Deuxième dimanche de Pâques – Année B

Posté par diaconos le 31 mars 2024

Les paroles de Jésus à Ses disciples après Sa résurrection

Jésus apparaît à ses disciples après sa résurrection

De Évangile de Jésus Christ selon Jean

C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »

Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit :
« La paix soit avec vous ! » 
Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom. (Jn 20, 19-31)

Jésus apparaît aux disciples

Jésus se tint là au milieu d’eux, sans qu’ils vissent comment il était entré, les portes étant ferméesIl est évident que Jean vit dans cette apparition de Jésus quelque chose de mystérieux, d’autant plus qu’il mentionne la même circonstance lors de la seconde apparition de Jésus  ; toutes les tentatives faites pour expliquer l’entrée de Jésus d’une manière naturelle firent violence au texte. Calvin et quelques autres exégètes pensèrent que les portes s’ouvrirent sur un signe de la majesté divine de Jésus. S’il en fut ainsi, Jean l’aurait raconté simplement. Et d’ailleurs, cela aussi serait un miracle.

Souvent les disciples ne le reconnurent pas au premier abord et qu’il dut leur prouver que c’était bien lui qu’ils voyaient (Jn 20, 14 ; Jn 20, 20-27 ; Lc 4, 16 ; Lc 24, 37-40). Cette apparition de Jésus au milieu de ses disciples, le jour même de sa résurrection, est la même que le récit plus complet dans Luc. (Lc 24, 36-48)Ses mains percées et son côté portant la plaie du coup de lance (Jn 19, 34). Jésus, connaissant toute la faiblesse de ses disciples et la grande difficulté qu’il y avait pour eux à croire sa résurrection condescendit à leur en donner des preuves visibles et tangibles (Jn 20, 27 ; Lc 24, 40 ; 1 Jn1, 1), mais en même temps il leur eut dit que ce ne futt pas là ce qui constitua la foi, qui est un acte libre de la conscience et du cœur.

En voyant le Seigneur, les disciples se réjouirent ; cette vive joie succéda dans leurs cœurs aux doutes pleins d’angoisse dont ils souffraient depuis trois Jours. C’était pour eux comme le soleil se levant au sein des ténèbres et de la tempête. Alors déjà fut accomplie en eux la promesse de Jésus (Jn 16, 22). Il y a quelque chose de solennel dans la répétition de cette grande et douce parole : La paix soit avec vous. Voyant les disciples convaincus et joyeux, Jésus tint à leur assurer ce bien suprême, la paix, plus précieuse encore, à ses yeux, que la joie.

Quelques exégètes rattachèrent cette parole au verset suivant : «Jésus, après avoir donné à ses disciples la paix pour eux-mêmes» voulut la leur communiquer aussi pour la mission dont il les chargea. Jésus chargea ainsi solennellement ses disciples de cette mission qui doit continuer la sienne dans le monde et à laquelle il donna un caractère divin, en lui attribuant la même origine qu’à sa propre mission. Le moment actuel était admirablement choisi ; car Jésus revêtit ses disciples de leur apostolat après sa résurrection, dont ils devront être les témoins devant le monde (Ac 1, 21-22 ; Ac2, 32 ; Ac4, 2).

Nous trouvons ici, à la fois le symbole et la réalité : le symbole dans cette action de Jésus : Il souffla sur eux, action d’autant plus significative que le souffle ou le vent, est désigné par le même mot que l’esprit z 37, 5 , Jn 3 , 8 ; Ac 5, 12) ; la réalité est clairement indiquée par cette parole : Recevez l’Esprit Saint. Celle-ci n’est pas seulement un renouvellement de la promesse qui devait s’accomplir à la Pentecôte ; et d’autre part Jean ne prétendit pas raconter ici l’effusion puissante de l’Esprit qui eut lieu alors, comme le pensèrent ceux qui prétendirent que Jean plaça au jour même de la résurrection l’ascension et la descente du Saint-Esprit

Jésus venait d’assimiler la mission de ses disciples à la sienne propre, qu’ils devaient continuer sur la terre. Or, comme il était venu afin d’ouvrir ou de fermer le ciel à tous les hommes, de prononcer leur absolution ou leur condamnation (Mt 9, 6 ; Jn 9, 41 ; Jn 15, 22), il voulut que ses envoyés exercèrent aussi cette fonction redoutable, qui fut le couronnement de son œuvre (Mt 6, .19) Jésus communiqua aux disciples le Saint-Esprit. C’est uniquement par l’Esprit qu’ils pourront accomplir cette partie essentielle de leur mission. L’Esprit en sera le principe, la force qui s’y manifestera. Cette activité ne sera donc pas le privilège des seuls apôtres ou de leurs prétendus successeurs.

Tous les croyants étant des agents du Saint-Esprit, tous seront aptes à remettre et à retenir les péchés. Revêtus de la puissance de l’Esprit, ils rempliront cet office, non de leur propre autorité, mais uniquement au nom de Dieu et du Sauveur. Cet Esprit de lumière et de vie leur donnera le discernement nécessaire pour s’assurer que ceux auxquels ils remettront ainsi les péchés, sont des âmes pénétrées de repentance et de confiance en la grâce qui leur est offerte.

Dans ces conditions, l’expérience a prouvé que ce peut être, pour une âme découragée et angoissée un immense bienfait que de recevoir directement et personnellement, par la voix d’un serviteur de Dieu, l’assurance du pardon de ses péchés. Il n’y a rien là qui ressemble à l’absolution sacerdotale pratiquée dans quelques Églises. Par deux détails déjà Jean nous décrit ce disciple avec son caractère sombre, enclin au doute, à la critique, au découragement (Jn 11 16 ; Jn 4, 5). Mais c’est surtout dans ce récit que Thomas se montra à nous tel qu’il fut..

Et tout d’abord, nous le voyons absent du cercle de ses condisciples, quand Jésus leur apparut. Sans doute, n’ayant plus aucune espérance, il avait cherché la solitude pour se livrer à ses tristes pensées et il s’était privé ainsi d’une grâce immense. Durant ces huit jours, il n’y eut pas de nouvelle apparition de Jésus, bien que les disciples se fussent réunis souvent, comme pour l’attendre.

Dès que le Seigneur à prononcé sur les disciples sa parole de paix, il s’adressa directement à Thomas. Il connaissait son état, car il savait par lui-même ce qui est dans l’homme (Jn 2, .25). Il condescendit à donner à ce disciple toutes les preuves qu’il avait demandées. «Si un pharisien avait posé ces conditions comme Thomas, il n’aurait rien obtenu ; mais à un disciple, jusqu’ici éprouvé, rien n’est refusé.» Bengel Toutefois, en répétant à dessein les paroles de Thomas, Jésus lui fait sentir son tort et le couvre de confusion. Il conclut par ce sérieux avertissement : «Ne deviens pas incrédule, mais croyant

Tu as cru ! Malgré le reproche affectueux que Jésus exprime dans ces paroles, nous ne croyons pas qu’il faille les prendre dans un sens interrogatif, comme si Jésus mettait en question la foi de ce disciple. Non, cette foi, il la reconnaît, l’approuve et la confirme telle que Thomas vient de l’exprimer avec effusion de cœur. Pourquoi ? Est-ce que tous les autres disciples n’ont pas cru la résurrection de Jésus parce qu’ils l’ont vu ? Ou bien, en déclarant heureux ceux qui ont cru sans voir, Jésus entend-il que la foi puisse naître sans raison de croire ?

Non, mais Thomas s’était trouvé dans une situation particulière qui lui donnait toutes les raisons de croire. Dix de ses condisciples, dont il ne pouvait suspecter ni l’intelligence ni la bonne foi, lui avaient dit avec joie : Nous avons vu le Seigneur et lui, récusant ce témoignage, avait exigé une démonstration matérielle des sens. C’est là ce qui était déraisonnable (verset 25, note) ; car c’était méconnaître et nier la valeur du témoignage, sur lequel pourtant reposent la plupart de nos connaissances et de nos convictions, même dans les choses de ce monde ; et combien plus dans les vérités religieuses qui doivent rattacher notre âme au Dieu invisible !

Voilà pourquoi Jésus posa ici pour son royaume ce grand principe : Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru ! La foi est, en effet, un acte moral de la conscience et du cœur, indépendant des sens, tous les objets de la foi appartiennent au monde invisible, l’Église chrétienne, depuis dix-neuf siècles, croit en Jésus-Christ et en sa résurrection sur ce même témoignage apostolique que Thomas récusait Quiconque fait dépendre sa foi de la vue, des sens, ou du raisonnement, l’expose à une désolante instabilité, puisque les choses visibles ne sont que pour un temps et que les invisibles seules sont éternelles » (2 Co 4, 18).

C’est pourquoi Jésus déclare heureux ceux qui croient en lui ; car la foi, en nous unissant à lui, nous met en possession des trésors de grâce, de paix, d’amour, de vie qui sont en lui et qui seuls constituent le vrai bonheur de l’âme humaine Tel est donc le but élevé et saint que s’est proposé le disciple que Jésus aimait, c’est à la lumière de cette déclaration qu’il faut lire son Évangile tout entier. Afin que vous croyiez, dit-il à ses lecteurs, que Jésus est le Christ, le Messie (Jean 1.42-46), l’Oint de l’Éternel, le Sauveur du monde, promis à son peuple.

Mais Jésus ne peut être tout cela que s’il est le Fils de Dieu, dans le sens exclusif que tout notre Évangile donne à ce nom. Une telle foi n’est point une froide opinion de l’intelligence ; ceux qui la possèdent ont en même temps la vie, la vie de l’âme, la vie éternelle, ainsi que portent Codex Sinaiticus, C, D, versions. Enfin, la source unique de cette vie est en son nom, ce nom, qui est l’expression de tout son être. Diacre Michel Houyoux

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◊ Vidéo Antoine Nouis et Florence Taubmann → https://youtu.be/Gf6kNHDCfcA

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Mercredi de la deuxième semaine du Carême – Année Paire

Posté par diaconos le 28 février 2024

L'Évangile du jour: 03/07/23

# Le Fils de l’Homme est une figure eschatologique en usage dans les milieux apocalyptiques judaïques dès la période post-exilique. Cette expression apparaît notamment dans le Livre de Daniel. Dans les évangiles, c’est le titre que reprend le plus souvent Jésus lorsqu’il parle de lui-même. Les interprétations auxquelles elle a donné lieu dans le christianisme ont fait glisser le sens initial vers l’humanité de Jésus. Sa plus ancienne attestation remonte au septième chapitre du Livre de Daniel, daté de la persécution d’Antiochos Épiphane, peu avant la révolte des Macchabées (vers 160 av. J.-C.).

Dans le Livre d’Ézéchiel déjà, Dieu s’adresse plusieurs fois au prophète en l’appelant « Fils d’homme , mais aucun sens ésotérique n’est ici attaché à l’expression. On trouve plus de quatre-vingt passages dans le Nouveau Testament où Jésus de Nazareth se nomme lui-même Fils de l’homme. C’est le titre qu’il employa le plus fréquemment lorsqu’il parla de lui-même à la troisième personne. Il se présenta comme le futur juge eschatologique : Dans la théologie chrétienne ultérieure, le titre de Fils de l’Homme sera compris comme désignant l’humanité de Jésus, et le titre de Fils de Dieu, sa divinité, dans le cadre de la doctrine chalcédonienne des deux natures

De l’Évangile de Jésus Christ selon Matthieu

En ce temps-là, Jésus, montant à Jérusalem, prit à part les Douze disciples et, en chemin, il leur dit : « Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort et le livreront aux nations païennes pour qu’elles se moquent de lui, le flagellent et le crucifient ; le troisième jour, il ressuscitera. » Alors la mère des fils de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean, et elle se prosterna pour lui faire une demande. Jésus lui dit : « Que veux-tu ? » Elle répondit : « Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume. »

Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » Ils lui disent : « Nous le pouvons. » Il leur dit : « Ma coupe, vous la boirez ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père. » Les dix autres, qui avaient entendu, s’indignèrent contre les deux frères. Jésus les appela et dit : « Vous le savez : les chefs des nations les commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave. Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. » (Mt 20, 17-28)

La demande des fils de Zébédée

La requête présentée par leur mère. La mère de Jacques et de Jean se prosterne devant Jésus et lui demande que ses fils occupent les deux premières places dans son royaume. Jésus leur fait sentir ce que cette ambition a d’inconsidéré ; il ramena leur attention sur la coupe de ses souffrances, dont il leur parla. Eux, se déclarèrent prêts à la boire. Jésus leur prédit alors qu’ils la boiront réellement, mais qu’il appartient à Dieu seul d’accorder les premières places dans le royaume de son Fils.

Les prétentions des deux frères provoquèrent l’indignation des dix autres disciples. Jésus les appela à lui et les mit en garde contre l’esprit de domination, qui est celui des princes et des grands de ce monde. Parmi les disciples, celui qui voudra être grand devra se faire le serviteur de tous, suivant l’exemple du fils de l’homme, qui est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour plusieurs. Ce fut la troisième fois que Jésus prédit à ses disciples ses souffrances (Mt16, 21 ; Mt17 ; 22-23). Plus le moment solennel approchait, plus il devint explicite dans les détails de cette prédiction : les auteurs de ses souffrances, sa condamnation à la mort, la double trahison dont il sera l’objet, les tortures, la croix, tout fut devant ses yeux et dès lors sa passion commença (Mc 10, 34).

Mais il vit un soleil glorieux se lever sur ces ténèbres ; le troisième jour il ressuscita. Matthieu, Marc et Luc consignèrent ici avec un parfait accord les mémorables communications de Jésus (Mc 5, 10 ; Lc 18, 31). La mère des fils de Zébédée : Jacques et Jean (Mt 4, 21), était Salomé, sœur de Marie, mère de Jésus (Jn 19, 25), elle fit partie de ce petit cercle de femmes qui suivirent Jésus de la Galilée (Mt 27, 56 ; Mc 15, 40 ; Mc 16, 1) et qui l’assistèrent de leurs biens (Lc 8, 3). L’attitude de cette mère qui se prosterna devant Jésus, montrant qu’elle attachait, à la demande qu’elle lui adressa, une solennelle importance.

Salomé demanda pour ses deux fils les deux premières places d’honneur dans le royaume de Jésus ; elle désirait e qu’ils devint en ses deux premiers ministres. Ses fils partageaient entièrement cette ambition de leur mère, car selon le récit de Marc (Mc10, 35), ce sont eux-mêmes qui adressèrent à Jésus cette demande, dont la pensée pouvait leur avoir été inspirée par sa promesse (Mt 19, 28). Ils prouvèrent qu’ils avaient une idée très élevée de la majesté de Jésus, un ardent amour pour lui, un désir sincère d’être les premiers à le servir. Mais que d’ignorance encore, quelles vues charnelles sur la nature de son règne, que d’orgueil enfin ! Et l’un de ces disciples était le doux et humble Jean. Combien il est évident qu’il devait passer par le baptême de feu de la Pentecôte !

Les disciples et leur mère, ne savaient ce qu’ils demandaient, car ils ne pensaient qu’à un avenir glorieux, malgré la prédiction qui précède et Jésus avait devant lui la coupe de ses souffrances ! Fussent-ils prêts à la partager avec lui ? La coupe est, dans les langues orientales, l’image des destinées assignées à un homme, en particulier des souffrances qu’il aura à endurer (Ps 75, 9 ; Jr 25, 15 ; Mt 26, 39 ; Jn 8.11). Les deux disciples, auxquels Jésus s’adressa directement et qui prirent la parole au lieu de la laisser à leur mère, comprirent que le chemin suivi par Jésus traversa de rudes souffrances ; mais ils ne reculèrent pas devant ces souffrances après avoir aspiré à la gloire (Mt 26, 33-35).

Seulement ils n’écoutèrent que leur sincérité et leur courage, sans songer à leur faiblesse. Et toutefois Jésus ne les contredit pas ; avec indulgence pour le présent et ne regardant qu’à l’avenir, il leur annonça réellement qu’ils boiront sa coupe. Ces paroles furent été très diversement interprétées depuis le temps des Pères jusqu’à nos jours. Ces interprétations se réduisirent plus ou moins à la pensée que Jésus parla dans son état actuel d’abaissement, où il se dépouilla de sa puissance aussi bien que de sa gloire, tandis que les autres déclarations citée, le montrèrent dans la plénitude de sa royauté divine.

Jésus voulut faire comprendre à ses disciples la condition à laquelle ils pourraient être admis à occuper la place la plus éminente dans le royaume de Dieu. Cette faveur, dit-il, ne sera pas donnée d’une manière arbitraire et pour ainsi dire à l’avance. Il faut qu’une âme y soit longuement préparée par un développement qui la conduise à la sainteté parfaite ; et cette préparation dépend à la fois de la souveraineté de la grâce de Dieu et de la fidélité de cette âme.

Le Père  préparé le royaume (Mt 25, 34) et c’est lui aussi qui prépare ses plus éminents serviteurs pour ce royaume par des grâces spéciales ; et les deux disciples Jacques et Jean, dont l’ambition se trahit par leur demande, n’étaient pas alors sur le chemin qui conduit au plus haut degré de gloire et de félicité. Ils n’y parvinrent que plus tard.

Jésus n’approuva pas plus l’indignation des autres disciples que l’ambition de Jacques et de Jean. Il les appela tous auprès de lui pour leur donner une leçon d’humilité. Il marqua le contraste entre les serviteurs de son royaume et les princes et les grands des royaumes de ce monde.

Ceux-ci les dominent, usent d’autorité. Le fils de l’homme (Mt 8, 20) qui fonda ce royaume, donna lui-même l’exemple de l’esprit qui devait y régner. Bien éloigné des dispositions qu’il combattait dans le cœur de ses disciples et répudiant l’autorité des grands de ce monde, il ne voulut pas être servi. Sa vie entière fut consacrée au service de ses frères.

Son dévouement alla jusqu’au sacrifice de sa vie (Ph 2, 8) Cette vie sainte, il voulut la donner, terme choisi à dessein, car il la donna comme une rançon, comme le prix qu’on payait pour racheter des esclaves ou des prisonniers de guerre (1 Co 6, 20 ; 1 Co 7, 23).

Diacre Michel Houyoux

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Jeudi après les Cendres

Posté par diaconos le 14 février 2024

La confession de foi de Pierre - Saint Pierre-Bonsecours

 Tu es bien heureux, …tu es la pierre sur laquelle je bâtirai mon Église

# Pierre (saint Pierre pour les catholiques et les orthodoxes), de son vrai nom Siméon Bar-Yonah Simon, fils de Jonas») selon le témoignage des Évangiles, aussi appelé Kephas (le roc en araméen) ou Simon Pierre, est un Juif de Galilée ou de Gaulanitide connu pour avoir été l’un des disciples de Jésus de Nazareth. Il est répertorié parmi les apôtres, au sein desquels il semble avoir tenu une position privilégiée du vivant même de Jésus avant de devenir, après la mort de ce dernier, l’un des dirigeants majeurs des premières communautés paléochrétiennes.x

Il vint au monde au tournant du Ier siècle av. J.-C. et mourut selon la tradition chrétienne entre 64 et 68 à Rome. La tradition catholique en fait le prince des apôtres, le premier évêque de Rome et l’Église catholique revendique sa succession apostolique pour affirmer une primauté pontificale, que lui contestent les autres confessions chrétiennes et dont l’actuel pape est le représentant. Il a suscité un grand nombre d’œuvres artistiques, en particulier dans l’Occident latin. Fuyant la persécution, Pierre gagna Antioche ; selon S. Mimouni, la chronologie d’Eusèbe de Césarée, qui date ce départ de 42, cadre mal avec celle tirée des Actes des Apôtres, qui situent Pierre en 42 à Jérusalem, et ce jusqu’en 43-44.

La tradition de l’Église catholique attribue à Pierre la direction de l’Église d’Antioche. Premier évêque de cette ville, la fête de la chaire de saint Pierre à Antioche est célébrée le 22 février depuis le IVe siècle jusqu’à la réforme du calendrier liturgique établie par le concile Vatican II qui la réunit à la chaire romaine. Pierre resta sept ans à Antioche. La tradition chrétienne attesta la présence de Pierre à Rome, mais la date de son arrivée et la durée de son séjour sont inconnues de manière précise.

Selon l’historien Géza Vermes, Eusèbe affirma que d’Antioche, Pierre se rendit à Rome sous le règne de Claude (41-54), à la poursuite de son adversaire de l’époque samaritaine quand il prêchait en Samarie, Simon le Magicien débarrassa Rome du bonhomme et de son influence. Dans la capitale impériale, Pierre prêcha le message chrétien. Selon certains critiques qui se fondèrent sur l’Épître aux Corinthiens (1 Co 1,12) de Paul de Tarse, Pierre aurait quitté Rome pour un voyage missionnaire qui le vit passer en Achaïe, et il a l’occasion de visiter Corinthe.

Dans la première moitié des années 50, au plus tôt en 48, il fut à Jérusalem. Là, lors des réunions qui furent par la suite appelées Concile de Jérusalem, il proposa la solution qui fut adoptée par Jacques le Juste en conclusion de l’assemblée, sur les obligations que devaient suivre les chrétiens venant du polythéisme.  Il fallait que ces derniers observèrent un minimum de préceptes de la Torah en s’abstenant des souillures de l’idolâtrie, de l’immoralité, de la viande étouffée et du sang. Selon la tradition, il aurait été présent à Rome lorsque Paul rédigea l’Épître aux Romains.

 De l’Évangile de Jésus Christ selon Luc

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : «Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite» Il leur disait à tous : «Celui qui veut marcher à ma suite ,qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ?» (Lc 9, 18-22)

Confession de Pierre

Jésus, après avoir prié dans la solitude, demanda à ses disciples quelle opinion régnait parmi le peuple à son sujet. Ils répondirent qu’on le tint pour Jean-Baptiste, Élie ou l’un des anciens prophètes. Il leur demanda alors leur propre sentiment. Pierre répondit  : « Tu es le Christ de Dieu» Jésus leur défendit de le révéler et ajouta : «Il faut que le fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit mis à mort et qu’il ressuscite le troisième jour». Puis il dit à tous : «Si quelqu’un veut être mon disciple, il faut qu’il me suive dans la voie du renoncement et de la croix.» Vouloir sauver sa vie, c’est la perdre : la perdre, c’est la sauver. Or note salut vaut plus que la possession du monde entier, parce que, au jour de sa gloire, le fils de l’homme aura honte de celui qui aura eu honte de lui devant les gens.

Plusieurs de ceux qui furent ici ne moururent pas avant d’avoir vu le règne de Dieu. Luc fut celui de tous les évangélistes qui fit remarquer le plus fréquemment ces prières de Jésus dans la solitude. Seul il rapporta que Jésus se préparait en priant. Comme le remarqua Monsieur Godet, il fut probable qu’il associa à sa prière ses disciples et les plaça ainsi dans des dispositions appropriées aux circonstances. L’entretien entre Jésus et ses disciples, eut lieu dans la contrée de Césarée de Philippe.

Luc rattacha sa narration à celle de la multiplication des pains. tandis que Matthieu ei Marc intercalèrent un grand nombre de récits qu’il passa entièrement sous silence. Dans les trois évangiles, Pierre reconnut le Seigneur Jésus comme le Christ ; mais chaque évangéliste formula cette idée à sa manière :Matthieu : le Christ, le Fils du Dieu vivant ;Marc : le Christ ; Luc : le Christ de Dieu. Dans les trois synoptiques, cette première annonce des souffrances de Christ suit immédiatement la confession de Pierre : «Tu es le Christ.» Jésus défendit à ses disciples de le faire connaître. Mais c’est Luc qui fit ressortir avec le plus de clarté et de force le sens de ce rapprochement. .

La raison de cette interdiction est que Jésus ne voulait pas entretenir les espérances charnelles que nourrissaient ses adhérents. Ceux-ci attendaient un Messie glorieux, tandis que lui allait souffrir. Il ne voulait pas non plus provoquer avant le temps la haine de ses adversaires. Ce motif ressort avec plus d’évidence encore du récit de Jean : après le miracle de la multiplication des pains, Jésus dut se soustraire à l’enthousiasme de la foule, qui voulait le proclamer roi. Matthieu et Marc rapportèrent l’opposition faite par Pierre aux souffrances de Jésus et la sévère répréhension que celui-ci lui adressa.

Luc omit ce détail, qui fut au désavantage de Pierre ; mais il passa sous silence les paroles de Jésus   «Tu es bien heureux, …tu es la pierre sur laquelle je bâtirai mon Église», qui furent à la louange de Pierre. Certains critiques concluent que Luc, disciple de Paul, avait des préventions contre Pierre.

Diacre Michel Houyoux

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Mardi de la sixième semaine du Temps Ordinaire – Année paire

Posté par diaconos le 12 février 2024

Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens...

Jésus leur dit : Prenez garde contre le levain des pharisien

# Pour le docteur de l’Église Jean Chrysostome, Jésus lors de ce miracle se pose bel et bien comme le créateur du ciel et de la Terre. Il incita par ce geste à prier avant tout repas, et il voulut montrer l’importance du partage. La multiplication des pains est le symbole de la Parole donnée par le Christ, parole qui a nourri les peuples pour des siècles. Pour saint Éphrem, Jésus donna généreusement lors de ce miracle. Il donne tellement qu’il en resta douze corbeilles. Le saint compara Jésus à Moïse, Moïse qui avait nourri le peuple libéré de l’esclavage avec la manne tombée du ciel.

Pour Benoît XVI, ce geste messianique est symbole de partage fraternel, mais aussi symbole du chemin que devront suivre les apôtres à savoir transmettre la Bonne Nouvelle Selon certaines interprétations théologiques, il préfigurerait la cène, dernier repas de Jésus avec ses disciples, établissant le rite de l’eucharistie dans lequel le pain est réputé incarner le corps de Jésus, donné en sacrifice sur la croix pour sauver les hommes. Pour les historiens, les événements évoqués par les évangélistes avec ces deux relations restent énigmatiques bien que certaines hypothèses aient été émises.

De l’Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, les disciples avaient oublié d’emporter des pains ; ils n’avaient qu’un seul pain avec eux dans la barque. Or Jésus leur faisait cette recommandation : «Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens et au levain d’Hérode !»Mais ils discutaient entre eux sur ce manque de pains. Jésus s’en rend compte et leur dit : «Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pains ? Vous ne saisissez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le cœur endurci ? Vous avez des yeux et vous ne voyez pas, vous avez des oreilles et vous n’entendez pas ! Vous ne vous rappelez pas ? Quand j’ai rompu les cinq pains pour cinq mille personnes, combien avez-vous ramassé de paniers pleins de morceaux» Ils lui répondirent : «Douze. Et quand j’en ai rompu sept pour quatre mille, combien avez-vous rempli de corbeilles en ramassant les morceaux ?» Ils lui répondirent : «Sept» Il leur disait : «Vous ne comprenez pas encore» (Mc 8, 14-21)

Prenez garde !

Les disciples oublièrent de prendre avec eux la petite provision de pain dont ils eurent besoin pour cette course au-delà du lac. Marc seul a noté ce détail, qui ne put provenir que d’un témoin oculaire, qu’ils n’eurent qu’un seul pain avec eux. Selon Marc, Jésus mit en garde ses disciples contre le levain des pharisiens et des sadducéens. Hérode Antipas partageait les principes des sadducéens.

Nullement ; car Jésus put fort bien, en mettant ses disciples en garde contre les principales tendances pernicieuses de son temps, mentionner aussi la plus pernicieuse de toutes, celle qui procédait la cour d’Hérode, de ce monde léger, corrompu, véritable levain qui ne fermenta que trop dans la masse de la nation, puisqu’il y eut tout un parti hostile à Jésus, qu’on désigna sous le nom d’Hérodiens : «Les pharisiens sortirent, et aussitôt ils se consultèrent avec les hérodiens sur les moyens de le faire périr.’ (Mc 3, 6)

Marc multiplia les termes d’un reproche bien mérité, que Matthieu exprima en un seul mot. Manque d’intelligence, endurcissement du cœur, oubli des plus grands miracles de Jésus, voilà ce que Jésus reprocha à ses disciples. Quelques traducteurs prirent ces dernières phrases comme des affirmations : «Ayant des yeux, vous ne voyez pas…»

Marc donna aux paroles de Jésus et des disciples la forme d’un vif dialogue rendu plus actuel encore par ces verbes au présent : ils lui disent, deux fois répétés dans le texte. Après cette sorte de catéchisation sur deux grands miracles, dont furent les témoins, les disciples durent être confondus par cette dernière question : «Comment ne comprenez-vous pas ?»

Diacre Michel Houyoux

Complément

◊ Diacre Michel Houyoux : cliquez ici pour lire l’article → Miracles de la multiplication des pains

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◊ Hozana : cliquez ici pour lire l’article → La multiplication des pains

◊ Catholique .org. : cliquez ici pour lire l’article →mardi, 6ème semaine du temps ordinaire – Homélie

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