Vendredi de la neuvième semaine du Temps Ordinaire – Année Paire

Posté par diaconos le 6 juin 2024

 

La Crucifixion. Le coup de lance by Charles-Louis Rivier on artnet

De l’Évangile de Jésus Christ selon Jean

Jésus venait de mourir. Comme c’était le jour de la Préparation, le vendredi, il ne fallait pas laisser, les corps en croix durant le sabbat d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.

Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez. Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé. Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé. (Jn 4, 10b) Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez. Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé. Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé. (Jn 19, 31-37)

 Ce sabbat était grand, solennel, parce que c’était aussi le premier jour de la fête de Pâque

Les Juifs d’après Deutéronome 21.22-23 ne devaient pas laisser un criminel passer la nuit sur le gibet. Les Romains de leur côté, avaient l’usage, très anciennement déjà, d’abréger le supplice des crucifiés en leur brisant les jambes ou en les tuant à coups de bâton. C’est l’exécution de cette mesure que demandèrent à Pilate ces mêmes chefs du peuple qui, avec l’odieuse hypocrisie dont ils donnèrent tant de preuves dans cette histoire, observèrent les prescriptions de leur loi, tout en commettant le plus grand des crimes. Les soldats s’approchèrent des crucifiés.

Toutefois Olshausen, MM. Weiss et Godet trouèrent que le verbe : vinrent, s’explique plus naturellement si l’on admet que ce furent d’autres soldats, envoyés par Pilate avec les instruments nécessaires pour accomplir l’opération prescrite. Jean constata avec bonheur que Jésus ne fut pas mutilé, que cette dernière barbarie, ce dernier outrage lui furent épargnés ; et qu’ainsi une prescription de l’Écriture fut accomplie d’une manière admirable. Les soldats virent que Jésus était déjà mort ; mais l’un d’eux voulut élever cette présomption jusqu’à la certitude. C’est pourquoi il perça de sa lance le côté droit de Jésus, en sorte qu’il ne pût lui rester absolument aucun doute. Il en sortit du sang et de l’eau.

Des interprètes y virent un phénomène naturel et se livrèrent à des dissertations physiologiques pour en démontrer la possibilité ; les autres, depuis les Pères jusqu’à nos jours, prétendant que le fait ne put être ainsi expliqué, lui attribuèrent un caractère miraculeux et en déduisirent diverses conclusions dogmatiques. D’après, l’eau serait le symbole du Saint-Esprit et le sang le moyen de notre rédemption, ou même l’eau un symbole du baptême et le sang représenterait la sainte cène. Mais Jean ne songea pas à ces allégories, puisqu’il se borna à attester le fait avec solennité sans ajouter aucune réflexion qui autorisa l’interprétation symbolique du phénomène.

D’autres pensèrent que Jean, en rapportant ce fait, avait pour but de fournir une preuve incontestable de la réalité de la mort de Jésus. L’apparition du sang et de l’eau est un phénomène extraordinaire, qui est en dehors des lois de la physiologie. Jean le signala parce qu’il y vit la preuve que le corps de Celui qui n’avait pas commis de péché, échappant à la dissolution, qui commence aussitôt après la mort, était déjà entré dans la voie de la glorification. Pour donner plus de solennité à cette déclaration, Jean parla de lui-même à la troisième personne, comme d’un témoin oculaire : Celui qui l’a vu, puis il affirma à deux reprises la vérité de son témoignage.

Enfin, il déclara que le but de son récit fut d’amener ses lecteurs à la foi, ou d’y affermir ceux qui déjà crurent: Afin que vous croyiez. Croire a ici son sens absolu ; il s’agit de la foi au Christ Sauveur. Jean y vit un accomplissement de l’ÉcritureSelon les prescriptions de la loi relatives à l’anneau pascal (Ex 1, 2, 46 ; Nb , 12), aucun de ses os ne devait être rompu. Cet agneau, dont le sang avait sauvé Israël de la destruction, était consacré à l’Éternel, il ne devait, en aucune manière, être profané. Or, Jean, comme Jean-Baptiste , comme l’apôtre Paul (1 Co 5, 7), vit dans l’agneau pascal le symbole de l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. Et il constata que, par sa mort, Jésus réalisa ce symbole Jusque dans cette circonstance spéciale que ses membres ne furent pas brisés.

Ce qui rendit l’analogie entre le symbole et la réalité complète, c’est que Jésus mourut à la fête de Pâque, dont l’immolation de l’agneau était le point central. La parole de l’Écriture que Jean cita comme accomplie par le coup de lance du soldat romain et comme devant s’accomplir encore dans la suite. Jean appliqua directement à, Jésus, représentant de Dieu, ce qui, dans l’Ancien Testament, est dit de Jéhovah, l’Éternel. Or, dans ce passage le prophète décrit un grand mouvement d’humiliation qui se produit parmi le peuple. Jean prévit de même un jour où les Juifs repentants regardèrent avec foi à Celui qu’ils ont percé. Ailleurs, Jean nous montre un second et solennel accomplissement de la même prophétie (Ap 1.7).

Diacre Michel Houyoux

Vidéo Père Michel-Marie Zanotti Sorkine : cliquez ici →  https://youtu.be/JeZ0Ne4RdRE

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Dixième dimanche du Temps Ordinaire – Année Paire

Posté par diaconos le 3 juin 2024

Belzebuth ou Belzebub ou Beelzebuth, by J.A.S. Collin de Plancy, from ...

 Belzéboul, le prince des démons

Le récit de l’Expulsion des démons chez les Gadaréniens se trouve dans les trois Évangiles synoptiques. La scène semble se situer à Gadara, aujourd’hui Umm Qeis en Jordanie, non loin du lac de Tibériade, ou à Gérasa. Saint Jean Chrysostome raconte que ce miracle montre toute la miséricorde, l’œil providentiel qu’a Dieu pour les humains. Et il rajouta : «Nous apprenons encore par cette histoire que Dieu ne veille pas seulement en général sur nous tous, mais sur chacun de nous en particulier. Jésus-Christ le déclara expressément à-ses disciples lorsqu’il leur dit : « Tous les cheveux de votre tête ont été comptés » (Mt 10, 30).

L’abbé Antoni Carol i Hostench axa son homélie sur la liberté humaine. Pour lui autant est grand le pouvoir divin concrétisé par ce miracle, autant est importante la liberté donnée aux personnes de croire en Dieu, ou de ne pas croire, et ce malgré les preuves apportées. Umm Qeis est une ville de Jordanie, dans la province jordanienne d’Irbid à 20 km au nord-ouest de la capitale provinciale Irbid et à 3 km au sud du Yarmouk. Elle est construite à l’emplacement de l’antique ville de Gadara . La ville s’est aussi appelée Antioche ou Antiochia Sémiramis et Séleucie, et faisait partie des cités de la Décapole.

# L’Église considère qu’elle est à l’image de Jésus et est donc elle-même un signe de contradiction, qui comme le Christ rencontre partout de l’opposition. (Ac 28, 22). Le même raisonnement s’applique à ses membres. Selon la Tradition, la plupart des apôtres du groupe des douze moururent de mort violente, exécutés en raison de leur foi : Pierre, André, Philippe, tous trois crucifiés,, Matthieu, Jude, Jacques de Zébédée, Barthélemy, Thomas et Simon le Zélote. De même, les premiers saints furent des martyrs.

Les premiers chrétiens, considérés comme une secte pernicieuse par plusieurs autorités de l’Empire romain, furent en bute à une forte opposition. Ils furent parfois accusés d’être cannibales, car mangeant le Corps du Christ ou athées, ils n’honorèrent pas les dieux romains. Néron en fit des boucs émissaires, et ses successeurs les regardèrent avec méfiance.

Tertullien indiqua : «Elles ne servent à rien, vos cruautés les plus raffinées. Elles sont plutôt un attrait pour notre secte.» Les religieux et religieuses, par leur mode de vie particulier, deviennent selon le pape Benoît XVI, un signe de contradiction pour le monde, dont la logique est souvent inspirée par le matérialisme, l’égoïsme et l’individualisme. 

De l’Évangile selon Marc

En ce temps-là, Jésus revint à la maison, où de nouveau la foule se rassembla, si bien qu’il n’était même pas possible de manger. Les gens de chez lui, l’apprenant, vinrent pour se saisir de lui, car ils affirmaient : « Il a perdu la tête. » Les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : «Il est possédé par Béelzéboul ; c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons.» Les appelant près de lui, Jésus leur dit en parabole : «Comment Satan peut-il expulser Satan ? Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas tenir.   Si les gens d’une même maison se divisent entre eux, ces gens ne pourront pas tenir.

Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé, il ne peut pas tenir ; c’en est fini de lui. Mais personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, s’il ne l’a d’abord ligoté. Alors seulement il pillera sa maison. Amen, je vous le dis : Tout sera pardonné aux enfants des hommes : leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés. Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours.» Jésus parla ainsi parce qu’ils avaient dit : «Il est possédé par un esprit impur.»

Alors arrivent sa mère et ses frères. Restant au-dehors, ils le font appeler. Une foule était assise autour de lui ; et on lui dit : «Voici que ta mère et tes frères sont là dehors : ils te cherchent.» Mais il leur répond : «Qui est ma mère ? qui sont mes frères ?» Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : «Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère.» (Mc 3, 20-35)

Jésus en butte à l’opposition des siens et des scribes

L’accusation des scribes fut introduite par Marc sans que le fait qui en fut l’occasion fusse raconté, tandis que Matthieu et Luc lr racontèrent dans la guérison d’un démoniaque. Marc attribua l’accusation aux scribes, tandis que Matthieu la mit dans la bouche des pharisiens. L’hostilité qui se manifesta contre Jésus ne fut pas locale et accidentelle : elle eut ses inspirateurs à Jérusalem, d’où des émissaires furent envoyés en Galilée pour combattre l’influence de Jésus. Il ne s’agissait pas seulement d’une parole qu’ils laissèrent échapper alors, mais d’une opinion qu’ils cherchaient à répandre parmi la foule. C’était le jugement qu’on portait sur Jésus à Jérusalem, siège principal de la sagesse des scribes (Jn 8, 48; Jn 10, 20).

Marc appela paraboles les diverses images si frappantes dont Jésus se servit dans ce discours pour réfuter l’accusation impie de ses adversaires. Jésus les appela à lui. Sans attendre une attaque directe de leur part, il provoqua lui-même l’occasion de leur montrer l’absurdité de leur accusation.

Les arguments de Jésus furent les mêmes que dans Matthieu, mais l’ordre en fut plus clair ; d’abord une question directe  «Comment Satan peut-il chasser Satan ?» Puis les deux images d’un royaume, d’une maison divisés contre eux-mêmes. Enfin la comparaison frappante de Satan avec l’homme fort dont nul ne peut piller le bien les ustensiles, outils, armes, si d’abord il ne l’a lié (Mt 12, 29 ; Lc 11, 22). Par ces derniers mots, qui rappellent encore une fois l’odieux blasphème prononcé contre Jésus, Marc motiva la déclaration sévère que Jésus fit entendre contre quiconque aura blasphémé l’Esprit Saint. Il n’y aura pas pour lui de pardon, parce qu’il est coupable d’un péché éternel, qui durera toujours, qui ne peut être effacé, ayant sa cause permanente dans l’endurcissement (Mt 12,32). Marc ne fit pas mention, comme Matthieu et Luc, du blasphème contre le fils de l’homme.

Diacre Michel Houyoux

Liens avec d’autres sites chrétiens intéressants

Aleteia : cliquez ici pour lire l’article → Les pharisiens

Interbible.org. : cliquez ici pour lire l’article → Béelzéboul

Vidéo  Alain Jacques : cliquez ici → https://youtu.be/qE72PQu4WeY

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Lundi de la neuvième semaine du Temps Ordinaire – Année Paire

Posté par diaconos le 3 juin 2024

Vignerons homicides – Trinitaires

La parabole des vignerons infidèles incite à être fidèle et obéissant aux commandements christiques. Elle menace du châtiment divin quiconque rejettera Jésus. Dans son homélie LXVIII sur saint Matthieu, Jean Chrysostome dit que les serviteurs envoyés furent les prophètes, et le Fils du vigneron, Jésus-Christ. Dieu demande aux humains de porter du fruit telle la vigne de cette parabole ; cela rejoint la parabole du Vrai cep (Jn 15. 1-12).

La pierre d’angle est aussi Jésus-Christ. Lors de l’angélus du dimanche 2 octobre 2011, le pape Benoît XVI commenta que la vigne, le peuple de Dieu, dut travailler pour le bien et que les croyants devraient rester fidèles au Christ afin de porter le fruit souhaité, le fruit de la compassion.

Dans leur commentaire de cette parabole, l’exégète Daniel Marguerat et Emmanuelle Steffelk indiquèrent que le meurtre du fils bien-aimé est une allégorie de la passion du Christ. Ils ajoutèrent à propos du rejet de la pierre angulaire (Luc, 20, 15-19) que la pierre rejetée Jésus devient pierre dangereuse, pierre d’écrasement. On comprend que l’attitude à l’égard de Jésus] décide du sort ultime de la personne et ceux qui méprisent Jésus s’exposent au jugement divin.

De l’Évangile de Jésus Christ selon Marc

En ce temps-là, Jésus se mit à parler en paraboles aux chefs des prêtres, aux scribes et aux anciens : « Un homme planta une vigne, il l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. Le moment venu, il envoya un serviteur auprès des vignerons pour se faire remettre par eux ce qui lui revenait des fruits de la vigne. Mais les vignerons se saisirent du serviteur, le frappèrent, et le renvoyèrent les mains vides.

De nouveau, il leur envoya un autre serviteur ; et celui-là, ils l’assommèrent et l’humilièrent. Il en envoya encore un autre, et celui-là, ils le tuèrent ; puis beaucoup d’autres serviteurs : ils frappèrent les uns et tuèrent les autres. Il lui restait encore quelqu’un : son fils bien-aimé. Il l’envoya vers eux en dernier, en se disant : “Ils respecteront mon fils.” Mais ces vignerons-là se dirent entre eux : “Voici l’héritier : allons-y ! tuons-le, et l’héritage va être à nous !”

Ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne. Que fera le maître de la vigne ? Il viendra, fera périr les vignerons, et donnera la vigne à d’autres. N’avez-vous pas lu ce passage de l’Écriture ? « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! » Les chefs du peuple cherchaient à arrêter Jésus, mais ils eurent peur de la foule. Ils avaient bien compris qu’il avait dit la parabole à leur intention. Ils le laissèrent donc et s’en allèrent. (Mc 12, 1-12)

Reproches aux membres du Sanhédrin

Jésus aimait à rattacher ses enseignements à l’Ancien Testament. Mais la similitude fut développée en vue du but qu’il se proposait. Ce but fut évident : après avoir reproché aux membres du sanhédrin qui écoutèrent leur impénitence, Jésus leur fit sentir, par cette tragique histoire, leur culpabilité ; après les avoir amenés à prononcer leur propre jugement, il les jugea en leur retraçant la conduite inique des chefs d’Israël dans tous les temps.

Eux-mêmes comblèrent la mesure de ces iniquités par le meurtre de celui qui leur parla. Une clôture servait à protéger la vigne contre toute dévastation du dehors. Le pressoir se creusait, chez les Orientaux, dans la vigne même. Il se composait de deux bassins superposés, dont l’un servait à recevoir les raisins qu’on y jetait pour être foulés ; l’autre, placé en dessous, était destiné à recueillir le moût qui y coulait. Enfin la tour était un édifice de garde, bâti au milieu du vignoble et d’où l’on pouvait le surveiller tout entier.

Cela ne veut pas dire que ces agriculteurs auraient à payer en argent le produit annuel de la vigne ; le maître avait conclu avec eux un marché pour la culture de sa vigne ; il devait recevoir tout ou partie de ses produits en nature. Les vignerons maltraitèrent et tuèrent les serviteurs du maître, afin de ne pas lui livrer ses fruits ; maintenant qu’ils tinrent l’héritier, ils pensèrent qu’en le mettant à mort, rien ne pourra s’opposer à ce qu’ils prirent possession de son héritage. Jésus força ses adversaires à prononcer sur eux-mêmes la terrible sentence que méritèrent les vignerons.

Dans Marc et Luc, ce fut Jésus lui-même qui fit la question et la réponse. Le récit de Matthieu est plus dramatique : la conscience des interlocuteurs de Jésus les força à prononcer la condamnation des vignerons, c’est-à-dire leur propre condamnation. C’est encore Matthieu seul qui conserva ce rapprochement de termes, qui fit ressortir combien la condamnation fut sévère et méritée : Il fit périr misérablement ces misérables.

Jésus voulut faire sentir aux chefs de la théocratie quel fut ce fils de la parabole qui rejeta, mis à mort par les vignerons. Eux-mêmes furent les constructeurs insensés et coupables qui réprouvèrent la pierre de l’angle. Cette pierre, dans l’image employée par le psalmiste, est celle qui, placée comme fondement à l’angle d’un bâtiment, supporte deux murs et soutient tout l’édifice. Voilà ce qu’est Jésus-Christ dans le temple spirituel qui s’élève à la gloire de Dieu.

Cette destinée glorieuse, qui fit contraste avec sa réjection par les hommes, est l’œuvre et la volonté expresse de l’Éternel et restera l’objet de l’admiration des siècles : car il est dit dans l’écriture : Voici, je mets en Sion une pierre angulaire, choisie, précieuse ; Et celui qui croit en elle ne sera point confus.» (1P 2, 6) Le maître de maison qui planta une vigne et y donna tous ses soins, c’est Dieu qui, dans sa grande miséricorde, fonda sur cette terre plongée dans les ténèbres par suite du péché, un royaume de vérité, de justice et de paix.

Il le confia à son peuple d’Israël, en particulier aux chefs de la théocratie juive. Il avait le droit d’en attendre et d’en exiger les fruits, fruits de la vie religieuse et morale : reconnaissance, amour, obéissance, sainteté. Les serviteurs qu’il envoya à diverses reprises pour recueillir ces fruits sont ses saints prophètes, qui, hélas !

Furent de tout temps rejetés par le grand nombre, persécutés, mis à mort : «Des femmes recouvrèrent leurs morts par la résurrection ; d’autres furent livrés aux tourments, et n’acceptèrent point de délivrance, afin d’obtenir une meilleure résurrection ; d’autres subirent les moqueries et le fouet, les chaînes et la prison;  ils furent lapidés, sciés, torturés, ils moururent tués par l’épée, ils allèrent çà et là vêtus de peaux de brebis et de peaux de chèvres, dénués de tout, persécutés, maltraités, ceux dont le monde n’était pas digne, errants dans les déserts et les montagnes, dans les cavernes et les antres de la terre.» (He 1, 35-38)

Quant au fils que le maître de maison envoya ensuite dans son immense amour, l’Évangile tout entier nous dit qui il est, et nous l’entendons, dans cette parabole même, prédire sa réjection et sa mort. Les chefs de la théocratie de son temps eurent, malgré leur incrédulité, le pressentiment qu’il fut l’héritier et qu’en le mettant à mort ils resteraient les maîtres et les possesseurs du royaume. Mais eux-mêmes, en prononçant sur les vignerons ce double jugement, que la vigne leur serait ôtée et qu’ils périraient misérablement, proclamèrent leur propre condamnation.

Jésus confirma cette sentence par ces mots : le royaume de Dieu vous sera ôté, vous en serez exclus, et il sera donné, par pure grâce, à une nation, peuple de Dieu choisi du sein de tous les peuples, qui en produit les fruits. Jésus vit les premiers fruits de ce nouveau royaume. Cette prophétie fut accomplie par la destruction de Jérusalem et la ruine de la théocratie juive, et par l’établissement du royaume de Dieu parmi les nations païennes.

Diacre Michel Houyoux

Complément

Diacre Michel Houyoux : cliquez ici pour lire l’article → Le rejet des juifs vis-à-vis de Jésus

Liens avec d’autres sites web chrétiens

Regnum Christi : cliquez ici pour lire l’article → Voici l’héritier : venez, tuons le, nous aurons son héritage

Un héraut dans le Net cliquez ici pour lire l’article → Tuons l’héritier – La parabole des vignerons

Vidéo Lectio Divina : cliquez ici → https://youtu.be/P5XlKvhhvrETuons

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Saint Kevin

Posté par diaconos le 2 juin 2024

St. Kevin: June 3 | saints-feast-family

Saint Kevin d’Irlande

 Kevin de Glendalough vint au monde vers l’an 498 (en irlandais : Cóemgen mac Cóemloga) il est un saint catholique et orthodoxe qui était l’abbé de Glendalough dans les montagnes de Wicklow, en Irlande. Dès son enfance, des événements miraculeux jalonnèrent la vie de Kevin. Pendant son enfance, une vache blanche apparut tous les matins et tous les soirs dans la maison de ses parents et lui fournissait du lait. Lorsque Kevin fut assez grand, on l’envoya garder les moutons. Un jour, des pauvres gens le supplièrent de leur donner des moutons. Il fut touché par leur pauvreté et leur donna quatre moutons. Le soir, lorsqu’il compta son troupeau, il y en avait tout à fait autant.

Kevin a été élève de St Petroc de Cornouailles dès l’âge de sept ans et a vécu avec des moines à partir de l’âge de 12 ans. Il a étudié pour devenir prêtre et, après son ordination, Kevin a vécu en ermite dans une grotte partiellement construite par l’homme, où il a été conduit par un ange. Cette grotte est aujourd’hui connue sous le nom de St Kevin’s Bed. La grotte, située à environ 10 mètres au-dessus du lac, mesurant seulement 1,5 mètre de large et 1 mètre de haut, était difficile d’accès par un passage étroit. On suppose qu’il n’utilisait la grotte que pour prier et dormir.

Chez les irlandais, il ne céda en popularité qu’à saint <Patrick. À Glendalough en Irlande, l’an 622, saint Kévin abbé fonda dans un site admirable le célèbre monastère de Glendalough, près de Dublin ,où il fut le père et le chef d’un grand nombre de moines. . Ceux qui s’y rendaient sept fois en pèlerinage gagnaient autant d’indulgences que s’ils faisaient le pèlerinage des sept basiliques romaines. En anglais : Site de la commune de Glendalough, Monastic City  Sa légende est peu fiable, car il nous reste très peu de témoignages contemporains pour la vérifier. Elle dit qu’il descendait d’une lignée royale et qu’on lui donna le nom de Kevin, qui signifie : juste engendré

Il fut instruit par le Gallois saint Pétroc de Bodmin qui résida un temps en Irlande. Il vécut à Disert-Coemgen pendant un temps et plus tard il établit une église à Glendalough. Ce lieu devint un centre monastique qui essaima et qui fut à l’origine de plusieurs autres monastères. Pendant sept ans, Kevin a vécu au plus près de la nature, avec pour compagnons les oiseaux et les animaux. Pendant cette période, il était pieds nus, ne portait que des peaux de bêtes, dormait sur des pierres et mangeait peu d’orties et d’herbes. Il passait son temps à prier, et bientôt des disciples furent attirés par Kevin en tant que saint homme, ce qui entraîna la construction d’un campement au bord du lac, entouré d’un mur, appelé la Cellule de Kevin.

Après que sa communauté se soit développée en un séminaire de saints et d’érudits, avec plusieurs autres monastères, Kevin se retira à nouveau dans la solitude, ne retournant à son monastère d’origine qu’après quatre ans pour y mener une vie de prière, de jeûne et d’enseignement jusqu’à sa mort, le 3 juin 618, à l’âge de 120 ans. L’établissement monastique de Glendalough est devenu l’un des grands centres spirituels du christianisme en Irlande et a prospéré pendant un millier d’années après la mort de saint Kevin. Saint Kevin de Glendalough est connu pour son cheminement de la solitude à la communaut

L’histoire la plus connue de saint Kevin est représentée avec un merle sur sa main tendue. L’histoire raconte que pendant le Carême, alors que Kevin tendait les bras pour prier, un merle construisit un nid dans sa main et y déposa un œuf. Il resta dans cette position jusqu’à ce que l’oisillon ait éclos et quitté le nid. Cette histoire fut racontée dans un célèbre poème de Seamus Heaney, lauréat du prix Nobel. Kevin se tenait parfois dans les eaux froides du lac, récitant des psaumes en guise de veille et de pénitence, comme le faisaient les saints irlandais. Un jour, il a laissé tomber son livre de psaumes dans le lac, mais une loutre le lui a rendu intact.

En période de sécheresse, Kevin a pu nourrir ses moines avec du saumon qu’une loutre lui apportait chaque jour, mais lorsque l’un des moines a eu l’idée de fabriquer des gants avec la peau de la loutre, celle-ci n’est jamais revenue. Un jeune homme épileptique eut la vision qu’il serait guéri en mangeant une pomme. Comme il n’y avait pas de pommiers dans les environs, Kevin ordonna à un saule de produire des pommes, et 20 pommes apparurent sur l’arbre. Par la suite, Glendalough, avec ses sept églises, devint l’un des principaux pèlerinages d’Irlande. On trouve à Glendalough, dans la paroi de la falaise qui domine le lac, l’étroite cavité où il avait l’habitude de se retirer pour prier. Dans l’église catholique romaine et dans l’église orthodoxe, son jour de fête est le trois juin. Il est présenté comme un protecteur des animaux. Saint Kevin est également le patron de la ville de Dublin.

Une prière

Dieu d’amour, nous prions pour que tous ceux qui suivent le chemin de saint Kevin soient inspirés à se rapprocher de toi dans la nature et à s’occuper de tout ce dont tu nous entoures dans un esprit de douceur et de gratitude. Nous te remercions pour des personnes comme le saint ermite Kevin qui nous inspirent en communiquant leur amour pour toi en musique et en poésie. Puissions-nous répondre par une dévotion plus profonde à notre Seigneur Jésus-Christ et par un service aimant de nos voisins. Au nom de Jésus, Amen.

Diacre Michel Houyoux

Youtube Saint Kevin, Abbé de Glendalough : cliquez ici https://youtu.be/OmRzHUYnPZg

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