Mardi de la trentième Semaine du Temps Ordinaire — Année B

Posté par diaconos le 26 octobre 2021

La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu

 « La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu »

Michel Houyoux

# L’Épître aux Romains est une lettre du Nouveau Testament envoyée par l’apôtre Paul à l’Église de Rome. Elle est la plus longue des épîtres de Paul et la plus explicite sur son enseignement. Les idées qu’elle développe forment en effet le fondement de la doctrine des Églises chrétiennes au sujet de la justification par la foi. Les interprétations de cette épître sont à l’origine de diverses évolutions du monde chrétien et plus particulièrement de la Réforme protestante.

Le contenu se situe dans deux registres. D’une part, il s’agit d’une lettre adressée à une communauté rencontrant des difficultés ; d’autre part, l’auteur expose sa vision du salut et de la foi. L’Épître aux Romains fait partie des sept épîtres reconnues comme authentiquement rédigées par Paul. Elle aurait été écrite, durant le troisième voyage missionnaire, à Corinthe où Paul passe l’hiver 57-58 (Ac 20,2-3).
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Il y annonce qu’il va bientôt se rendre à Jérusalem pour y porter des aumônes (Rm 15,25-28). Rome fut une Église naissante, qu’il n’eut pas lui-même fondée, à laquelle Paul envisagea de rendre visite. À Rome, se côtoyèrent des judéo-chrétiens et des pagano-chrétiens. Les deux communautés initialement séparées durent apprendre à cohabiter et coopérer. Les Juifs à Rome formèrent une communauté mal acceptée. Paul profita de cette épître pour souligner l’importance de l’Ancien Testament et sa continuité avec le message du Christ et redonna une place privilégiée au peuple d’Israël dans l’histoire du salut. Paul exhorta les deux communautés à s’entendre.
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L’Épître aux Romains fut commentée par Origène, Jean Chrysostome et Théodore de Cyr. Son interprétation fut largement débattue au Ve siècle, lors de la crise pélagienne à propos de la gratuité du salut, puis approfondie au Moyen Âge par Pierre Abélard et Thomas d’Aquin . Aux yeux de nombre d’historiens, les commentaires de l’épître aux Romains en 1516 par Martin Luther furent le point de départ doctrinal de la Réforme protestante. Jean Calvin et Philippe Mélanchthon considérèrent l’épître aux Romains comme donnant le sommaire de la doctrine chrétienne.
Depuis, les exégètes et théologiens protestants n’ont cessé de la commenter, en particulier Karl Barth, dont l’influence fut décisive sur la pensée théologique contemporaine Paul témoigna de son affection pour Israël Il démontra ensuite que la grâce souveraine ne fut pas liée à un avantage héréditaire mais à notre volonté d’accueillir Dieu. Ainsi, Ésaü, bien que frère jumeau de Jacob ne put hériter de la bénédiction (9,6-13) car, comme Pharaon, il a endurci son cœur (9,14-18).

De l ‘épître aux Romains

18 J’estime, en effet, qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous. 19 En effet, la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu. 20 Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance 21 d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu.

22 Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. 23 Et elle n’est pas seule. Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons ; nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint, mais nous attendons notre adoption et la rédemption de notre corps. 24 Car nous avons été sauvés, mais c’est en espérance ; voir ce qu’on espère, ce n’est plus espérer : ce que l’on voit, comment peut-on l’espérer encore ? 25 Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance. » (Rm 8, 18-25)

Les souffrances du temps présent et la gloire à venir

Les souffrances comparées à la gloire. Il n’y a pas de proportion entre nos souffrances actuelles et la vie glorieuse qui doit être manifestée à nos yeux. La création est dans l’attente de cette manifestation des enfants de Dieu. Elle a été soumise à la vanité malgré elle, à cause de celui qui l’y a soumise. Elle espère être affranchie de cette servitude et avoir part à la glorieuse liberté des enfants de Dieu. Nous la voyons comme en travail d’enfantement

Le soupir des enfants de Dieu. Nous aussi, qui avons reçu l’Esprit, nous soupirons après l’entière délivrance et l’entrée dans la gloire. Le salut est encore pour nous objet d’espérance et non de vue ; mais nous l’attendons avec persévérance. De même aussi, l’Esprit prie en nous par d’ineffables soupirs, quand nous ne savons ce que nous devons demander. Dieu, qui sonde les cœurs, reconnaît la pensée de l’Esprit, qui est conforme à sa volonté.

L’attente ardente de la création aspire à  la révélation des fils de Dieu. Paul prouva par le soupir universel de la création, que nous aurons certainement part à la gloire à venir, en dépit des souffrances que nous avons à endurer dans le temps présent. Cette preuve , relève de  la logique de la foi.  Si le salut fut accompli virtuellement par la mort et la résurrection de Jésus-Christ, s’il se réalisa spirituellement dans les croyants par leur justification et leur sanctification, il n’est pas encore opéré extérieurement dans l’univers.

Par notre corps, nous faisons partie de cette création qui souffre. C’est ce qui explique la contradiction qu’il y a dans notre situation : nous sommes sauvés et destinés à la gloire céleste, mais nous souffrons dans le temps présent et pour autant que nous appartenons à la  création soumise à la vanité.  Paul ne prouva pas seulement la certitude de la gloire réservée aux enfants de Dieu ; il montra en même temps sa grandeur infinie : la délivrance de la création tout entière y fut impliquée.

La création, ce sont tous les êtres, la nature entière opposée à l’humanité. Les chrétiens, ne sont pas compris dans ce terme, puisque c’est la révélation des fils de Dieu que la création attend et que, Paul distingua, nettement leur soupir du soupir de la création.  La révélation des fils de Dieu aura lieu au retour de Christ qui manifestera quels sont ses vrais disciples et les introduira dans la gloire de son règne.

« Car la création a été soumise à la vanité, non pas volontairement, mais à cause de celui qui l’y a soumise, avec espérance, » (Rm 8, 20)  Paul fit allusion à un châtiment qui exerça ses effets sur la création tout entière. À l’origine, tout ce que Dieu avait créé était  très bon,  conforme aux desseins de Dieu, aux fins de l’homme, roi de la création et de tous les êtres que Dieu avait appelés à l’existence. Nulle part ne se voyaient des éléments de désordre et de destruction ni ne s’entendaient les cris de la douleur

. Il n’en fut plus ainsi après la chute : Dieu maudit la terre souillée par le péché de l’homme,ce fut là ce que Paul rappela en disant que la création fut soumise à  l’instabilité, à la dissolution à la mort. Dès lors, tous les êtres vivants ne parviennent péniblement à la plénitude de leur existence que pour déchoir et périr ; la conservation momentanée d’un seul coûte la vie à des milliers d’autres ; partout règnent le travail, la lutte, la souffrance, la mort.

Paul vit dans tous ces maux une conséquence du péché de l’homme ; sa chute a causé une perturbation profonde dans l’œuvre parfaite du Créateur. Si la création a été soumise à la vanité, ce n’est pas volontairement mais à cause de celui qui l’y a soumise. Qui est-ce ? Les uns répondirent :  « Adam, par sa chute, ou, d’une manière plus générale, l’homme, en se livrant au péché. » D’autres : « Satan, en provoquant par la tentation la chute de l’homme. »  D’autres encore : « Dieu, par le jugement qu’il prononça sur la création « 

 La création elle même, bien que composée d’êtres privés d’intelligence et de conscience, sera délivrée aussi, tout comme l’humanité, de la servitude de la corruption. Quand ces puissances se déploieront complètement, la nature servira de théâtre à l’activité des enfants de Dieu parvenus à la gloire, à la splendeur de la vie bienheureuse et éternelle. Ce n’est pas toi seulement, mais ce qui t’est inférieur, ce qui est privé de raison et de conscience, qui aura part avec toi aux biens à venir.

La création cessera d’être corruptible, elle participera à la même glorification que ton corps. Elle est devenue corruptible quand tu as été livré à la corruption ; elle suivra de même ta destinée quand tu seras glorifié. Il en est d’elle comme de la nourrice d’un prince royal qui est associée à sa fortune, lorsqu’il monte sur le trône. Vois comment l’homme marche toujours en tête de tous les êtres et comment tout arrive à cause de lui ! Vois comment l’apôtre console celui qui est engagé dans la lutte, en lui montrant l’amour infini de Dieu ! ( Chrysostome)

Paul trouva une confirmation  de l’espérance qu’il exprima, dans le soupir universel de la création ; sa logique est ila logique de la foi . Ce que Paul appela le soupir de toute la création, c’est, au fond, l’instinct de tout être vivant, qui repousse la souffrance et la mort, son ardente aspiration à en être délivré, à vivre toujours et pleinement. Cette aspiration n’est pas vaine, ce désir sera un jour accompli. C’est pourquoi  Paul appela ces souffrances de la nature les douleurs de l’enfantement. Comme la mère en travail d’enfantement souffre pour mettre au monde l’enfant qu’elle porte dans son sein, ainsi la nature lutte sous les étreintes de la mort, afin de produire la création nouvelle et glorieuse qui doit sortir d’elle au jour marqué pour « la révélation des enfants de Dieu ».

Complément

◊ Diacre Michel Houyoux : cliquez ici pour lire l’article → La graine de moutarde devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel font leurs nids dans ses branches

Liens avec d’autres sites chrétiens

◊  Père Gibert Adam : cliquez ici pour lire l’article →   Mardi de la 30e semaine, année impaire

◊  Frère Dominique, fsj  : cliquez ici pour lire l’article →  mardi, 30ème semaine du temps ordinaire – Homélie

Pasteure Agnès Adeline-Schaeffer : « La graine de moutarde, ou l’espérance de Dieu »

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