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Ascension du Seigneur : « Intronisation du Christ et envoi en mission » (Ac 1,1 -11)

Posté par diaconos le 1 mai 2009

 Auteur : Abbé Jean-René Malaba Mpoyi – Prêtre à Doische (Belgique)

Ascension du Seigneur, année B 2009

Ascension : intronisation du Christ et envoi en mission

dans les Actes des apôtres au chapitre  1, versets 1 à 11

Je voudrais me concentrer sur la première lecture de ce dimanche. Ce livre des Actes des Apôtres est de la main de l’évangéliste Luc, auteur du troisième Évangile. Chez Luc, on trouve deux récits de l’ascension du même Seigneur Jésus. La répétition chez cet auteur est signe de l’importance qu’il accorde à un événement. Mais, je voudrais particulièrement revenir sur ce qui me paraît comme une contradiction ou mieux une incohérence dans ces deux récits de l’ascension. Pourquoi juge-t-il nécessaire de rédiger deux récits différents du même événement? On le voit d’entrée de jeu (Ac1, 1-2) référer à la conclusion de son livre précédent (l’Évangile selon Saint Luc) qui était l’évocation de l’ascension du Christ au ciel qu’il affirme avoir eu lieu le soir même de la résurrection du Christ. Dans Ac 1, 3, il dit que le Christ est monté au ciel après quarante jours. Faut-il alors penser que l’ascension a eu lieu le soir même de la résurrection ou bien quarante jours plus tard ?

Cette question s’était déjà posée du temps des Pères de l’Église. Généralement, ils n’assignent aucune date à l’ascension. Mais, ils aiment la présenter souvent comme une suite logique et immédiate de la résurrection. Je crois que cette pensée n’est pas contraire au récit de Luc transcrit dans les Actes des Apôtres. Mais que veut alors symboliser le chiffre quarante utilisé par Luc ?

Cet usage lucanien du chiffre quarante s’insère dans la tradition biblique elle-même. Fréquemment, la Bible utilise le chiffre quarante pour signifier une période d’instruction ou de Révélation. C’est le cas pour le peuple d’Israël qui passe quarante ans dans le désert où il doit apprendre à connaître et à suivre la volonté du Seigneur; de même Moïse reste quarante jours au mont Sinaï où Yahvé doit se révéler à lui et lui donner la loi; Jésus-Christ aussi a passé quarante jours au désert, … Beaucoup de textes emploient donc ce chiffre. Mais, partout, il renvoie à un temps de formation ou de Révélation. C’est exactement le cas aujourd’hui lorsque Luc l’emploie aussi dans son récit de l’ascension. Il l’utilise dans le sens d’une période nécessaire où le Christ ressuscité se montre aux siens et les forme à leur mission future. Il le dit lui-même sans équivoque au v. 3: ‘‘Après qu’il eut souffert, il leur apparut vivant, et leur en donna plusieurs preuves, se montrant à eux pendant quarante jours, et parlant des choses qui concernent le royaume de Dieu ». On peut donc dire que le chiffre quarante n’est pas à prendre à la lettre. C’est une technique ou un procédé littéraire qui signifie période d’instruction, de formation, de Révélation.

Mais, si le chiffre quarante est un genre littéraire, l’ascension, elle, est un événement réelle qui est liée à la résurrection du Seigneur. On peut la comprendre surtout dans le sens de l’exaltation, de la glorification du Christ par Dieu, en réponse à son obéissance au Père. Le Christ ressuscite pour monter au ciel et nous envoyer l’Esprit du Père. D’ailleurs, la finale de l’extrait du jour laisse clairement voir que la conséquence ecclésiale immédiate de l’ascension, c’est la réalisation de la promesse du don de l’Esprit-Saint à la communauté des Apôtres; ce qui aura pour effets la prédication apostolique et l’activité missionnaire.

En fait, les deux récits de l’ascension chez Luc, malgré leurs oppositions apparentes, s’intègrent harmonieusement dans la cohérence de l’Évangile et des Actes. L’objectif de chacun de ces livres fait ressortir clairement cette cohérence: l’Évangile est consacré à la présentation de la personne du Christ; et c’est en fonction de cet objectif qu’il rédige le premier récit de l’ascension qui, dans ce contexte, marque la fin des activités terrestres de Jésus et son accession aux nouvelles fonctions messianiques. Alors que dans les Actes, Luc rédige le récit de l’ascension en fonction des disciples et de la mission qu’ils doivent accomplir. C’est un rappel du Christ aux Apôtres du rôle qu’ils doivent accomplir quand ils seront revêtus de la Force d’en haut. C’est pour cela que l’interpellation divine (les deux anges v. 11) teintée de reproche vient arracher les Apôtres à leur distraction, après que Jésus eût été enlevé au ciel, pour les orienter vers la mission qui les attend désormais, mission récapitulée au v. 8 ‘‘le Saint Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre », et que l’évangile du jour confirme aussi. Cette lenteur à se mettre à l’action, à se mobiliser, à s’engager dans le processus d’évangélisation universelle prouve que ce récit de Luc dans les Actes des Apôtres vise l’édification des Apôtres

Avec cette interpellation aussi, on sent se poser le problème du retour glorieux du Christ (la parousie). Cela montre qu’au moment où Luc écrit, les gens étaient las d’attendre le retour du Christ qui semblait trainer. Il y a ici une interpellation de Luc qui invite l’Eglise au travail au lieu de rester dans l’inactivité en attendant le retour du Seigneur. Si Luc reste vague sur la date de ce retour, c’est surtout pour montrer que ce problème ne doit pas empêcher la réalisation de l’activité missionnaire.

Tous ces aspects mis ensemble, nous donnent les deux faces, distinctes mais inséparables, de la signification de l’ascension dans les Actes des Apôtres: elle signifie l’intronisation (exaltation) du Christ et l’envoi en mission. Il faudrait, cependant, attendre la descente de l’Esprit-Saint pour que ce réalise effectivement cette activité missionnaire universelle. Nous en parlerons le jour de la Pentecôte. Pour le moment, nous chrétiens d’aujourd’hui n’oublions pas que nous vivons ce temps d’Église où nous attendons aussi le retour du Christ et où nous sommes invités à témoigner de Lui jusqu’à ce qu’Il vienne dans la gloire.

Contact :  Abbé Jean-René Malaba Mpoyi *** e-mail → shambuyim@yahoo.fr

Merci Monsieur l’Abbé pour votre article reçu par courriel. Salutations amicales et fraternelles

 lwf0004.gif Michel Houyoux, diacre permanent

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