Suis-moi. L’homme se leva et le suivit

Posté par diaconos le 21 septembre 2020

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De l’Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Jésus sortit de Capharnaüm et vit, en passant, un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de collecteur d’impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit.     Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples.
Voyant cela, les pharisiens disaient à ses disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont  besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie : « Je veux la miséricorde, non le sacrifice. »En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »  (Mt 9, 9-13)

Vocation de Matthieu

Jésus passant devant le bureau des péages, appela Matthieu à le suivre, ce qu’il fit aussitôt. Il invita Jésus pour un repas, et, avec lui, beaucoup de péagers et de gens mal famés. Des pharisiens voyant cela, demandèrent aux disciples comment il se fit que Jésus mangea avec de telles gens. Jésus répondit : « Ce sont précisément les malades qui ont besoin de médecin. » Ils purent le savoir, car l’Écriture dit : « Dieu prend plaisir à la miséricorde, non au sacrifice ». Jésus vint appeler des pécheurs, non des justes .

Des disciples de Jean-Baptiste demandèrent à Jésus pourquoi ceux qui le suivent ne pratiquèrent pas la loi du jeûne. Il leur répondit que ses disciples ne purent être dans le deuil ou la tristesse tant que l’époux fut avec eux, mais que des jours viendront où ils jeûneront.

 Similitudes sur les habits et les autres

Jésus s’appliqua à leur faire comprendre, par deux comparaisons frappantes, que la vie nouvelle qu’il apporta au monde fut incompatible avec les vieilles institutions légales, et même qu’elle exigea l’entier renouvellement de l’homme intérieur. Marc et Luc ra­contèrent aussi cette vo­ca­tion d’un dis­ciple avec les mêmes dé­tails de lieu, de temps, de cir­cons­tances, il s’a­git évi­dem­ment d’un fait iden­tique dans les trois ré­cits.

Matthieu ap­pela ce dis­ciple Matthieu, les deux autres le nomment Lévi. Le nom de Mat­thieu se re­trouve dans tous les ca­ta­logues des apôtres, tan­dis que ce­lui de Lévi n’y parut ja­mais, pour être convaincu que le dis­ciple ap­pelé en cette cir­cons­tance à l’a­pos­to­lat chan­gea dès ce mo­ment son nom de Lévi en ce­lui de Mat­thieu, qui si­gni­fie don de Dieu. Ainsi Si­mon prit le nom de Pierre et Saul ce­lui de Paul.

Le bureau des péages  fut l’endroit où l’on perçut les im­pôts sur les mar­chan­dises en tran­sit, et sur les bénéfices lors des ventes. Ces contri­bu­tions furent pré­le­vées pour le compte des Ro­mains, les Juifs qui exercèrent ces fonc­tions de per­cep­teurs furent gé­né­ra­le­ment haïs et mé­pri­sés : « Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les publicains aussi n’agissent-ils pas de même ? « 

Ce fut parmi ces péagers que Jé­sus choi­sit l’un de ses apôtres !

Vou­lait-il seule­ment faire voir com­bien il se mitt au-des­sus des pré­ju­gés juifs ? Ou dé­si­rat-il aussi pos­sé­der parmi ses dis­ciples un homme ha­bi­tué à ma­nier la plume ? Tout cela fut pos­sible ; mais il y eut quelque chose de si brusque, de si spon­tané et de si étrange dans cet ap­pel, qu’on ne put en dou­ter que Jé­sus ne l’eut-il adressé par une im­pul­sion di­recte d’en haut. Ce ca­rac­tère di­vin de l’ap­pel res­sortit aussi de la dé­ci­sion et de la promp­ti­tude avec les­quelles il fut accepté. Entre Jé­sus et cet homme, il dut y avoir eu comme un coup de di­vine sym­pa­thie. ( Frédéric Godet)

Tout dans l’­his­toire évan­gé­lique fut une ré­vé­la­tion de la mi­sé­ri­corde de Dieu. Mat­thieu connais­sait déjà Jé­sus, qui ha­bi­tait cette même ville de Capharnaüm qu’il  en­tendit et reçut sa pa­role, et que cet ap­pel à le suivre fut une vo­ca­tion dé­ci­sive à l’a­pos­to­lat. Mais l’au­to­rité de cet ap­pel de Jésus et la prompte obéis­sance du Matthieu n’en furent pas moins ad­mi­rables.

Mat­thieu ne dit pas dans quelle maison, il garda là-des­sus un si­lence plein de mo­des­tie, mais Luc  écrivit que ce fut la mai­son de Mat­thieu Lévi, dans la­quelle ce­lui-ci fit un grand ban­quet. Il vou­lut ainsi, dans le zèle de son pre­mier amour, of­frir à tous ces péagers et ces pécheurs qu’il in­vita, une oc­ca­sion de voir et d’en­tendre Jésus à qui il vint de consa­crer sa vie.

Quelques in­ter­prètes pré­tendirent que, se­lon Mat­thieu comme se­lon Marc, ce re­pas eut lieu dans la mai­son de Jé­sus, et ils virent une contra­dic­tion entre les deux pre­miers évan­gé­listes et Luc. Mais par quelle rai­son cette foule de péa­gers au­rait-elle tout à coup en­vahi la mai­son de Jé­sus ?

Mat­thieu, péager lui-même, in­vita plusieurs de ses amis ayant la même vo­ca­tion mé­pri­sée et, en outre, d’autres per­sonnes dont la ré­pu­ta­tion ne fut pas meilleure, et qui furent spé­cia­le­ment dé­si­gnées dans les évan­giles comme des pécheurs, terme que nos ver­sions or­di­naires rendent par Gens de mauvaise vie. Ce mot se trouve sou­vent uni à ce­lui de péagers parce que ces der­niers avaient gé­né­ra­le­ment le même ca­rac­tère mo­ral.

Les pharisiens se crurent justes ; ils n’eurent pas besoin de ce Sau­veur qui vint gué­rir les âmes de leurs ma­la­dies mo­rales. Mais ceux qui se portent mal, les ma­lades, ces pécheurs qui se sen­tirent tels et qui l’en­tou­rèrent en ce mo­ment, eux eurent vraiment besoin de lui, et ce fut pour­quoi ils l’é­cou­tèrent avec bon­heur leur par­ler de par­don et de ré­con­ci­lia­tion avec Dieu.

Jé­sus fit ainsi aux pha­ri­siens une cer­taine conces­sion, ad­met­tant une dif­fé­rence mo­rale ex­té­rieure entre eux et les péa­gers, mais ce fut une  concession ironique selon Calvin, car au fond leur orgueil et leur dureté de cœur envers ces pauvres pécheurs que Jésus reçut, les rendirent, malgré leurs lumières, plus coupables qu’eux devant Dieu :  » Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table. » (Lc 7, 36)

Se­lon la plu­part des in­ter­prètes, Jé­sus l’ap­pliqua aux pha­ri­siens qui, sans miséricorde pour les péa­gers et les pé­cheurs, mirent toute leur confiance pour leur sa­lut dans les sacrifices qu’ils of­frirent et dans les de­hors cé­ré­mo­nials de la re­li­gion ; pré­ci­sé­ment l’in­verse de ce que Dieu veut. Se­lon d’autres, Jé­sus s’ap­pli­que­rait à lui-même cette dé­cla­ra­tions et jus­ti­fie­rait ainsi par une pa­role di­vine la miséricorde dont il usait en­vers les pé­cheurs. Si quelque chose au monde dut ap­prendre aux pha­ri­siens que la mi­sé­ri­corde fut plus agréable à Dieu que le sa­cri­fice, ne fusse ce pas la tendre com­pas­sion de Jésus ?

Les justes et les pécheurs furent les gens en santé et les ma­lades, et cette nou­velle com­pa­rai­son des pha­ri­siens avec les péa­gers ren­ferma la même iro­nie. Jé­sus, sans ex­clure ces propres justes de son royaume, ne put pas les y appeler, tant qu’ils per­sis­tèrent dans leur or­gueil.

Diacre Michel Houyoux

Complément

◊ Diacre Michel Houyoux : cliquez ici pour lire l’article →  Jésus choisit Matthieu pour apôtre (Mt 9, 9-13)

◊ Diaconos : cliquez ici pour lire l’article →  Saint Matthieu Apôtre et évangéliste  (21 septembre)

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Prédicateur : Pascal Denault « Suivez-moi – L’appel des premiers disciples »

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Des femmes les accompagnaient et les servaient en prenant sur leurs ressources

Posté par diaconos le 18 septembre 2020

Prions L'Evangile du Jour en Image!!!! - Page 6

De l’Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là, il arriva que Jésus, passant à travers villes et villages, proclamait et annonçait la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l’accompagnaient,  ainsi que des femmes qui avaient été guéries de maladies et d’esprits mauvais : Marie, appelée Madeleine, de laquelle étaient sortis sept démons, Jeanne, femme de Kouza, intendant  d’Hérode, Suzanne, et beaucoup d’autres, qui les servaient en prenant sur leurs ressources.  (Lc 8, 1-3)

Jésus parcourt la Galilée

Un mo­ment très im­por­tant marqua le mi­nis­tère de Jé­sus : Il cessa d’­ha­bi­ter Capharnaüm et voyagea comme mis­sion­naire, vi­si­tant chaque lo­ca­lité, grande ou pe­tite, et évangélisa le royaume de Dieu :  « Il disait: Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche » (Mt 3, 2)  Ce fut toute une ca­ra­vane qui sui­vit Jé­sus dans ses voyages missionnaires : les douze apôtres et des femmes qui, gué­ries par lui de corps et d’âme, se dé­vouèrent à son ser­vice.

Pour les dis­ciples, ce fut une école d’é­van­gé­li­sa­tion, où ils re­cueillirent, sous la di­rec­tion de Jésus, de pré­cieuses ex­pé­riences en vue de leur action fu­ture. Marie, surnommée Madeleine, parce qu’elle fut de Magdala, ville si­tuée sur la côte oc­ci­den­tale du lac de Gé­né­za­reth, au nord de Ti­bé­riade, ne dut pas être confon­due avec la femme pé­ni­tente.

Plu­sieurs in­ter­prètes an­ciens et mo­dernes pensèrent que ces mots : sept démons, furent une fi­gure qui si­gni­fie sept vices. L’é­van­gé­liste Luc voulut in­di­quer par là le plus haut de­gré d’un état de pos­ses­sion : « Et il lui demandait : « Quel est ton nom ? » L’homme lui dit : « Mon nom est Légion, car nous sommes beaucoup » (Mc 5, 9)  ; mais ce do­maine fut tel­le­ment obs­cur pour nous, que toutes les ex­pli­ca­tions ne sont que de simples conjec­tures.

On peut sup­po­ser seule­ment que le dé­mon n’ob­te­nait un tel em­pire sur les per­sonnes que si de graves pé­chés lui en fa­ci­li­taient les moyens et que son ac­tion se ma­ni­fes­tait alors par un état ma­la­dif : « Lorsqu’il fut à l’autre bord, dans le pays des Gadaréniens, deux démoniaques, sortant des sépulcres, vinrent au-devant de lui. Ils étaient si furieux que personne n’osait passer par là. » (Mt 8, 28)

.Ma­rie-Ma­de­leine fut re­le­vée de cette pro­fonde dé­chéance phy­sique et mo­rale, et elle en conserva une telle re­con­nais­sance pour Jésus, qu’elle se dé­voua en­tiè­re­ment à lui et le sui­vit jus­qu’au pied de la croix : « Entre lesquelles étaient Marie de Magdala, et Marie, mère de Jacques et de Joses, et la mère des fils de Zébédée. » (Mt 27, 56)  Aussi fut-elle la pre­mière qui eut le bon­heur de le re­voir après sa ré­sur­rec­tion : « Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. »(Jn 20, 1)

Ce fut une preuve de l’o­ri­gi­na­lité et de l’exac­ti­tude des sources où pui­sa Luc (Luc 1.2-3) que la men­tion du nom de ces femmes. Chuza, dont la femme sui­vit Jé­sus, oc­cu­pa une charge as­sez im­por­tante à la cour d’­Hé­rode An­ti­pas, puis­qu’il fut  son intendant. Il fut ce sei­gneur de la cour d’Hérode dont Jé­sus eut guéri le fils et qui  crut avec toute sa famille : « Le père reconnut que c’était à cette heure-là que Jésus lui avait dit: Ton fils vit. Et il crut, lui et toute sa maison » (Jn , 53)

La femme de Chuza avait perdu son mari quand elle se mit à suivre Jé­sus. Ce sont là des conjec­tures, qui n’ont en elles-mêmes rien d’i­nad­mis­sible, mais qui ne se fondent sur au­cune don­née des évan­giles. Quant à Suzanne et à ces plusieurs autres femmes, nous ne sa­vons rien à leur su­jet. Une re­marque fort in­té­res­sante fut ajou­tée par Luc, ce fut que ces femmes assistèrent de leurs biens Jé­sus et ses dis­ciples.

Dans les voyages dont parla Lu, elles pré­pa­rèrent leurs re­pas, prirent soin de tout ce qui a rap­port à la vie ma­térielle,  leur ren­dirent, en un mot les ser­vices dont au­raient été ca­pables des femmes et des sœurs. Quelle hu­mi­lité en Jé­sus qui, n’ayant pas un lieu où re­po­ser sa tête, consen­tit à vivre de la cha­rité de ceux qu’il eut en­ri­chis de biens spi­ri­tuels !

Diacre Michel Houyoux

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Le rôle des femmes dans l’Église

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Ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour

Posté par diaconos le 17 septembre 2020

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De l’Évangile de Luc

En ce temps-là,   un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table. Survint une femme de la ville, une pécheresse. Ayant appris que Jésus était attablé dans la maison du pharisien, elle avait apporté un flacon d’albâtre contenant un parfum. Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, près de ses pieds, et elle se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus.
Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux le parfum. En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. »   Jésus, prenant la parole, lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. – Parle, Maître. »
Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante. Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait les lui rembourser, il en fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’aimera davantage ? »
Simon répondit : « Je suppose que c’est celui à qui on a fait grâce de la plus grande dette. – Tu as raison », lui dit Jésus. Il se tourna vers la femme et dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé de l’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis qu’elle est entrée, n’a pas cessé d’embrasser mes pieds.
Tu n’as pas fait d’onction sur ma tête ; elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds. Voilà pourquoi je te le dis : ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. »
Il dit alors à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. » Les convives se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est cet homme, qui va jusqu’à pardonner les péchés ? »  Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »  (Lc 7, 36-50)

La pécheresse chez Simon le pharisien

Jésus accepta l’invitation d’un pharisien, il fut à table chez lui, quand une pécheresse apporta un vase d’albâtre, arrosa de ses larmes les pieds de Jésus, les essuya avec ses cheveux, les baisa et les oignit de parfum. À Simon scandalisé Jésus répondit par la parabole des deux créanciers

a) La parabole Simon conclut de ce qui se passa que Jésus ne fut pas un prophète, puisqu’il ignora le caractère de cette femme. Jésus répondit aux pensées du pharisien en lui proposant l’exemple de deux débiteurs qui eurent l’un une dette considérable, l’autre une dette moindre. Le créancier leur remit à tous deux leur dette. Lequel l’aima le plus ? Simon répondit que ce fut celui à qui il eut remis davantage. Jésus loua cette réponse.

b) L’application de la parabole Jésus se tourna alors vers la pécheresse, et, la désignant à Simon, il lui fit remarquer tous les témoignages de respect et d’amour qu’elle ne cessa de lui prodiguer ; puis, concluant de l’effet à la cause, il déclara au pharisien que les nombreux péchés de cette femme lui furent pardonnes. Il ajouta que celui qui fut l’objet d’un moindre pardon ressentit un moindre amour.

Jésus s’adressant à la pécheresse lui  pardonna ses péchés. Cette action scandalisa les assistants, mais Jésus assura à la pécheresse que sa foi l’eut sauvée, et il la renvoya en paix. Ce pharisien, qui in­vita Jé­sus eut moins de pré­ven­tions contre lui que les autres re­pré­sen­tants de son parti. Frappé de sa sain­teté et de ses mi­racles, il hé­si­ta à reconnaître en lui un en­voyé de Dieu.

Il l’in­vita pour l’ob­ser­ver, peut-être aussi pour se pro­cu­rer l’­hon­neur de re­ce­voir à sa table un rabbi de­venu cé­lèbre dans tout le pays. Jé­sus ac­cepta son in­vi­ta­tion, cer­tain qu’il serait à la table du pha­ri­sien aussi bien qu’ailleurs, faire son œuvre, sau­ver les âmes, glo­ri­fier Dieu. Parce que ce pha­ri­sien s’ap­pe­la Simon, et parce que chez lui ap­pa­rut une femme qui porta un vase de par­fum et oignit Jésus, plu­sieurs in­ter­prètes iden­ti­fièrent ce fait avec ce­lui qui se passa plus tard à Bé­tha­nie, quand Ma­rie, sœur de La­zare, ren­dit un sem­blable hom­mage à Jé­sus.

Ils se fondèrent en­core sur ce que Mat­thieu et Marc omirent ce ré­cit de Luc, tan­dis que Luc ne rap­porta pas ce­lui du re­pas de Bé­tha­nie. L’o­mis­sion de ce der­nier fit par Luc ne prouva rien ; car il fut  une foule de traits de la vie de Jé­sus au su­jet des­quels nul ne put dire pour­quoi Luc les omit, tan­dis que tel autre les ra­conta.

Qu’on songe au pos­sédé de Capharnaüm, passé sous si­lence par Mat­thieu, à la gué­ri­son du ser­vi­teur du cen­te­nier, omise par Marc, à la ré­sur­rec­tion du jeune homme de Nain, conser­vée par Luc seul, et à celle de La­zare, ra­con­tée par Jean seul. Quant au nom de Si­mon, il fut si fré­quent chez les Juifs, que deux hôtes de Jésus l’eurent porté.

En­fin, l’onc­tion d’­huile pra­ti­quée par les deux femmes fut un hon­neur si fré­quem­ment rendu en Orient, que Jé­sus s’é­tonna de n’a­voir pas reçu du pha­ri­sien cette marque de consi­dé­ra­tion.

Pour le reste, tout fut dif­fé­rent dans les deux his­toires. Ici la Ga­li­lée, là la Ju­dée ; ici le temps de la plus grande ac­ti­vité de Jésus dans son mi­nis­tère, là l’é­poque de sa pas­sion ; ici le blâme de Si­mon, là ce­lui de Ju­das et des dis­ciples ; ici une femme étran­gère à la mai­son, là Ma­rie dont la sœur servit à table ; et, sur­tout, ici une pauvre femme perdue de ré­pu­ta­tion, là la sœur de La­zare, qui ne put être confon­due avec elle ; ici, en­fin, un en­tre­tien de Jé­sus avec Si­mon sur le pé­ché, le par­don et l’a­mour du pé­cheur sauvé ; là Jé­sus pre­nant la dé­fense de Ma­rie et men­tion­nant sa mort pro­chaine.

Il res­sort évi­dem­ment de cette his­toire, que les pé­chés de cette femme eurent ac­quis une no­to­riété pu­blique : une femme de mauvaise vie. La ville ne fut pas nom­mée. Des in­ter­prètes sup­posèrent que ce fut Mag­dala et iden­ti­fièrent la pé­che­resse avec Ma­rie-Ma­de­leine. Ainsi n’acquit dans l’Église la­tine, dès les temps an­ciens, la lé­gende cé­lèbre dans la lit­té­ra­ture re­li­gieuse et dans les arts, de la Ma­de­leine pé­ni­tente. Mais l’i­den­ti­fi­ca­tion de ces deux femmes ne re­posa sur au­cun fon­de­ment.

Luc men­tionna pour la pre­mière fois Ma­rie-Ma­de­leine avec d’autres femmes que Jé­sus  dé­li­vra de ma­lins es­prits et d’in­fir­mi­tés. Luc ajouta que Ma­rie-Ma­de­leine fut au nombre de ces femmes qui sui­virent Jé­sus et ses dis­ciples et  les as­sis­tèrent de leurs biens. La pé­che­resse put-elle être ad­mise à jouer un tel rôle ?

Quels mo­biles furent as­sez puis­sants pour ame­ner cette femme dans une mai­son étran­gère, où elle sut bien qu’elle ne ren­con­tre­rait qu’un or­gueilleux mé­pris ? Ce ne fut pro­ba­ble­ment pas sa pre­mière ren­contre avec Jé­sus. Pres­sée par le re­mords, ani­mée d’une vraie re­pen­tance, elle eut cher­ché déjà à le voir, à l’en­tendre, et sans doute, par la pa­role ou par le re­gard, Jésus lui té­moi­gna une com­pas­sion qui fut pour elle la ré­vé­la­tion de la mi­sé­ri­corde di­vine. Un rayon t d’es­pé­rance pé­né­tra dans son âme. Elle re­çût de jésus le par­don seul ca­pable de la sau­ver de sa mi­sère.

On com­prend mieux le cou­rage qu’eut cette femme de s’ap­pro­cher de Jé­sus au sein d’une telle so­ciété, si l’on se sou­vient qu’en Orient on prend le re­pas du soir : sous le porche de la mai­son, dans une cour ou­verte à tout ve­nant. Ce fait ex­plique bien des traits de l’Évan­gile qui ne s’ac­cor­de­raient guère avec nos habitudes eu­ro­péennes. ( Félix Bovet, Voyage en Terre Sainte, page 402)

 La pé­che­resse put ainsi s’ap­pro­cher et se tenir derrière lui, à ses pieds, age­nouillée pro­ba­ble­ment. Elle ne pro­nonça pas une pa­role, mais son cœur, plein d’­hu­mi­lia­tion et de dou­leur, se ré­pandit en larmes abon­dantes qui tombèrent sur les pieds de Jé­sus. Ses che­veux dé­noués pendirent épars en signe de deuil, et elle s’en servit pour es­suyer les pieds de Jésus, qu’elle baisa avec vé­né­ra­tion. Elle l’­ho­no­ra en ré­pan­dant sur sa tête le par­fum  qu’elle acheta ; mais n’o­sant éle­ver ses mains ni son re­gard jus­qu’à la tête de Jé­sus, elle se contenta d’oindre ses pieds.

L’a­mour lui en­seigne à faire ce qui pa­raî­trait inepte à qui­conque n’aime pas, ce que nul n’exi­ge­rait d’un es­clave ; et l’a­mour le lui en­seigne sans ins­truc­tion. (Bengel)

Le pha­ri­sien, dans sa froide di­gnité, ne com­prit rien à cette scène, ni à ce qui en fit la pro­fonde si­gni­fi­ca­tion mo­rale. Il en conclut que ce rabbi, qui se lais­sa ap­pro­cher et toucher par une telle femme, igno­ra ce qu’elle fut et, par consé­quent, ne pu­t être un prophète. Moins aveu­glé par le sen­ti­ment de sa propre jus­tice, moins étran­ger aux saintes dou­leurs de la re­pen­tance, sa conclu­sion au­rait été tout autre, et il se se­rait dit sans doute : Cet homme est le Sau­veur, puisque, en re­ce­vant ainsi une âme pé­ni­tente, il re­pré­sente sur la terre la mi­sé­ri­corde de Dieu même.

Mais loin de là, le blâme qu’il pro­nonça ta­ci­te­ment sur Jé­sus re­tomba lour­de­ment sur la femme qui pleura à ses pieds. Ce ne fut pas sans une in­ten­tion mar­quée que Jé­sus com­mença l’ap­pli­ca­tion de la pa­ra­bole par ces mots : « Je suis entré dans ta maison. » Par là, il  fit au pha­ri­sien un hon­neur que ce­lui-ci ne lui rendit. À trois égards, il manqua à ces bien­veillantes et res­pec­tueuses at­ten­tions avec les­quelles, dans les temps an­ciens, on re­ce­vait dans sa mai­son un hôte qu’on te­nait à ho­no­rer.

D’a­bord, on lui faisait pré­sen­ter par un es­clave de l’eau pour se la­ver et se ra­fraî­chir les pieds :  « Permettez que l’on vous apporte un peu d’eau, vous vous laverez les pieds, et vous vous étendrez sous cet arbre. » (Gn 18, 4) La cha­leur du cli­mat et l’u­sage de ne por­ter que des san­dales ren­daient ce ser­vice bien­fai­sant et né­ces­saire. Le pha­ri­sien le négligea.

Mais la pé­ni­tente, au lieu d’eau, offrit ses larmes. En­suite, on re­ce­vait son hôte en lui sou­hai­tant par un baiser la bien­ve­nue. Le mot grec si­gni­fie amitié, affection ; et tels sont les sen­ti­ments qu’on lui té­moi­gnait en l’ac­cueillant ainsi. Les pre­miers chré­tiens conservèrent l’u­sage des Is­raé­lites : « Saluez-vous les uns les autres par un baiser de paix. Toutes les Églises du Christ vous saluent. » (Rm 16, 16)

Si­mon ne donna pas à Jé­sus cette marque d’af­fec­tion. Mais la pé­che­resse, avec au­tant d’­hu­mi­lité que d’a­mour, lui baisa les pieds. En­fin, en Orient, où la cha­leur et les vents brû­lants des­sèchent la peau et les che­veux, on éprou­vait le be­soin de les oindre d’une huile par­fu­mée  : « Tu dresses devant moi une table, En face de mes adversaires; Tu oins d’huile ma tête, Et ma coupe déborde. » (Ps 23, 5)

C’est une nou­velle as­su­rance de son sa­lut que Jé­sus donna à la pé­che­resse, par cette pa­role qui fut le com­men­taire lu­mi­neux de tout le ré­cit et qui au­rait dû mettre fin à toutes les contro­verses sur ce su­jet : « Ta foi t’a sauvée. »

Par ces der­niers mots : « Va en paix », Jé­sus congé­dia la femme, afin de la sous­traire aux ob­ser­va­tions bles­santes des convives ; mais il la congé­dia avec le plus grand des biens dans son cœur, la paix de Dieu : « Jésus lui dit : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix. » (Lc 8, 48)

Diacre Michel Houyoux

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Abbé Pierre Desroches : « Reconnaître son péché pour ne pas s’y enfermer »

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Why do you call me saying : « Lord! Lord ! » and don’t you do what I say ?

Posté par diaconos le 12 septembre 2020

Why do you call me saying :

From the Gospel of Jesus Christ according to Saint Luke

At that time, Jesus said to his disciples : « A good tree does not bear rotten fruit; neither does a rotten tree bear good fruit. Each tree can be recognised by its fruit: figs are not picked from thorns, nor are grapes from brambles. The good man draws good from the treasure of his heart, which is good ; and the evil man draws evil from his heart, which is evil: for what the mouth says is that which overflows from the heart.

And why do you call me, saying, « Lord! Lord! » and do not you do as I say ? Whoever comes to me, hears my words and does them, I will show you whom he is like. He is like the one who builds a house. He dug very deep and laid the foundations on the rock. When the flood came, the torrent rushed down on this house, but it could not shake it because it was well built.

But the one who listened and did not put it into practice resembles the one who built his house on the ground, without foundations. The torrent rushed over it, and immediately it collapsed; the destruction of this house was complete.  (Lk 6, 43-49)

How to do good to a brother who produces bad fruit ?

How can we claim to do good to our brother as long as he produces bad fruit ? This tree is an image of the moral corruption of man. We often see in Palestine, behind the hedges of thorns and brambles, fig trees all garlanded with the climbing sprays of vine stocks. (Bucket)

Jesus explained the image above : it is from the heart that the sources of life, that is to say, good or evil, proceed. Words, and in general all the actions we perform, come from the heart. Here again this thought is linked to the warning given to the man who claims to teach his brother.

In Matthew (Matthew 12:34) the same sentence is found, but applied to men who abused the word to blaspheme against the Holy Spirit. He had many of these short and penetrating sentences that Jesus had to pronounce on more than one occasion.

« Every man who comes to me and hears »… Every one who listened to Jesus was responsible for the effects of the divine word.  How aware Jesus was that his words were the words of God himself !

On the sloping land surrounding the lake of Génézareth there are hillsides where a thin layer of earth (Luke) or sand (Matthew) covers the rock. The prudent man digs through this loose ground and even digs deep into the rock… (Bucket)

Woe betide anyone who stops at the surface ! The elements that threatened this house were, according to Luke, a flood, forming a torrent coming down from the mountains. Matthew was more complete and more picturesque : it was the rain that fell, the torrents that overflowed, the winds that blew and rushed on this house. All this could not even shake it, because it was well built.

The unwise man built on the earth (Luke); Matthew, more expressively : on the sand. Luke paints the sudden ruin (Greek tear) of this house with this word: immediately. Both Luke and Matthew had this final remark: Great is this destruction !

One lost soul, just one, is a great ruin in the eyes of God. This is the solemn thought under which Jesus leaves his listeners at the end of this speech. Each one of them heard the crash of the building that collapsed and had to say to himself: This disaster will be mine, if I am inconsistent or hypocritical. (Bucket)

Deacon Michel Houyoux

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Links to Christian websites

◊ Bible.org :click here to read the paper→ Lesson 28: Why Obedience is Not Optional

◊ Bible Hub  :click here to read the paper→ Luke 6:46 Commentaries: « Why do you call Me, 

The Questioning Christ : « Why Do You Call Me ‘Lord, Lord’ But Don’t Do What I Say? »

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