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De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde

Posté par diaconos le 28 juillet 2020

De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde  dans Catéchèse purgatoire-678x381

De l’Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, laissant les foules, Jésus vint à la maison. Ses disciples s’approchèrent et lui dirent : « Explique-nous clairement la parabole de l’ivraie dans le champ. »  Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ; le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais. L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges. De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde.
Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume toutes les causes de chute et ceux qui font le mal ; ils les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! » (Mt 13, 36-43)

Parabole du semeur

Avec quelle as­su­rance Jé­sus at­tri­bua à son ac­tion sur ce monde, tout le bien qui s’y trouva, tous les  fils du royaume !  Dans la pa­ra­bole du se­meur, où il s’a­git de ré­pandre dans la terre une se­mence qui re­pré­sente la  Pa­role de Dieu,Jé­sus-Christ, tout en res­tant le pre­mier et le grand se­meur, put consi­dé­rer tous ses ser­vi­teurs fi­dèles comme des conti­nua­teurs de son œuvre. Mais ici, où cette se­mence re­pré­sente des hommes  en­gen­drés par la pa­role de la vé­rité, pro­duc­tions vi­vantes de la pre­mière se­mence, créa­tions de l’Es­prit de Dieu,  Jésus fut le seul qui puisse en rem­plir ce champ qui est le monde ; en ce sens, se­mer la bonne se­mence fut son œuvre ex­clu­sive.

Cette œuvre, il l’ac­com­plit de tout temps, comme Pa­role éter­nelle au sein de notre hu­ma­nité  ; il l’ac­com­plis­sait alors sur la terre, où il était venu opé­rer une créa­tion nou­velle, et il l’ac­com­plira jus­qu’à la fin des temps. Le monde ! il faut don­ner une at­ten­tion par­ti­cu­lière à cette pa­role qui est la clef de la pa­ra­bole.

Jé­sus n’en­tendit pas par là la par­tie mau­vaise, mondaine de l’­hu­ma­nité, par op­po­si­tion au peuple de Dieu ; mais bien cette hu­ma­nité tout en­tière, qu’il ap­pela à bon droit son royaume, et qui fut des­ti­née par la mi­sé­ri­corde di­vine à re­ce­voir la bonne se­mence et à de­ve­nir le « royaume des cieux »  De tout temps il y  eut des in­ter­prètes qui, mé­con­nurent ce trait fon­da­men­tal de la pa­ra­bole : le champ c’est le monde, y sub­sti­tuèrent di­vers sens tout dif­fé­rent : le champ c’est l’Église.

Alors, en pré­sence de la ques­tion em­pres­sée des ser­vi­teurs : « Veux-tu que nous al­lions la cueillir » ? Et de la ré­ponse ca­té­go­rique de Jé­sus : « Non »  ! Ils se ré­si­gnèrent à ne voir dans l’Église chré­tienne que cette confu­sion per­pé­tuelle de l’i­vraie et du fro­ment, des  fils du royaume  et des « fils du ma­lin , dont le monde offre le spec­tacle et dont la pa­ra­bole  de l’ivraie se­rait l’i­mage.

Ainsi Cal­vin, mal­gré ses prin­cipes ri­gou­reux de dis­ci­pline, as­sez peu conci­liables avec la dé­fense de Jé­sus s’il s’a­git ici de l’Église, se console de la confu­sion qui y reste, en écri­vant ces mots :

Mais cette so­lu­tion doit nous suf­fire que Christ ne parle point ici (dans sa dé­fense) de l’of­fice des pas­teurs ou des ma­gis­trats, mais ôte seule­ment le scan­dale qui trouble les in­firmes, quand ils voient que l’Église ne consiste pas seule­ment en des élus, mais qu’il y a aussi des mé­chantes ca­nailles.

— commentaire sur cette parabole

D’autre part, il y  eut tou­jours, de­puis les do­na­tistes d’A­frique jus­qu’aux hommes du Ré­veil, des chré­tiens qui pensèrent pou­voir consti­tuer des Églises triées, sou­mises à une sé­vère dis­ci­pline, es­ti­mant que la dé­fense de  Jésus ne concer­na que l’­hu­ma­nité re­belle et hos­tile à l’Évan­gile. Ce mot, dans la pen­sée de Jésus, eut une si­gni­fi­ca­tion plus éten­due et plus uni­ver­selle, em­bras­sant l’­hu­ma­nité tout en­tière, dans la­quelle la puis­sance des té­nèbres est en lutte constante avec l’Évan­gile du sa­lut.

Dès lors Jésus pres­crivit à ses ser­vi­teurs, dans des vues pleines de sa­gesse et de mi­sé­ri­corde. Il ne leur de­manda pas de voir avec in­dif­fé­rence l’er­reur, le men­songe, le pé­ché, toutes les cor­rup­tions et les ini­qui­tés que l’en­nemi du royaume de Dieu sème dans le monde ; il leur or­donna au contraire de les com­battre avec toute la puis­sance et l’­éner­gie que donnent les armes spi­ri­tuelles de la Pa­role et de l’Es­prit de Dieu.

Mais ce qu’il leur in­ter­dit d’une ma­nière ab­so­lue, ce fut de re­cou­rir dans cette lutte aux armes char­nelles, d’y faire in­ter­ve­nir le pou­voir sé­cu­lier, d’em­ployer la contrainte, d’u­ser de moyens ma­té­riels de ré­pres­sion et de  propagande. pro­pa­gande.

La rai­son de cette in­ter­dic­tion est in­di­quée par la pa­ra­bole : le fro­ment et l’i­vraie re­pré­sentent des hommes  ; or, ar­ra­cher celle-ci, la dé­truire avant le temps, ce se­rait exer­cer un ju­ge­ment qui n’ap­par­tient qu’à Dieu. Ce que Jé­sus  eut prévu , arriva : en s’i­ma­gi­nant cueillir l’i­vraie, ces ser­vi­teurs, déso­béis­sant à son ordre, ar­ra­chèrent le fro­ment. Ce sont les es­prits les plus nobles, les plus in­dé­pen­dants, les plus pieux qui devinrent leurs vic­times.

Qui ne vit quelle lu­gubre sé­rie de per­sé­cu­tions, d’i­ni­qui­tés et de crimes furent épar­gnés à l’­hu­ma­nité, si tous avaient com­pris et ob­servé cette seule pa­role de Jé­sus  :  » Laissez-les croître ensemble jusqu’à la moisson ! »

Ce mé­lange, tout af­fli­geant qu’il fut, doit ser­vir au sa­lut des uns, à l’é­preuve et à la pa­tience des autres. Mais la confu­sion ne du­rera pas tou­jours ; il vient, le jour de la moisson, et alors ce que les ser­vi­teurs dé­si­rent sera accompli, non par des hommes faillibles et pé­cheurs, mais par la main des anges exé­cu­tant la jus­tice de Dieu.. Dans la pa­ra­bole du se­meur, la se­mence est la pa­role de Dieu, tom­bant dans le cœur d’­hommes di­ver­se­ment dis­po­sés. Ici, c’est cette même pa­role qui a pro­duit des ef­fets contraires se­lon qu’elle a été re­çue ou re­pous­sée ; et ces ef­fets de la pa­role di­vine sont iden­ti­fiés dans un lan­gage plein de har­diesse avec les hommes eux-mêmes qui les éprouvent.

Les uns sont fils du royaume ; ils y ont été in­tro­duits et ont été en­gen­drés par la pa­role, ils sont ani­més de l’es­prit de ce royaume : « Il disait : Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. » (Mt 3, 2). Les autres sont fils du malin, de ce­lui qui sème l’i­vraie ; ils sont sous son in­fluence , ani­més de son es­prit : « Vous, vous êtes du diable, c’est lui votre père, et vous cherchez à réaliser les convoitises de votre père. Depuis le commencement, il a été un meurtrier. Il ne s’est pas tenu dans la vérité, parce qu’il n’y a pas en lui de vérité. Quand il dit le mensonge, il le tire de lui-même, parce qu’il est menteur et père du mensonge. » ( Jn 8, 44)

Les ser­vi­teurs, qui, dans la pa­ra­bole, re­pré­sentent les dis­ciples de Jé­sus, avaient de­mandé avec éton­ne­ment et dou­leur :  » D’où vient qu’il y a de l’ivraie ? » Main­te­nant que nous sa­vons ce qu’est le champ, nous pou­vons dire que c’est là la ques­tion des ques­tions, le pro­blème dé­so­lant de toute phi­lo­so­phie et de toute théo­lo­gie : d’où vient le mal dans ce monde qui est le champ de Dieu, et où il n’a pu se­mer que le bien ?  La ré­ponse de Jésus  écarta d’un mot tous les sys­tèmes qui, d’une fa­çon ou d’une autre, font re­mon­ter le mal jus­qu’à Dieu, et qui par là touchent au blas­phème.

Le mal ne vient pas non plus de l’­homme, il n’est pas es­sen­tiel à sa na­ture : donc il y a pour lui es­poir de gué­ri­son. Il vient du de­hors, d’un ennemi qui est le démon. Cet en­sei­gne­ment de Jé­sus est conforme à toute l’Écri­ture, conforme aussi à la saine rai­son :

Le pé­ché, qui n’existe que dans une vo­lonté vi­vante et per­son­nelle, ne peut avoir son ori­gine que dans une vo­lonté per­son­nelle qui en a été la source.

— R. Stier

Nous ne nions pas qu’on puisse être chré­tien sans ad­mettre l’exis­tence per­son­nelle du diable, mais on ne peut nier non plus que pour cela il faille faus­ser tous les prin­cipes d’une saine exé­gèse ou re­je­ter l’au­to­rité de Jé­sus-Christ lui-même. La fournaise du feu qu’il ne faut pas ma­té­ria­li­ser, est l’a­chè­ve­ment de l’i­mage de l’i­vraie qu’on brûle.  Les der­niers mots : dans le royaume de leur Père, montrent qu’au sein de cette gloire le vrai élé­ment de la fé­li­cité sera l’amour éter­nel de Dieu. ! pour­quoi le Sau­veur qui vient d’ap­pe­ler son royaume (verset 41) ce champ du monde, qu’il pu­ri­fie de toute souillure, le nomme-t-il main­te­nant le royaume du Père ?

Diacre Michel Houyoux

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◊ Hozana ; cliquez ici pour lire l’article → De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu

◊ Regnum Christi ; cliquez ici pour lire l’article → La parabole de l’ivraie

Prédication du Professeur Nicolas Cochand

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Dix-huitième dimanche du Temps Ordinaire — Année A

Posté par diaconos le 28 juillet 2020

 Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés

Dix-huitième dimanche du Temps Ordinaire — Année A dans Catéchèse 116930436

De l’Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,  quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste, il se retira et partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les foules l’apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied. En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades. Le soir venu, les disciples s’approchèrent et lui dirent : « L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée. Renvoie donc la foule : qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! » Mais Jésus leur dit : « Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Alors ils lui disent : « Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. » Jésus dit : « Apportez-les moi. » Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples,  et les disciples les donnèrent à la foule. Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait douze paniers pleins. Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants.

Donnez-leur vous-mêmes à manger !

Le miracle de la multiplication des pains  eut lieu dans un contexte dramatique : Jésus qui fut rejeté de Nazareth et l’exécution de son cousin, ordonnée par Hérode.. En apprenant le meurtre de son cousin, le premier réflexe de Jésus fut de fuir, tout seul : « Il partit en barque pour un endroit désert à l’écart » Cette précision a une signification pour nous : n’aurions-nous pas besoin de nous retirer de temps en temps à l’écart pour faire le point  sur notre vie ?

 Jésus voulut se retirer à l’écart, mais il fut rejoint par la foule. Cette foule le suivit jusque dans sa retraite, attirée par son amour miséricordieux : il guérit leurs malades et les nourrit dans le désert comme Dieu le fit pour son peuple. L’Église doit à son tour poursuivre cette œuvre de rassemblement et de ressourcement du peuple de Dieu.

Ainsi bien des détails du texte biblique prennent-ils tout leur relief. : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ; apportez-moi ces pains et ces poissons.» Ces gestes de Jésus nous rappellent l’Eucharistie ; la distribution à la foule par les disciples ; les douze paniers des restes signifiant qu’il y aura encore de quoi nourrir d’autres foules à l’avenir.

 Les évangiles nous rapportent six récits de la multiplication des pains. En faisant ces gestes, Jésus agissait comme le père de famille présidant un repas. Il n’y a pas de repas juif sans bénédiction du pain… sans action de grâce… Les mots « action de grâce » se traduisent en grec « eucharistia » (Eucharistie)

 Le miracle de la multiplication des pains est une préfiguration de la Dernière Cène, un signe avant-coureur de l’Eucharistie. Avant de manger, les juifs pieux renditrnt grâce au Seigneur en disant : « Béni soit Celui qui nous donne la subsistance, et qui, par sa grande bonté, nous fait vivre. Nous te rendons grâce, Seigneur, Éternel qui nourrit toutes les créatures.»

 La nourriture que nous mangeons est un fruit de la terre et du travail des hommes. Mais elle est d’abord un don de Dieu. Aujourd’hui invisible, le Christ manifeste sa présence active dans la présidence du prêtre et dans la charge missionnaire assurée par toutes les personnes qui ont la charge du peuple de Dieu.

« Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Une vocation incontournable pour qui veut marcher avec Jésus : il reste douze paniers pleins à distribuer ! Notre communauté paroissiale, nos équipes demeurent toujours les intermédiaires par lesquels Jésus veut rassembler les foules en un seul peuple de Dieu et les nourrir de sa Parole et de son corps.

Recevons avec joie cet ordre de Jésus : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Et pour faire cela, ayons le même amour qu’a Jésus à l’égard des personnes. Chacune de nos messes, nous renvoie à nos tâches fraternelles de partage : Jésus, mort sur la croix, ressuscité le troisième jour, vivant éternellement avec le Père et le Saint Esprit, est le pain rompu, le pain partagé, pour un monde nouveau ! Amen.

 Diacre Michel Houyoux

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◊ Spiritualité 2000 : cliquez ici pour lire l’article →  Dix-huitième dimanche du temps ordinaire. Année A

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Saint Sacrement : Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés

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