Que faut-il faire si ton frère a commis une faute ?

Posté par diaconos le 31 août 2014

Homélie23ième dimanche ordinaire, année A

Que faut-il faire si ton frère a commis une faute ? 

Jésus a prévu très lucidement que les chrétiens ne sont pas meilleurs que les autres. L’Église est faite  des mêmes personnes fragiles que la société profane. Jésus nous donne, dans cette page d’évangile, une procédure pour essayer de résoudre les difficultés qui naissent un jour ou l’autre dans tout groupe de personnes : « Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère » (Mt 18, 15)

Ce que Jésus nous dit, ici,  peut être appliqué à tous nos milieux de vie : famille, équipe, groupe d’amis, associations, collègues… Que de conflits, de tensions, d’oppositions naissent dans nos communautés et si on n’y fait pas attention, conduisent à des situations conflictuelles.

Parfois, au départ, tout a paru simple et harmonieux. Et puis, à la longue, l’élan étant retombé, le groupe risque de se saborder si personne ne porte le souci de la cohésion et de l’entraide fraternelle.

Aucun groupe n’est à l’abri de la faute, de la misère humaine… et l’Église non plus !Que faut-il faire si ton frère a commis une faute ?  Va lui parler seul à seul… et montre-lui sa faute…s’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. Ce conseil de Jésus ne parle que de délicatesse et de miséricorde envers la personne fautive. « Gardez-vous de mépriser quiconque… Soyez comme le berger, qui a perdu une brebis, court à sa recherche… Votre Père qui est aux cieux veut qu’aucun ne se perde » (Mt 18, 23.35). Ainsi, c’est dans un climat d’amour que nous avons à intervenir. Nous n’avons le droit de faire une remarque à un frère que si nous l’aimons. Tout l’Évangile nous enseigne que Jésus était bon pour les pécheurs.

Va lui parler seul à seul… et montre-lui sa faute…s’il t’écoute, tu auras gagné ton frère. Jésus souhaite que ce soit cela la solution du conflit. Rencontre ton frère fautif en tête à tête, dans la discrétion, pour que le mal reste inconnu si possible et pour qu’il puisse garder sa réputation et son honneur. Il ne faut pas agir avec précipitation et il faut éviter l’arbitraire.

Dans la deuxième lecture, l’apôtre Paul nous rappelle : « Nous ne devons garder aucune dette envers personne, sauf la dette de l’amour mutuel » (Rm 13,8)  Respecter la personne fautive, respecter son foyer, respecter sa réputation, tout cela se résume à l’aimer. Nous restons tous et toutes en dette en ce qui concerne l’amour fraternel. Nous n’avons jamais vraiment aimé les autres comme soi-même. Ne nous arrive-t-il jamais de dire : « J’en ai fait assez, maintenant je suis quitte ! » ?

Ayons ce respect pour le pécheur, qui est le premier geste de l’amour sauveur qu’a Jésus Christ pour chaque personne.

Jésus  nous invite donc à progresser dans notre vie fraternelle, il nous apprend à regarder l’autre : toute personne est un frère ou une sœur, quelle que soit sa faiblesse ou sa misère. La personne fautive n’est jamais quelqu’un que l’on rejette après l’avoir condamnée, c’est une personne à sauver. Jésus ne voit pas autrement les personnes qu’il rencontre.

Pour pardonner, nous devons faire une démarche fraternelle auprès de la personne qui nous a offensés. Il ne sert à rien d’attendre qu’elle vienne présenter ses excuses.

Rassemblés, en ce dimanche, dans cette église pour écouter la parole de Dieu, tournons-nous d’un même cœur confiant vers le Père : Père de miséricorde, sans te lasser, tu nous offres ton pardon. Accorde-nous la force de nous pardonner les uns aux autres.

Amen.

croix diaconaleMichel Houyoux, diacre permanent

 

 

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Qui perd sa vie à cause de moi la gardera !

Posté par diaconos le 29 août 2014

Pierre avait dit à Jésus : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant.  » À partir de ce moment, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des scribes, être tué, et ressusciter le troisième jour.

Pierre le prenant à part, se mit à lui faire des reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. » Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route, tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

« Passe derrière moi ! » C’est un appel à changer notre regard sur Dieu et sur le sens que nous donnons à notre vie. Le plus important ce n’est pas la réussite matérielle, la promotion, la mise en valeur du moi. Jésus voudrait nous orienter vers une autre logique, celle de l’amour vrai, du don de soi, de la gratuité. C’est sur ce chemin que nous sommes appelés à le suivre. En choisissant le Christ, nous choisissons la Vie.

Pierre refusa de voir en Jésus le serviteur souffrant. Il faut une foi solide pour accepter le mystère de Jésus, sauveur du monde par la croix. C’est à ce moment que Jésus adressa son appel à tous  : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera. Quel avantage en effet un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s’il le paye de sa vie ? Et quelle somme pourra-t-il verser en échange de sa vie ? Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père; alors il rendra à chacun selon sa conduite.« 

Pierre fut profondément secoué parce que Jésus demanda en plus à ses disciples de s’engager à sa suite dans une vie qui inclue le passage par la croix : Jésus lui demanda encore de marcher à sa suite et de renoncer à soi-même. Cette demande de Jésus s’adresse à tous… Jésus ne nous demande pas de renoncer à ce que nous sommes, mais de renoncer à ce que nous sommes devenus !

Dans les faits, ce que nous sommes est fondamentalement très bon. Dieu nous a créé à son image et à sa ressemblance. Nous portons l’empreinte de cette marque divine. Elle fonde notre dignité. Par contre nous sommes mauvais quant à ce que nous avons fait de la liberté que Dieu nous a donnée.

Dieu est amour, et son amour est le secret de notre bonheur. Pour entrer dans ce mystère d’amour, il n’y a pas d’autre chemin que celui de se perdre, de se donner, il faut renoncer à soi-même, il n’y a pas d’amour vrai sans ce renoncement.

Aimer vraiment, coûte cher, très cher parfois : pardonner à un quelqu’un, avoir le courage de s’afficher croyant dans un milieu hostile, aimer fidèlement son conjoint, continuer à s’occuper d’enfants qui semblent se moquer de vous, garder le sens du partage, rester honnête dans les affaires.

Pour aimer en vérité, il faut y mettre le prix ! Selon Jésus, il faut perdre pour gagner : « Celui qui veut sauver sa vie, la perdra, mais qui perds sa vie à cause de moi, la gardera. » (Mt 16, 25)

Suivre le Christ c’est aussi purifier notre prière. Trop souvent, nous nous tournons vers lui quand tout va mal. Et nous voulons qu’il fasse quelque chose pour que tout aille mieux. Nous n’avons pas à dicter à Dieu ce qu’il doit faire. Dieu n’est pas attaché à notre service. Il n’est pas notre boy. Certains ne prient plus ou ne vont plus à la messe parce que, disent-ils, cela ne sert à rien

Et c’est là que nous nous trompons. Nous ne prions pas, nous n’allons pas à la messe pour nous-mêmes mais pour Dieu. Quand on aime, on ne pense pas d’abord à soi mais à l’autre. Celui qui aime vraiment est prêt à se sacrifier pour l’autre.

Nous avons parfois tendance à vouloir évacuer la croix de notre vie. Vouloir être disciple du Christ, c’est marcher par les mêmes voies que lui, qui ne sont pas celles des honneurs et de la gloire terrestre, mais de la vie donnée par amour, voire des persécutions. Certains endurent des persécutions violentes. Nous le constatons avec tristesse pour les chrétiens d’Irak en ce moment.

Jésus propose un chemin de vraie vie pour qui veut le suivre, c’est ainsi qu’il accomplit notre salut. Il ne s’agit pas de se renier soi-même ou de nier la beauté de la vie terrestre qui est déjà donnée par Dieu, il s’agit de mettre Dieu à la première place dans notre vie. Vivre en Dieu signifie lui laisser prendre définitivement la première place. Qu’il soit au début et à la fin de toutes les pensées, les paroles et les actions de notre vie. Cela implique une mort à notre « moi  » qui s’oppose toujours à Dieu et aux autres pour vivre de l’Esprit Saint.

Michel houyoux, diacreAvec mes salutations amicales et fraternelles

Michel Houyoux, diacre permanent

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Pour toi, qui est Jésus ?

Posté par diaconos le 23 août 2014

À la question de Jésus  « Pour vous qui suis-je ? » Prenant la parole, Simon Pierre déclara : Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. Pierre prononça les mots clés de la foi, donnant à Jésus sa dimension unique :  » Fils de Dieu vivant »

Près de Césarée de Philippe, près des sources du Jourdain, là où la tradition fixait l’entrée de la Terre Promise, Jésus demandait à ses disciples : « Le Fils de l’homme qui est-il, d’après ce que disent les hommes ? » (Mt 16, 13) Jésus pose ainsi à ses disciples la question de son identité. Qui est-il ?

Ils répondirent: « Pour les uns, il est Jean-Baptiste ; pour d’autres, Élie; pour d’autres encore, Jérémie, ou l’un des prophètes. » L’opinion publique est partagée dans le détail, mais unanime sur le fond : Jésus n’est pas un homme ordinaire. Ses paroles, ses gestes font de lui une personnalité religieuse exceptionnelle. On cite à son sujet les prophètes les plus prestigieux du passé. Ainsi, aujourd’hui encore, la grande majorité des hommes reconnaît en Jésus une personnalité hors du commun.

Toi, Jean-Pierre… Toi, Yves… Toi Monique… Toi Françoise,,, que dis-tu de Jésus ? Pour toi, qui est Jésus ?

Qui est pour toi le Seigneur ? Tu peux te dérober en donnant une réponse de catéchisme. Mais le Seigneur te regarde dans les yeux pour que tu dises vraiment qui il est pour toi. Si tu ne le  reconnais pas comme ton Sauveur, envoyé par le Père, tu n’as rien à dire, car il n’est « rien » pour toi !

Certains se disent croyants, de « grands croyants », mais n’ont peut-être pas compris que Dieu les voulait pierres vivantes de son Église. Pierres appuyées sur d’autres pierres, avec les apôtres pour fondations et le Christ comme pierre d’angle et devenir le temple saint de sa gloire.

Prenant la parole, Simon Pierre déclara :  » Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant  » (Mt 16, 16) C’est Simon qui prononça les mots clés de la foi, donnant à Jésus sa dimension unique : « Fils de Dieu vivant » La question de Jésus provoque un vrai face à face. Elle oblige à dire  » je » et  » tu », elle oblige à exister l’un pour l’autre, l’un par l’autre. L’interrogation ne porte plus sur un savoir ; elle engage deux vies. Pour la première fois, Pierre vient d’affirmer en notre nom la foi pascale. Le premier parmi les apôtres, il a reconnu Jésus comme le Fils du Dieu vivant. Et dès cet instant, il met une confiance indéfectible en Jésus, il est prêt à donner sa vie pour lui. Il aura un seul moment d’hésitation, le moment d’hésitation bien connu, au cours de la Passion.

De son côté, Jésus a désormais une confiance totale en son ami Pierre, une confiance telle qu’il lui répondit :  » Sur toi, je bâtirai mon Église, et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux; tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » (Mt 16, 18-19)

Ainsi  Pierre devint le premier chef visible de l’Église dès l’instant où il exprima sa foi en Jésus, dès qu’il l’eut reconnu comme le Fils du Dieu vivant. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est un pêcheur de Galilée qui devint le premier chef de l’Église.

C’est à un pêcheur de Galilée qu’ea été donné le pouvoir d’introduire dans l’Église ou d’en exclure. Dans un geste de confiance inouï, Jésus confia à  un simple pêcheur qui avait la foi, la direction de son peuple. Et pour la suite, l’Église que nous sommes, la communauté des croyants, est confiée à un chef visible depuis ce moment là !

Comprenons bien la portée du geste de Jésus. Il ne donna pas à son disciple Pierre la propriété de l’Église ! La communauté des croyants appartient au Christ. C’est le Christ qui la convoque.  C’est le Christ qui la bâtit, c’est lui qui a bâti le peuple que nous sommes. C’est le Christ qui inspire l »Église et la dirige. La foi n’est pas  une croyance, c’est un attachement confiant à quelqu’un.

Puis-je dire que je suis attaché à mes parents, ou à un ami, quand je refuse de tenir compte de ce qu’ils me disent. L’Église a reçu mission du Christ lui-même de nous accompagner sur les chemins du Royaume. L’Église ne nous parle pas pour nous maintenir sous son pouvoir, mais pour faire de nous des hommes libres ! Refuser de l’écouter c’est souvent se maintenir sous le pouvoir de forces mauvaises.

Le ministère de Pierre, voulu par Jésus, nous rappelle que la Foi est un don qui nous vient de Dieu, et que nous ne pouvons pas l’inventer à notre convenance. Puisse notre communauté chrétienne être témoin par sa foi, sa charité et son espérance, de la présence et de  l’action dans le monde du Christ Sauveur.

croix diaconale Avec mes salutations fraternelles

Michel Houyoux, diacre permanent

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