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« Vous ne savez pas ce que vous demandez. » (Mc 10,38)

Posté par diaconos le 28 septembre 2009

Homélie pour le  29ième dimanche ordinaire, année B

Pour les lectures bibliques et les commentaires, cliquez sur les titres ci-dessous…

Is 53, 10-11Psaume 32He 4, 14-16Mc 10, 35-45

♥ 

Homélie

Auteur : Père Jean Compazieu,  prêtre de l’Aveyron (France) Pour visiter son site internet, cliquez ici → Puiser à la source

Voir aussi son deuxième site → http://dimancheprochain.org

« Vous ne savez pas ce que vous demandez.«  (Mc 10,38)

Cet évangile nous montre des gens qui profitent de leur situation pour obtenir des avantages matériels. En effet, Salomé est la sœur de Marie, mère de Jésus. Jacques et Jean sont donc des cousins. L’épisode de ce jour se passe au cours de la montée de Jésus vers Jérusalem. Tous pensent qu’il va chasser l’occupant Romain et instaurer la Royauté en Israël. Comme toute mère, Salomé pense à la promotion de ses enfants. Elle s’adresse donc à Jésus pour qu’ils aient la première place dans son Royaume. Les autres disciples sont en colère car ils se disent : « Pourquoi pas nous ? »

Voilà une querelle bien humaine que nous connaissons tous. Des gens qui font appel à quelqu’un de haut placé pour obtenir des subventions, faire sauter un PV ou bénéficier d’une promotion, cela se voit tous les jours. Et quand arrive une campagne électorale c’est de pire en pire. Il suffit de lire les journaux ou de regarder la télévision pour comprendre toutes les bassesses de cette course au pouvoir. Pour y parvenir, tous les moyens sont bons, y compris les coups bas et les mensonges.

Aujourd’hui, Jésus voudrait nous aider à voir les choses autrement. Il commence par une mise au point sur la prière de Salomé : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. » La prière n’est pas destinée à faire plier la volonté de Dieu à la nôtre. Il sait mieux que nous ce qui est nous bon avant que nous le lui demandions. Si nous prions c’est pour nous ajuster à l’amour de Dieu qui a quelque chose de bien plus important à nous donner. Et si Jésus nous demande d’insister, c’est pour qu’elle se purifie, pour qu’elle devienne plus conforme à ce projet de Dieu.

Nous sommes donc invités à sortir de nos perspectives et de nos désirs trop humains. S’adressant aux Douze, Jésus leur fait comprendre que le Royaume de Dieu n’est pas de ce monde. Il n’a que faire des arrivistes et des profiteurs. On n’y entre pas comme dans une société. On n’y fait pas carrière. Dans l’Église, l’autorité sera envisagée comme un service. Il n’est pas question de briller mais de s’effacer. Pour comprendre cela, il suffit de regarder vivre le Christ ; lui-même nous dit qu’il n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude.

Quelques précisions s’imposent au sujet de ce mot « rançon ». Aujourd’hui, nous le comprenons dans le contexte d’une prise d’otage. Une somme est payée pour obtenir la libération d’un prisonnier. Dans ce cas, la rançon désigne le montant qui a été versé. Mais à l’époque du Christ, ce mot avait un tout autre sens. Il signifiait « libération ». En définitive, c’était la seule chose importante. Il s’agissait donc de Jésus qui donne sa vie pour la libération de la multitude. Il est venu nous délier, nous détacher, nous délivrer de notre péché qui nous retient loin de Dieu.

C’est donc un contresens par rapport à l’évangile d’imaginer que Jésus doive payer quelque chose pour nous. Chacun pense à ce chant traditionnel de Noël qui parle du sacrifice du Christ destiné à apaiser « le courroux du Père. » Celui qui l’a composé ne devait pas connaître l’Ancien Testament : Toute la Bible nous dit que Dieu refuse les sacrifices humains. Ils sont une abomination. Les disciples n’imaginent pas une seconde que le sacrifice du Fils serait une exigence du Père pour apaiser un quelconque courroux. La rançon, c’est la libération et rien d’autre. L’Ancien Testament nous révèle un Dieu qui fait tout pour libérer et sauver son peuple.

La bonne nouvelle de ce dimanche, c’est précisément la libération de la multitude. Avec le Christ, nous ne sommes plus esclaves de rien ni de personne, ni de l’argent, ni de l’ambition du pouvoir et de la possession. Mais cela ne sera possible que si, en toutes circonstances, nous nous laissons conduire par l’Esprit de Dieu.

Voilà cette bonne nouvelle que nous rappelle ce dimanche des missions. Nous sommes tous envoyés pour en témoigner autour de nous. Et comme envoyés, nous sommes des serviteurs de l’Évangile. N’oublions jamais que la parole de Dieu est parole d’amour. Nous ne devons pas en donner une contrefaçon mais suivre l’exemple du Christ.

En ce jour, nous pensons à tous les prêtres, religieux, religieuses et laïcs qui sont engagés dans l’annonce de cette bonne nouvelle, spécialement dans les jeunes Églises. Beaucoup sont affrontés à des situations très douloureuses : violences, persécutions, génocides, famine. Ensemble, nous sommes la même Église, le même Corps du Christ. Quand un membre souffre, c’est tout le corps qui en porte les conséquences. C’est un appel pour chacun de nous à un plus grand engagement dans la prière, la partage et l’annonce de Jésus Christ.

La mission de l’Église est d’abord un service. Nous ne sommes pas à notre compte mais à celui de Jésus Christ qui nous appelle et nous envoie. Le plus beau titre donné au pape n’est pas « souverain pontife » mais « serviteur des serviteurs. » Dans l’Église, tous ceux qui ont une responsabilité sont invités à imiter le Christ serviteur. Retrouvons avec Jésus la dernière place, là où l’on sert les hommes et là où l’on sert Dieu.

Merci au père Jean Compazieu pour cette homélie

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