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L’histoire de l’Apparition de la Sainte Vierge Marie à Pontmain (France)

Posté par diaconos le 21 janvier 2019

Source de cet article → SANCTUAIRE-DE-PONTMAIN

Auteur : Père Henri-Michel LEDAUPHIN

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Au soir du 17 janvier 1871, la Vierge Marie apparut dans le ciel avec une robe bleue sombre remplie d’étoiles, un crucifix dans ses mains. Des mots furent affichés par la suite au-dessous d’elle.

À Pontmain le 17 janvier 1871

Une journée qui commença comme les autres. Ce matin, l’église était remplie de fidèles, comme les autres jours. Il y a beaucoup de neige et il fait un froid glacial à fendre les pierres. Vers midi et demi, la terre trembla ce qui eut fortement impressionné tous les habitants, surtout en cette période troublée. C’était la guerre franco-prussienne. Depuis le 23 septembre, 38 jeunes de la paroisse étaient  partis à la guerre et l’on était sans nouvelles. Alors, on vit dans l’angoisse et dans la peur. Et puis il y eut cette épidémie de typhoïde qui commença à reprendre.

Malgré tout, on pria avec ferveur car il en était ainsi à Pontmain. Depuis l’arrivée de notre curé, l’abbé Michel Guérin, le 24 novembre 1836, dans chaque famille, on pria le chapelet tous les jours. Ce soir la, deux enfants, Eugène et Joseph Barbedette, aidaient leur père, dans la grange, à piler les ajoncs pour la nourriture de la jument. La nuit tomba. Il était environ cinq heure et demie.

Source de l’image → Notre Dame de Pontmain : apparition en 1871, fête le 17 janvier.

Jeannette Détais, une vieille femme, vint donner quelques nouvelles qu’elle glana un peu plus loin près des fuyards de l’armée de la Loire en déroute. Eugène profita de l’arrêt du travail pour sortir à la porte pour voir le temps qu’il faisait. Et voilà que tout à coup, en plein ciel, au dessus de la maison d’en face, il vit une Belle Dame qui tendit les bras comme dans un geste d’accueil et qui lui sourit. Elle était vêtue d’une robe bleue semée d’étoiles d’or (comme la voûte de l’église peinte ainsi en 1860).

Notre Dame de Pontmain : cliquez ici pour visionner la vidéo →   https://youtu.be/0QbkCpvi7jo

Sur la tête, elle avait un voile noir surmonté d’une couronne d’or avec un liseré rouge au milieu. Aux pieds, elle portait des chaussons bleus avec une boucle d’or. Elle était au milieu d’un triangle formé de trois grosses étoiles. L’enfant sourit à la Belle Dame. Ce sourire fut le seul dialogue car, de toute l’apparition, la Belle Dame ne dit pas un seul mot.

Le jeune frère Joseph, venu à la porte, vit lui aussi la Belle Dame tandis que les grandes personnes ne virent rien sinon les trois étoiles. Victoire, leur mère, ne vit rien non plus, malgré qu’elle se retourna pour aller à la maison chercher ses lunettes. Elle se rendit à l’école demander à sœur Vitaline de venir devant la grange. Ne voyant que les étoiles, la sœur retourna à l’école et en revint avec une autre sœur, Marie-Édouard, et trois petites pensionnaires.

À leur arrivée, les deux plus jeunes, Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebossé s’écrièrent :  » Oh ! La belle Dame ! Qu’elle est belle !’ et la décrivirent à leur tour. Sœur Marie-Edouard s’en alla prévenir Monsieur le curé tandis que sœur Vitaline commença à prier avec les gens qui accoururent de plus en plus nombreux.

Monsieur le curé, dit sœur Marie-Édouard depuis la porte du presbytère, venez vite chez les Barbedette, il y a un prodige : « les enfants voient la Sainte Vierge ! » Et Monsieur le curé, saisi par la surprise, répondit :  » Un prodige ! La Sainte Vierge ! La Sainte Vierge ! Mais, ma sœur, vous me faites peur !  » La vieille servante, Jeannette Pottier, intervint :  » Faut aller voir, Monsieur le curé ! » et elle alluma la lanterne pour sortir dans la nuit.

Lorsqu’il arriva au milieu de ses paroissiens, les enfants, que l’on avait séparés pour éviter qu’ils puissent communiquer entre eux, s’écrièrent :  » V’là d’qué qui s’fait !  » (voilà quelque chose qui se fait) et ils décrivirent un grand ovale bleu qui était venu entourer la Belle Dame.  À l’intérieur quatre bobèches étaient fixées portant quatre bougies éteintes. Ces bougies rappellèrent celles que l’abbé Guérin allumait sur l’autel de la Sainte Vierge depuis le 8 décembre 1854 à tous les offices de la paroisse. En même temps apparut une petite croix rouge sur la robe, à l’endroit du cœur.

Et puis voilà que l’attention se relâcha. On commença à parler, à discuter et la Belle Dame devint triste : ‘ V’là qu’elle tombe en humilité  » dit Eugène.  » Prions  » ajouta Monsieur le curé. Sœur Marie-Edouard commença le chapelet. Aussitôt, la Dame sourit à nouveau. Tout au long du chapelet, au rythme des Ave Maria, la Belle Dame grandit lentement. L’ovale grandit dans les mêmes proportions et les étoiles se multiplièrent sur sa robe et autour d’elle.

 » Ce fut comme une fourmilière, ça se tape sur sa robe, disent les enfants. Oh ! Qu’elle est belle !  » Après le chapelet, on chanta le Magnificat. Au début du chant, les enfants s’écrièrent :  » V’là cor’de qué qui s’fait  » (voilà encore quelque chose qui se fait). Une grande banderole vint se dérouler entre le bas de l’ovale et le toit de la maison. Des lettres commencèrent alors à s’écrire, en majuscule, couleur d’or. « C’est un M, un A, un I, un S ». Le mot MAIS qui resta tout seul jusqu’au moment où arriva Joseph Babin, un charretier, qui revint d’Ernée, à 20 km de là, et qui lança à la foule :  » Vous pouvez bien prier, les Prussiens sont à Laval ».

Le mot PRIEZ vint s’écrire alors après MAIS. Le message continua de s’écrire lettres après lettres.  À la fin des litanies que l’on chanta après le Magnificat, les enfants purent lire une première ligne se terminant par un gros point …

MAIS PRIEZ MES ENFANTS DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS

Au début de l’Inviolata qui suivit, des lettres commencèrent une seconde ligne : MON, au moment où l’on chanta « O Mater alma Christi carissima »’, le mot FILS vint s’écrire à la suite. « MON FILS » lurent  les enfants. Alors ce fut un cri de joie général : « C’est Elle ! C’est bien Elle ! C’est la Sainte Vierge !  » Jusque là, on pensa que ce pouvait être Elle. Mais maintenant, on en fut sûr. C’est bien écrit : MON FILS. Pendant que l’on termina l’Inviolata et que l’on chanta le Salve Regina, le message continua et se termina

MON FILS SE LAISSE TOUCHER

Il n’y eut a pas de point final mais cette deuxième ligne était soulignée par un gros trait d’or comme les lettres. « Chantons notre cantique à Marie » dit alors Monsieur le curé et les paroles s’élevèrent joyeuses vers le ciel, alors que, dimanche dernier, on l’avait chanté la gorge serrée : « Mère de l’Espérance dont le nom est si doux Protégez notre France. Priez, priez pour nous. »

Au début, la Vierge leva  les mains à hauteur de ses épaules et agita les doigts au rythme du cantique. Puis un rouleau couleur du temps passa et effaça la banderole et le message. Suit un autre cantique  » Mon doux Jésus » avec le refrain « Parce Domine, parce populo tuo,  les enfants, joyeux jusque là, devinrent subitement tout tristes. C’est que la Vierge elle aussi  était devenue toute triste. Elle ne pleura pas mais un frémissement au coin des lèvres marqua l’intensité de sa douleur.  » Jamais on n’a vu une pareille tristesse sur un visage humain » dirent les enfants.

C’est alors qu’une croix d’un rouge vif apparut devant la Vierge. Sur la croix, Jésus, d’un rouge plus foncé. Au sommet de la croix, sur une traverse blanche était écrit : JESUS CHRIST. La Vierge prit la croix à deux mains et la présenta aux enfants pendant qu’une petite étoile vint allumer les quatre bougies de l’ovale avant d’aller se placer au dessus de la tête de la Vierge. La foule pria en silence et beaucoup pleurèrent.

Puis sœur Marie-Edouard chanta l’Ave Maris Stella. Le crucifix rouge disparut et la Vierge reprit l’attitude du début. Le sourire,  un sourire plus grave, revint sur ses lèvres et une petite croix blanche apparut sur chacune de ses épaules. Il « tait huit heure et demie.

« Mes chers amis, dit Monsieur le curé, nous allons faire tous ensemble la prière du soir ». Tout le monde se mit à genoux, là où il se trouva, qui dans la neige, qui dans la grange pour ceux qui voulurent s’abriter du froid glacial. Jeannette Pottier, la vieille servante, commença la prière :  » Mettons-nous en présence de Dieu et adorons-le.  » Au moment de l’examen de conscience, les enfants signalèrent la présence d’un voile blanc qui vint d’apparaître aux pieds de la Vierge et qui monta lentement en la cachant à leurs yeux. Le voile arriva à hauteur de la couronne, s’arrêta un instant et, brusquement, tout disparut : le voile, la couronne, l’ovale, les bougies et les trois étoiles.

 » Voyez-vous encore ?  » demanda Monsieur le curé.  » Non, Monsieur le curé, tout a disparu, c’est tout fini ! « . Il était près de neuf heures. Chacun rentra chez lui, le cœur en paix. Toute crainte, toute peur s’en fut allée. Les Prussiens qui devaient prendre Laval ce soir-là n’y entrèrent pas. Le lendemain, ils se replièrent. L’armistice fut signé le 25 janvier. Les trente-huit jeunes de Pontmain revinrent tous sains et saufs.

Le 2 février 1872, après l’enquête et le procès canonique, Monseigneur Wicart, évêque de Laval publia un mandement dans lequel il déclara : « Nous jugeons que l’Immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu, a véritablement apparu le 17 janvier 1871 à Eugène Barbedette, Joseph Barbedette, Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebossé dans le hameau de Pontmain. « 

Compléments

◊ On devient chrétien par décision personnelle →  Des martyrs de chaque époque pour avoir annoncé l’Évangile

Liens externes

◊ Biographie : cliquez ici pour lire → Père Henri LEDAUPHIN (1922-2016) | Diocèse de Laval

◊ Les lumières de Dieu : cliquez ici pour lire → La lumière de Dieu: Les apparitions de la Vierge Marie, reconnues par l’Église

Pontmain

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