Qui perd sa vie à cause de moi la gardera !

Posté par diaconos le 29 août 2014

Pierre avait dit à Jésus : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant.  » À partir de ce moment, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des scribes, être tué, et ressusciter le troisième jour.

Pierre le prenant à part, se mit à lui faire des reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. » Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route, tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

« Passe derrière moi ! » C’est un appel à changer notre regard sur Dieu et sur le sens que nous donnons à notre vie. Le plus important ce n’est pas la réussite matérielle, la promotion, la mise en valeur du moi. Jésus voudrait nous orienter vers une autre logique, celle de l’amour vrai, du don de soi, de la gratuité. C’est sur ce chemin que nous sommes appelés à le suivre. En choisissant le Christ, nous choisissons la Vie.

Pierre refusa de voir en Jésus le serviteur souffrant. Il faut une foi solide pour accepter le mystère de Jésus, sauveur du monde par la croix. C’est à ce moment que Jésus adressa son appel à tous  : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera. Quel avantage en effet un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s’il le paye de sa vie ? Et quelle somme pourra-t-il verser en échange de sa vie ? Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père; alors il rendra à chacun selon sa conduite.« 

Pierre fut profondément secoué parce que Jésus demanda en plus à ses disciples de s’engager à sa suite dans une vie qui inclue le passage par la croix : Jésus lui demanda encore de marcher à sa suite et de renoncer à soi-même. Cette demande de Jésus s’adresse à tous… Jésus ne nous demande pas de renoncer à ce que nous sommes, mais de renoncer à ce que nous sommes devenus !

Dans les faits, ce que nous sommes est fondamentalement très bon. Dieu nous a créé à son image et à sa ressemblance. Nous portons l’empreinte de cette marque divine. Elle fonde notre dignité. Par contre nous sommes mauvais quant à ce que nous avons fait de la liberté que Dieu nous a donnée.

Dieu est amour, et son amour est le secret de notre bonheur. Pour entrer dans ce mystère d’amour, il n’y a pas d’autre chemin que celui de se perdre, de se donner, il faut renoncer à soi-même, il n’y a pas d’amour vrai sans ce renoncement.

Aimer vraiment, coûte cher, très cher parfois : pardonner à un quelqu’un, avoir le courage de s’afficher croyant dans un milieu hostile, aimer fidèlement son conjoint, continuer à s’occuper d’enfants qui semblent se moquer de vous, garder le sens du partage, rester honnête dans les affaires.

Pour aimer en vérité, il faut y mettre le prix ! Selon Jésus, il faut perdre pour gagner : « Celui qui veut sauver sa vie, la perdra, mais qui perds sa vie à cause de moi, la gardera. » (Mt 16, 25)

Suivre le Christ c’est aussi purifier notre prière. Trop souvent, nous nous tournons vers lui quand tout va mal. Et nous voulons qu’il fasse quelque chose pour que tout aille mieux. Nous n’avons pas à dicter à Dieu ce qu’il doit faire. Dieu n’est pas attaché à notre service. Il n’est pas notre boy. Certains ne prient plus ou ne vont plus à la messe parce que, disent-ils, cela ne sert à rien

Et c’est là que nous nous trompons. Nous ne prions pas, nous n’allons pas à la messe pour nous-mêmes mais pour Dieu. Quand on aime, on ne pense pas d’abord à soi mais à l’autre. Celui qui aime vraiment est prêt à se sacrifier pour l’autre.

Nous avons parfois tendance à vouloir évacuer la croix de notre vie. Vouloir être disciple du Christ, c’est marcher par les mêmes voies que lui, qui ne sont pas celles des honneurs et de la gloire terrestre, mais de la vie donnée par amour, voire des persécutions. Certains endurent des persécutions violentes. Nous le constatons avec tristesse pour les chrétiens d’Irak en ce moment.

Jésus propose un chemin de vraie vie pour qui veut le suivre, c’est ainsi qu’il accomplit notre salut. Il ne s’agit pas de se renier soi-même ou de nier la beauté de la vie terrestre qui est déjà donnée par Dieu, il s’agit de mettre Dieu à la première place dans notre vie. Vivre en Dieu signifie lui laisser prendre définitivement la première place. Qu’il soit au début et à la fin de toutes les pensées, les paroles et les actions de notre vie. Cela implique une mort à notre « moi  » qui s’oppose toujours à Dieu et aux autres pour vivre de l’Esprit Saint.

Michel houyoux, diacreAvec mes salutations amicales et fraternelles

Michel Houyoux, diacre permanent

2 Réponses à “Qui perd sa vie à cause de moi la gardera !”

  1. diaconos dit :

    Can. 573 – § 1. La vie consacrée par la profession des conseils évangéliques est la forme de vie stable par laquelle des fidèles, suivant le Christ de plus près sous l’action de l’Esprit-Saint , se donnent totalement à Dieu aimé par-dessus tout, pour que, dédiés à un titre nouveau et particulier pour l’honneur de Dieu, pour la construction de l’Église et le salut du monde, ils parviennent à la perfection de la charité dans le service du Royaume de Dieu et, devenus signe lumineux dans l’Église, ils annoncent déjà la gloire céleste.

    Source : extrait du code de droit canonique du 26 octobre 2009
    Voir aussi l’article « Étude du psaume 145″, publié le premier juillet 2008

    * Voir aussi le droit canonique actuel qui remplace celui de 1983 dont se réfère Marogema (premier commentaire)

    * Les religieux sont-ils des laïcs ? Un article intéressant tente de répondre à la question posée par le premier intervenant ici. Recherchez sur Internet cet article sur le droit canon pour tous ; son auteur est Pierre Casiri, docteur en droit canonique.

  2. marogema dit :

    Bonjour !
    vous avez écrit (commentaire Ps 145 vers 2008 et qui sera celui du prochain 25éme dimanche 2014 )
    « Les clercs, les religieux, les religieuses et beaucoup de laïcs (hommes et femmes) prient tous les jours avec les psaumes. » Pourquoi vouloir ignorer le langage post conciliaire de l’Église ?
    Ce serait une bonne résolution que de vous mettre davantage en conformité avec le CDC (code de droit canonique 573s)de 1983. en effet, l’Église nous enseigne que, « canoniquement, les religieux et religieuses sont tous des laïcs ».
    donc inutile de les citer à part : ou alors citer, comme le CDC 1983, les « membres de la vie consacrée » laquelle, toujours selon CDC et CEC (catéchisme de l’Église catholique) comporte 5 rameaux (et donc pas de raison de citer uniquement un seul de ces 5 rameaux).
    Espérant qu’en bon diacre, vous donniez l’exemple du bon usage du vocabulaire ecclésial (celui défini par CDC et CEC) en allant relire ce que dit le CDC concernant la définition de la vie consacrée !
    Et, encouragements « une fois! » (ou plus)à notre ami belge.
    Marogema

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

 

Salem alikoum |
Eazy Islam |
Josue |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | AEP Gresivaudan 4ieme 2007-08
| Une Paroisse virtuelle en F...
| VIENS ECOUTE ET VOIS