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Ne saviez-vous pas que je doive m’occuper des affaires de mon Père ?

Posté par diaconos le 4 août 2022

Il leur dit: Pourquoi me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas qu'il faut que  je m'occupe des affaires de mon Père?” Luc … | Saviez vous que, Eglise  evangelique, Dieu

De l’Évangile de Jésus Christ selon Luc

Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume. À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances.

Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher. C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ?

Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements. (Lc 2, 41-51)

Premier voyage de Jésus à Jérusalem

Tous les Is­raé­lites hommes de­vaient se rendre chaque an­née à Jé­ru­sa­lem pour y cé­lé­brer les trois grandes fêtes de Pâque, de Pen­te­côte et des Ta­ber­nacles : « Trois fois l’an, toute ta population mâle se présentera devant le Seigneur Yahvé. » Ex 23, 17)

La loi ne pres­cri­vait rien aux femmes, mais elles s’y ren­daient fré­quem­ment, quand leur piété leur en ins­pi­rait le dé­sir ; ce fut le cas pour Marie. Quant aux jeunes gens, les pré­ceptes rab­bi­niques or­don­naient qu’ils fussent conduits au temple un ou deux ans avant l’âge de treize ans, à par­tir du­quel ils étaient te­nus de rem­plir toutes les obli­ga­tions lé­gales et de­ve­naient les fils de la loi.

Les jours, peuvent être les sept jours pres­crits par la loi pour la du­rée de la fête ou les quelques jours qu’ils s’é­taient pro­posé de pas­ser à Jérusalem, car la pré­sence à la fête n’é­tait obli­ga­toire que les deux pre­miers jours : « Le quinzième jour de ce mois, ce sera la fête des pains sans levain en l’honneur de l’Éternel; vous mangerez pendant sept jours des pains sans levain. » (Lv 23, 6)

Une journée de chemin, ce fut le soir au mo­ment où chaque fa­mille se réunis­sait pour la nuit, que Ma­rie et Jo­seph s’a­per­çurent de l’ab­sence de l’en­fant. Une cer­taine cri­tique s’em­pres­sa d’ac­cu­ser l’en­fant d’un manque d’é­gards en­vers ses pa­rents et ceux-ci de né­gli­gence. Quant à ces der­niers, l’ex­pres­sion de Luc : pensant qu’il était dans la compagnie de route, in­dique une cir­cons­tance qui peut mettre en quelque mesure leur res­pon­sa­bi­lité à cou­vert.

Les ca­ra­vanes de pè­le­rins se com­po­saient de pa­rents et d’a­mis parmi les­quels un en­fant de douze ans put être en par­faite sé­cu­rité. Pour Jésus, les jours de la belle fête de Pâque, qu’il cé­lé­bra pour la pre­mière fois, et dont il pé­né­tra la si­gni­fi­ca­tion re­li­gieuse, eurent laissé dans son cœur des im­pres­sions pro­fondes, aux­quelles il se livra avec bon­heur et sans ar­rière-pen­sée.

Le sen­ti­ment crois­sant de son rap­port tout spé­cial avec Dieu l’é­leva en ce mo­ment au-des­sus des re­la­tions pu­re­ment hu­maines. C’est ce qu’il dé­cla­ra plus tard : « Jésus lui répondit: Femme, qu’y a-t-il entre moi et toi? Mon heure n’est pas encore venue. » ( Jn 2, 4) La pre­mière jour­née de che­min qu’ils firent, une se­conde foi pour re­tour­ner à Jé­ru­sa­lem et la troi­sième, celle où ils le trou­vèrent. Dans le temple, dans quelque salle dé­pen­dante de l’é­di­fice, ou même sur la ter­rasse, les membres des san­hé­drins s’y réunirent le jour du sab­bat et à l’é­poque des fêtes, ils en­sei­gnèrent.

 Jé­sus eut alors déjà conscience de son ori­gine di­vine. Il nomma Dieu son Père, sen­tant que ce nom put seul ex­pri­mer la réa­lité et l’in­ti­mité de son rap­port avec Dieu. Il en fut si rem­pli, qu’il lui pa­rut na­tu­rel d’ou­blier tout le reste pour être aux choses de son Père ; ce fut là pour lui une né­ces­sité mo­rale : « Il faut ; ne le saviez-vous pas ? «  Dans cette pre­mière pa­role de Jé­sus qui nous soit par­ve­nue, tout est vé­rité, vie, amour ; il ne faut pas y cher­cher de dog­ma­tique.

Tous les pa­rents ne sont-ils pas sur­pris quand un jour ils dé­couvrent que leurs en­fants ont cessé d’être des en­fants ? Les pa­rents de Jé­sus, tout pré­ve­nus qu’ils furent, durent éprou­ver cette sur­prise avec une force re­dou­blée. Mal­gré la sa­gesse dont il fut rem­pli, Jé­sus n’eut auparavant ja­mais ex­primé d’une ma­nière aussi claire son rap­port spé­cial avec Dieu ; la parole qu’il pro­non­ça fut pour Ma­rie une ré­vé­la­tion nou­velle qui ne pé­né­trera que par de­grés dans son in­tel­li­gence.

La conscience qu’il eut de son rap­port unique avec son Père fut la source de son obéissance. Jé­sus fut ainsi le mo­dèle de l’en­fance, comme il  resta, pour tous les âges, le type ac­com­pli d’une vie hu­maine sans pé­ché et se dé­ve­lop­pant dans le bien ab­solu. Quand il s’a­git du pe­tit en­fant, Luc dit qu’il gran­dis­sait et se for­ti­fiait ; ici, l’a­do­les­cent fit des progrès, avança dans son dé­ve­lop­pe­ment physique et spi­ri­tuel.

Luc mit la sagesse avant la stature, parce que ce fut là le plus im­por­tant à ses yeux, et peut-être aussi pour mar­quer le dé­ve­lop­pe­ment des rap­ports in­times avec Dieu, que Jé­sus ré­véla, et qui furent la source de toute sa sa­gesse. Jésus fit des pro­grès, non seule­ment dans la fa­veur et l’a­mour de Dieu, mais qu’il ins­pi­ra aux hommes ce même sen­ti­ment.

Diacre Michel Houyoux

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