Jeudi après les Cendres

Posté par diaconos le 14 février 2024

La confession de foi de Pierre - Saint Pierre-Bonsecours

 Tu es bien heureux, …tu es la pierre sur laquelle je bâtirai mon Église

# Pierre (saint Pierre pour les catholiques et les orthodoxes), de son vrai nom Siméon Bar-Yonah Simon, fils de Jonas») selon le témoignage des Évangiles, aussi appelé Kephas (le roc en araméen) ou Simon Pierre, est un Juif de Galilée ou de Gaulanitide connu pour avoir été l’un des disciples de Jésus de Nazareth. Il est répertorié parmi les apôtres, au sein desquels il semble avoir tenu une position privilégiée du vivant même de Jésus avant de devenir, après la mort de ce dernier, l’un des dirigeants majeurs des premières communautés paléochrétiennes.x

Il vint au monde au tournant du Ier siècle av. J.-C. et mourut selon la tradition chrétienne entre 64 et 68 à Rome. La tradition catholique en fait le prince des apôtres, le premier évêque de Rome et l’Église catholique revendique sa succession apostolique pour affirmer une primauté pontificale, que lui contestent les autres confessions chrétiennes et dont l’actuel pape est le représentant. Il a suscité un grand nombre d’œuvres artistiques, en particulier dans l’Occident latin. Fuyant la persécution, Pierre gagna Antioche ; selon S. Mimouni, la chronologie d’Eusèbe de Césarée, qui date ce départ de 42, cadre mal avec celle tirée des Actes des Apôtres, qui situent Pierre en 42 à Jérusalem, et ce jusqu’en 43-44.

La tradition de l’Église catholique attribue à Pierre la direction de l’Église d’Antioche. Premier évêque de cette ville, la fête de la chaire de saint Pierre à Antioche est célébrée le 22 février depuis le IVe siècle jusqu’à la réforme du calendrier liturgique établie par le concile Vatican II qui la réunit à la chaire romaine. Pierre resta sept ans à Antioche. La tradition chrétienne attesta la présence de Pierre à Rome, mais la date de son arrivée et la durée de son séjour sont inconnues de manière précise.

Selon l’historien Géza Vermes, Eusèbe affirma que d’Antioche, Pierre se rendit à Rome sous le règne de Claude (41-54), à la poursuite de son adversaire de l’époque samaritaine quand il prêchait en Samarie, Simon le Magicien débarrassa Rome du bonhomme et de son influence. Dans la capitale impériale, Pierre prêcha le message chrétien. Selon certains critiques qui se fondèrent sur l’Épître aux Corinthiens (1 Co 1,12) de Paul de Tarse, Pierre aurait quitté Rome pour un voyage missionnaire qui le vit passer en Achaïe, et il a l’occasion de visiter Corinthe.

Dans la première moitié des années 50, au plus tôt en 48, il fut à Jérusalem. Là, lors des réunions qui furent par la suite appelées Concile de Jérusalem, il proposa la solution qui fut adoptée par Jacques le Juste en conclusion de l’assemblée, sur les obligations que devaient suivre les chrétiens venant du polythéisme.  Il fallait que ces derniers observèrent un minimum de préceptes de la Torah en s’abstenant des souillures de l’idolâtrie, de l’immoralité, de la viande étouffée et du sang. Selon la tradition, il aurait été présent à Rome lorsque Paul rédigea l’Épître aux Romains.

 De l’Évangile de Jésus Christ selon Luc

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : «Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite» Il leur disait à tous : «Celui qui veut marcher à ma suite ,qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ?» (Lc 9, 18-22)

Confession de Pierre

Jésus, après avoir prié dans la solitude, demanda à ses disciples quelle opinion régnait parmi le peuple à son sujet. Ils répondirent qu’on le tint pour Jean-Baptiste, Élie ou l’un des anciens prophètes. Il leur demanda alors leur propre sentiment. Pierre répondit  : « Tu es le Christ de Dieu» Jésus leur défendit de le révéler et ajouta : «Il faut que le fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit mis à mort et qu’il ressuscite le troisième jour». Puis il dit à tous : «Si quelqu’un veut être mon disciple, il faut qu’il me suive dans la voie du renoncement et de la croix.» Vouloir sauver sa vie, c’est la perdre : la perdre, c’est la sauver. Or note salut vaut plus que la possession du monde entier, parce que, au jour de sa gloire, le fils de l’homme aura honte de celui qui aura eu honte de lui devant les gens.

Plusieurs de ceux qui furent ici ne moururent pas avant d’avoir vu le règne de Dieu. Luc fut celui de tous les évangélistes qui fit remarquer le plus fréquemment ces prières de Jésus dans la solitude. Seul il rapporta que Jésus se préparait en priant. Comme le remarqua Monsieur Godet, il fut probable qu’il associa à sa prière ses disciples et les plaça ainsi dans des dispositions appropriées aux circonstances. L’entretien entre Jésus et ses disciples, eut lieu dans la contrée de Césarée de Philippe.

Luc rattacha sa narration à celle de la multiplication des pains. tandis que Matthieu ei Marc intercalèrent un grand nombre de récits qu’il passa entièrement sous silence. Dans les trois évangiles, Pierre reconnut le Seigneur Jésus comme le Christ ; mais chaque évangéliste formula cette idée à sa manière :Matthieu : le Christ, le Fils du Dieu vivant ;Marc : le Christ ; Luc : le Christ de Dieu. Dans les trois synoptiques, cette première annonce des souffrances de Christ suit immédiatement la confession de Pierre : «Tu es le Christ.» Jésus défendit à ses disciples de le faire connaître. Mais c’est Luc qui fit ressortir avec le plus de clarté et de force le sens de ce rapprochement. .

La raison de cette interdiction est que Jésus ne voulait pas entretenir les espérances charnelles que nourrissaient ses adhérents. Ceux-ci attendaient un Messie glorieux, tandis que lui allait souffrir. Il ne voulait pas non plus provoquer avant le temps la haine de ses adversaires. Ce motif ressort avec plus d’évidence encore du récit de Jean : après le miracle de la multiplication des pains, Jésus dut se soustraire à l’enthousiasme de la foule, qui voulait le proclamer roi. Matthieu et Marc rapportèrent l’opposition faite par Pierre aux souffrances de Jésus et la sévère répréhension que celui-ci lui adressa.

Luc omit ce détail, qui fut au désavantage de Pierre ; mais il passa sous silence les paroles de Jésus   «Tu es bien heureux, …tu es la pierre sur laquelle je bâtirai mon Église», qui furent à la louange de Pierre. Certains critiques concluent que Luc, disciple de Paul, avait des préventions contre Pierre.

Diacre Michel Houyoux

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Mercoledì delle Ceneri

Posté par diaconos le 13 février 2024

Mercredi des Cendres 2024 – Date et origine


# Gli omphalopsychiques, una setta cristiana della Chiesa d’Oriente, nata nei monasteri del Monte Athos nei secoli XII-XIV. Furono soprannominati omphalopsychiques per la loro postura, in cui fissavano lo sguardo sull’ombelico quando pregavano, Da qui il soprannome di adoratori dell’ombelico dato loro da Barlaam il Calabro, che li accusò di rinnovare l’eresia dei Massaliani o Euchiti, condannata ad Antiochia nel IV secolo, e che combatté anche contro Gregorio Palamas. L’abate Simeone di Xerocerca, del monastero di Xerocerca a Costantinopoli, scrisse nell’XI secolo : « Quando sei nella tua cella, chiudi la porta e siediti in un angolo: solleva la tua mente al di sopra di tutte le cose vane e passeggere! Poi appoggia la barba al petto; rivolgi gli occhi con tutto il pensiero al centro del tuo ventre, cioè al tuo ombelico.

Trattenete di nuovo il respiro, anche attraverso il naso ; cercate nel vostro petto il luogo del cuore dove abitualmente risiedono tutte le forze dell’anima. Ma se perseverate in questa pratica notte e giorno, troverete – meraviglia sorprendente – una gioia ininterrotta. Infatti, non appena lo spirito ha trovato il luogo del cuore, vede ciò che non ha mai visto prima. Vede l’aria che è nel cuore, e vede se stesso luminoso e pieno di discernimento. Questo approccio alla preghiera cristiana, simile a quello del buddismo, fu molto frainteso e spesso ridicolizzato: « I monaci del Monte Athos sostenevano che quando pregavano, un getto di luce usciva dai loro ombelichi, un bagliore ineffabile e increato che li immergeva in un languore celestiale; credevano che fosse simile alla luce che appariva sul Monte Tabor e ad altre splendide manifestazioni della radiosità divina.

Questa dottrina, caldamente sostenuta dal vescovo di Tessalonica, fece salire l’opinione pubblica a un livello così pericoloso che fu necessario prendere una decisione tra le due parti. Nel 1341, l’imperatore Andronico III si recò in pompa magna nella chiesa di Santa Sofia per presiedere un concilio sul tema dell’ombelico dei monaci. La disputa fu così lunga e accanita, il grande discorso teologico pronunciato dall’imperatore contro i seguaci dell’ombelico (omphalopsyches) lo stancò a tal punto, e fu così dispiaciuto di vederli comunque riconosciuti come ortodossi, che si ritirò malato e sopravvisse solo pochi giorni. Una delle sue poesie, l’Hymneno, evoca perfettamente la ricerca da parte dei monaci greci della luce dentro di sé, nel cuore e nel corpo, quando si ritirano a pregare da soli, seduti nelle loro celle.

 Dal Vangelo di Gesù Cristo secondo Matteo

In quel tempo Gesù disse ai suoi discepoli: « Qualunque cosa facciate per diventare giusti, evitate di farla davanti alla gente perché vi noti. Altrimenti non ci sarà ricompensa per voi presso il Padre vostro che è nei cieli. Quindi, quando fate l’elemosina, non suonate la tromba davanti a voi, come gli ipocriti che danno spettacolo nelle sinagoghe e nelle strade, per ottenere la gloria che viene dagli uomini. Amen vi dico : essi hanno ricevuto la loro ricompensa. Ma tu, quando fai l’elemosina, non sappia la tua mano sinistra ciò che fa la tua destra, perché la tua elemosina rimanga segreta; il Padre tuo, che vede nel segreto, ti ripagherà.

E quando pregate, non siate come gli ipocriti: a loro piace stare nelle sinagoghe e ai crocicchi per mostrarsi agli uomini quando pregano. 

Amen, vi dico che questi hanno ricevuto la loro ricompensa. Ma quando pregate, entrate nella vostra stanza più intima, chiudete la porta e pregate il Padre vostro che è presente nel segreto ; il Padre vostro che vede nel segreto vi ricompenserà. E quando digiunate, non abbattetevi come gli ipocriti: essi assumono un volto sconfitto per mostrare agli uomini che stanno digiunando. Amen vi dico : hanno ricevuto la loro ricompensa. Ma voi, quando digiunate, ungetevi il capo e lavatevi la faccia, perché il vostro digiuno non sia noto agli uomini, ma solo al Padre vostro che è presente nel più segreto dei luoghi ; il Padre vostro, che vede nel più segreto dei luoghi, vi ripagherà. (Mt 6,1-6.16-18)

 Riforma della vita religiosa

Nessun atto religioso deve essere compiuto in modo da essere notato e lodato dalla gente: perderebbe la sua ricompensa. Applicando questo principio, Gesù passa in rassegna le tre principali manifestazioni di pietà: nel fare l’elemosina, evitate ogni ostentazione, ignorate il bene che fate a voi stessi e fatelo pensando solo a Dio; nel pregare, non pregate davanti agli uomini, ma in segreto, alla presenza di Dio; non ripetetevi invano, come i pagani, perché il Padre conosce le nostre necessità. Quando digiunate, non fate la faccia triste, ma mostratevi nel vostro stato ordinario, in modo che solo il Padre che legge il vostro cuore si accorga di voi. La giustizia del regno di Dio, derivante dalla vera interpretazione della legge, è il tema generale del Discorso della montagna.

Soprattutto, nessuno degli esercizi di questa pietà deve essere fatto davanti agli uomini con lo scopo di essere visti da loro, e quindi di attirare la loro ammirazione e la loro lode. Fare l’elemosina è esercitare la misericordia: questo è il significato etimologico della parola greca da cui deriva la nostra parola elemosina. Questo significato indica già il motivo interiore della carità. La carità ostentata è affare degli ipocriti. Alcuni interpreti hanno pensato che tra gli ebrei i ricchi suonassero la tromba in certi giorni per raccogliere i bisognosi.

In secondo luogo, fare l’elemosina nelle sinagoghe e per le strade non è un male in sé, ma ciò che lo rende un male è il suo scopo: essere glorificato dagli uomini. Questa è la ricompensa che gli ipocriti cercavano, e l’hanno già ottenuta. Che le buone azioni rimangano sconosciute, se possibile, anche alla persona che le compie. E se nonostante tutto vengono conosciute, poco importa, purché il loro unico scopo sia quello di glorificare Dio. Diversi manoscritti latini riportano le parole : « Te lo renderà pubblicamente »; ma poiché non troviamo questa parola nei più antichi manoscritti greci, non abbiamo ritenuto necessario discostarcene ». (Sant’Agostino)

La critica moderna ha confermato questo giudizio. Le parole di Gesù implicano che riceveremo una ricompensa per le elemosine che facciamo, ma non dobbiamo attribuire ad esse un’idea di merito o di auto-giustizia. Pregare in piedi, anche nelle sinagoghe o nel tempio, secondo l’usanza degli ebrei, con gli occhi rivolti al luogo santissimo, non è precisamente ciò che Gesù critica, ma piuttosto questo motivo ipocrita, per essere visti dagli uomini. Gesù non sembra approvare questo atteggiamento nei confronti della preghiera. Quanto al pregare in piedi per le strade, secondo un’usanza che esiste ancora in Oriente, quando suona l’ora della preghiera, egli disapprovava assolutamente.

La parola « stanza » si riferisce a qualsiasi spazio chiuso all’interno della casa, a differenza delle sinagoghe e delle strade. La preghiera privata deve avvenire solo tra l’anima e Dio. Per la sua onnipresenza, Egli è e vede in segreto. Dopo la preghiera veniva il digiuno, un’altra manifestazione di pietà. La giustizia farisaica era mescolata a quell’ipocrisia che vuole apparire. Questo sguardo triste, questo volto sconfitto non aveva altro scopo. Il digiuno serio, come mezzo di disciplina morale, è qualcosa di molto diverso. È quello che si faceva a quei tempi per apparire in pubblico o a un banchetto. Quindi, quando si digiuna, bisogna rimanere nel proprio stato ordinario.

Il diacono Michel Houyoux


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Mercredi des Cendres

Posté par diaconos le 13 février 2024

Mercredi des Cendres 2024 – Date et origine

# Secte chrétienne de l’Église d’Orient, née aux XIIe – XIVe siècles dans les monastères du Mont Athos, les omphalopsychiques furent surnommés ainsi à cause de leur posture, car ils fixaient pour prier leurs regard sur leur nombril, afin de parvenir à contempler la lumière du Thabor, lors de la Transfiguration d’où leur surnom d’adorateurs du nombril par Barlaam le Calabrais qui les accusa de renouveler l’hérésie des Massaliens ou Euchites condamnée à Antioche au IVe siècle, et combattait aussi Grégoire Palamas.

L’abbé Siméon de Xérocerque, du monastère de Xérocerque à Constantinople écrivit au XIe siècle : «Étant dans ta cellule, ferme ta porte et t’assieds en un coin : élève ton esprit au-dessus de toutes les choses vaines et passagères ! ensuite, appuie ta barbe sur ta poitrine ; tourne les yeux avec toute ta pensée au milieu de ton ventre, c’est-à-dire au nombril.

Retiens encore ta respiration, même par le nez ; Cherche dans ta poitrine la place du cœur où habitent pour l’ordinaire toutes les puissances de l’âme. D’abord tu n’y trouveras que des ténèbres épaisses et difficiles à dissiper mais si tu persévères dans cette pratique nuit et jour tu trouveras, merveille surprenante ! une joie sans interruption. Car sitôt que l’esprit a trouvé la place du cœur, il voit ce qu’il n’avait jamais vu. Il voit l’air qui est dans le cœur, et il se voit lui-même lumineux et plein de discernement.» x

Cette démarche de prière chrétienne proche du bouddhisme fut très mal comprise et souvent tournée en dérision : «Les moines du mont Athos prétendaient qu’étant en prière il leur sortait du nombril un jet de lumière, une lueur ineffable et incréée qui les plongeait dans de célestes langueurs ; ils la croyaient analogue à la lumière apparue sur le mont Thabor et à quelques autres resplendissantes manifestations de l’éclat divin. Cette doctrine, appuyée chaudement par l’évêque de Thessalonique, mit l’opinion publique dans une si dangereuse fermentation qu’il fallut décider entre les deux partis. L’an 1341 l’empereur Andronic III se rendit en pompe avec tous les grands dans l’église de Sainte-Sophie pour présider un concile au sujet du nombril des moines.

La dispute fut si longue, si acharnée, le grand discours théologique prononcé par l’empereur contre les adeptes du nombril (omphalopsyches) le fatigua tellement, et il eut tant de dépit de les voir cependant reconnus pour orthodoxes, qu’il se retira malade et ne survécut que peu de jours» Syméon le Nouveau Théologien (949-1022), fut un moine grec. Un de ses poèmes, l’Hymneno, évoque parfaitement cette recherche de la lumière contenue en eux, dans le cœur et le corps, par les moines grecs, lorsqu’ils se retirent pour prier seuls, assis, dans leur cellule.

De l’Évangile de Jésus Christ selon Matthieu

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : «Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.

Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent.

Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra.» (Mt 6,1-6.16-18) 

.Réforme de la vie religieuse

Aucun acte religieux ne doit être accompli de manière à être remarqué et loué par les homme ; il perdrait sa récompense. Appliquant ce principe, Jésus passa en revue les trois principales manifestations de la piété : dans l’aumône, il faut éviter toute ostentation, ignorer soi-même le bien qu’on fait, l’accomplir en vue de Dieu seul : la prière, ne pas la pratiquer sous les yeux des hommes, mais dans le secret, en présence de Dieu ; ne pas multiplier les vaines redites, comme les païens, car le Père connaît nos besoins.

Dans le jeûne, ne pas afficher des airs tristes, mais se montrer dans l’état ordinaire, afin de n’être remarqué que du Père qui lit dans le cœur. La justice du royaume de Dieu, ressortant de la vraie interprétation de la loi, c’est le sujet général du sermon sur la montagne. Avant tout, aucun des exercices de cette piété ne doit être fait devant les hommes dans le but d’être vu par eux, et d’attirer ainsi leur admiration et leurs louanges. Faire l’aumône, c’est exercer la miséricorde, telle est la signification étymologique du mot grec d’où dérive notre mot aumône. Ce sens indique déjà le motif intérieur d’où doit procéder la bienfaisance. L’exercer avec ostentation, c’est l’affaire des hypocrites.

Quelques interprètes pensèrent que chez les Juifs les riches faisaient réellement sonner de la trompette en certains jours pour rassembler les indigents. Ensuite, faire l’aumône dans les synagogues et dans les rues, n’est pas un mal en soi, mais ce qui en fait un mal, c’est ce but : être glorifié des hommes. C’est là la récompense que cherchèrent les hypocrites, ils l’ont déjà. Que les bonnes œuvres restent ignorées, inconnues, si possible, même de celui qui les fait. Et si elles sont connues malgré tout, peu importe pourvu que leur but unique ait été de glorifier Dieu.

«Plusieurs manuscrits latins portent : te le rendra publiquement ; mais comme nous ne trouvons pas ce mot dans les manuscrits grecs les plus anciens, nous n’avons pas pensé qu’il fallût s’en éloigner.» (Saint Augustin) La critique moderne confirma ce jugement. La parole de Jésus implique que nous recevrons une rétribution pour les aumônes que nous aurons faites, il ne faut cependant attacher à celles-ci aucune idée de mérite et de propre justice. Prier en se tenant debout, même dans les synagogues ou dans le temple, selon l’usage des Juifs, les regards tournés, vers le lieu très sainte n’est pas précisément là ce que blâma Jésus, mais bien encore ce mobile hypocrite, être vu des hommes.

Jésus ne parut pas approuver ce maintien dans la prière. Quant à prier debout dans les rues, selon un usage qui existe encore en Orient, lorsque sonne l’heure de la prière, il le réprouva absolument. Le mot chambre indique tout local clos dans l’intérieur de la maison, par opposition aux synagogues et aux rues. La prière particulière doit avoir lieu entre l’âme et Dieu seul. Par sa toute présence il est et il voit dans le secret. Après la prière, le jeûne, autre manifestation de la piété. La justice pharisaïque  était mêlée de cette hypocrisie qui veut paraître.

Cet air triste, ce visage défait n’avait pas d’autre but. Le jeûne sérieux, comme moyen de discipline morale, est tout autre chose. C’est ce qu’on faisait alors pour paraître en public ou à un banquet. Ainsi, en jeûnant, reste dans ton état ordinaire.

Diacre Michel Houyoux

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Mardi de la sixième semaine du Temps Ordinaire – Année paire

Posté par diaconos le 12 février 2024

Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens...

Jésus leur dit : Prenez garde contre le levain des pharisien

# Pour le docteur de l’Église Jean Chrysostome, Jésus lors de ce miracle se pose bel et bien comme le créateur du ciel et de la Terre. Il incita par ce geste à prier avant tout repas, et il voulut montrer l’importance du partage. La multiplication des pains est le symbole de la Parole donnée par le Christ, parole qui a nourri les peuples pour des siècles. Pour saint Éphrem, Jésus donna généreusement lors de ce miracle. Il donne tellement qu’il en resta douze corbeilles. Le saint compara Jésus à Moïse, Moïse qui avait nourri le peuple libéré de l’esclavage avec la manne tombée du ciel.

Pour Benoît XVI, ce geste messianique est symbole de partage fraternel, mais aussi symbole du chemin que devront suivre les apôtres à savoir transmettre la Bonne Nouvelle Selon certaines interprétations théologiques, il préfigurerait la cène, dernier repas de Jésus avec ses disciples, établissant le rite de l’eucharistie dans lequel le pain est réputé incarner le corps de Jésus, donné en sacrifice sur la croix pour sauver les hommes. Pour les historiens, les événements évoqués par les évangélistes avec ces deux relations restent énigmatiques bien que certaines hypothèses aient été émises.

De l’Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, les disciples avaient oublié d’emporter des pains ; ils n’avaient qu’un seul pain avec eux dans la barque. Or Jésus leur faisait cette recommandation : «Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens et au levain d’Hérode !»Mais ils discutaient entre eux sur ce manque de pains. Jésus s’en rend compte et leur dit : «Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pains ? Vous ne saisissez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le cœur endurci ? Vous avez des yeux et vous ne voyez pas, vous avez des oreilles et vous n’entendez pas ! Vous ne vous rappelez pas ? Quand j’ai rompu les cinq pains pour cinq mille personnes, combien avez-vous ramassé de paniers pleins de morceaux» Ils lui répondirent : «Douze. Et quand j’en ai rompu sept pour quatre mille, combien avez-vous rempli de corbeilles en ramassant les morceaux ?» Ils lui répondirent : «Sept» Il leur disait : «Vous ne comprenez pas encore» (Mc 8, 14-21)

Prenez garde !

Les disciples oublièrent de prendre avec eux la petite provision de pain dont ils eurent besoin pour cette course au-delà du lac. Marc seul a noté ce détail, qui ne put provenir que d’un témoin oculaire, qu’ils n’eurent qu’un seul pain avec eux. Selon Marc, Jésus mit en garde ses disciples contre le levain des pharisiens et des sadducéens. Hérode Antipas partageait les principes des sadducéens.

Nullement ; car Jésus put fort bien, en mettant ses disciples en garde contre les principales tendances pernicieuses de son temps, mentionner aussi la plus pernicieuse de toutes, celle qui procédait la cour d’Hérode, de ce monde léger, corrompu, véritable levain qui ne fermenta que trop dans la masse de la nation, puisqu’il y eut tout un parti hostile à Jésus, qu’on désigna sous le nom d’Hérodiens : «Les pharisiens sortirent, et aussitôt ils se consultèrent avec les hérodiens sur les moyens de le faire périr.’ (Mc 3, 6)

Marc multiplia les termes d’un reproche bien mérité, que Matthieu exprima en un seul mot. Manque d’intelligence, endurcissement du cœur, oubli des plus grands miracles de Jésus, voilà ce que Jésus reprocha à ses disciples. Quelques traducteurs prirent ces dernières phrases comme des affirmations : «Ayant des yeux, vous ne voyez pas…»

Marc donna aux paroles de Jésus et des disciples la forme d’un vif dialogue rendu plus actuel encore par ces verbes au présent : ils lui disent, deux fois répétés dans le texte. Après cette sorte de catéchisation sur deux grands miracles, dont furent les témoins, les disciples durent être confondus par cette dernière question : «Comment ne comprenez-vous pas ?»

Diacre Michel Houyoux

Complément

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