La Chaire de Saint Pierre

Posté par diaconos le 22 février 2021

Tu es Pierre, et je te donnerai les clés du royaume des Cieux

La Chaire de Saint Pierre  dans Carême clefs-pierre-foi-indefectible-678x381 

# Chaque évêque, comme successeur des Apôtres, reçoit la charge de conserver et de transmettre l’annonce de l’évangile. Il le fait à travers sa fonction d’enseignant, que la chaire placée dans sa cathédrale’ symbolise. C’est de ce siège, comme pasteur, muni du bâton pastoral que l’évêque guidera le peuple qui lui est confié et, comme enseignant, qu’il l’affermira. Si le siège de l’évêque est porteur d’une telle signification, combien plus celui de Pierre l’apôtre, premier évêque de Rome, reçut-il une grande charge symbolique.

La tradition dit de Pierre qui fut le premier évêque d’Antioche, et jusqu’à la réforme du calendrier liturgique, l’église célébrait la fête de la Chaire de saint Pierre à Antioche. Mais c’est à Rome que Pierre enseigna et acheva sa marche au service de l’Évangile par le martyre, dont le siège de Rome reçu le plus grand honneur. Dès lors, la primauté de Pierre à faire paître son troupeau a rejailli sur son siège apostolique, dont toutes les églises reconnurent le rôle particulier. Ainsi le disait Irénée de Lyon, au IIe siècle : «Avec cette Église, en raison de son éminente supériorité, doit s’accorder l’Église universelle. Ce que Jérôme de Stridon confirma à sa manière.

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De l’Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ;
pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »  (Mt 16, 13-19)

La vie divine est créatrice

 Que de justes, que de prophètes de l’Ancien Testament ont soupiré après ces temps de l’Évangile, qui n’étaient pas accomplis, selon les desseins de Dieu ! Quel motif de reconnaissance pour les disciples et pour nous !  « Vous donc qui pouvez comprendre, écoutez ! »  Les disciples et d’autres auditeurs avaient demandé l’explication de cette parabole : «  Quand il resta seul, ceux qui étaient autour de lui avec les Douze l’interrogeaient sur les paraboles. » (Mc 4, 10)

La parole du royaume  ou, selon Luc, la parole de Dieu, et, d’après Marc, simplement la parole, telle fut la semence de la parabole. Il y a une analogie profonde entre l’image et la réalité. Dieu a voulu qu’il y eut en chaque grain de semence un principe de vie qui se développe avec une irrésistible puissance, dès que la semence se trouve dans des conditions favorables. Ainsi la parole du Dieu vivant renferme et produit la vie, une vie divine ; elle est créatrice.

Mais, pour cela, il faut que la parole, comme la semence, tombe dans une terre bien préparée. Or ce sont précisément quatre espèces de terrain, représentant des dispositions morales diverses, qui forment les traits caractéristiques de la parabole. Et d’abord ; le chemin. Là, le Seigneur avait dit, selon Luc, que la semence fut foulée par les passants. Dans son explication il ne releva pas ce trait, qui eut pourtant un sens moral. La semence foulée par les passants, c’est la parole rendue infructueuse par les distractions et les pensées terrestres de cette classe d’auditeurs.

En outre, sur ce sol durci et sans culture, la semence n’était pas recouverte de terre et ne pouvait germer. L’auditeur ne comprend pas la parole ; explication propre à Matthieu et qui indiqua une seconde cause de stérilité, l’inintelligence et l’endurcissement du cœur, qui ne fut pas rendu attentif et n’amollit pas par une sérieuse repentance.

Enfin il y a une troisième cause. L’image de ces oiseaux, à laquelle nous aurions à peine songé à donner un sens spirituel, en a un très important : Jésus montra l’action de Satan, Luc dit  le diable.  qui ravit ce qui a été semé. Cela lui est d’autant plus facile que la parole n’a point été comprise et que le cœur n’arrive point à la foi (Romains 10.10). Il n’est pas nécessaire de voir là une action immédiate et magique du malin. Les moyens par lesquels il agit abondent, et dans l’homme même et en dehors, dans le monde.

. Jésus avait de son côté exprimé son étonnement de ce qu’ils ne l’eussent pas comprise  et pourtant il la leur expliqua. Cette interprétation que Jésus  donna d’un petit nombre de paraboles est pour nous d’un prix infini, car par là il nous a donné la clef de toutes les autres.

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   « Tu es Pierre, et je te donnerai les clés du royaume des Cieux. » – Lectio Divina

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Premier dimanche du Carême – Année B

Posté par diaconos le 21 février 2021

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Jésus est tenté par Satan

# Le nom « satan » apparaît dans la Bible hébraïque. Dans quatre passages de la Bible, le nom śāṭan est utilisé pour désigner des créatures célestes : livre des Nombres 22:22 et 22:32, Premier livre des Chroniques 21.1, livre de Zacharie 3.1 et livre de Job, chapitre 1 et 2. Dans les Nombres et les Chroniques, śāṭān apparaît à la forme indéfinie. Dans les Nombres, il désigne un ange de Yahweh placé sur le chemin du prophète Balaam pour empêcher son ânesse d’avancer. Il est l’envoyé de Yahweh et n’a rien en commun avec Satan tel qu’on le concevra plus tard. Dans les deux premiers chapitres du livre de Job, où le terme revient 14 fois, il apparaît toujours à la forme définie.
Satan apparaît également comme une figure allégorique dans le troisième chapitre du livre de Zacharie. Dans la quatrième vision de Zacharie, le grand prêtre Josué se tint devant l’ange de Yahweh avec satan pour l’accuser. Dans le premier livre des Chroniques le mot satan apparaît à la forme indéfinie. Ce passage indique que c’est Satan qui a incité David à recenser le peuple. Dans le passage parallèle du second livre de Samuel, ce fut Yahweh qui fut à l’origine de ce recensement
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De l’Évangile selon saint Marc

Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit le pousse au désert. Et dans le désert il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient. Après l’arrestation de Jean Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle de Dieu; il disait: «Les temps sont accomplis: le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle».«Aussitôt l’Esprit le pousse au désert. Et dans le désert il resta quarante jours, tenté par Satan» (Mc 1, 12-15)
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Auteur  +PÈRE MARIE LANDRY C+MPS

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Ô Seigneur, me voici en ta présence, en ce lieu et en ce moment précis de ma journée. Ces minutes sont pour toi, je m’abandonne à toi.Jésus, tu sais que je suis faible et que je me fatigue en chemin. Viens à mes côtés comme tu sais le faire et enseigne-moi tes voies. Aujourd’hui l’Église fête le premier dimanche de Carême. L’Évangile nous présente Jésus en train de se préparer à entrer dans sa vie publique. Il s’éloigne dans le désert où il passe quarante jours en priant et en faisant pénitence. Là il est tenté par Satan.
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Nous devons nous préparer pour le Carême. Satan est notre grand ennemi. Il y a des personnes qui ne croient pas en lui, ils disent qu’il est un produit de notre imagination ou que c’est le mal en abstrait dilué chez les personnes et dans le monde. Non !Les Saintes écritures parlent de lui à plusieurs reprises en tant qu’être réel et concret. C’est un ange déchu. Jésus le définit en disant: «Il est menteur et père du mensonge» (Jn 8, 44). Saint Pierre le compare à un lion qui rugit : «Votre adversaire, le démon, comme un lion qui rugit, va et vient, à la recherche de sa proie» (1Pe 5, 8).
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Et Paul VI nous enseigne : «Le démon est l’ennemi numéro un, c’est le tentateur par excellence. »   Nous savons que ce personnage obscur et perturbateur existe vraiment et qu’il continue à agir. Comment? En mentant, en nous trompant. Là où il y a mensonge ou tromperie, il y a action diabolique. «La plus grande victoire du diable est de nous faire croire qu’il n’existe pas» (Baudelaire). Et comment nous ment-il ? Il nous présente des actions perverses comme si elles étaient bonnes, il nous pousse à faire des choses mauvaises, et en troisième lieu, il nous suggère des raisons pour justifier nos péchés. Après nous avoir trompé, il nous remplit d’inquiétude et de tristesse. N’as-tu jamais ressenti cela ?
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Quelle est notre attitude devant la tentation? Avant: rester vigilant, prier et éviter les occasions de pécher. Pendant: résister directement ou indirectement. Après: si tu as gagné, il faut rendre grâce à Dieu. Si tu n’as pas gagné, il faut demander pardon et apprendre de cette expérience. Quelle a été ton attitude jusqu’à maintenant ? La Sainte Vierge Marie a écrasé la tête du serpent infernal.
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Demandons qu’Elle nous donne la force de surmonter les tentations de chaque jour. Merci, Jésus, de venir me sauver. Je te remercie parce que tu n’es pas un Dieu lointain, mais tu viens dans ma vie, au fond de mon être, pour partager avec moi ta vie. Envoie sur moi ton Esprit pour me faire vivre en fils et en fille de Dieu. Je te donne ma vie pour vivre de ta vie car j’ai confiance en toi :Je t’offre mes mains pour faire ton travail, Je t’offre mes pieds pour suivre ton chemin,Je t’offre mes yeux pour voir comme toi,Je t’offre ma langue pour dire tes paroles,Je t’offre mon intelligence pour que tu penses en moi.
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Je t’offre mon esprit pour que tu pries en moi. Surtout je t’offre mon cœur pour qu’en moi tu aimes le Père et tous les hommes. Je t’offre tout ce que je suis pour que tu grandisses en moi,Que ce soit toi le Christ, qui vives, travailles et pries en moi.
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Compléments

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    Église saint Mathias : « Premier dimanche du Carême – Année B »

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Vendredi après les cendres

Posté par diaconos le 19 février 2021

 Vendredi après les cendres  dans Carême

# Le Carême est un temps liturgique de dévotion à Dieu associée à une alternance de jours de jeûne complet et de jours d’abstinence (jours maigres) d’une durée de quarante jours que le catholicisme a instituée au IVe siècle en référence aux quarante jours de jeûne de Jésus-Christ dans le désert. Le Carême précède Pâques, la plus importante des fêtes chrétiennes. Le jeûne est allégé les dimanches et le jour de l’Annonciation mais il n’est pas interrompu. Le Carême se termine par une période de jeûne et de célébrations plus intenses, la Semaine sainte. Le Carême est un temps de préparation à la commémoration de la Passion et de la Résurrection du Christ.

La période de Carême doit être, pour les fidèles, une période d’approfondissement, de prière et de détachement des biens matériels en préparation de la fête de Pâques. Le Carême dure quarante jours du mercredi des cendres au repas de la Cène du jeudi Saint. Dans les Églises de rite byzantin, le Carême est précédé d’une période de préparation appelée Petit Carême, laquelle se termine au dimanche de Carnaval. Le Carême proprement dit, appelé Grand Carême, dure du Lundi Pur au vendredi précédant le Samedi de Lazare et le dimanche des Rameaux.

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De l’Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, les disciples de Jean le Baptiste s’approchèrent de Jésus en disant : « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront. » (Mt 9, 14-15)

L’entretien avec les pharisiens

Dans le récit de Luc (Luc 5.33 et suivants), l’entretien avec les pharisiens  adressant à Jésus cette question :  »  Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? Selon Marc, ce seraient les pharisiens et les disciples de Jean réunis.

Quoi qu’il en soit, ces derniers y eurent part, et Matthieu les nomma seuls, parce que e fut à eux que la réponse de Jésus importa le plus. Les disciples de Jean n’eurent pas tous suivi les conseils de leur maître, qui les exhorta à s’attacher à Jésus. Ceux qui ne le firent pas  s’astreignirent aux prescriptions rigoureuses de la piété des pharisiens, qu’ils pratiquèrent avec plus de sincérité que ces derniers. Ils menèrent, à l’exemple de leur maître, une vie de repentance et d’austérité dans laquelle le jeûne tint une grande place. Leur question montra qu’ils furent scandalisés de la liberté que Jésus laissa à ses disciples à cet égard.

Les amis de noce (grec les fils de la chambre nuptiale, hébraïsme), furent les jeunes gens qui accompagnèrent l’époux quand il vint prendre sa fiancée pour l’emmener, entourée de ses amies, dans sa maison. Ils figurèrent les disciples de Jésus, qui se présenta lui-même comme l’époux de l’Église.

Les disciples de Jean durent comprendre cette belle image que Jésus utilisa : « Celui à qui appartient l’épouse, c’est l’époux; mais l’ami de l’époux, qui se tient là et qui l’entend, éprouve une grande joie à cause de la voix de l’époux: aussi cette joie, qui est la mienne, est parfaite » ( Jn 3, 29). Ces amis ne durent ni ne purent être dans le deuil, s’attrister par le jeûne, tandis que Jésus futt avec eux.

En se désignant comme l’époux Jésus affirma que, dans sa personne, c’est Dieu lui-même qui visite son peuple, car, dans le langage de l’Ancien Testament, cette comparaison est exclusivement réservée aux rapports de Jéhovah et d’Israël. Après avoir rappelé sa suprême dignité, Jésus, comme toujours, reporta sa pensée sur son abaissement suprême : « Dès lors Jésus commença à faire connaître à ses disciples qu’il fallait qu’il allât à Jérusalem, qu’il souffrît beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât le troisième jour. » (Mt 16, 21)

Quand l’époux leur sera  enlevé brusquement, alors ils jeûneront, au sein de leurs souffrances, de leurs tristesses, non parce que la loi l’ordonna, mais avec une sainte liberté, afin de se livrer tout entiers à la prière et à leurs rudes travaux  « Ils firent nommer des anciens dans chaque Église, et, après avoir prié et jeûné, ils les recommandèrent au Seigneur, en qui ils avaient cru.  » (Ac 14, 23)

C’est ici, la première fois que Jésus annonça sa mort, dont il eut, dès le commencement de son ministère, la plus claire prévision  : « Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé,  » (Jn 3, 14) . Quel jour ce fait jeta sur toute sa vie !

Diacre Michel Houyoux

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  La disposition intérieure du cœur pendant le jeûne – Vie de Foi – Jérémy Sourdril

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Jeudi après les cendres

Posté par diaconos le 18 février 2021

Vois ! Aujourd’hui je vous propose la bénédiction ou la malédiction

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Du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple : « Vois ! Je mets aujourd’hui devant toi ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur. Ce que je te commande aujourd’hui, c’est d’aimer le Seigneur ton Dieu, de marcher dans ses chemins, de garder ses commandements, ses décrets et ses ordonnances. Alors, tu vivras et te multiplieras ; le Seigneur ton Dieu te bénira dans le pays dont tu vas prendre possession. Mais si tu détournes ton cœur, si tu n’obéis pas, si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d’autres dieux et à les servir, je vous le déclare aujourd’hui : certainement vous périrez, vous ne vivrez pas de longs jours sur la terre dont vous allez prendre possession quand vous aurez passé le Jourdain.
Je prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix, en vous attachant à lui ; c’est là que se trouve ta vie, une longue vie sur la terre que le Seigneur a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob. »  (Dt 30, 15-20)

Choisis la vie

 La vie, la vraie vie que l’on trouve en Dieu ; le bien, l’état extérieur prospère qui y correspond. La mort la séparation d’avec Dieu ; le mal, les malheurs qui en résultent. J’ai mis devant toi… Ce texte, observa Wogue, consacre de la manière la plus éclatante la liberté morale de l’homme et la négation du fatalisme oriental ; ce qui ressort d’ailleurs d’une foule de passages de la législation mosaïque et du fait même de cette législation.

 Ce texte se situe dans la troisième section du Deutéronome. Dans cette section, le discours de Moïse prend une tournure prophétique. Ce texte concernant les « deux voies » est très célèbre. (1) Cette invitation montre l’importance de nos décisions prises en toute liberté ainsi que le respect de Dieu pour la liberté humaine. Dans ce passage Moïse disait clairement à son peuple : « La vie et la mort se trouvent devant vous choisissez !  » Ce texte montre que les êtres humains sont libres et responsables et on retrouve clairement ce thème dans le Siracide (l’Ecclésiastique) au chapitre quinze.

« Ne dis pas : Dieu m’a fait pécher !, car il ne fait pas ce qu’il déteste. Ne dis pas : Il m’a fait commettre une erreur !, car il n’avait pas besoin d’un pécheur. Le Seigneur déteste le mal, et de même le détestent ceux et celles qui craignent le Seigneur.  Il a mis devant toi, le feu et l’eau : étends la main vers ce que tu préfères. Vie et mort sont là devant les êtres humains, à chacun sera donné ce qu’il a choisi.

 Quand au commencement il a créé l’homme, il l’a remis à sa propre conscience : Si  tu veux, tu peux garder les commandements ; il est en ton pouvoir de rester fidèle. Il a mis devant toi, le feu et l’eau : étends la main vers ce que tu préfères. Vie et mort sont là devant les êtres humains, à chacun sera donné ce qu’il a choisi. Que la sagesse du Seigneur est grande, comme il est fort et puissant ! Le Seigneur voit toutes choses. Son regard se pose sur ceux qui le craignent ; il connaît toutes nos oeuvres.

À personne, il n’a demandé d’être impie, à personne il n’a donné la permission de pécher. » (Si 15, 11-18)  Le chapitre vingt-sept révèle le rituel de conclusion de l’Alliance ; le chapitre vingt-huit relève les bénédictions et les malédictions qui accompagneront le respect ou la violation des commandements. Les dernières exhortations de Moïse sont développées aux chapitres vingt-neuf et trente, révélant un aspect très caractéristique de la théologie deutéronomiste : la promesse est toujours conditionnelle. Le chapitre trente prédit la repentance et le retour du peuple.

Si le peuple reste fidèle, alors tous les bienfaits promis arriveront. Mais s’il se détourne du Seigneur, il ne profitera pas des dons de l’Alliance. Dans ce texte, Moïse fait un appel particulièrement solennel au cœur et à la conscience du peuple, parole d’exhortation puissante.  Le thème des deux voies trouve des prolongements intéressants dans la tradition juive et par conséquent dans la tradition chrétienne. On en trouve des traces dans les écrits rabbiniques. Ce thème appartenait au fond commun des littératures sémitiques, ce qui explique sa présence dans des livres de genres très différents.

En divisant ce texte en trois paragraphes (Dt 30, 15-16 ; Dt 30, 17-18 et Dt 30, 19- 20), vous remarquerez que le morceau central est antithétique du premier et du troisième. Dans cette péricope, il y a des formes verbales en « tu » et d’autres en « vous ». Le discours en « tu » ne vise pas l’Israélite individuellement, mais le peuple tout entier, interpellé comme le partenaire du Seigneur. Cette interpellation collective n’est sans doute pas seulement une forme de style ; elle doit avoir son origine dans certaines cérémonies liturgiques où tout Israël était effectivement rassemblé pour entendre, comme un seul homme, la loi de son Dieu.

La manière de parler de Moïse diffère beaucoup de celle d’un prophète. À l’inverse du prophète qui transmit une parole directe de Dieu à son peuple, Moïse s’adressa lui-même au peuple et lui parla de son Dieu. Moïse tint  le rôle d’un médiateur, placé entre le Seigneur qui lui  révéla sa loi et le peuple à qui il dut la transmettre et l’expliquer. Vois…(30,15), …si tu écoutes…(30,16), …si ton cœur (30, 17) : la vue, les oreilles et le cœur sont, dans la Bible, reconnus comme étant le siège de l’intelligence spirituelle des évènements, sans laquelle l’œuvre divine du salut échoue.

En (Dt 30,35) : l’Alliance de Dieu avec son peuple est liée à la perspective de la vie, ici, dans sa composante corporelle. Le commandement est présenté en elle comme le  chemin de la vie. Le choix du bien n’est pas une adhésion à une morale théorique, c’est un choix concret que l’on doit faire aujourd’hui, c’est à dire dans un « aujourd’hui » (hayom) précis immédiat et permanent, dans l’existence. Ce mot apparaît sept fois dans Dt 30. (3)  Ce n’est pas le langage d’un législateur mais celui d’un catéchiste ou d’un prédicateur.

Cet enseignement s’adressa à tout Israël (Dt 1,1 ; Dt 34,12) qui est interpellé tantôt en « tu », tantôt en  » vous » Cette curieuse oscillation intervient souvent au cours du même développement,, et cela sans raison apparente (voir par exemple 6.1-3 et 30,15-20 ). Ce phénomène, que la traduction n’a pas cru devoir atténuer, trahit probablement une composition du texte par étapes successives. En effet, si l’on  essaie de prendre séparément les passages en « tu », l’on obtient un ensemble continu, tandis que les passages en « vous » sont fragmentaires et paraissent avoir été écrits pour renforcer le texte primitif en « tu ». (3)

Cette expression hayom, en ce jour-ci, est un concept fondamental du judaïsme ; elle apparaît 435 fois dans la Bible sous cette forme, sans compter les formes dérivées ; dans notre paracha voyez au chapitre 29 les versets 9, 11, 12, 14, 17, et dans le chapitre 30 les versets 2, 8, 11, 15, 16, 18, 19. La présence divine n’est pas virtuelle mais se manifeste ici et maintenant dans une rencontre concrète soutenue par les mitsvotes et les mots et les intentions du cœur. Ainsi, le lien à Hachèm est une relation de contact et de vie qui se joue continuellement. Hachèm : le grand nom de Dieu qui se manifeste, en quatre lettres dans la Bible.

Les mots vie et mort suggèrent deux états, indiquent deux directions ; ils sont toujours liés. Ils se retrouvent dans le verset 11 du chapitre 15 du Siracide  Bonheur et malheur sont à rapprocher de bénédiction et malédiction : bénédiction si le Peuple de Dieu obéit aux commandements du Seigneur ou malédiction s’il n’obéit pas à ses commandements. Deux voies se trouvent devant moi : choisir la bonne voie c’est accepter en toute liberté les commandements de Dieu. Le bonheur dont il s’agit ici est un bonheur terrestre, l’auteur n’en conçoit pas d’autre.

Dt 30,15-16 reprend Dt 11,26-28 : « Tu vois que je mets aujourd’hui devant vous la bénédiction et la malédiction : la bénédiction si vous obéissez aux commandements du Seigneur votre Dieu que je vous donne aujourd’hui ; la malédiction, si vous n’obéissez pas aux commandements du Seigneur votre Dieu, si vous vous détournez de la voie que je vous ai montrée en ce jour pour vous mettre à la traîne d’autres dieux que vous n’avez pas connus » (Dt 11,26-28)

Dt 30, 16 : ce verset 16 invite Israël à observer les commandements du Seigneur pour vivre. Dt 30,16a : « Si tu écoutes mes commandements…tu vivras…  » Je retrouve dans ce verset l’aspect conditionnel de la promesse du Seigneur ; de plus, il me renvoie au chapitre quatre dans le discours d’introduction qui traite de l’observance de la Loi. Aimer Dieu, ses commandements, ses lois et ses coutumes assurent vie et prospérité (30,16b) Ce passage du texte fait allusion aux versets Dt 5, 10-21.

« Mais je maintiens ma faveur jusqu’à la millième génération à ceux qui m’aiment et gardent mes commandements  » (Dt 5, 10) Aimer les lois de Dieu implique le respect de son nom (Dt 5, 11), l’observance du jour du sabbat (Dt 5, 12-15), le respect des parents et du prochain (Dt 5, 16-21). Dt 30,16d : « Si tu gardes ses commandements …  » est à rapprocher de Dt 4,2-9. Garder les commandements du Seigneur, c’est les observer tels qu’ils ont été donnés sans rien ajouter ni retrancher.

Diacre Michel Houyoux

Les deux voies    Éditions Croix du Salut ( 05.06.2013 )

 

978-3-8416-9872-8-front        Auteur le Diacre Michel Houyoux , publié le  5 juin 2013  Broché  Prix : 25, 80€

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Complément

◊ Diacre Michel Houyoux : cliquez ici pour lire l’article →    Celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera

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