il rappelle à chacun et à chacune qu’il y a deux voies devant lui et que choisir sa voie est une décision libre et personnelle. : Si tu écoutes…, si tu marches…, si tu mets en pratique…, alors tu vivras (première voie) ; si tu n’écoutes pas…, si ton cœur se détourne…, si tu te laisses entraîner à adorer de faux dieux…, alors tu périras (deuxième voie). Ce qu’on a semé dans sa vie, on le récoltera. Ceux qui observent la loi de Dieu auront le bonheur ici-bas  : « …tu vivras, …tu te multiplieras, et Yahvé ton Dieu te bénira dans le pays où tu entres pour en prendre possession. » et ceux qui refusent ne prospèreront pas. Ce texte encourage la fidélité envers Dieu par le souvenir de ses promesses et de sa récompense ici-bas.

Dt 30, 15-20 bouscule le stéréotype  de l’image d’un Dieu dur, jaloux, qui ne tolère pas l’infidélité, qui décide de la vie et de la mort. Dans ce texte, le Seigneur laisse le choix à l’homme :  » Vois, je te propose de choisir la vie et le bonheur ou la mort et le malheur « . Qui serait assez fou pour choisir la mort ? Le récit nous rappelle que c’est un fait. Nous pouvons faire des choix qui conduisent à la mort. Notre Dieu est le Dieu des vivants. La fin du texte est une invitation pressante : « Choisis la vie ! »

C’est en observant les commandements, qui sont des chemins de vie que nous suivrons cette voie proposée par Dieu.

Le thème des deux voies se retrouve en bien des endroits dans la Bible. Il exprime notre responsabilité personnelle qui apparaîtra clairement au jour du Jugement. Le vrai bonheur est donné à ceux qui sont fidèles à la volonté de Dieu notamment dans le psaume 1, le livre de Jérémie( 21, 8), celui des  Proverbes (4, 18-19), dans l’Évangile de Matthieu (7, 13).

« Heureux cet homme ! Il ne partage pas les idées des impies, il ne vit pas à la manière des pêcheurs et ne va pas chez ceux qui toujours se moquent. C’est qu’il a trouvé son bien dans la loi du Seigneur, il la médite cette loi, de jour et de nuit. » (Ps1,1)

Dans le psaume1, deux routes s’ouvrent devant tout être humain : celle du bonheur est représentée par l’image de  » l’arbre verdoyant  » et celle du malheur ou du néant est représentée par la paille qu’emporte le vent. Ce psaume annonce le bonheur pour ceux qui observent la loi de Dieu non seulement sur la terre mais aussi dans l’autre monde.

« Que vienne le Jugement, les impies ne tiendront pas : pas de place pour les pêcheurs dans l’assemblée des justes. » ( Ps 1, 5b)

Ce choix à faire en Jérémie 21, 8  se situe à un autre niveau que celui développé par Moïse. Les 10 premiers versets du chapitre 21 se rapportent au second siège de Jérusalem en 588.

Tu diras encore à ce peuple :  » Voici ce que dit Yahvé : c’est maintenant que je vous donne à choisir entre le chemin de la vie et le chemin de la mort. Celui qui restera dans cette ville périra par l’épée, la famine et la peste ; celui qui en sortira pour se rendre aux Chaldéens qui vous assiègent vivra ; il aura au moins sauvé sa vie. Car je me suis penché sur cette ville pour son malheur et non pour son bonheur.  » (Jr 21, 8 )

Dans le livre des proverbes, la route des justes est comparée à la lumière de l’aurore et son éclat grandit jusqu’au plein jour tandis que celle des méchants n’est qu’obscurité (Pr 4,18)

Dans l’Évangile selon saint Matthieu, le chemin qui mène à la vie est resserré, étroite est sa porte et peu nombreux sont ceux  qui le trouvent. Par contre, la voie qui mène à la mort est spacieuse, large est sa porte et nombreux ceux qui s’y engagent ! (Mt 7, 13)

Cela veut dire que même si de nombreuses personnes rencontrent  le chemin de la vie, très  peu font l’expérience des richesses de l’Évangile et produisent des fruits. Les élus sont ceux qui persévèrent et qui recherchent la véritable liberté. Beaucoup choisissent le chemin qui mène à la perdition. Ils ne prennent pas le chemin où Jésus serait tout pour eux. Ils gaspillent les dons de Dieu qui leurs sont confiés et ils deviennent apparemment inutiles pour le Royaume. Cependant même ainsi, ils ne sont pas privés de la miséricorde de Dieu !

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