Sainte Marguerite d’Ecosse (1046-1093)

Posté par diaconos le 16 novembre 2022

Sainte Marguerite, Reine et Patronne de l'Écosse (1046-1093). Fête le 16  Novembre.

Biographie

En 1016, la mort du roi anglais Edmond Côte de Fer permit au Danois Knut le Grand de prendre le contrôle de toute l’Angleterre. Les deux jeunes fils d’Edmond, Édouard et Edmond, furent envoyés sur le continent (ou exilés par Knut). Ils finirent en Hongrie, où  naquit Marguerite, la fille d’Édouard et de son épouse Agathe, d’ascendance incertaine1. Ce ne fut  qu’en 1057 qu’Édouard put rentrer en Angleterre, mais il mourut peu de temps après, laissant trois enfants : Marguerite, Edgat et Chtistine. Après la conquête normande de l’Angleterre en1066, la fratrie se réfugia à la cour du royaume d’Écosse. Quelques années plus tard, en 1069, Marguerite épousa le roi Malcom III Canmore à Dumfermlines.

D’après l’hagiographie de Turgot, Marguerite mène une vie exemplaire et s’intéresse particulièrement à la liturgie. Elle s’efforça de mettre les pratiques écossaises en conformité avec celles observées dans le reste de la chrétienté, tout en respectant certaines spécificités du pays, comme les ermites Céli Dé. Elle mourut le 16 novembre 1093, trois jours après la mort de son époux et de leur fils aîné Édouard lors d’un taid sur Almrwick, dans le Northumberland  ; les deux événements furent liés. Elle fut inhumée auprès de Malcolm en l’Abbaye de Dunfermlines. Marguerite fut canonisée un siècle et demi après sa mort, en 1250, par le pape <innocent IV. En 1673 Clément X la nomma sainte patronne de l’Écosse. Entre-temps, ses restes et ceux de son époux furent transférés à l’Escurial par le roi d’Espagne Philippe II.

Marguerite et Malcolm eurent huit enfants, deux filles et six fils : Édouard (tué en 1093) ;  Edmond (mort après 1097) ; Ethelred (mort après 1093) ;  Edgar (vers 1074 – 8 ou 15 janvier 1107), roi d’Écosse de 1097 à 1107 ; Alexandre Ier (vers 1080 – 23 avril 1124), roi d’Écosse de 1107 à sa mort ;  Mathilde (1080-1118), épousa en 1100 le roi d’Angleterre Henri Ier ; Marie (1082-1116), épousa le comte  Rustache III de Boulogne ; David Ier (vers 1084)

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Sainte Élisabeth de Hongrie

Posté par diaconos le 15 novembre 2022

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Un royal exemple de miséricorde et de charité

Élisabeth de Hongrie  fut une souveraine de Thuringe membre du Tiers Ordre dransciscain et reconnue sainte par l’Église catholique. Sa fête est fixée au 17 novembre. L’ordre Teutonique fit construire une église gothique destinée à recevoir ses reliques. Celles-ci attirèrent des foules nombreuses faisant de Marbourg un grand centre de pèlerinage de l’Occident chrétien.

Biographie

Élisabeth fut une fille du roi André II de Hongrie (dynastie des Àpád)  et de Gertrude d’Andechs-Meran (dynastie des Babenberg.  Elle fut fiancée à quatre ans et mariée à quatorze ans au landgaanderave Louis IV de Thuringe, Elisabeth de Hongrie vécut de 1211 à 1228 au château de Wartbourg auprès de son époux, de ses enfants et de sa belle-mère, la landgravine douairière Sophie de Bavière. Le couple fut très uni et eut trois enfants : Hermann II  (1222-1241), sans alliance ; Sophie (1224-1275) épousa en  1240 Henri II, duc de Brabant et de Lothier (1207-1248) ; Gertrude (1227-1297), née après la mort de son père, confiée à l’abbaye prémontrée d’Altenberg où elle devint religieuse puis abbesse. « Bienheureuse » de l’Église catholique.

 Des franciscains allemands firent découvrir à la jeune Landgravine l’esprit de François d’Assise et elle décida alors de renoncer à une vie de luxe et de frivolité pour se mettre au service des pauvres. Sa piété la fit juger extravagante voire indigne par la cour et notamment sa belle-mère, la landgravine Sophie. Ainsi, entrant dans une église, la jeune souveraine déposa sa couronne au pied de la croix ; sa belle-mère la critiqua et lui fit remarquer publiquement que son attitude fut indigne d’une princesse. Élisabeth lui rétorqua qu’elle ne saurait porter une couronne d’or quand son Dieu porta une couronne d’épine. Son époux mourut de la peste en 1227. Elle n’avait que 20 ans mais refusa d’être remariée. Sa belle-famille la chassa avec ses trois enfants. Son oncle, évêque, calma la famille. Les trois enfants furent élevés par la famille ducale.

Elle prit pour directeur spirituel Conrad de Marbourg. Celui-ci la traita sans ménagement, voire avec une cruauté à laquelle elle répondit par une douceur exemplaire. Désormais, elle consacra toute sa vie et son argent aux pauvres pour qui elle fit construire un hôpital. Élisabeth s’inspira du Tiers-ordre franciscain récemment fondé par François d’Assise et lui apporta des aides. Durant les trois dernières années de sa vie, elle s’impliqua dans son hôpital avec d’autres femmes encouragées par sa dévotion à l’image d’une petite communauté religieuse. Elle moutut à 24 ans à Marbourg.

Le miracle des roses

On dit qu’elle portait secrètement du pain aux pauvres dEisenach, à pied et seule, ce que réprouva son mari. Un jour qu’il la rencontra sur son chemin, celui-ci, contrarié, lui demanda ce qu’elle cachait ainsi sous son manteau. Elle lui répondit d’abord que c’étaient des roses, puis, se rétractant, elle lui avoua, pour finir, que c’était du pain, et lorsque son mari lui ordonna alors d’ouvrir son manteau, il n’y trouva que des roses : ce fut le miracle de sainte Élisabeth de Hongrie. On trouve un récit similaire dans la vie de la petite-nièce de la landgravine, Élisabeth de  Portugal, et en France chez Rosaline de Villeneuve.

Son père étant le frère de Constance, épouse d’Ottokar Ier de Bohême, Élisabeth fut la cousine germaine de sainte Agnès de Bohême. Elle fut aussi la tante de la bienheureuse Marguerite de Hongrie et, par sa mère, la nièce de sainte  Edwidge de Silésie mais aussi d’Agnès de Méranie, épouse contestée du ro Philippe III de France. Élisabeth de Hongrie, par ailleurs, arrière-petite-fille de Renaud de Châtillon et Constance d’Antioche, descendait de  Philippe Ier de France de la dynastie capétienne.

Nombre de princesses portèrent son prénom, par exemple Élisabeth-Charlotte de Bavière (1652-1722), duchesse d’Orléans, belle-sœur du roi Louis XIV de France, célèbre pour sa correspondance, sa fille Élisabeth – Charlotte d’Orléans (1676-1744), duchesse puis régente de Lorraine et de Bar, jusqu’à la duchesse Élisabeth de Wittrelsbach, impératrice d’Autriche, célèbre par son surnom « Sissi » qui milita pour l’indépendance de son royaume de Hongrie, la nièce de celle-ci Élisabeth de Bavère, reine des Belges et son arrière-petite-fille la princesse héritière Élisabeth de Belgique et la princesse  Élisabeth de Hesse. 1864-1918), grande duchesse de Russie, canonisée par l’Église orthodoxe russe. Elisabeth de France, sœur de Louis XVI, guillotinée (1764-1794).

Iconographie

Elle peut être représentée soit en princesse, soit en tertiaire franciscaine. Lorsqu’elle est représentée en princesse, elle porte une couronne sur la tête et dans les mains la Biblee où sont posées deux couronnes. Sur le tableau de Tobias Pock, elle se vit apposer la couronne par l’enfant Roi lui-même tenu par  Notre Dame entourés de saint Georges et de sainte Hélène. Ces couronnes  représentèrent sa naissance royale, sa piété austère et son abstinence, soit se comprendre comme les trois nœuds de la cordelière fransciscaine représentant les vœux de Pauvreté, Chasteté et Obéissance. Elle tient à la main une aumône, un broc, une corbeille de pain, de fruits et de poissons ; elle peut aussi avoir un tablier avec des roses.  On la retrouve dans les fresques de saints représentés par Simone Martini à la basilique Saint François d’Assisse (1312-1318).

Diacre Michel Houyoux

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Saint Albert Le Grand (1193-1280)

Posté par diaconos le 14 novembre 2022

Saint Albert le Grand, entre science et foi

Saint Albert le Grand, dominicain allemand, philosophe, théologien et scientifique, l’un des plus grands enseignants du XIIIe siècle. 

Albert le Grand naquit Albert de Bollstaedt à Lauingrn en Souabe en 1193. Il mourut à Cologne en 1280. Il introduisit dans les universités d’Europe les sciences grecques et arabes. Il fut surnommé « le Grand » de son vivant. Il est fêté le 15 novembre. Après des études de lettres et de médecine en Italie du Nord à Venis, il entra, en 1223, à Padoue, dans l’ordre des Dominicains. Il partit étudier la théologie  à Paris avant 1233, en tout cas à Cologne, où il l’enseigna dès 1228. Ses premiers travaux furent des commentaires du Pseudo-Denys l’Aréopagite. Il professa ensuite au couvent Sainte Blaise de Ratisbone (1237-1240), à Hildesheim, à Fribourg-en-Brisgau, à Strsbourg, et, en 1241, à Paris, à l’Université de Paris, au premier couvent dominicain de la rue Saint Jacques (Collège des Jacobins), sous l’autorité de Guéric de Saint Quentin.

 Il y obtint, en 1245, un poste de maître de théologie : il fut maître régent, en place de Guéric de Saint-Quentin, jusqu’en 1248. À Paris (trois ans) et à Cologne (quatre ans, jusqu’en 1252) il eut pour élève le jeune  Thomas d’Aquin (1225-1274). Albert fonda en 1248 pour les dominicains de Cologne l’École supérieure de théologie (Studium generale), qu’il dirigea comme maître régent jusqu’en 1254. Au cours du treizième  siècle, la philosophie d’Aristote, dont la Logica nova fut redécouverte au troisième siècle, principalement par l’intermédiaire de traducteurs arabes, s’imposa en Occident à la suite du renouvellement de l’enseignement débuté par Pierre Abélard.

 Ce fut au cours de son séjour à Paris qu’Albert le Grand se familiarisa avec les écrits du philosophe grec qui  influencèrent toute son œuvre. La plupart de ses travaux consistèrent à commenter Aristote, en tombant parfois dans quelques paraphrases. En 1250, il traita de l’arc -rn-ciel dans son ouvrage De Iride. Entre 1250 et 1254, il écrivit ses deux contributions à l’alchimie : les Meteora et le De mineralibus. En 1252, il devint conciliateur, en l’occurrence entre la ville de Cologne et son archevêque. De 1254 à juin 1257 il fut élu provincial (supérieur dirigeant un ensemble de monastères) de Germanie (la province de Teutonie), ce qui l’obligea à visiter à pied une cinquantaine de monastères.

En 1256-1257, il résida auprès de la curie pontificale, en qualité de lecteur du studium de la curie. En 1257, il redevint enseignant à Cologne. En 1259, au chapitre général de l’ordre des dominicains de Valenciennes, il organisa avec Thomas d’Aquin et d’autres frères, les études des Frères prêcheurs. En 1260, il fut nommé évêque de Ratisbonne par le pape Alexandre IV, mais, après trois ans, il demanda  au pape Urbain IV et obtint de celui-ci la permission d’abandonner sa charge. Maintenu à la curie, il fut, en 1263, comme prédicateur, de relancer, en Allemagne, Bohême et autres pays de langue allemande , la croisade (la septième se termine en 1254), jusqu’en octobre 1264. Il retourna à l’enseignement et aux conciliations : à Wurtzbourg  (1264), à Strasbourg (1267), à Cologne (1270).

Ne se contentant pas de contester ponctuellement les travaux d’Aristote, il entreprit l’encyclopédie d’ambition comparable De animalibus. Elle comprend : le classement de toute la faune d’Europe du Nord connue de son temps ; une description détaillée de la reproduction des insectes, la croissance du poulet, des poissons et de  mammifères. Un vaste aste traité, achevé vers 1270, comprend vingt-six livres. Les dix-neuf premiers sont des commentaires de l’œuvre d’Aristote, les suivants furent consacrés aux animaux qui marchent, volent, nagent et rampent dans une classification inspirée de Pline l’Ancien. Dans ces derniers livres, il puisa largement dans les matériaux du Liber de natura rerum de Thomas de Cantimpré. Cette œuvre qui resta isolée dans son temps trancha sur celles de ses prédécesseurs comme Isidore de Séville et comprend beaucoup plus de descriptions fondées sur des observations réelles.

Il n’empêcha que pour encore longtemps la zoologie resta une branche de la théologie,  dans laquelle les animaux  furent étudiés pour les symboles divins qu’ils véhiculèrent. Albert le Grand écrivit également des encyclopédies semblables pour les minéraux, le De mineralibus et pour les végétaux, le De vegetabilibus. Ce dernier ouvrage comprend une étude sur les effets respectifs de la lumière, et de la température sur la croissance des végétaux, ainsi que la question des greffes. Albert Le Grand fut le premier à isoler l’arsenic ; il expérimenta également avec des composés chimiques sensibles à la lumière, notamment le nitrate d’argent.

Ces œuvres sont riches en enseignements historiques et nous apprennent par exemple qu’Albert ne connaissait l’usage du sapêtre que pour la fabrication de l’acide nitrique ou encore que l’ortie était encore citée comme fibre textile à cette époque.  En 1274, après avoir pleuré la mort de son disciple Thomas d’Aquin, théologien de renom, il participa au concile de Lyon. En 1275, il inaugura l’Abbaye Saint-Vit de Mönchengladbach.  Vers 1276-1277 il accomplit un dernier voyage à Paris en vue d’apaiser l’hostilité des théologiens de l’université à l’endroit de ces philosophies grecques et arabes qu’il avait plus que quiconque contribué à faire connaître. Il mourut  à Cologne le 15 novembre 1280. Son tombeau se trouve dans l’église Saint-André de Cologne. Il fut béatifié rn 1622 par le pape Grégoire XV? Il fut canonisé en 1931 par le pape Pie XI et proclamé  docteur de l’Élise par le même Pie XI. Il fut  proclamé  saint patron des savants chrétiens  en 1941 par le pape PieXII.

L’Histoire le retient souvent comme « Docteur universel », en compagnie de saint Thomas d’Aquin, de  Saint Bonaventure et du  franciscain Roger Bacon, critique comme lui d’Aristote envers qui saint Thomas d’Aquin avait eu davantage d’indulgence. Ce qui donna naissance à l’idée selon laquelle  pendant longtemps, la philosophie  consista essentiellement en une rédaction de notes de bas de page dans l’œuvre d’Aristote

Diacre Michel Houyoux

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Saint Matin de Tour

Posté par diaconos le 10 novembre 2022

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Homme charismatique, prônant le dépouillement extrême, fondateur des premiers monastères d’Occident, évêque évangélisateur & guérisseur

Martin fut certainement une personnalité hors du commun. Il est aussi le premier saint de cette nouvelle ère de l’Empire devenu chrétien.

Biographie de Saint Martin

Sa biographie provient essentiellement de la Vita sancti Martini écrite en 396-397 par Sulpice Sévère, récit qui devint aussitôt et pour de longs siècles un archétype admiré et souvent imité de l’hagiographie occidentale. Puis Sulpice ajouta des lettres, en particulier pour évoquer la mort de Martin, et un autre livre, le Gallus ou Dialogues sur les vertus de Martin, recueil de miracles accomplis par le saint. Elle contient des éléments éminemment historiques.  Aux cinquième et sixième  siècles Paulin de Périgueux et  Venance Portunat augmentèrent la gloire de la geste martinienne en écrivant à leur tour une Vita sancti Martini en vers, Grégoire de Tours relatant les débuts de son culte dans son livre De virtutibus sancti Martini (Miracles de saint Martin).

 Selon l’Histoire des Francs de Grégoire de Tours, Martin naquit en l’an 316 en Pannomie, dans la cité de Sabaria,  l’actuelle ville de Szombathely, en Hongrie. Par contre, selon Sulpice Sévère, il serait né en 336 : l’hagiographe introduisit une date plus tardive pour réduire la durée du service militaire de Martin, une longue carrière dans l’armée interdisant d’accéder à une haute fonction ecclésiastique et étant peu compatible avec la volonté de son biographe de le présenter comme un exemplum. Son père était un tribun militaire de l’empire romain, c’est-à-dire un officier supérieur chargé de l’administration de l’armée. Ce ne fut pas un hasard si le nom de Martin signifie « voué à Mars.  Mars étant le dieu de la guerre à Rome. Martin suivit son père à Pavie en Italie du Nord. lorsque ce dernier y fut muté. À l’école,

Martin  y fut en contact avec des chrétiens en cette époque marquée par le développement du christianisme. Vers l’âge de dix ans, il voulut se convertir à cette religion, car il se sentit attiré par le service du Christ.  En tant que fils de magistrat militaire, Martin suivit son père au gré des affectations de garnison ; il fut héréditairement lié à la carrière de son père, voué au culte impérial. Son père fut irrité de voir son fils tourné vers une foi nouvelle : alors que l’âge légal de l’enrôlement fut de dix-sept ans, il força son fils de quinze ans à entrer dans l’armée. Martin se  laissa convaincre pour ne pas nuire à la position sociale de ses parents, tant sa vocation chrétienne fut puissante.

Ce ne fut  pas comme simple soldat que Martin entra dans l’armée romaine : en tant que fils de vétéran, il reçut le grade de circitor avec une double solde. Le circitor était chargé de mener la ronde de nuit et d’inspecter les postes de garde de la garnison. Le jeune homme posséda à l’époque un esclave, il le traita comme son propre frère.   Affecté en Gaule , à  Amiens, un soir de l’hiver 334,  le légionnaire Martin partagea son manteau militaire (chlamyde) fait d’une pièce de laine rectangulaire) avec un déshérité transi de froid, car il n’avait déjà plus de solde après avoir généreusement distribué son argent. Il trancha son manteau ou tout du moins la doublure de sa pelisse : le manteau appartenait à l’armée, mais chaque soldat pouvait le doubler à l’intérieur par un tissu ou une fourrure, à ses frais.

La nuit suivante Jésus lui apparut en songe vêtu de ce même pan de manteau. Il avait alors 18 ans. Le reste de son manteau, appelé « cape » fut placé plus tard, à la vénération des fidèles, dans une pièce dont le nom est à l’origine du mot  chapelle (cappella en italien, chapel en anglais, Kapelle en allemand).  Ce fut  aussi le temps où les grandes invasions germaniques se préparèrent ; les Barbares étant aux portes de l’empire ; depuis longtemps déjà les milices auxiliaires des légions furent composées de mercenaires d’origine germanique. En mars 354, Martin participa à la campagne sur le Rhin contre les Alamans à  Civitas Vangionum en Rhénanie ; ses convictions religieuses lui interdirent de verser le sang et il refusa de se battre. Pour prouver qu’il ne fut pas un lâche et qu’il crut à la providence et à la protection divine, il proposa de servir de bouclier humain. Il fut enchaîné et exposé à l’ennemi mais, pour une raison inexpliquée, les barbares demandèrent la paix.

Selon Sulpice-Sévère, Martin servit encore deux années dans l’armée, une unité d’élite de la garde impériale dont il fut membre pendant 20 années ; cela porterait la durée totale de son service à 25 ans, durée légale dans les corps auxiliaires de l’armée romaine, puis il se fit baptiser  à Pâques toujours en garnison à Amiens ; cette époque fut un temps de transition, la fin d’un règne et le début d’un autre règne où tous, même les soldats, furent par les idées nouvelles.  En  356, ayant pu quitter l’armée il se rendit à  Poitiers pour rejoindre Hilaire, évêque de la ville depuis 350.  Hilaire avait le même âge que lui et appartint comme lui à l’aristocratie, mais il  devint chrétien tardivement et il fut moins tourné vers la  mystification et plus intellectuel ; l’homme lui a plu cependant et il décida de se joindre à lui.

Son statut d’ancien homme de guerre empêcha Martin de devenir prêtre : aussi, il refusa la fonction de diacre que lui proposa l’évêque Martin, tel les prophètes thaumaturges Élie et Élisée, se vit attribuer un pouvoir de thaumaturge — il ressuscita un mort et opéra de nombreuses guérisons — doublé de celui d’un exorciste. Au cours du même voyage, il rencontra le Diable. Dans la région des Alpes, il fut un jour attaqué par des brigands. L’un des voleurs lui demanda s’il avait peur. Martin lui répondit qu’il n’eut  jamais eu autant de courage et qu’il plaignit les brigands. Il se mit à leur expliquer l’Évangile. Les voleurs le délivrèrent et l’un d’eux demanda à Martin de prier pour lui. .

La chrétienté  était déchirée par des courants de pensée qui se combattirent violemment et physiquement ; les  ariens étaient  les disciples d’un prêtre, Arius, qui nia que le Christ fut Dieu,  fils de Dieu au contraire des trinitaires de l’Église Orthodoxe ; à cette époque les ariens furent très influents auprès du pouvoir politique. Alors qu’Hilaire, un trinitaire, victime de ses ennemis politiques et religieux, tomba en disgrâce et fut exilé, Martin fut averti en songe  qu’il devais rejoindre ses parents en Illyre afin de les convertir. Il réussit à convertir sa mère mais son père resta étranger à sa foi, cette position fut  tactique, le père essayant de défendre son statut social privilégié.

En 371 à Tours, l’évêque en place Lidoire mourut. :  ; les habitants voulurent choisir Martin mais celui-ci  choisit une autre voie et n’aspira pas à l’épiscopat. Les habitants l’enlevèrent donc et le proclamèrent évêque le quatre juillet 371 sans son consentement ; Martin se soumit en pensant qu’il s’agissait là sans aucun doute de la volonté divine  (un cas identique de contrainte face à un non consentement se reproduisit  en 435 pour Eucher de Lyon.  Les autres évêques ne l’aimèrent  pas beaucoup car il avait un aspect pitoyable dû aux mortifications et aux privations excessives qu’il s’infligea, il portait des vêtements rustiques et grossiers.

Désormais, même s’il fut  évêque, il ne modifia  pas  sa manière de vivre. Il créa un nouvel ermitage à  trois kilomètres  au nord-est des murs de la ville : c e fut l’origine de Marmoutier avec pour règle la pauvreté, la mortification et la prière. Les moines durent se vêtir d’étoffes grossières sur le modèle de Saint Jean-Baptiste qui était habillé de poil de chameau. Ils copièrent des manuscrits, pêchèrent dans la Loire ; leur vie fut  de la vie des premiers  apôtres,  jusqu’aux grottes qui abritèrent dans les coteaux de la Loire des habitations troglodytes où s’isolèrent des moines ermites.Le monastère était construit en bois ; Martin vécut dans une cabane de bois dans laquelle il repoussa les apparitions diaboliques et conversa avec les anges et les saints.  : ce fut une vie faite d’un courage viril et militaire  que Martin imposa à sa communauté.

Tout ce monde voyageait à travers les campagnes à pied, à dos d’âne et par la Loire ; car Martin fut toujours escorté de ses moines et disciples, en grande partie pour des raisons de sécurité car il ne manquait pas de voyager très loin de Tours.  Ailleurs l’autorité de l’évêque était limitée à l’enceinte de la cité, avec Martin elle sortit des murs et pénétra profondément à l’intérieur des terres. Martin sembla avoir largement sillonné le territoire de la Gaule ; là où il ne pu aller, il envoyait ses moines. À cette époque,  les campagnes étaient païennes., il les parcourut  faisant détruire temples et idoles. Il fit par exemple abattre un pin sacré.

Il prêcha avec efficacité les paysans, forçant le respect par l’exemple et le refus de la violence. Il prêcha par la parole et par sa force, il sut parler aux petits et il utilisa la psychologie par sa connaissance des réalités quotidiennes et l’utilisation de paraboles simples que le petit peuple comprit, tel que le Christ le fit : ainsi il dit d’une brebis tondue  qu’elle accomplit le précepte de l’évangile basé sur le partage.  Il remplaça les sanctuaires païens par des églises et des ermitages et, comprenant fort bien l’homme de la campagne et ses besoins, il se donna les moyens de le convertir alors que la foi chrétienne fut encore essentiellement urbaine. D’après Grégoire de Tours, il fonda les paroisses de langey, de Sonnay, d’Amboise, Langey, de Sonney,  de Charnisay, de Tournon et de Candes.

Marmoutier sevit de centre de formation pour l’évangélisation et la colonisation spirituelle des campagnes ; c’e fut pour l’essentiel la première base de propagation du christianisme en Gaule. Martin de Tours fut présent à  Trèves lorsque les évêques D’Espagne Hydace  et Ithase  demandèrent à l’empereur Maxime la condamnation de Priscillien. Celui-ci fut condamné au chef de magie. Rejoint par Ambroise de Milan, délégué par le jeune empereur, Valentinien III, Martin demanda la grâce pour Priscillien. Bien qu’Ambroise, menacé de mort par l’empereur, ne le soutienne pas, Martin obtint que les disciples de Priscillien ne  fussent pas poursuivis. Le pape Sirice s’éleva contre les procédés de Maxime.

Par la suite, Martin de Tours refusa toujours de participer aux assemblées épiscopales, ce qui, avec ses efforts pour sauver de la mort Priscillien, le fit suspecter d’hérésie. L’empereur Théodose premier déclara nulles les décisions de Maxime dans cette affaire ; Ithace fut déposé quelques années plus tard et Hydace démissionna de lui-même de sa charge.  Marmoutier comptait 80 frères vivant en communauté, issus pour la plupart de l’aristocratie ce qui permit à Martin de jouir d’une grande influence et de se faire recevoir par les empereurs eux-mêmes. Il exista désormais une complicité entre les empereurs et les évêques, entre le pouvoir de la nouvelle foi et le pouvoir politique. Mais cela n’empêcha pas Martin, à la table de l’empereur, de servir en premier le prêtre qui l’accompagnait et d’expliquer que le sacerdoce fut plus éminent que la pourpre impériale.

Un jour, voyant des oiseaux pêcheurs se disputer des poissons, il expliqua à ses disciples que les démons se disputent de la même manière les âmes des chrétiens. Et les oiseaux prirent ainsi le nom de l’évêque ; ce sont le marins-pêcheurs.

L’importance historique de Martin de Tours tient surtout au fait qu’il a créé les premiers monastères en Gaule et qu’il a formé des clercs par la voie monastique. D’abord admiré par ses amis qui l’ont pris pour modèle (Sulpice Sévère, Paulin de Nole), son culte a été instauré par ses successeurs au trône épiscopal de Tours, qui ont su faire de leur basilique un sanctuaire de pèlerinage. La place prise par le culte de Martin dans la liturgie et la littérature pieuse est surtout due à l’action de Perpetuus († vers 490), avec un Indiculus des miracles qu’il  fit versifier par Paulin de Périgueux et de Grégoire  de Tours († 594), qui de même dressa une liste des miracles qu’il fit mettre en vers par Venance Fortunat.

Dès le  cinquième siècle, Tours était le premier lieu de pèlerinage des Gaules romaines ; le choix de Martin de Tours comme saint patron du royaume des Francs et de la dynastie des Mérovingiens se fit sous Clovis et en fit un des premiers saints confesseurs, l’ascèse et le service de l’Église étant jugés aussi méritoires que l’effusion de sang des martyrs. Tours resta par la suite un foyer spirituel important. À l’époque carolingienne, Alcuin, conseiller de Charlemagne, fut nommé abbé de Saint Martin de Tours et de Cormery. Ces abbayes furent des foyers importants de la renaissance carolingienne aux alentours de l’an 800. La cathédrale de Mayence, au cœur de la Germanie franque, fut également dédiée à saint Martin.

La cape de saint Martin de Tours, qui fut envoyée comme relique à la chapelle palatine d’Aix-la-Chapelle pour Charlemagne, fut à  l’origine du mot « chapelle ».  L’iconographie représente le plus souvent une cape rouge, Martin, revêtu de chlamyde blanche que portait tout cavalier de la garde impériale. Cette cape serait aussi à l’origine du mot «Capet », nom de la dynastie des rois de France : Francs capétiens. Ainsi, du royaume d’Austrasie jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, saint Martin resta le symbole de l’unité franque . Martin est le patronyme le plus fréquent en France, où 246 communes portent son nom et plus de 3 700 églises sont placées sous son vocable  ; son nom de baptême est devenu le nom de famille le plus fréquent de France.

Une communauté de prêtres et de diacres séculiers, la Communauté Saint Martin, fondée en 1976 et présente principalement en France, s’est placée sous son patronage. Au soir de sa vie, sa présence fut requise pour réconcilier des clercs à Candes-ssur-Loire, à l’ouest de Tours ; l’urgence de l’unité de l’Église fit que malgré sa vieillesse, il décida de s’y rendre. Son intervention fut couronnée de succès, mais, le lendemain, épuisé par cette vie de soldat du Christ, Martin mourut à Candes, à la fin de l’automne, le 8 novembre 397 sur un lit de cendres comme mouraient les saints hommes ; disputée entre Poitevins et Tourangeaux, sa dépouille fut enlevée par ces derniers qui, selon la tradition locale, volèrent son corps en le passant par une fenêtre.

Ils le ramenèrent en gabarre sur la Loire jusqu’à  Tours, où il fut enterré le 11 novembre dans le cimetière chrétien extérieur à la ville après une halte en un lieu où  fut plus tard construite la  chapelle du Petit -Saint-Martin. Son tombeau devient dès lors un lieu de pèlerinage couru de tout le pays. Selon Grégoire de Tours, l’évêque  Brictius fitt construire en 437 un édifice en bois pour abriter le tombeau et la chape de Martin, appelé pour cette raison chapelle. Constatant le rayonnement de ce sanctuaire,  l’évêque Perpétuus fit construire à la place la première basilique Saint Martin hébergeant le tombeau de Martin, dont la dédicace a lieu le 4 juillet.

Diacre Michel Houyoux

 film Saint Martin, aux origines de la France (documentaire)

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