Sainte Joséphine Bakhita

Posté par diaconos le 8 février 2024

 8 février, date où l’Église fait mémoire de sainte Joséphine Bakhita ...

Giuseppina Bachita, dite la « Madre moretta » (« Petite Mère noire »), dont la date de naissance est estimée à 1869 au Soudan, province du Darfour, à Olgossa est une ancienne esclave devenue religieuse canossienne. La Spiritualité canossienne C’est par la contemplation de «l’Amour plus Grand » du Christ sur la Croix et la méditation de sa vie, que les Sœurs apprennent à se donner totalement à Dieu et à leurs frères et sœurs, les nécessiteux, dans un service d’amour.

Les Filles de la charité canossiennes (en latin : Congregatio Filiarum Caritatis Canossarum) forment une congrégation religieuse féminine enseignante et catéchiste de droit pontifical. La congrégation fut fondée par sainte Marie Madeleine de Canossa (1774-1835). La fondatrice est issue d’une famille de la grande aristocratie italienne, mais elle eut a une enfance difficile : elle perdit son père très jeune et sa mère quitta le domicile familial pour se remarier. Elle devint religieuse à l’âge de quinze ans. Elle fit quelques expériences monastiques, dont une chez les Carmélites.

Le huit mai 1801 Madeleine de Canossa fonda sa congrégation dans l’ancien monastère Saint-Joseph-et-Saint-Fidence du quartier populaire Saint Zénon de Vérone. La congrégation se diffusa rapidement en Vénétie et en Lombardie, en ville, à la campagne où elle forma des institutrices en zone rurale. Bakhita, dont le nom de naissance reste inconnu, vint au monde aux alentours de 1869 au Soudan dans le village d’Olgassa dans la province du Darfour à l’ouest de Nvala, près du mont Agileri, où son oncle fut un chef tribal dans la tribu nubienne des Dadjo.

Elle eut trois sœurs, dont une jumelle, et un frère. À cinq ans, en l’an 1874, elle assista à l’enlèvement de sa sœur Kishmet, 14 ans, mariée et mère, par des trafiquants d’esclaves. Vers l’an 1877, elle fut enlevée, à l’âge d’environ sept ans, par des négriers musulmans. Elle parcourut alors pieds nus les plus de neuf cents kilomètres qui la séparent d’El Obeid, elle fut vendue plusieurs fois pendant ce trajet. Entre son enlèvement et sa vente à Calisto Lignane en l’an 883, Joséphine Bakhita fut vendue au moins quatre fois, sur les marchés d’El Obeid et de Kartoum.

Elle subit pendant cette période de nombreux mauvais traitements. Le traumatisme fut si grand qu’elle en oublia son nom de naissance. Ce fut ainsi qu’on lui donna le nom de Bakhita, qui signifie la chanceuse en arabe. Bakhita appartint à un riche arabe qui la destinait à être la domestique de sa fille, puis pendant quelques années à un général turc. Ce dernier ordonna que Bakhita soit scarifiée selon la méthode du tatouage par incision. Une femme dessina des motifs sur sa peau avec de la farine, coupa sa peau avec une lame en suivant ces motifs, puis emplit les plaies de sel pour que les cicatrices restent marquées. Le général turc vendit tous ses esclaves au début de la guerre des mahdistes.

La guerre des mahdistes, fut un conflit qui opposa, au Soudan de 1181 à 1899, principalement les mahdistes soudanais, désireux d’établir un émirat dans la région, aux forces égyptiennes puis anglo-égyptiennes. Ce conflit fut impliqué l’Empire Éthiopien, Italie, l’État indépendant du Congo et la France. tout déroulés au Soudan. Ils touchèrent également touché le sud de l’Égypte, les zones frontalières de l’Érythrée et de l’ Éthiopie Le conflit se termina par la défaite des mahdistes, vaincus par les Érythrées anglo-égyptiennes commandées par Hortatio Herbert Kitchener. pour les Britanniques, cette guerre fut la campagne du Soudan, racontée par Winston Churchill qui y participa et l’appela the River War, sur le Nil.

Le Soudan anglo-Égyptien fut créé à l’issue de cette guerre. Bakhita, alors âgée de quatorze ans, fut acquise en l’an 1883 par le consul d’Italie à Khartoum, Calisto Legnani lui donna un second prénom : Joséphine et la traita plus humainement

Arrivée en Italie

En l’an 1885, le consul Legnani quitta le Soudan à cause de la révolution mahdiste. Bakhita lui demanda de l’emmener. Il refusa tout d’abord puis accepta devant l’insistance de Bakhita. Ils embarquèrent à Soakin dans le même navire qu’une autre famille italienne, les Michieli. Arrivés à Gênes, Madame Maria Turina Michieli demande à garder Bakhita à son service. Le consul Legnani accepta. Bakhita suivit les Michieli jusqu’à Zianigo en Italie, près de Mirano, dans la province de Venise.

Madame Michieli accoucha d’une petite fille, Alice, surnommée Mimmina. Sa garde fut confiée à Bakhita. Ensemble, elles retournèrent brièvement au Soudan, à Suakin, où les Michieli tinrent un hôtel, avant de revenir à nouveau en Italie. Alors que Madame Michieli dut se rendre à nouveau à Suakin, elle confia sa fille et Bakhita à l’institut des Catéchistes de Venise, tenu par les religieuses canossiennes. Elles y restèrent neuf mois pendant lesquels Bakhita découvrit la foi catholique et commença son éducation religieuse.

Au retour de Madame Michieli, Bakhita refusa de quitter l’institut. L’affaire fut portée en justice et le 29 novembre 1889 le procureur déclara Bakhita libre de choisir où elle voulut rester puisque l’esclavage n’existe pas en Italie. Bakhita a alors vingt ans. Le neuf janvier 1890, elle fut baptisée par le cardinal-archevêque de Venise, Domenico Agostini, et reçut la Confirmation. Elle prit alors le nom de Josephine Margaret Fortunata.

Vie religieuse

Le sept décembre 1893, ayant exprimé son souhait de devenir religieuse, Bakhita rejoignit le noviciat des Sœurs de la Charité à l’institut de catéchuménat de Venise. Elle prononça ses premiers vœux le huit décembre 1896, à Vérone. En l’an 1902, elle fut transférée à Schio, province de Vicence dans le Nord-Est de l’Italie où, pendant plus de cinquante ans, elle s’occupa de la cuisine, de la lingerie et de la conciergerie. Elle voyagea aussi dans d’autres couvents pour partager ses connaissances de l’Afrique et préparer d’autres sœurs à s’y rendre.

En l’an 1927, elle prononça ses vœux perpétuels. On lui donna le surnom de Petite Mère Noire (Madre Moretta). En l’an 1910, à la demande de sa Supérieure, sœur Margherita Bonotto, elle écrivit son histoire. Pendant la Seconde guerre mondiale, bien que la ville de Schio fut bombardée, aucun habitant ne périt. Bakhita fut considérée comme leur protectrice. Le huit février 1947, Bakhita décéda à Schio des suites d’une longue maladie. Son corps repose aujourd’hui dans l’église de la Sainte Famille à Schio.

Béatification et canonisation

D’après les témoignages recueillis à l’époque, le corps de Bakhita reste tiède et souple jusqu’au moment de la fermeture du cercueil. Les miracles commencèrent rapidement après son décès puisqu’en 1950 le bulletin canossien publia six pages de témoignages de noms de personnes affirmant avoir reçu des grâces par l’intercession de Bakhita. En 1958, sous le pontificat de Jean XXIII, commença le procès pour la cause de canonisation. Le premier décembre 1978, l’Église publia le décret sur l’héroïcité de ses vertus. Béatifiée le 17 mai 1992, elle fut canonisée par le pape Jean-Paul II le premier octobre 2000

Le pape dit à cette occasion : «Cette sainte fille d’Afrique montre qu’elle est véritablement une enfant de Dieu : l’amour et le pardon de Dieu sont des réalités tangibles qui transforment sa vie de façon extraordinaire» Le pape Benoît XVI, la mentionna dans son encyclique Spe Salvi :il avait pour elle une affection particulière.

Fête

Sainte Joséphine Bakhita figure au calendrier  des saints à la date du huit février, jour anniversaire de sa mort.

Prière

Cette prière fut écrite le jour de sa profession religieuse, le huit décembre 1896 : «Ô Seigneur, si je pouvais voler là-bas, auprès de mes gens et prêcher à tous à grands cris ta bonté : Oh, combien d’âmes je pourrais te conquérir ! Tout d’abord ma mère et mon père, mes frères, ma sœur encore esclave,  tous, tous les pauvres Noirs de l’Afrique, fais, ô Jésus, qu’eux aussi te connaissent et t’aiment»

Hommages

La première semaine du mois de février 2022 est dédiée à Sainte Joséphine Bakhita en l’honneur de l’accueil des migrants, répondant au grand élan de fraternité et de solidarité proposé par le pape François. Elle est citée dans le livre L’Afrique est l’avenir de l’Église du père Rodrigue Gbéjinou, un prêtre béninois docteur en théologie dogmatique dans le but d’une réévangélisation de l’Europe. En son honneur, une classe de 3ème (collège) porte son nom dans la commune de Saint -Laurent du Maroni au sein de l’Ensemble Scolaire Cécile Cheviet.

Une fresque de l’abside de la cathédrale d’El-Obeud au Soudan représente une Vierge à l’enfant : Marie montrant son Fils à l’Afrique. À ses côtés, à genoux, se trouvent Sainte Joséphine Bakhita et saint Daniel Comùbon. Une rue, Via Santa Giuseppina Bakhita, porte son nom à Vérone.

Diacre Michel Houyoux

Vidéo Sainte Joséphine Bakhia : cliquez ici https://youtu.be/MbgGyERTisY

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Samedi de la cinquième semaine du Temps Ordinaire- Année paire

Posté par diaconos le 8 février 2024

Multiplication-5-pains-2-poissons.jpgAperçu 

# La première multiplication des pains intervient après la mort de Jean-Baptiste sur ordre d’Hérode Antipas. Une seconde multiplication des pains eut lieu ultérieurement. Matthieu et Marc furent les seuls évangélistes à la relater. Les deux miracles ne se déroulèrent pas au même endroit, dans un cas il y eut cinq mille hommes, dans l’autre cas quatre mille. Le nombre de corbeilles de pains en surplus fut différent. Jésus évoqua les deux miracles en les distinguant clairement. Pour le docteur de l’Église Jean Chrysostome, Jésus lors de ce miracle se posa comme le créateur du ciel et de la Terre.

Il incita par ce geste à prier avant le repas, et il voulut montrer l’importance du partage. Des théologiens plus modernes dirent que la multiplication des pains est le symbole de la Parole donnée par le Christ, parole qui nourrit les peuples. Ce geste messianique fut le symbole du partage fraternel, et symbole du chemin que suivirent les apôtres : transmettre la Bonne Nouvelle. # La multiplication des pains est le nom donné à deux miracles réalisés par Jésus de Nazareth selon les textes des évangiles: Matthieu, chapitre 14, versets 14 à 21, puis à nouveau 15, 32-38 ; Marc 6, 34-44, puis à nouveau Marc 8, 1-9 ; Luc 9, 12-17 ; Jean 6, 5-14.

La première multiplication des pains intervint après la mort de Jean Baptiste sur ordre d’Hérode Antipas pour répondre au désir de sa fille Salomé, et de guérisons de malades. Une seconde multiplication des pains eut lieu ultérieurement qui impliqua un nombre différent de gens. Matthieu et Marc furent les seuls évangélistes à la relater. Certains exégèses pensèrent qu’il s’agissait du même événement raconté deux fois. Toutefois, les deux miracles ne se déroulèrent pas au même endroit, dans un cas il y eut cinq mille personnes, dans l’autre cas il y en eut quatre mille. Le nombre de corbeilles de pains en surplus fut aussi différent

Par la suite, Jésus évoqua les deux miracles en les distinguant clairement. Pour le docteur de l’Église Jean Chrysostome, Jésus lors de ce miracle se posa comme le créateur du ciel et de la Terre. Il incita également par ce geste à prier avant tout repas, et il voulut montrer l’importance du partage. Des théologiens plus modernes dirent que la multiplication des pains est le symbole de la Parole donnée par le Christ, parole qui a nourri les peuples pour des siècles. Pour saint Éphrem, Jésus donna généreusement sans compter lors de ce miracle. Il donna tellement qu’il en resta douze corbeilles. Il compara Jésus à Moïse, Moïse qui avait nourri le peuple libéré de l’esclavage avec la manne tombée du ciel.

Pour Benoît XVI, dans l’Angélus du 31 juillet 2011, ce geste messianique fut symbole de partage fraternel, mais aussi symbole du chemin que durent suivre les apôtres à savoir transmettre la Bonne Nouvelle. Dans l’Angélus du 29 juillet 2012, Benoit XVI mit en exergue le fait que cette multiplication est le début de l’Eucharistie qui se perpétue jusqu’à aujourd’hui. Selon certaines interprétations théologiques, il préfigurerait la cène, dernier repas de Jésus avec ses disciples, établissant le rite de l’eucharistie dans lequel le pain est réputé incarner le corps de Jésus, donné en sacrifice sur la croix pour sauver les hommes. Pour les historiens, les événements évoqués par les évangélistes avec ces deux relations restent énigmatiques bien que certaines hypothèses aient été émises.

De l’Évangile de Jésus Christ selon Marc

En ces jours-là, comme il y avait de nouveau une grande foule, et que les gens n’avaient rien à manger, Jésus appelle à lui ses disciples et leur dit : «J’ai de la compassion pour cette foule, car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi, et n’ont rien à manger. Si je les renvoie chez eux à jeun, ils vont défaillir en chemin, et certains d’entre eux sont venus de loin.» Ses disciples lui répondirent : «Où donc pourra-t-on trouver du pain pour les rassasier ici, dans le désert? » Il leur demanda : «Combien de pains avez-vous ? » Ils lui dirent : «Sept.» Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre. Puis, prenant les sept pains et rendant grâce, il les rompit, et il les donnait à ses disciples pour que ceux-ci les distribuent ; et ils les distribuèrent à la foule.

Ils avaient aussi quelques petits poissons, que Jésus bénit et fit aussi distribuer. Les gens mangèrent et furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait sept corbeilles. Or, ils étaient environ quatre mille. Puis Jésus les renvoya. Aussitôt, montant dans la barque avec ses disciples, il alla dans la région de Dalmanoutha. (Mc 8, 1-10)

Multiplication des pains

Ému de compassion à la vue des foules qui l’avaient suivi, il guérit leurs malades. Le soir étant venu, les disciples, inquiets pour cette multitude qui n’avait rien à manger, demandèrent à Jésus de la congédier. Donnez-leur vous-mêmes à manger ! Répondit Jésus. Mais, dirent-ils, nous n’eûmes ici que cinq pains et deux poissons. Apportez-les-moi, leur dit-il. Ayant fait asseoir la foule sur l’herbe, il prit les pains, et bénit Dieu ; puis rompant les pains, il les donne aux disciples, qui les distribuèrent au peuple. Tous furent rassasiés, et l’on eut rempli douze paniers des morceaux qui restèrent. .

Étant sorti de la retraite solitaire où il avait passé quelques heures avec ses disciples, Jésus, à la vue de cette grande multitude, fut ému de compassion, soit à cause de tous ces malades qu’on lui amenait pour qu’il les guérit, soit à cause de l’état de délaissement moral de ce pauvre peuple, qui était à ses yeux comme des brebis qui n’ont pas de berger. La journée était déjà très avancée, ou que l’heure même où se prenait le repas du soir était passée. Cette sollicitude pour le peuple parut avoir été inspirée aux disciples par la compassion de Jésus. D’après saint Jean, , Jésus prit l’initiative, et la parole des disciples ne fut que la réponse à sa question. Cet entretien prouva qu’il y eut là un besoin réel, digne de la compassion de Jésus, et qu!il ne fit pas un usage inutile de sa puissance créatrice en multipliant les pains.

Cet ordre étrange, destiné à éprouver la foi des disciples, ils l’exécutèrent réellement. Avec quelle majestueuse assurance Jésus sut ce qu’il fit de cette insuffisante provision ! Il y eut à la fois pour Jésus le sentiment de la reconnaissance envers Dieu pour ce qu’il donna, et le projet d’implorer la bénédiction divine sur ce peu de biens pour les multiplier. Quel exemple et quelle consolation pour le pauvre dont la provision est insuffisante ! Les disciples accomplirent avec une humble obéissance l’ordre qu’ils reçurent ; ils donnèrent ce qu’ils avaient, et ce fut ’est dans leurs mains que se fit le miracle. Si Jésus avait d’avance multiplié les pains, de manière à en mettre sous leurs yeux une immense provision, cela eût mieux convenu à leur manque de foi, mais Dieu ne procède jamais ainsi dans la dispensation de ses grâces. Il exerce la foi et l’obéissance, tout en donnant abondamment.

Ce fut Jésus qui ordonna aux disciples de recueillir ces morceaux de surplus, afin que rien ne se perde. Ces paniers étaient de petits sacs de voyage en jonc ou en paille. Chaque disciple en avait un, et le remplit. Ce miracle, accompli, comme celui de Cana, sur la nature inanimée, sur les éléments purement matériels, est devenu pour le rationalisme de toutes les écoles, une pierre d’achoppement. Dans les guérisons de malades, il resta à la raison des ressources pour expliquer la délivrance de ces malheureux par une influence morale exercée sur eux, sans s’élever jusqu’au surnaturel. Mais ici ! L’un de ces docteurs ne vit dans ce miracle qu’une pure légende ou un mythe né dans l’imagination des premiers disciples. (Strauss).

Ce miracle est attesté unanimement par les quatre évangiles, il est confirmé par l’impression qu’en reçut la foule et bien plus encore par l’autorité de Jésus, qui le prit pour texte d’un de ses plus profonds discours, et qui même en appela directement à cet acte de sa puissance. Quant au but immédiat du miracle, il est évident : le Sauveur voulait, dans sa compassion pour une multitude pauvre et défaillante qui s’était attachée à ses pas pour entendre sa parole, lui procurer un secours nécessaire, et faire envers elle une grande et touchante œuvre de charité.

Diacre Michel Houyoux

Complément

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Sainte Apolline d’Alexandrie

Posté par diaconos le 7 février 2024

ICONOGRAPHIE CHRÉTIENNE: Sainte APOLLINE (APOLLONIE, APOLLONIA) d ...

Le récit du martyre d‘Apolline est tiré d’une lettre de Denys, évêque d’Alexandrie, mort en l’an  265) à Fabien (Fabius), évêque d’Antioche. En l’an 250, l’empereur Dèce promulgua un édit obligeant tous les citoyens à offrir des sacrifices aux dieux pour la sauvegarde de l’Empire, sous peine de mort, édit qui marqua le début d’une nouvelle période de persécution contre les chrétiens, avant celle de Valérien à partir de l’an 257, et celle de Dioclétien à partir de l’an 303.

À Alexandrie comme ailleurs, les païens purent impunément donner la chasse aux chrétiens et les tuer comme bon leur semblait. Leurs actes restèrent impunis. Ce jour-là, un vieillard, nommé Métras fut roué de coups après avoir refusé de de blasphémer le nom de Jésus. On lui enfonça des roseaux pointus dans les joues et dans les yeux, puis il fut entraîné hors de la ville, où il fut lapidé. Ceux qui s’en étaient pris à Métras allèrent trouver une chrétienne nommée Quinta. Elle fut menée au temple et fut enjointe de montrer sa foi aux dieux païens. Comme elle détournait la tête avec dégoût, ils lui lièrent les pieds et la traînèrent sur le dos jusqu’au lieu où avait péri Métras ; et ils l’y lapidèrent.

Apolline fut leur troisième victime. Elle appartenait à un groupe de vierges consacrées. Après lui avoir brisé la mâchoire et arraché toutes les dents, ils la mirent devant un bûcher, menaçant de l’y jeter, si elle ne répétait pas des injures au Christ après eux. Elle s’excusa de ne pouvoir leur donner satisfaction ; puis, profitant de leur distraction, elle courut se jeter dans les flammes. On la représente souvent avec une paire de tenailles, et parfois les dents qui lui furent arrachées, ainsi qu’avec la palme du martyre. Elle figure sur un vitrail de la cathédrale de Sens tenant à la main une longue tenaille ; le cabinet des dessins du Louvre conserve un dessin à l’encre grise sous le titre Martyre de sainte Apollone d’Alexandrie attribué à une école italienne du dix-septième siècle. 

Elle est la sainte patronne des dentistes et invoquée contre les maux de dents. Elle est fêtée le neuf février. Elle prête son nom au collège Sainte Apolline de Courdimanche, dans le Val d’Oise. Une relique est conservée dans l’église du village de Lézat-sur-Lèze en Ariège. Il s’agit d’une dent supposée de sainte Apolline. Enchâssée sur un manche d’argent, la relique aurait le pouvoir de calmer les bébés en train de sortir leurs dents. La relique est apposée et frottée sur les gencives des enfants. De nos jours encore, ce rituel est pratiqué régulièrement.

En Suisse, L’église réformée Sainte Madelaine d’Avanches comporte une fresque du quinzième siècle bien conservée représentant le martyre de sainte Apolline. Dans les Ardennes flamandes, la tradition veut qu’on déguste des geutelings le neuf février, jour de la fête de la sainte. Le geuteling a une origine catholique. Depuis plus un siècle, ce mets est préparé à Elst. À l’occasion de la fête de Sainte Apolline, les familles apportaient leur pâte au four le plus proche pour verser quelques dizaines de geutelingen. Le week-end suivant, on les réchauffait à la poêle ou dans une casserole pour les déguster en famille.

Elst, entité de Brakel dans la Flandre Orientale, fait la promotion du geuteling dans les Ardennes flamandes et ailleurs. Il a été reconnu et labellisé comme produit régional flamand.

Préparation

Les geutelingen sont préparés avec du lait, de la farine, des œufs, de la levure, un peu de sel et une pincée de cannelle. Ils sont versés sur un carrelage en glaise dans un four brûlant. Grâce à l’importante chaleur (450°) à l’intérieur du four, le geuteling obtient sa saveur unique et odeur typique.

Diacre Michel Houyoux

Vidéo Chapelles de Savoie – Ste Apolline - https://youtu.be/MZnPgQxbQpI

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Vendredi de la cinquième Semaine du Temps Ordinaire – Année Paire

Posté par diaconos le 7 février 2024

Onzième Dimanche après la Pentecôte – Magnificat

De l’Évangile de Jésus Christ selon Marc

 

Jésus étant ressorti du territoire de Tyr, revint vers la mer par la Décapole. On lui amena un sourd-muet, auquel on le pria d’imposer les mains. Jésus l’ayant tiré hors de la foule, toucha ses oreilles et sa langue, et levant les yeux au ciel, il dit en soupirant : «Effata !» L’infirme fut complètement guériJésus défendit à ceux qui furent présents de raconter ce miracle, mais plus il le leur défendit, plus ils le publièrent. Dans un étonnement extrême, ils s’écrièrent : « Il a tout bien fait !» Jésus s’était avancé jusqu’aux limites septentrionales de la Galilée, où commençait le territoire de Tyr.

 

Maintenant, au lieu de revenir immédiatement sur ses pas, il fit un détour plus au nord, par Sidon, ou, comme d’autres l’entendirent, par le territoire de Sidon, pour revenir vers la mer de Galilée, en franchissant le Liban dans la direction de Damas, puis en traversant la Décapole. Marc ne dit pas pourquoi Jésus choisit cette route. Dans ce long voyage en pays païen, il s’entretint d’une manière suivie avec ses disciples. La Décapole était une vaste contrée, située au-delà du Jourdain au nord-est de la Galilée.

 

Jésus eut abordé une fois cette contrée ; il avait dû se retirer à la prière des habitants, mais y laissa un témoin de sa puissance : «Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire.» Comme Jésus remontait dans la barque, le possédé le suppliait de pouvoir être avec lui. Il n’y consentit pas, mais il lui dit : «Rentre à la maison, auprès des tiens, annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde.» (Mc 5, 17-19)

Guérison d’un sourd-muet

Jésus étant ressorti du territoire de Tyr, revint vers la mer par la Décapole. On lui amena un sourd-muet, auquel on le pria d’imposer les mains. Jésus l’ayant tiré hors de la foule, toucha ses oreilles et sa langue, et levant les yeux au ciel, il dit en soupirant : «Effata !» L’infirme fut complètement guériJésus défendit à ceux qui furent présents de raconter ce miracle, mais plus il le leur défendit, plus ils le publièrent. Dans un étonnement extrême, ils s’écrièrent : « Il a tout bien fait !» Jésus s’était avancé jusqu’aux limites septentrionales de la Galilée, où commençait le territoire de Tyr.

Maintenant, au lieu de revenir immédiatement sur ses pas, il fit un détour plus au nord, par Sidon, ou, comme d’autres l’entendirent, par le territoire de Sidon, pour revenir vers la mer de Galilée, en franchissant le Liban dans la direction de Damas, puis en traversant la Décapole. Marc ne dit pas pourquoi Jésus choisit cette route. Dans ce long voyage en pays païen, il s’entretint d’une manière suivie avec ses disciples. La Décapole était une vaste contrée, située au-delà du Jourdain au nord-est de la Galilée.

Jésus eut abordé une fois cette contrée ; il avait dû se retirer à la prière des habitants, mais y laissa un témoin de sa puissance : «Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire.» Comme Jésus remontait dans la barque, le possédé le suppliait de pouvoir être avec lui. Il n’y consentit pas, mais il lui dit : «Rentre à la maison, auprès des tiens, annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde.» (Mc 5, 17-19) Jésus prit à part le sourd-muet pour être seul avec le malade, entrer en rapport personnel avec lui et lui laisser une impression d’autant plus profonde de sa guérison ? L’Évangile présente divers faits analogues. À l’ordinaire Jésus guérissait uniquement par la parole. En agissant autrement, quel peut être son but ?

Les uns pensèrent qu’il voulut suppléer à ce qui manqua à la foi du malade ; l’encourager en lui montrant qu’il s’occupait de lui avec intérêt. D’autres supposent qu’il eut en vue les témoins de la guérison et s’accommoda à leurs idées sur l’efficacité de certains moyens, afin de prévenir en eux la superstition qui put s’attacher au miracle. Seulement il faut remarquer avec Olshausen que, même là où Jésus ne guérit pas uniquement par la parole, il n’employa jamais des moyens étrangers à sa personne ; en elle résidait exclusivement la puissance divine qui rendait la santé aux malades et même la vie aux morts.

Il y eut une grande solennité dans l’accomplissement de ce miracle. Jésus, comme il le faisait souvent, leva les yeux au ciel, où son regard chercha auprès de Dieu toute lumière et toute puissance. Il soupira, soit en faisant monter vers Dieu son ardente prière, soit par la douleur qu’il éprouva en prenant sur lui son nos infirmité ; enfin il prononça la parole puissante qui rendit à ce malheureux l’usage de l’ouïe et de la parole : Ephphatha ! (ouvre-toi !)

Diacre Michel Houyoux

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