Lundi de la deuxième Semaine du Temps Pascal

Posté par diaconos le 12 avril 2021

Personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu

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# LÉvangile de Nicodème et Actes de Pilate sont les noms usuels d’un évangile apocryphe composé en grec au IVe siècle, il raconte le procès et la mort de Jésus puis, à travers la figure de Joseph d’Arimathie et de trois Galiléens, la résurrection et l’ascension du Christ ; il cite notamment les évangiles canoniques et insiste sur le fait que Jésus accomplit les prophéties de l’Ancien Testament. Traduit en latin, il connut en Occident un très grand succès, dont témoignèrent plus de 400 manuscrits ; il fut complété à l’aide de récits de la descente du Christ aux enfers.

La forme la plus répandue au Moyen Âge, datée du VIe siècle, fut traduite au IXe siècle/Xe siècle en grec. dans lesquelles Marie joua un rôle important. L’Évangile de Nicodème influença la culture occidentale ; il fut souvent cité et exploité au Moyen Âge, aussi bien dans les encyclopédies médiévales et dans des chroniques historiques que des manuels de prédication ; il fut à la source d’une partie des légendes sur le Graal. Contrairement à ce que l’on a longtemps pensé, il semble n’avoir eu une influence sur l’iconographie que très tardivement (XVIIe siècle) ; il n’est donc pas à la source des icônes de la Résurrection.

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De l’Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Il y avait un homme, un pharisien nommé Nicodème ; c’était un notable parmi les Juifs. Il vint trouver Jésus pendant la nuit. Il lui dit : « Rabbi, nous le savons, c’est de la part de Dieu que tu es venu comme un maître qui enseigne, car personne ne peut accomplir les signes que toi, tu accomplis, si Dieu n’est pas avec lui. » Jésus lui répondit : « Amen, amen, je te le dis : à moins de naître d’en haut, on ne peut voir le royaume de Dieu. » Nicodème lui répliqua : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une deuxième fois dans le sein de sa mère et renaître ? »

Jésus répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair ; ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne sois pas étonné si je t’ai dit : il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit.»  (Jn 3, 1-8)

Jésus et Nicodème

Jean voulut donner une preuve de la parfaite connaissance que Jésus avait du cœur de l’homme  ; il voulut montrer en Nicodème un exemple de cette foi qui ne se fondait que sur les miracles ;  il introduisit ce trait comme une exception à l’attitude pleine de réserve que Jésus avait prise  ;  Jean reproduisit et résuma dans cette relation les importantes révélations que Jésus donna, dans les premiers temps de son ministère, sur sa personne et sur son œuvre.

Cette mémorable rencontre de Jésus avec le pharisien Nicodème fut un des principaux épisodes de ce premier séjour de Jésus à Jérusalem, dont Jean retraça les résultats. Nicodème fut désigné comme un membre du sanhédrin, conseil suprême de la nation : « Nicodème, qui était venu de nuit vers Jésus, et qui était l’un d’entre eux, leur dit : Notre loi condamne-t-elle un homme avant qu’on l’entende et qu’on sache ce qu’il a fait ? (Jn 7, 50-51)

Il était du parti des pharisiens. Il était inconnu dans l’histoire, car son identification avec un Nicodème, disciple de Jésus, dont parle le Talmud, et qui vécut jusqu’à la ruine de Jérusalem, n’est pas démontrée. Nicodème était un homme timide, et il resta comme le type de ceux qui cédèrent à la crainte de se compromettre.  Dans la position sociale qu’il occupait comme membre du sanhédrin, entouré d’hommes qui étaient remplis de préjugés contre Jésus, et n’ayant lui-même qu’une foi faible et obscure, Nicodème prit une détermination d’une hardiesse très méritoire en se décidant à chercher des lumières auprès de ce nouveau prophète galiléen.

Sa démarche prouva une sincérité qui l’eut affranchi par degrés de la crainte des gens. Malgré l’hostilité croissante du sanhédrin, il sut prendre la défense de Jésus. Au moment du plus grand danger, il ne craignit plus de se déclarer ouvertement en faveur de Jésus en qui il reconnut son Sauveur.

En déclarant que toutes choses ont été créées par la Parole, Jean exclut toute exception, il fit allusion aux premiers mots de la Genèse. Il se trouva en parfait accord avec d’autres écrivains du Nouveau Testament, qui rendirent la même pensée d’une manière plus explicite encore : «  En fait, j’ai aussi baptisé Stéphanas et les gens de sa maison ; et je ne sais plus si j’ai baptisé quelqu’un d’autre. » (Co 1, 16)

Jésus répondit aux pensées que Nicodème n’avait pas encore eu le temps d’exprimer, et qui avaient trait au royaume de Dieu. C’était le sujet qui préoccupait tout Israélite pieux. Mais quel renversement des idées de Nicodème : avec les pharisiens, dont il était ; il attendait un royaume extérieur, national, politique. Jésus lui présenta un royaume invisible, dans lequel on entre par une transformation morale.

Nicodème fut troublé par la déclaration de Jésus, ni de réduire sa question. En disant : « Un homme peut-il naître quand il est vieux, il pensa à lui-même et se dit qu’il ne pourra, en aucune façon, remplir la condition posée par la parole énigmatique de Jésus, alors même qu’elle lui présenta un sens acceptable. Il y ut de la tristesse dans sa réflexion.

Jésus éleva la pensée de Nicodème au-dessus du matérialisme qui  inspira sa question, il lui indiqua les moyens par lesquels seuls put s’accomplir la naissance spirituelle dont il lui parla.

Ces moyens sont : l’eau et l’Esprit. L’un est le symbole, l’autre la réalité. Nicodème, qui connaissait les Écritures, ne pouvait pas être entièrement étranger au fait ainsi décrit dans les termes mêmes des prophètes. Il n’ignorait pas le baptême d’eau que Jean-Baptiste prêchait et administrait en vue de la repentance ; peut-être avait il appris que Jean annonçait Jésus qui devait venir après lui et qui baptiserait du Saint-Esprit  : « Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. » (Mt 3, 11)

Il pouvait donc comprendre que l’eau, employée dans toutes les purifications rituelles en usage chez les Juifs, était le signe et le sceau de la repentance, de la douleur causée par le péché et qui, en le faisant haïr, purifie la conscience des œuvres mortes. En affirmant la nécessité pour tous de cette naissance d’eau et d’esprit, Jésus détruisit du même coup cet édifice de vertus, d’œuvres, d’observances de la loi, par lesquelles la propre justice pharisaïque pensait pouvoir subsister devant Dieu !

Il ne s’agit plus de faire, mais d’être, et avant d’être, il faut naître. Ainsi Jésus répondit aux préoccupations intimes de Nicodème. sa vie, dont la Parole est la source, devint lumière pour les créatures intelligentes et morales : la vie était la lumière des hommes. Après avoir décrit la Parole en elle-même, dans son rapport avec Dieu et dans son rapport avec le monde, Jean  la montra dans sa relation avec notre humanité.

Lorsque Jean écrit : « Dieu est lumière et il n’y a pas en lui de ténèbres », ou que Jésus dit : « Je suis la lumière du monde, celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres », ce terme de lumière, opposé à celui de ténèbres, désigne à la fois la perfection morale et la clarté qu’elle communique à l’entendement.

Pour l’homme qui la reçoit, la lumière est la vérité divine qui illumine son âme et y répand la connaissance de Dieu par la Parole. Mais cette connaissance n’est jamais purement intellectuelle ; elle est inséparable de la vie morale qu’elle crée et entretient dans le cœur ; elle grandit ou diminue et s’éteint avec elle. Ce fut ce qui ressortit du rapport que Jean eut établi entre la vie et la lumière. D’abord la vie, et par elle la lumière, tel est l’ordre du royaume de Dieu et de l’expérience chrétienne.

Mais quand la vie fut réellement la lumière des hommes ? Malgré l’apparition des ténèbres qui envahirent l’humanité, la lumière ne cessa pas de projeter ses rayons salutaires elle persiste à éclairer cette humanité devenue ténèbres : mais, par suite de l’obscurcissement moral, l’humanité résista à l’action de la lumière : les ténèbres ne l’eurent pas reçue.

Les moyens naturels de cette illumination sont, d’une part, la contemplation des œuvres de Dieu dans la création et, d’autre part, les avertissements de la conscience, cette loi écrite dans les cœurs. Ces moyens avec le secours de la Parole éternelle qui les emploie, suffiraient pour ramener les hommes à Dieu, s’ils étaient dans un état normal ; ils suffisent du moins pour les rendre inexcusables de résister aux sollicitations de cette lumière.

Après avoir dit ce qu’était la Parole divine, créatrice, vie et lumière des hommes, et comment elle ne fut pas reçue à cause des ténèbres qui régnèrent dans le monde, Jean poursuivit son exposé, en nous transportant au moment le plus tragique de cette lutte de la lumière avec les ténèbres : précédée et annoncée par le solennel témoignage de Jean, la Parole vint dans le peuple qui fut préparé pour la recevoir ; elle fut repoussée par lui, mais elle se constitua un nouveau peuple, formé de ceux qui reçurent d’elle par la foi le pouvoir de devenir enfants de Dieu.

 Le but du témoignage de Jean-Baptiste était que tous crussent à la lumière  par lui, par l’entremise de Jean. Telle fut l’intention de Dieu dans sa miséricorde ; et le témoignage de Jean était assez clair, assez puissant, pour que cette intention eût été réalisée en tous, si la plupart n’eussent été retenus loin de la foi par l’endurcissement de leurs cœurs. Cependant plusieurs crurent, et les plus éminents disciples de Jean-Baptiste devinrent disciples de Jésus.

Pour dissiper si possible l’étonnement de Nicodème, Jésus décrivit l’action de l’Esprit par une comparaison empruntée à la nature. Cette comparaison s’offrait à lui dans le terme même qui, en hébreu et en grec, désigne l’esprit et qui signifie en même temps vent. Il personnifie le vent (il souffle où il veut) et fit remarquer qu’on le constate par ses effets (le bruit, grec la voix), bien qu’on ne sache ni d’où il vient ni où il va.

Il en est de même de l’œuvre de l’Esprit ; celui en qui elle s’accomplit a conscience de la transformation qui s’opère en lui, il la constate par ses effets, mais il ignore de quelle manière elle s’accomplit. Toute vie est un mystère. Nicodème  demanda  : « C comment ?  » À cette question, il ne put y avoir de réponse propre à satisfaire une curiosité tout intellectuelle.

 Jésus révéla la parfaite liberté de l’Esprit dans son action. « Il souffle où il veut », et souvent là même où les hommes le soupçonnent le moins. Jésus enseigna encore que ceux en qui cet Esprit opère ne savent pas jusqu’où il les conduira. Il ouvre ainsi devant eux de grandes et glorieuses perspectives.

Diacre Michel Houyoux

Compléments

◊ Diacre Michel Houyoux : cliquez ici pour lire l’article → Est-ce de Galilée que vient le Christ ?

◊ Diacre Michel Houyoux : cliquez ici pour lire l’article →  Le serpent de bronze élevé par Moïse dans le désert

Liens avec d’autres sites web chrétiens

◊ Opus Dei : cliquez ici pour lire l’article →  Méditation : Lundi de la 2ème semaine du Temps Pascal

◊ Père Gilbert Adam : cliquez ici pour lire l’article → Lundi de la 2e semaine de Pâques

   Nicodème, renaître de l’esprit

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