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Mardi de la première semaine du Carême – Année Paire

Posté par diaconos le 19 février 2024

Qu’est-ce que la vraie prière ? Comment prier pour être entendu par ...

De l’Évangile de Jésus Christ selon Matthieu

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : «Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme le font les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs.

Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes.» (Mt 6, 7-13)

La vraie piété

Prier Dieu, ce n’est pas le haranguer. La toute-science de Dieu, fondement de notre confiance en lui et de la prière, suffit pour prévenir les vaines redites, mais elle doit aussi nous encourager à lui ouvrir notre cœur et à lui exposer tous nos besoins qu’il connaîtVous donc, par opposition aux païens (verset 7), priez ainsi, par opposition aux vaines redites. Mais ce n’est pas seulement la brièveté de la prière que Jésus va enseigner, c’est surtout l’esprit dans lequel il faut prier, les grâces qu’il faut demander et qui répondent aux plus profonds besoins de toute âme chrétienne.

Il ne veut donc pas donner une formule de prière à laquelle ses disciples doivent se borner, mais dès qu’il condescend à leur en retracer un si admirable modèle, n’y aurait-il pas de leur part autant d’orgueil que d’ingratitude à l’exclure de leurs dévotions ? On nous dit que les apôtres ne s’en servaient pas dans leurs prières : qu’en savons-nous ? Et qu’est-ce que cela prouverait  ? Quand le Maître a parlé, attendrons-nous que les disciples confirment sa parole ? Cette prière est si simple à la fois et si profonde dans les pensées si humble et si sublime dans son esprit si riche dans sa brièveté, que tout ce que nous pouvons demander à Dieu pour nous-mêmes et pour l’Église s’y trouve compris.

Les trois premières demandes concernent tous les rapports de Dieu à l’homme, les trois dernières toutes les relations essentielles de l’homme pécheur à Dieu. Enfin ces requêtes répondent à la fois aux besoins de chaque âme individuelle et aux espérances des enfants de Dieu, réunis en Église dans une sainte et intime communion. Luc donna l’oraison dominicale sous une forme incomplète et en lui attribuant une tout autre place. Au premier abord, il semble que l’occasion indiquée par Luc, la demande d’un disciple : « Enseigne-nous à prier », est historiquement plus naturelle que celle du sermon sur la montagne, que Matthieu lui assigna.

Telle fut l’opinion de plusieurs interprètes, qui pensèrent que notre Matthieu introduisit ici ce formulaire, parce qu’il convenait très bien à l’instruction que Jésus donna sur l’esprit dans lequel on doit prier. Cet à Matthieu seul que nous devons de posséder en son entier cette admirable prière. Père, tel est le premier mot de cette prière. Cette invocation renferme déjà tout ce qui peut inspirer à l’âme qui prie la confiance et l’amour. Ce nom de Père donné à Dieu est à la fois la révélation et l’œuvre de Jésus-Christ. Rarement il se rencontre dans l’Ancien Testament, jamais dans la plénitude de sa signification chrétienne.

Et même il nous faut être réconciliés avec Dieu par Christ et avoir reçu l’Esprit d’adoption, pour être rendus capables de prononcer ce nom en vérité. (Rm 8, 15 : Ga 4 6) «Prier ainsi, c’est la gloire des fidèles du Nouveau Testament. Quiconque dit à Dieu Père peut tout demander.» (Bengel)

Jésus ne nous fait pas dire, en nous isolant chacun dans son égoïste individualité : mon Père, mais notre Père qui es aux cieux ! Quiconque est né de Dieu sur la terre est membre de cette immense famille des rachetés de Christ, avec laquelle nous sommes unis ; un lien nouveau d’une parenté impérissable embrasse les enfants de Dieu, depuis le plus obscur chrétien dont toute la science religieuse consiste à savoir prononcer avec amour le nom de son Père céleste, jusqu’aux esprits des justes qui déjà entourent le trône de Dieu.

Qui es dans les cieux, n’exprime pas seulement la grandeur et la puissance de Dieu, mais l’idée que Dieu, bien que présent partout, réside et manifeste spécialement sa présence et sa gloire dans un monde supérieur, que les Écritures nomment le ciel ou les cieux. (Is 66, 1 ; Ps 2, 4 ; Ps102, 20 ; Ps 115, 3 ; Jb 22. 12 ; Ac 7, 55-56 ; 1 Tim 6, 16Le Fils de Dieu vint de là et y retourna dans sa gloire ; c’est du ciel que vient l’Esprit divin et sur lui et sur les siens. (Mt 3, 16 ; Ac 2, 1) C’est de là que la voix de Dieu retentit (Mt 3, 17 ; Jn 2, 28) et que les anges de Dieu descendent. (Jn 1, 51)

Le chrétien qui, en priant, élève ses yeux et son cœur vers le ciel, sait qu’il aspire vers sa patrie. Ni le panthéisme ni l’astronomie ne lui ôteront ce privilège. L’oraison dominicale se divise en deux séries de trois demandes. Les trois premières se rapportent à Dieu et à son règne, les trois dernières à l’homme et à ses besoins. En donnant ainsi la priorité aux intérêts divins, contrairement à l’instinct de son cœur qui le pousse à penser à soi d’abord, le chrétien renonce à lui-même, mais c’est pour se donner tout entier à Dieu, en qui il se retrouve, non plus seul, mais uni à ses frères.

«L’esprit fraternel devient ainsi dans la seconde partie de la prière le complément de l’esprit filial qui avait dicté la première ; l’intercession fraternelle se confond avec la supplication personnelle. L’oraison dominicale n’est donc autre chose que le sommaire de la loi mis en action sous la forme de la prière, le sommaire réalisé d’abord dans l’intimité du cœur, pour passer de là dans la vie entière.» — Godet Le nom de Dieu, c’est l’expression de son essence, de son être, tel qu’il s’est révélé à nous dans sa Parole. (Jn 7, 6 ; Rm 9, 17) Sanctifier ce nom, c’est reconnaître Dieu, le confesser, le craindre, l’adorer comme saint ; c’est surtout l’avoir comme saint dans le cœur. (1P 3, .15)

Par cette prière, nous demandons à Dieu que tous les hommes arrivent à sanctifier son nom de cette manière. La connaissance et l’adoration du saint nom de Dieu est le principe sur lequel s’établit son règne, sa domination sur les âmes  sur ce règne ou royaume de Dieu.  Ce règne spirituel est d’abord caché dans le cœur des croyants (Lc 17.21) implanté en eux par la Parole et l’Esprit de Dieu ; mais il ne les laisse pas isolés, il les unit dans une sainte et vivante communauté.

Demander à Dieu que ce règne vienne, c’est le supplier d’abord que ce règne grandisse en puissance là où il est, en sorte que rien ne se soustraie plus à sa domination absolue ; c’est ensuite prier pour que ce règne se propage, s’étende de proche en proche, d’âme à âme, de peuple à peuple, jusqu’à ce qu’il ait pénétré l’humanité tout entière, c’est enfin appeler de ses vœux le triomphe final de ce règne, le jour où celui qui en est le Sauveur et le Roi viendra le rassembler et l’élever à la perfection. (Rm 8, 21-23 ; Rm 2, 13 ; 2P 3, 12-13 ; Ap 22, 20)

Là où Dieu règne, sa volonté est faite, mais jusqu’à la venue parfaite de son règne dans la gloire, il y a pour ses enfants un long exercice d’obéissance par lequel ils doivent faire de continuels progrès : obéissance active pour accomplir cette volonté de Dieu dans les devoirs les plus difficiles ; obéissance passive pour accepter cette volonté, alors même qu’elle brise la nôtre et nous impose les plus douloureux sacrifices. «La prière s’étend ; ainsi jusqu’à l’état idéal où cette volonté sera faite sur la terre renouvelée comme elle est faite au ciel par les anges (Ps 103.20-22) et par les justes parvenus à la perfection.» Le ciel est la norme de la terre.— Bengel

«Avant de demander à Dieu les grâces spirituelles dont nous avons un si profond besoin, le Sauveur nous permet de nous décharger sur lui de nos soucis terrestres. (1 P 5, 7)C’est ainsi qu’il faut entendre cette demande, sans la spiritualiser arbitrairement en lui donnant pour objet « le pain de vie ». Pourquoi méconnaître cette miséricorde divine qui nous autorise à nous attendre à elle pour toutes choses ?

Dans ce sens qui seul convient à l’ensemble de cette requête, chaque mot porte son enseignement : Donne, car tout vient de toi, est un don de ta libéralité ; le riche doit s’en souvenir aussi bien que l’indigent ; nous, dans la communauté de la charité, de sorte que tous sentent que Dieu veut exaucer la prière du pauvre par son frère à qui il a déjà donné ; aujourd’hui, non des provisions pour un lointain avenir ; notre pain, la nourriture et ce qui est nécessaire à cette vie terrestre, non la richesse et l’opulence.

Reste ce mot que nous traduisons très imparfaitement, d’après l’ancienne version latine, par quotidien, ou de chaque jour. Il est difficile d’en bien déterminer le sens, parce que c’est, dans l’original, un mot composé qu’on peut expliquer par des étymologies diverses et parce que, en dehors de cette prière, il ne se retrouve ni dans le Nouveau Testament ni dans la littérature grecque. Il n’est pourtant que deux significations admissibles. On obtient l’une en faisant dériver cette expression d’un mot qui signifie : le jour qui vient : «Donne-nous aujourd’hui le pain du lendemain»

Nos péchés sont nos dettes devant Dieu, dettes énormes que nul ne peut payer (Mt 18, 24-25 ; Lc 7, 41-42), qui doivent nous être remises gratuitement. Cette prière même, enseignée par Jésus est une déclaration touchante que Dieu, dans sa miséricorde, pardonne à toute personne repentante qui l’implore. Son pardon est même beaucoup plus que la remise d’une dette à un débiteur, car en ôtant la peine du péché, il nous met en possession de tout son amour et de la vie éternelle. Et pourtant, le besoin du pardon se renouvelle sans cesse dans une conscience délicate, parce que journellement nous contractons quelque dette qui doit nous être remise.

Après avoir reçu le pardon de son péché, le chrétien ne craint rien autant que d’y retomber. De là cette demande. Quel en est l’objet ? Non que Dieu ne nous tente point, « il ne tente personne » intérieurement Jacques 1.13 ; non seulement qu’il « ne nous laisse pas tomber dans la tentation » quand déjà nous y sommes ; mais qu’il ne nous y amène pas, c’est-à-dire que, puisque tous les événements de notre vie sont dans sa main, il ne permette pas que nous soyons placés dans des situations extérieures telles que nous y trouverions la tentation et des occasions de chute (Mt 26, 41). Mais comme de telles situations, de telles épreuves sont presque inévitables en ce monde, cette prière s’appuie sur des promesses divines. 1 Co 10, 13)

Être préservé de la tentation, n’épuise pas le besoin profond de l’âme dans son état d’épreuve ; son ardente aspiration est d’être délivrée du mal. On peut traduire ainsi, ou bien du malin, du démon de qui procèdent les tentations. Le mot grec permettant l’un et l’autre sens, les opinions des interprètes sont très divisées. D’autres interprètes, tout en traduisant du mal, limitèrent le sens de ce terme au mal moral, au péché. Les catholiques et les luthériens font de ce dernier soupir de l’oraison dominicale une prière distincte de la précédente et obtiennent sept demandes, le nombre sacré des Écritures.

Quiconque souffre ainsi de ses péchés et en demande le pardon, est tout disposé à pardonner aux hommes qui l’auraient offensé ; ou plutôt, au moment de sa repentance et de sa prière, il a déjà pardonné au fond de son cœur. Cette leçon est empruntée à Luc. Le mot comme exprime, non la mesure de notre pardon, qui ne peut jamais se comparer au pardon de Dieu, mais la présence en nous de la disposition qui correspond au pardon divin et permet à celui-ci de se manifester. Luc dit : « Car nous-mêmes aussi nous remettons », ce qui exprime la même pensée.

Avec Luther l’idée du mal comme plus générale, répondant mieux à tous les besoins et s’appliquant au tentateur lui-même. Être délivré du mal sous toutes ses formes, mal physique, mal moral ; du péché et de toutes ses conséquences ; des tentations et de celui qui en est l’instigateur ; de la vanité sous laquelle soupire la créature : telle est la prière d’un exilé, d’un captif, d’un affligé qui implore son libérateur. D’autres interprètes, tout en traduisant du mal, limitèrent le sens de ce terme au mal moral, au péché. Les catholiques et les luthériens font de ce dernier soupir de l’oraison dominicale une prière distincte de la précédente et obtiennent sept demandes, le nombre sacré des Écritures.

Quiconque souffre ainsi de ses péchés et en demande le pardon, est tout disposé à pardonner aux hommes qui l’auraient offensé ; ou plutôt, au moment de sa repentance et de sa prière, il a déjà pardonné au fond de son cœur. Cette leçon est empruntée à Luc. Le mot comme exprime, non la mesure de notre pardon, qui ne peut jamais se comparer au pardon de Dieu, mais la présence en nous de la disposition qui correspond au pardon divin et permet à celui-ci de se manifester. Luc dit : « Car nous-mêmes aussi nous remettons », ce qui exprime la même pensée.

Diacre Michel Houyoux

Vidéo Prédicateur Pascal Denault : cliquez ici https://youtu.be/hYAxwMvY3rk

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