• Accueil
  • > Archives pour novembre 2023

Saint Jérôme, prêtre et docteur de l’Église

Posté par diaconos le 11 novembre 2023

 ActuaLitté

 

# Jérôme naquit vers 347 à Stridon, à la frontière entre la Panonie et la Dalmatie, et mourut le trente septembre 420 à Bethléem. Il fut un moine, traducteur de la Bible, et l’un des quatre à la fois Pères de l’Église latine, et Docteur de l’Église avec Ambroise de Milan, augustin d’Hippone et Grégoire Premier. En 383, le pape Damase Premier le choisit comme secrétaire et lui demanda de traduire les quatre Évangiles en latin. La marque de confiance que le pape lui accorda à cette occasion explique que la tradition et l’iconographie lui reconnaissent la qualité de cardinal, bien que l’institution cardinalice n’ait pas encore reçu, à l’époque, la définition précise que lui conférera au XIe siècle la réforme grégorienne.

À la mort du pape, il dut quitter Rome et retourna en Palestine en compagnie de Paula, noble romaine. Ils fondèrent un monastère double à Bethléem. Durant les trente-quatre dernières années de sa vie, Jérôme se consacra à la composition d’un texte latin de l’Ancien et du Nouveau Testament, qui soit plus fidèle aux manuscrits originaux grecs et hébreux. Concurremment il rédigea ses commentaires sur la Bible.

Il mourut en 420 et ses restes furent d’abord enterrés à Jérusalem puis furent transférés à la basilique Sainte Marie Majeure, l’une des quatre grandes basiliques de Rome. Les catholiques le considèrent comme l’un des Pères de l’Église et, avec les orthodoxes, le vénérèrent comme saint. Depuis Boniface VIII, en 1298, il fut qualifié de Docteur de l’Église.

Sa traduction de la Bible constitua la pièce maîtresse de la Vulgate, traduction latine officiellement reconnue par l’Église catholique. Il est considéré comme le patron des traducteurs en raison de sa révision critique du texte de la Bible en latin qui a été utilisée jusqu’au XXe siècle comme texte officiel de la Bible en Occident.

Biographie

Ses parents étaient chrétiens et d’un milieu aisé, ils possédaient un domaine. Conformément aux usages de l’époque, il ne fut pas baptisé mais inscrit en tant que catéchumène. Il part vers l’âge de douze ans pour Rome afin de poursuivre ses études. Il fut accompagné de son ami Bonosus et se lia d’amitié à Rome avec Rufin d’Aquilée et Héléodore d’Altimo.

Il étudia auprès d’Aélius Donat la grammaire, l’astronomie, et la littérature païenne dont Virgile, Cicéron, et fréquenta le théâtre, le cirque romain. Vers l’âge de seize ans, il suivit les cours de rhétorique et de philosophie auprès d’un rhéteur, ainsi que de grec. Il demanda le baptême vers 366. Après quelques années à Rome, il se rendit avec Bonosus en Gaule vers 367, et s’installa à Trêves, sur la rive à moitié barbare du Rhin.

C’est là qu’il entama son parcours théologique et recopia, pour son ami Rufin, le commentaire d’Hilaire de Poitiers sur les Psaumes, et le traité De synodis et où il découvrit le monachisme naissant. Il séjourna ensuite pendant plusieurs années, avec Rufin et Chromace d’Aquiléedans une communauté cénobitique. C’est à ce moment qu’il rompit les relations avec sa famille, et qu’il affirma sa volonté d’être consacré à Dieu.

À Antioche, deux de ses compagnons moururent, et lui-même tomba malade plusieurs fois. Au cours de l’une de ces maladies (hiver 373-374), il fait un rêve qui le détourna des études profanes et l’engagea à se consacrer à Dieu. Dans ce rêve, qu’il raconta dans l’une de ses lettres, il lui fut reproché d’être cicéronien, et non pas chrétien. À la suite de ce rêve, il renonça pendant une longue durée à l’étude des classiques profanes et étudia la Bible sous l’impulsion d’Apollinaire de Laodicée.

Il enseigne ensuite à Antioche auprès d’un groupe de femmes, étant sans doute disciple d’Évagre le Pontique. Il étudia aussi les écrits de Tetullien, Cyprien de Carthage et Hilaire de Poitiers.Désirant intensément vivre en ascète et faire pénitence, il s’installa en 375 dans le désert de Chaldis de Syrie, au sud-ouest d’Antioche. Il y passa quelque temps en raison du grand nombre d’ermites qui y vivaient.

La période au désert et la vie érémitique de Jérôme fut assez difficile, notamment du fait des jeûnes et de sa santé fragile: les jeûnes avaient pâli son visage, mais les désirs enflammaient son esprit. Il fut en relation à cette époque avec les chrétiens d’Antioche, et commença à s’intéresser à l’Évangile des Hébreux, qui fut, selon les gens d’Antioche, la source de l’Évangile selon Matthieu.

Ce fut à cette époque qu’il fit ses premiers commentaires bibliques en commençant par le plus petit livre de la Bible, le live d’Abdias. Il profita de ce temps pour apprendre l’hébreu avec l’aide d’un juif. Il traduisit alors l’Évangile des Nazaréens, qu’il considéra un temps comme l’original de l’Évangile de Matthieu. C’est à partir de cette période que Jérôme commença sa correspondance épistolaire, qu’il continua e tout au long de sa vie.

À son retour à Antioche, en 378 ou 379, il fut ordonné par l’évêque Paulin. Peu de temps après, il partit à Constantinople pour continuer ses études des Écritures sous l’égide de Grégoire de Nazianze, mais aussi pour éviter les querelles théologiques entre les partisans de Nicée et les ariens. Il y resta deux ans et suivit les cours de Grégoire de Nazianze qu’il décrivit comme son précepteur. C’est à cette période qu’il découvrit Origène et qu’il commença à développer une exégèse en comparant les interprétations latines, grecques et hébraïques de la Bible.

Il traduisit en latin et compléta les tables chronologiques de la Chronique d’Eusèbe de Césarée, histoire universelle d’Abraham à Constantin. En 382, il revint à Rome pour trois ans. Il fut en contact avec le pape Damase Pr et les principaux responsables de l’Église de Rome. Son retour à Rome fut dû aux conflits issus du concile de Constantinople. Il rencontra Paulin à Rome pour être interprète. Il fut invité au concile de Rome de 382 qui fut convoqué pour mettre fin à la séparation d’une partie de l’Église d’Antioche.

Jérôme, qui parlait grec et latin, se rendit indispensable auprès du pape Damase Ier par ses traductions et sa connaissance biblique. Il devint un secrétaire occasionnel du pape et le conseilla lors de consultations synodales. En plus de l’aide occasionnelle donnée au pape Damase, Jérôme répond à ses demandes d’explications sur des termes de la Bible en utilisant les versions grecques et hébraïques Ses traductions et ses interprétations cherchèrent à intégrer les aspects historiques de l’Écriture sacrée.

À la demande privée du pape Damase, il révisa une traduction latine des quatre Évangiles en les comparant au grec, afin de mettre fin aux divergences des traductions latines de ces textes qui circulaient en Occident. Il révisa aussi une traduction latine des Psaumes. Il traduisit à la demande de Damase Les commentaires sur le Cantique des cantiques d’Origène, ainsi que le traité Sur le Saint Esprit de Didyme l’Aveugle.

Jérôme exerça une influence non négligeable au cours de ces trois années passées à Rome, notamment par son zèle à prôner l’ascétisme. Il s’entoura d’un cercle de femmes de la noblesse, dont certaines étaient issues des plus anciennes familles patriciennes, comme les veuves Marcella et Paula, et leurs filles Blaesilla et Eustochium. Il prit parti pour la possibilité d’être une femme consacrée en défendant la virginité, dans la célèbre lettre 22, rédigée en 384, destinée à Eutochium, surnommée Sur la virginité à conserver.

Il mit en garde Eustochium contre les dangers de l’adolescence, lui recommandant d’éviter le vin : vin et jeunesse : double fournaise de volupté. Pourquoi jeter de l’huile sur le feu ?

Pourquoi à ce jeune corps ardent fournir l’aliment de ses flammes ? Jérôme fit la critique du clergé régulier, il critiqua la cupidité des évêques et des prêtres. De plus, il critiqua le paganisme qui restait présent à Rome au sein du clergé romain, qui y préservait les cultes païens. Les critiques ouvertes de Jérôme contribuent à faire naître une hostilité croissante à son égard de la part du clergé et de ses partisans. Peu de temps après la mort de son protecteur Damase, le 11 décembre 384, l’opposition du clergé à l’égard de Jérôme le conduisit à quitter Rome.

Sa présence loin d’Antioche allait à l’encontre du concile de Nicée, qui exigeait que les prêtres ordonnés restèrent dans leurs diocèses d’origine. Il partit avec quelques fidèles en direction de Jérusalem, en prenant avec lui des copies de livres, avec beaucoup de rancune envers ceux qui l’ exclurent. En août 385, il retourna à Antioche, accompagné par son frère Paulinianus et quelques amis. Pendant l’hiver 385-386, Jérôme et Paula partirent en Égypte, car c’est là le berceau des grands modèles de la vie ascétique.

À Alexandrie, Jérôme rencontra, et écouta le catéchiste Didyme l’Aveugle et expliqua le prophète Osée et raconta les souvenirs qu’il avait de l’ascète Antoine Le Grand , mort trente ans plus tôt. En 386, il revint à Bethléem où il s’installa et fonda une communauté d’&scètes et d’érudits. Il y construisit et développa son monastère pendant trois ans grâce aux moyens que lui fournit Paule.

L’ensemble comporte une hôtellerie pour accueillir les pèlerins, un monastère pour les hommes et un monastère pour les femmes. Paule dirigea le monastère des femmes et Jérôme quant à lui dirigea le monastère des hommes, mais il donna des directions spirituelles aux hommes comme aux femmes à travers des explications des Écritures.

L’Écriture eut une place primordiale dans la vie communautaire inaugurée par Jérôme. Jérôme assimila la Bible au Christ : «Aime les saintes Écritures et la Sagesse t’aimera, il faut que ta langue ne connaisse que le Christ, qu’elle ne puisse dire que ce qui est saint». Jérôme montra des qualités d’éducateur, il écrivit pour la petite-fille de Paule un manuel d’éducation, dans lequel il insista sur la pédagogie : «Qu’on lui fasse des lettres, soit de buis, soit d’ivoire, et qu’on les désigne par leurs noms ; qu’elle s’en amuse, qu’ainsi son amusement même lui soit un enseignement…, qu’assembler les syllabes lui vaille une récompense, qu’on l’y invite encore par des petits cadeaux qui peuvent faire plaisir à cet âge» ; il poursuit ses conseil : «Qu’elle ait des compagnes d’études qu’elle puisse envier, dont l’éloge la pique. Il ne faut pas la gronder si elle est un peu lente, mais stimuler son esprit par des compliments : qu’elle trouve de la joie dans les succès et dans l’échec de la peine. Veiller surtout à ce qu’elle ne prenne pas les études en dégoût, car l’amertume ressentie dans l’enfance pourrait durer au-delà des années d’apprentissage».

Dans sa correspondance avec certains Romains qui lui demandèrent conseil, Jérôme montra l’importance qu’il donna à la vie communautaire : «Je préférerais que tu sois dans une sainte communauté, que tu ne t’enseignes pas toi-même et que tu ne t’engages pas sans maître dans une voie entièrement nouvelle pour toi»,recommandant la modération dans les jeûnes corporels : «La malpropreté sera l’indice de la netteté de ton âme… Une nourriture modique, mais raisonnable, est salutaire au corps et à l’âme», ainsi que d’éviter l’oisiveté : «Livre-toi à quelque travail manuel, pour que le diable te trouve toujours occupé», terminant ses conseils par la maxime : «Le Christ est nu, suis-le nu. C’est dur, c’est grandiose et difficile, mais magnifique en est la récompense

Jérôme mourut le 30 septembre 419. La date de sa mort est connue par la chronique de Prosper d’Aquitaine. Ses restes, enterrés d’abord à Jérusalem, furent ensuite transférés à la basilique Saint -Marie-Majeure à Rome, lors des invasions musulmanes en Palestine.

Vidéo Vie de saint Jérôme de Stridon →  https://youtu.be/2DkbArfNmrU?t=4

Publié dans Catéchèse, Enseignement, évangiles, Histoire, L'Église, Page jeunesse, Paroisses, Religion, Temps ordinaire, Vie des saints | Pas de Commentaire »

Trente troisième dimanche du Temps Ordinaire – Année A

Posté par diaconos le 11 novembre 2023

La parabole des Talents

# La parabole des talents et la parabole des dix mines comptent parmi les paraboles évangéliques les plus connues. La première est racontée dans l’Évangile selon Matthieu 25:14-30. La deuxième, comparable, bien que légèrement différente, se trouve dans l’Évangile selon Luc XIX, 12-27. Elles décrivent un maître qui gratifie des serviteurs méritants, et qui en punit un autre pour sa paresse. Cette métaphore se rapporte à celle du vrai cep (Jn 15, 1-12), et au fait que le Seigneur cherche à ce que ses enfants donnent du fruit, à ce qu’ils suivent les vertus théologales et cardinales afin de partager, aider, et de faire vivre la compassion.

Les deux récits évoquent également le sort des élus et le sort des damnés lors du Jugement de la fin des temps. La parabole illustre l’obligation pour les chrétiens de ne pas gâcher leurs dons reçus de Dieu et de s’engager, malgré les risques, à faire grandir le royaume de Dieu. Le mot de talent a pris son sens depuis cette parabole. Un prêtre, le Frère Élie, décrit ce que cette parabole ne cache qu’à demi-mot : un jugement sera… prononcé, un jugement de salut sur ceux à qui le Seigneur a confié dons et talents à faire fructifier durant son absence. .

Cette parabole de Jésus oriente donc l’attention sur le temps qui s’étend entre son ascension au ciel et son retour dans la gloire, temps où l’homme a à s’investir pour recevoir au jour du jugement la couronne du salut. C’est donc à chacun de donner selon ses aptitudes afin d’aider son prochain. Cependant, Frère Élie alla plus loin : pour lui l’homme de haute naissance est bel et bien le Christ lui-même, son retour sera alors le temps du jugement dernier, le temps du salut des âmes.

Selon saint Jean Chrysostome, il faut par ce mot de talent, entendre tout ce par quoi chacun peut contribuer à l’avantage de son frère, soit en le soutenant de son autorité, soit en l’aidant de son argent, soit en l’assistant de ses conseils par un échange fructueux de parole, soit en lui rendant tous les autres services qu’on est capable de lui rendre.

Il ajouta : «Rien n’est si agréable à Dieu que de sacrifier sa vie à l’utilité publique de tous ses frères. C’est pour cela que Dieu nous a honorés de la raison» Cette parabole sera reprise par Jean Calvin, au XVIème siècle, pour revaloriser l’usure dans la croyance protestante.

Le troisième serviteur, devant son raté, aurait pu se présenter au maître, au lieu de l’insulter, en demandant pardon, ou même en disant que personne n’est digne d’entrer dans la joie du maître par ses propres œuvres. La seule solution est de consentir à ce que Dieu donne. «Seigneur, je ne suis pas digne, mais dis seulement une parole et je serai guéri.» Qu’aurait fait le maître? Il aurait aussi accueilli ce serviteur.

De l’Évangile selon Matthieu

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : «C’est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités.

Puis il partit. Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents
en gagna deux autres.

Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître. Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes.

Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents
et dit ‘Seigneur, tu m’as confié cinq talents ;voilà, j’en ai gagné cinq autres.’

Son maître lui déclara : ‘Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.’

Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : ‘Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.’

Son maître lui déclara : ‘Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ;entre dans la joie de ton seigneur.’

Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : ‘Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre.
Le voici. Tu as ce qui t’appartient.’

Son maître lui répliqua : ‘Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu.

Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix.

À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien,
jetez-le dans les ténèbres extérieures ;là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !’» (Mt 25, 14-30)

La parabole des talents

Le royaume des cieux est comparé à ce que fit un homme qui, s’en allant en voyage, remit ses biens à ses serviteurs. Il donna à l’un cinq talents, à l’autre deux, à l’autre un. Aussitôt celui qui avait reçu cinq talents se mit à l’œuvre et en gagna cinq autres ; de même aussi celui qui en avait reçu deux. Mais celui qui n’avait qu’un talent, l’enfouit dans la terre.

Longtemps après, le maître revint et fit rendre compte à ses serviteurs. Celui qui avait reçu cinq talents en produisit cinq autres qu’il avait gagnés ; de même aussi celui qui en avait reçu deux. Alors le maître, louant leur fidélité, les admit à partager sa joie.

Mais celui qui n’avait reçu qu’un talent vint et dit : «Seigneur, je savais que tu es un homme dur et injuste ; j’ai craint et j’ai enfoui ton talent dans la terre : voici ce qui est à toi.» Mais son maître lui répondit : «Méchant serviteur, si tu savais que je suis un homme dur et injuste, tu devais remettre mon argent à d’autres, qui me l’auraient rendu avec intérêt. Ôtez-lui le talent, donnez-le à celui qui en a dix et jetez le serviteur inutile dans les ténèbres du dehors

Luc rapporta une parabole qui a des traits de ressemblance avec celle-ci, mais qui, à d’autres égards, en diffère profondément. Plusieurs interprètes, considérant ces deux récits comme une seule et même parabole, diversement modifiée par la tradition apostolique, se demandèrent auquel des deux appartient la priorité et l’originalité.

Jésus employa deux fois une forme d’instruction, en la modifiant de manière à exprimer deux idées différentes  ? Dans la parabole rapportée par Luc, tous les serviteurs reçurent la même somme à faire valoir.

Ici les dons confiés furent individualisés selon la capacité et les moyens de chacun. Ayant ainsi confié ses biens, le maître partit aussitôt, car ’il ne voulut gêner en rien la liberté de ses serviteurs, désormais responsables.

«Après un long temps, le seigneur de ces serviteurs vient, et il règle compte avec eux » (Mt 25, 19) Comme ce retour du maître représente la seconde venue de Jésus. es cinq talents confiés n’étaient pas si peu de chose ; mais le maître les désigna ainsi en comparaison de ce qu’il confia encore de ses immenses richesses à ce serviteur qui se montra bon et fidèle.

Que signifie dans la parabole, ce mot : la joie de ton seigneur ? Certains pensèrent à la satisfaction que le maître éprouva au sujet de ce bon serviteur, d’autres à quelque banquet ou quelque fête qu’il voulut instituer pour célébrer son retour. Ici,

Jésus passa tout à coup de l’image à la réalité et que cette joie, fut la félicité et la gloire dont il jouit et dans laquelle il introduisit son fidèle serviteur. Les uns virent dans ces banquiers des associations chrétiennes auxquelles le serviteur paresseux aurait pu confier les ressources qu’il ne voulait pas faire valoir lui-même ; d’autres, des chrétiens plus avancés, sous la direction desquels il aurait dû se placer.

D’autres encore virent dans l’acte de porter l’argent aux banquiers, le renoncement à la profession chrétienne qui fut commandé à ceux qui n’eurent pas dans le cœur la foi et l’amour de leur Maître.

«La banque est le trésor divin et l’acte de dépôt, réclamé du serviteur, un état de prière dans lequel le serviteur, qui se croit incapable d’agir lui-même pour la cause de Christ, peut au moins demander à Dieu de tirer de lui et de sa connaissance chrétienne le parti qu’il trouvera bon.» (Godet)

L’homme qui confia ses biens avant de s’absenter, c’est le Seigneur lui-même, qui bientôt allait se séparer de ses disciples. Les serviteurs sont les disciples d’alors et les rachetés de tous les temps, quelles que soient leur position ou leurs fonctions dans l’Église.

Les talents représentent tous les dons de Dieu, avantages naturels et grâces spirituelles et en particulier l’effusion de son Saint-Esprit qui allait être accordée à l’Église, pour y créer une vie nouvelle et y vivifier tous les autres dons.

Ces talents sont répartis à chacun selon sa capacité, conformément à la souveraine sagesse de celui qui sonde les cœurs, mesure les forces morales et intellectuelles et connaît le degré de réceptivité de chaque âme.

Il s’agit pour tous d’augmenter ces talents en les faisant valoir. De même, en effet, que des capitaux s’augmentent par les intérêts, par le travail, de même toutes les grâces de Dieu se multiplient par leur emploi fidèle dans la vie pratique.

Le retour du maître qui vient régler compte avec ses serviteurs, c’est l’avènement solennel, au dernier jour, du Seigneur devant qui seront manifestés tous les secrets des cœurs et tous les fruits du travail de chacun.

Le bonheur des serviteurs fidèles qui entrent dans la joie de leur Seigneur, aussi bien que l’inexprimable malheur du serviteur méchant et paresseux qui se voit dépouillé de son talent et jeté dans les ténèbres du dehors ce dénouement si grand, si tragique de la parabole, s’explique de lui-même.

Diacre MICHEL HOUYOUX

Compléments

Diacre Michel Houyoux : cliquez ici pour lire l’article Pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ?

Diacre Michel Houyoux : cliquez ici pour lire l’article N’ayez pas peur !

Liens avec d’autres sites web chrétiens

Diocèse de Fréjus-Toulon : cliquez ici pour lire l’article Trente-troisième dimanche ordinaire, année A

Paroisse Saint Loup : cliquez ici pour lire l’article Trente-troisième dimanche du Temps Ordinaire – Année A

 

VidéoPasteur Marc Pernot https://youtu.be/eQifoKN6Iuk

Publié dans Bible, Catéchèse, comportements, Enseignement, évangiles, Histoire, L'Église, Page jeunesse, Paroisses, Religion, Temps ordinaire | Pas de Commentaire »

Saint Martin de Tours

Posté par diaconos le 10 novembre 2023

St Martin de Tours - Angélus de Benoit XVI - Jardinier de Dieu

Martin de Tours n’acquit dans l’€mpire romain à Savaria, dans la province romaine de Panomie (actuelle Hongrie, en l’an 316. Sa vie est essentiellement connue par la Vita sancti Martini (Vie de saint Martin) écrite en 396-397 par Sulpice-sévère, qui fut l’un de ses disciples. La dévotion à Martin se manifeste à travers une relique, le manteau ou la chape de Martin, qu’il partagea avec un déshérité transi de froid. Dès le cinquième siècle, le culte martinien donna lieu à une série d’images successives relatant les faits et gestes du saint.

Il introduisit le monachisme en Gaule moyenne, le monachisme martinien s’ancrant autour de la Loire, tandis que les monachismes lérinien et cassinite se développèrent dans la Gaule méridionale.Son culte se répandit partout en Europe occidentale, depuis l’Italie, puis surtout en Gaule où il devint le patron des dynasties mérovingiennes et carololingiennes. Saint Martin compte parmi les patrons secondaires de la France.Il est le patron notamment de Tours, Buenos Aires, Vevey, de la cathédrale de Mayence, de celle d’Utrecht, de celle de Lucques et de la basilique San Martino.

Jusqu’à la réforme du calendrier des saints de la fin du 20e siècle, on célébrait deux fêtes de saint Martin : la Saint-Martin d’été ou Saint Martin le bouillant, le quatre juillet, commémoraison de la consécration épiscopale de Martin en l’an 371 au cours de laquelle un globe de feu était apparu au-dessus de Martin, et la Saint-Martin d’hiver, le onze novembre. Seule le 11 novembre est aujourd’hui inscrit au calendrier liturgique universel, la Saint-Martin d’été restant une coutume particulière ou locale.Son père était un tribun militaire de l’Empire romain, chargé de l’administration de l’armée, il suivit son père à Pavie, en Italie du nord lorsque ce dernier y fut muté.

À l’école, l’enfant fut en contact avec des chrétiens en cette époque marquée par le développement du christianisme. Vers l’âge de dix ans, il voulut se convertir à cette religion, car il se sentit attiré par le service du Christ. En tant que fils de magistrat militaire, Martin suit son père au gré des affectations de garnison ; il fut héréditairement lié à la carrière de son père, voué au culte impérial. Ce père fut irrité de voir son fils tourné vers le christianisme : alors que l’âge légal de l’enrôlement est de dix-sept ans, il força son fils de quinze ans à entrer dans l’armée.

En tant que fils de vétéran, il reçut le grade de circitori avec une double solde. Le circitorétait chargé de mener la ronde de nuit et d’inspecter les postes de garde de la garnison. Le jeune homme avait un esclave, et il le traita comme son propre frère. Affecté en Gaule, à Amiens, un soir de l’hiver de l’an 334, Martin partagea son manteau militaire avec un déshérité transi de froid, car il n’a déjà plus de solde après avoir généreusement distribué son argent. Il tranche son manteau ou tout du moins la doublure de sa pelisse : le manteau appartenait à l’armée, mais chaque soldat pouvait le doubler à l’intérieur par un tissu ou une fourrure, à ses frais.

La nuit suivante le Christ lui apparut en songe vêtu de ce même pan de manteau. Il avait alors 18 ans. Le reste de son manteau, appelé cape sera placé plus tard, à la vénération des fidèles, dans une pièce dont le nom est à l’origine du mot chapelle. Ce fut le temps où les Barbares étaient aux frontières de l’Empire, composées de mercenaires d’origine germanique. En mars 354, Martin participa à la campagne sur le Rhin contre les Alamans à Civitas Vangionum en Rhénanie ; ses convictions religieuses lui interdirent de verser le sang et il refusa de se battre.

Pour prouver qu’il ne fut pas un lâche et qu’il croyait à la providence et à la protection divine, il proposea de servir de bouclier humain. Il fut enchaîné et exposé à l’ennemi mais, pour une raison inexpliquée, les barbares demandèrent la paix. Il s’agit évidemment d’un récit miraculeux tels qu’ils furent abondamment développés sept cents ans plus tard dans La Légende dorée de Jacques de Voragine. Le genre fut d’une grande popularité durant tout le Moyen Âge.

Selon Sulpice-Sévère, Martin servit encore deux années dans l’armée, une unité d’élite de la garde impériale dont il fut membre pendant 20 années ; cela porterait la durée totale de son service à 25 ans, durée légale dans les corps auxiliaires de l’armée romaine, puis il se fit baptiser à Pâques toujours en garnison à Amiens ; cette époque fut un temps de transition, la fin d’un règne et le début d’un autre règne où tous, même les soldats, furent pénétrés par les idées nouvelles.

En l’an 356, ayant pu quitter l’armée il se rendit à Poitiers pour rejoindre Hilaire, évêque de la ville depuis l’an 350. Hilaire avait le même âge que lui et appartenait comme lui à l’aristocratie, mais il devint chrétien tardivement.Son statut d’ancien homme de guerre empêcha Martin de devenir prêtre : aussi refuse-t-il la fonction de diacre que lui proposa l’évêque. Il eut alors un pouvoir de thaumaturge : il ressuscita un mort et opéra de nombreuses guérisons, doublé de celui d’un exorciste.

Au cours du même voyage, il rencontra le Diable. Dans la région des Alpes, il fut un jour attaqué par des brigands. L’un des voleurs lui demande s’il avait peur. Martin lui répondit qu’il n’eut jamais eu autant de courage et il plaignit les brigands. Il se mit à leur expliquer l’Évangile. Les voleurs le délivrèrent et l’un d’eux demanda à Martin de prier pour lui.

La chrétienté était alors déchirée par des courants de pensée qui se combattirent violemment et physiquement ; les ariens, les disciples du prêtre Arius, qui nia que le Christ soit Dieu fils de Dieu au contraire des trinitaires de l’Église orthodoxe ; à cette époque les ariens furent très influents auprès du pouvoir politique. Alors qu’Hilaire, un trinitaire, victime de ses ennemis politiques et religieux, tomba en disgrâce et fut exilé, Martin fut averti en songe qu’il doit rejoindre ses parents en Illistrie afin de les convertir. Il réussit à convertir sa mère mais son père resta étranger à sa foi ; cette position peut du reste n’être que tactique, le père essayant de défendre son statut social privilégié.

En Illyrie, ce fut la foi arienne qui était la foi dominante et Martin, qui était un fervent représentant de la foi trinitaire, eut de violentes disputes avec les ariens, car il fut publiquement fouetté puis expulsé. Il s’enfuit et se réfugia à Milan, mais là aussi les ariens dominaient et Martin fut à nouveau chassé. Il se retira en compagnie d’un prêtre dans l’île déserte de Gallimara, non loin du port d’Albenga et se nourrit de racines et d’herbes sauvages. Martin s’empoisonna accidentellement avec de l’hellébore et il s’en fallut de peu qu’il ne meure.

En l’an 360, avec les décisions du Concile de Nicée, les trinitaires regagnèrent définitivement leur influence politique et Hilaire retrouva son évêché. Martin en fut informé et revint lui-même à Poitiers. Alors âgé de 44 ans, il s’installa en 361 sur un domaine gallo-romain qu’Hilaire lui indiqua près de Poitiers. Martin y créa un petit ermitage,situé à huit km de la ville : l’abbaye de Ligugé, où il fut rejoint par des disciples. Il y créa la première communauté de moines sise en Gaule. Ce premier monastère fut le lieu de l’activité d’évangélisation de Martin pendant dix ans. Il accomplit ses premiers miracles et se fit ainsi reconnaître par le petit peuple comme un saint homme.

En l’an 371 à Tours, l’évêque Lidoire mourut ; les habitants voulurent choisir Martin mais celui-ci refusa. Les habitants l’enlevèrent et le proclamèrent évêque le 4 juillet 371 sans son consentement ; Martin se soumit en pensant qu’il s’agit là sans aucun doute de la volonté divine. Un cas identique de contrainte face à un non-consentement se reproduisit en l’an 435 pour Echer de Lyon. Les autres évêques ne l’aimèrent guère car il avait un aspect pitoyable dû aux mortifications et aux privations excessives qu’il s’infligea, il porta des vêtements rustiques et grossiers.

Désormais, il ne modifia en rien son train de vie. Il créa un nouvel ermitage à trois km au nord-est des murs de la ville : ce fut l’origine de Marmoutier avec pour règle la pauvreté, la mortification et la prière. Les moines devaient se vêtir d’étoffes grossières sur le modèle de saint Jean-Baptiste qui était habillé de poil de chameau. Ils copiaient des manuscrits, pêchaient dans la Loire ; leur vie est très proche de ce que l’on peut lire dans les Évangiles sur la vie des premiers apôtres, jusqu’aux grottes qui abritent dans les coteaux de la Loire des habitations troglodytes où s’isolèrent des moines ermites. .

Le monastère fut construit en bois ; Martin vécut dans une cabane de bois dans laquelle il repoussa les apparitions diaboliques et conversa avec les anges et les saints : ce fut une vie faite d’un courage viril et militaire que Martin impose à sa communauté.Tout ce monde voyageait à travers les campagnes à pied, à dos d’âne et par la Loire ; car Martin fut toujours escorté de ses moines et disciples, pour des raisons de sécurité car il ne manquait pas de voyager très loin de Tours. Ailleurs l’autorité de l’évêque était limitée à l’enceinte de la cité, avec Martin elle sortit des murs et pénétra profondément à l’intérieur des terres. Martin sembla avoir largement sillonné le territoire de la Gaule ; là où il ne put aller, il envoya ses moines.

À cette époque les campagnes étaient païennes, il les parcourut faisant détruire temples et idoles. Il fait par exemple abattre un pin sacré.Il prêcha avec efficacité les paysans, forçant le respect par l’exemple et le refus de la violence. Il prêcha par la parole et par sa force, il savait parler aux petits et il utilisait à merveille la psychologie par sa connaissance des réalités quotidiennes et l’utilisation de paraboles simples que le petit peuple comprenait.

Il remplaça les sanctuaires païens par des églises et des ermitages et, comprenant fort bien l’homme de la campagne et ses besoins, il se donna les moyens de le convertir alors que la foi chrétienne était essentiellement urbaine. D’après Grégoire de Tours, il fonda les paroisses de Langy ; Langey, Sonnazy, d’Ambroise, de Charnisay, de Tournon, de Candes. Marmoutier servit de centre de formation pour l’évangélisation et la colonisation spirituelle des campagnes ; ce fut pour l’essentiel la première base de propagation du christianisme en Gaule. 

Martin de Tours fut présent à Trêves lorsque les évêques d’Espagne Hydaces et Ithace demandèrent à l’empereur Maxime la condamnation de Priscillien. Celui-ci fut condamné, pour motifs civils, au chef de magie. Rejoint par Ambroise de Milan, délégué par le jeune empereur Valentinien II, Martin demanda la grâce pour Priscillien. Bien qu’Ambroise, menacé de mort par l’empereur, ne le soutint pas,  Martin obtint que les disciples de Priscillien ne fussent pas poursuivis. Le pape Sirice s’éleva contre les procédés de Maxime

 Par la suite, Martin de Tours refusa toujours de participer aux assemblées épiscopales, ce qui, avec ses efforts pour sauver de la mort Priscillien, le fit suspecter d’hérésie. L’empereur Théodose Premier déclara nulles les décisions de Maxime dans cette affaire ; Ithace fut déposé quelques années plus tard et Hydace démissionna de lui-même de sa charge, Marmoutier comptait 80 frères vivant en communauté, issus pour la plupart de l’aristocratie ce qui permettait à Martin de jouir d’une grande influence et de se faire recevoir par les empereurs eux-mêmes. Il existe désormais une complicité entre les empereurs et les évêques, entre le pouvoir de la nouvelle foi et le pouvoir politique.

Mais cela n’empêche pas Martin, à la table de l’empereur, de servir en premier le prêtre qui l’accompagne et d’expliquer que le sacerdoce est plus éminent que la pourpre impériale. Un jour, voyant des oiseaux pêcheurs se disputer des poissons, il expliqua à ses disciples que les démons se disputent de la même manière les âmes des chrétiens. Et les oiseaux prirent ainsi le nom de l’évêque ; ce sont les martins-pêcheurs.Vers la fin de sa vie, sa présence fut requise pour réconcilier des clercs à Candes-sur-Loire à l’ouest de Tours ; l’urgence de l’unité de l’Église fit que malgré sa vieillesse, il décida de s’y rendre.

Son intervention fut couronnée de succès, mais, le lendemain, épuisé par cette vie de soldat du Christ, Martin mourut à Candes, à la fin de l’automne, le 8 novembre 397 sur un lit de cendres comme mouraient les saints hommes. Au moment de sa mort, les personnes qui l’entourèrent rapportèrent avoir vu son corps paraître blanc comme neige.Il fut enterré le onze novembre dans le cimetière chrétien extérieur à la ville après une halte en un lieu où sera plus tard construite la chapelle du Petit-Saint-Martin. Son tombeau devient dès lors un lieu de pèlerinage couru de tout le pays. Selon Grégoire ,de Tours, l’évêque Brice fit construire en lan 437 un édifice en bois pour abriter le tombeau et la cape de Martin, appelé pour cette raison chapelle. Constatant le rayonnement de ce sanctuaire, l’évêque Perpétuus fit construire à la place la première basilique Saint Martin hébergeant le tombeau de Martin, dont la dédicace eut lieu le 4 juillet de l’an 470.

Diacre Michel Houyoux

Vidéo Saint Martin de Tours https://youtu.be/9BFVaCR–4o

Publié dans Catéchèse, comportements, conversion, Enseignement, fêtes religieuses, Foi, Histoire, Histoire du Salut, L'Église, Page jeunesse, Paroisses, Religion, Rencontrer Dieu, Temps ordinaire, Vie des saints | Pas de Commentaire »

Samedi de la trente et unième semaine du Temps Ordinaire -Année A

Posté par diaconos le 10 novembre 2023

La parabole de l'économe infidèle – Sagesse et Finance

# L’Économe infidèle ou le Gérant habile est une parabole de Jésus. Elle relate entre autres le non-attachement aux biens terrestres. Selon Gaudence de Berscia, il faut s’attacher au partage : le Seigneur Jésus est le maître véritable qui enseigne à ses disciples les préceptes nécessaires au salut.

Il a raconté à ses Apôtres d’alors la parabole de l’intendant pour les exhorter, ainsi que tous les croyants d’aujourd’hui, à se montrer fidèles à faire l’aumône». Ce vénérable stipule bel et bien qu’il ne faut pas dépenser en gaspillant, et qu’il faut vivre comme un Pèlerin sur terre. Le croyant doit s’attacher aux biens célestes conclut le saint.

Elle est l’image de la confiance rendue, du respect, de la fidélité et de la prudence. Par ces valeurs éthiques, elle se rapproche des vertus cardinales et des vertus théologales.

Pour le docteur de l’Église Jean Chrysostome, l’économe fidèle est celui qui sait dispenser avec générosité la parole divine et les miracles tels les pasteurs de l’Église. Jean Chrysostome, dans son étude de l’Évangile selon saint Matthieu, dit que le titre d’économe fait aussi référence aux puissants du monde, aux rois qui doivent aider les peuples.

De l’Évangile de Jésus Christ selon Luc

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : «Moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.

Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande.

Si vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ? Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance, ce qui vous revient, qui vous le donnera ?

Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent.»

Quand ils entendaient tout cela, les pharisiens, eux qui aimaient l’argent, tournaient Jésus en dérision.

Il leur dit alors : «Vous, vous êtes de ceux qui se font passer pour justes aux yeux des gens, mais Dieu connaît vos cœurs ; en effet, ce qui est prestigieux pour les gens est une chose abominable aux yeux de Dieu » (Lc 16, 9-15)

Faites-vous des amis avec les richesses injustes

Que sont ces richesses injustes ? Et quels sont les amis que nous devons nous faire par leur moyen ? La raison pour laquelle Jésus appela injustes les biens de ce monde, fut expliquée de manières fort diverses. C’est parce qu’il y a presque toujours, de près ou de loin, quelque injustice dans la manière dont ils furent acquis, ou dans l’usage qu’on en fit.

Comment donc cet économe fut-il injuste ? D’abord, en dissipant le bien de son maître ; puis en en disposant pour son profit personnel. voilà comment la plupart des gens rendent injustes les richesses que Dieu leur confie. Au lieu de se considérer comme des administrateurs qui lui en rendront compte, ils s’en constituent les vrais possesseurs et, oubliant leur responsabilité, ils accumulent ces biens dans leur avarice, en font étalage pour nourrir leur orgueil, ou bien les dissipent pour satisfaire passions.

Quel est alors l’usage que Jésus leur conseille de faire de ces biens, devenus injustes dans leurs mains ? La parabole donne la réponse : Le moment approche où toute personne sera appelée à rendre compte de son administration ; elle doit donc imiter l’économe, qui s’empressa de profiter d’un dernier sursis pour s’assurer des amis qui le reçurent dans leurs maisons : «Moi, je vous dis : Faites-vous des amis(Lc 16, 9)

Quels sont ces amis ? L’un dit : «L’ami suprême que nous devons nous assurer, c’est Dieu lui-même en employant à son service les biens qu’il nous confie.»

«C’est le Seigneur Jésus, qui regarde comme fait à lui-même le bien que nous faisons au plus petit de ses frères»Olshausen. Pour Meyer, Ces amis sont les anges, que Jésus lui-même nous représente comme chargés d’introduire les justes dans le royaume de Dieu.

Mais l’interprétation la plus généralement admise consiste à entendre par ces amis, les personnes : ignorantes à instruire, malheureuses à soulager, pauvres à secourir. Il faut se les attacher par la bienfaisance, par une vraie charité chrétienne. Leur reconnaissance subsistera jusque dans le siècle à venir.

Le sens des deux leçons est donc semblable, mais la dernière convient mieux à la parabole, puisque ce sont les biens que l’intendant administra qui tout à coup manquèrent à l’économe.

Ce mot de tabernacle ou tente est une allusion à la vie des patriarches qui, étrangers et voyageurs, plantaient leurs tentes pour un jour. Dans l’économie future elles seront éternelles ; ce seront les demeures de la maison du Père, l’édifice qui est l’ouvrage de Dieu.

Comme ces amis furent des pauvres et des malheureux secourus, ils se bornèrent à les accueillir avec reconnaissance et avec amour. Dans certains cas aussi ces pauvres assistés purent devenir pour ceux qui leur vinrent en aide les instruments de leur salut.

Les biens qui nous sont confiés, comme ceux qu’administra l’économe, ne sont pas à nous, mais à Dieu. Si, comme lui, nous ne sommes pas fidèles dans l’usage que nous en faisons, Dieu pourrait-il nous donner ce qui est à nous ?

Les biens de la terre sont à Dieu, qui les confie à qui il veut, pour un temps, et ils restent toujours pour nous des biens extérieurs. Le salut, au contraire, la vie éternelle, est à nous, parce qu’elle est un héritage qui nous a été légitimement acquis, et surtout parce qu’elle nous est assimilée de manière à devenir une partie intégrante de notre nature spirituelle et immortelle.

Cette parole remarquable nous ouvre une perspective inattendue sur la dignité que Jésus attribue à l’âme humaine, et aussi sur l’état des enfants de Dieu dans le ciel, où tout ce qu’ils posséderont sera parfaitement identique à leur être et leur sera approprié pour toujours par un progrès sans fin dans la connaissance et l’amour de Dieu.

L’enseignement que Jésus donna ici provoqua les ricanements des pharisiens amis de l’argent. Jésus déclara que la renommée dont ils jouirent parmi les hommes fut en abomination à Dieu qui connut leurs cœurs. La loi qui  domina jusqu’à Jean ne fut pas abolie par la publication de ce royaume de Dieu, qui fut l’objet de l’ardente poursuite d’un grand nombre. Elle subsistera autant que le ciel et la terre.

Diacre Michel Houyoux

Complément

Diacre Michel Houyoux : cliquez ici pour lire l’article → Aucun domestique ne peut servir deux maîtres à la fois… (Lc 16, 1-13)

Liens avec d’autres sites chrétiens sur Internet

Diacre Jean-Yves Fortin : cliquez ici pour lire l’article → Notre bien véritable – Parole de Dieu …

Paroisse Notre Dame de l’espérance (Rillieux -le-Pape) : cliquez ici pour lire l’article → Liturgie de la Parole des très jeunes enfants : Digne de …

Vidéo L’économe infidèle https://youtu.be/F7E1k9VBzLM

Publié dans Bible, Catéchèse, comportements, Enseignement, évangiles, Histoire, L'Église, Page jeunesse, Paroisses, Religion, Temps ordinaire | Pas de Commentaire »

1...910111213...15
 

Passion Templiers |
CITATIONS de Benoît XVI |
La pastorale Vauban |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | chrifsossi
| La Mosquée de Méru
| Une Paroisse virtuelle en F...