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Jeudi après les cendres

Posté par diaconos le 18 février 2021

Vois ! Aujourd’hui je vous propose la bénédiction ou la malédiction

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Du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple : « Vois ! Je mets aujourd’hui devant toi ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur. Ce que je te commande aujourd’hui, c’est d’aimer le Seigneur ton Dieu, de marcher dans ses chemins, de garder ses commandements, ses décrets et ses ordonnances. Alors, tu vivras et te multiplieras ; le Seigneur ton Dieu te bénira dans le pays dont tu vas prendre possession. Mais si tu détournes ton cœur, si tu n’obéis pas, si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d’autres dieux et à les servir, je vous le déclare aujourd’hui : certainement vous périrez, vous ne vivrez pas de longs jours sur la terre dont vous allez prendre possession quand vous aurez passé le Jourdain.
Je prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix, en vous attachant à lui ; c’est là que se trouve ta vie, une longue vie sur la terre que le Seigneur a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob. »  (Dt 30, 15-20)

Choisis la vie

 La vie, la vraie vie que l’on trouve en Dieu ; le bien, l’état extérieur prospère qui y correspond. La mort la séparation d’avec Dieu ; le mal, les malheurs qui en résultent. J’ai mis devant toi… Ce texte, observa Wogue, consacre de la manière la plus éclatante la liberté morale de l’homme et la négation du fatalisme oriental ; ce qui ressort d’ailleurs d’une foule de passages de la législation mosaïque et du fait même de cette législation.

 Ce texte se situe dans la troisième section du Deutéronome. Dans cette section, le discours de Moïse prend une tournure prophétique. Ce texte concernant les « deux voies » est très célèbre. (1) Cette invitation montre l’importance de nos décisions prises en toute liberté ainsi que le respect de Dieu pour la liberté humaine. Dans ce passage Moïse disait clairement à son peuple : « La vie et la mort se trouvent devant vous choisissez !  » Ce texte montre que les êtres humains sont libres et responsables et on retrouve clairement ce thème dans le Siracide (l’Ecclésiastique) au chapitre quinze.

« Ne dis pas : Dieu m’a fait pécher !, car il ne fait pas ce qu’il déteste. Ne dis pas : Il m’a fait commettre une erreur !, car il n’avait pas besoin d’un pécheur. Le Seigneur déteste le mal, et de même le détestent ceux et celles qui craignent le Seigneur.  Il a mis devant toi, le feu et l’eau : étends la main vers ce que tu préfères. Vie et mort sont là devant les êtres humains, à chacun sera donné ce qu’il a choisi.

 Quand au commencement il a créé l’homme, il l’a remis à sa propre conscience : Si  tu veux, tu peux garder les commandements ; il est en ton pouvoir de rester fidèle. Il a mis devant toi, le feu et l’eau : étends la main vers ce que tu préfères. Vie et mort sont là devant les êtres humains, à chacun sera donné ce qu’il a choisi. Que la sagesse du Seigneur est grande, comme il est fort et puissant ! Le Seigneur voit toutes choses. Son regard se pose sur ceux qui le craignent ; il connaît toutes nos oeuvres.

À personne, il n’a demandé d’être impie, à personne il n’a donné la permission de pécher. » (Si 15, 11-18)  Le chapitre vingt-sept révèle le rituel de conclusion de l’Alliance ; le chapitre vingt-huit relève les bénédictions et les malédictions qui accompagneront le respect ou la violation des commandements. Les dernières exhortations de Moïse sont développées aux chapitres vingt-neuf et trente, révélant un aspect très caractéristique de la théologie deutéronomiste : la promesse est toujours conditionnelle. Le chapitre trente prédit la repentance et le retour du peuple.

Si le peuple reste fidèle, alors tous les bienfaits promis arriveront. Mais s’il se détourne du Seigneur, il ne profitera pas des dons de l’Alliance. Dans ce texte, Moïse fait un appel particulièrement solennel au cœur et à la conscience du peuple, parole d’exhortation puissante.  Le thème des deux voies trouve des prolongements intéressants dans la tradition juive et par conséquent dans la tradition chrétienne. On en trouve des traces dans les écrits rabbiniques. Ce thème appartenait au fond commun des littératures sémitiques, ce qui explique sa présence dans des livres de genres très différents.

En divisant ce texte en trois paragraphes (Dt 30, 15-16 ; Dt 30, 17-18 et Dt 30, 19- 20), vous remarquerez que le morceau central est antithétique du premier et du troisième. Dans cette péricope, il y a des formes verbales en « tu » et d’autres en « vous ». Le discours en « tu » ne vise pas l’Israélite individuellement, mais le peuple tout entier, interpellé comme le partenaire du Seigneur. Cette interpellation collective n’est sans doute pas seulement une forme de style ; elle doit avoir son origine dans certaines cérémonies liturgiques où tout Israël était effectivement rassemblé pour entendre, comme un seul homme, la loi de son Dieu.

La manière de parler de Moïse diffère beaucoup de celle d’un prophète. À l’inverse du prophète qui transmit une parole directe de Dieu à son peuple, Moïse s’adressa lui-même au peuple et lui parla de son Dieu. Moïse tint  le rôle d’un médiateur, placé entre le Seigneur qui lui  révéla sa loi et le peuple à qui il dut la transmettre et l’expliquer. Vois…(30,15), …si tu écoutes…(30,16), …si ton cœur (30, 17) : la vue, les oreilles et le cœur sont, dans la Bible, reconnus comme étant le siège de l’intelligence spirituelle des évènements, sans laquelle l’œuvre divine du salut échoue.

En (Dt 30,35) : l’Alliance de Dieu avec son peuple est liée à la perspective de la vie, ici, dans sa composante corporelle. Le commandement est présenté en elle comme le  chemin de la vie. Le choix du bien n’est pas une adhésion à une morale théorique, c’est un choix concret que l’on doit faire aujourd’hui, c’est à dire dans un « aujourd’hui » (hayom) précis immédiat et permanent, dans l’existence. Ce mot apparaît sept fois dans Dt 30. (3)  Ce n’est pas le langage d’un législateur mais celui d’un catéchiste ou d’un prédicateur.

Cet enseignement s’adressa à tout Israël (Dt 1,1 ; Dt 34,12) qui est interpellé tantôt en « tu », tantôt en  » vous » Cette curieuse oscillation intervient souvent au cours du même développement,, et cela sans raison apparente (voir par exemple 6.1-3 et 30,15-20 ). Ce phénomène, que la traduction n’a pas cru devoir atténuer, trahit probablement une composition du texte par étapes successives. En effet, si l’on  essaie de prendre séparément les passages en « tu », l’on obtient un ensemble continu, tandis que les passages en « vous » sont fragmentaires et paraissent avoir été écrits pour renforcer le texte primitif en « tu ». (3)

Cette expression hayom, en ce jour-ci, est un concept fondamental du judaïsme ; elle apparaît 435 fois dans la Bible sous cette forme, sans compter les formes dérivées ; dans notre paracha voyez au chapitre 29 les versets 9, 11, 12, 14, 17, et dans le chapitre 30 les versets 2, 8, 11, 15, 16, 18, 19. La présence divine n’est pas virtuelle mais se manifeste ici et maintenant dans une rencontre concrète soutenue par les mitsvotes et les mots et les intentions du cœur. Ainsi, le lien à Hachèm est une relation de contact et de vie qui se joue continuellement. Hachèm : le grand nom de Dieu qui se manifeste, en quatre lettres dans la Bible.

Les mots vie et mort suggèrent deux états, indiquent deux directions ; ils sont toujours liés. Ils se retrouvent dans le verset 11 du chapitre 15 du Siracide  Bonheur et malheur sont à rapprocher de bénédiction et malédiction : bénédiction si le Peuple de Dieu obéit aux commandements du Seigneur ou malédiction s’il n’obéit pas à ses commandements. Deux voies se trouvent devant moi : choisir la bonne voie c’est accepter en toute liberté les commandements de Dieu. Le bonheur dont il s’agit ici est un bonheur terrestre, l’auteur n’en conçoit pas d’autre.

Dt 30,15-16 reprend Dt 11,26-28 : « Tu vois que je mets aujourd’hui devant vous la bénédiction et la malédiction : la bénédiction si vous obéissez aux commandements du Seigneur votre Dieu que je vous donne aujourd’hui ; la malédiction, si vous n’obéissez pas aux commandements du Seigneur votre Dieu, si vous vous détournez de la voie que je vous ai montrée en ce jour pour vous mettre à la traîne d’autres dieux que vous n’avez pas connus » (Dt 11,26-28)

Dt 30, 16 : ce verset 16 invite Israël à observer les commandements du Seigneur pour vivre. Dt 30,16a : « Si tu écoutes mes commandements…tu vivras…  » Je retrouve dans ce verset l’aspect conditionnel de la promesse du Seigneur ; de plus, il me renvoie au chapitre quatre dans le discours d’introduction qui traite de l’observance de la Loi. Aimer Dieu, ses commandements, ses lois et ses coutumes assurent vie et prospérité (30,16b) Ce passage du texte fait allusion aux versets Dt 5, 10-21.

« Mais je maintiens ma faveur jusqu’à la millième génération à ceux qui m’aiment et gardent mes commandements  » (Dt 5, 10) Aimer les lois de Dieu implique le respect de son nom (Dt 5, 11), l’observance du jour du sabbat (Dt 5, 12-15), le respect des parents et du prochain (Dt 5, 16-21). Dt 30,16d : « Si tu gardes ses commandements …  » est à rapprocher de Dt 4,2-9. Garder les commandements du Seigneur, c’est les observer tels qu’ils ont été donnés sans rien ajouter ni retrancher.

Diacre Michel Houyoux

Les deux voies    Éditions Croix du Salut ( 05.06.2013 )

 

978-3-8416-9872-8-front        Auteur le Diacre Michel Houyoux , publié le  5 juin 2013  Broché  Prix : 25, 80€

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Complément

◊ Diacre Michel Houyoux : cliquez ici pour lire l’article →    Celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera

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La Loi du Seigneur révélée à Moïse (Ex 20, 1-17)

Posté par diaconos le 8 mars 2015

Dieu indique à son peuple, en quelques mots, dictés à Moïse sur la montagne du Sinaï, comment vivre avec lui et le prochain

Dieu indique à son peuple, en quelques mots, dictés à Moïse sur la montagne du Sinaï, comment vivre avec lui et le prochain

Du livre de l’Exode au chapitre vingt

01 Alors Dieu prononça toutes les paroles que voici :
02 « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage.
03 Tu n’auras pas d’autres dieux en face de moi.
04 Tu ne feras aucune idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par-dessous la terre.
05 Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux, pour leur rendre un culte. Car moi, le Seigneur ton Dieu, je suis un Dieu jaloux : chez ceux qui me haïssent, je punis la faute des pères sur les fils, jusqu’à la troisième et la quatrième génération ;
06 mais ceux qui m’aiment et observent mes commandements, je leur montre ma fidélité jusqu’à la millième génération.
07 Tu n’invoqueras pas en vain le nom du Seigneur ton Dieu, car le Seigneur ne laissera pas impuni celui qui invoque en vain son nom.
08 Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier.
09 Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ;
10 mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui est dans ta ville.
11 Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l’a sanctifié.
12 Honore ton père et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu.
13 Tu ne commettras pas de meurtre.
14 Tu ne commettras pas d’adultère.
15 Tu ne commettras pas de vol.
16 Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.
17 Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne : rien de ce qui lui appartient. »
« Copyright AELF – Paris – 1980 – Tous droits réservés »
Ce récit parle de dix paroles de Dieu : « Le Seigneur dit à Moïse : Écris, toi, ces paroles-là ; car c’est d’après ces paroles-là que j’ai fait alliance avec toi et avec Israël. Et il fût là avec le Seigneur quarante jours et quarante nuits, sans manger ni boire, et le Seigneur  écrivit sur les tables les paroles de l’alliance, les dix paroles. (Ex 34, 27-28)
La première partie contient cinq commandements qui rappellent le respect dû à Dieu et à tout ce qui lui appartient : sa personne, son culte, son nom, son jour, enfin ses représentants (les parents). La deuxième partie du Décalogue contient le respect pour la vie du prochain, pour son foyer domestique, pour ses propriétés et pour sa réputation. Et le dixième commandement montre que ce respect doit régler non seulement la conduite extérieure, mais encore les sentiments du cœur. Cette dixième parole renferme la transition de la loi à l’Évangile.

Nous ne savons pas comment ces dix paroles étaient réparties entre les deux tables de pierre sur lesquelles elles furent gravées.  Il est plus simple de penser que la première table renfermait seulement nos trois premiers commandements, et la seconde les sept derniers (depuis celui du sabbat), ce qui donne deux parties d’étendue à peu près égales.

Nous trouvons dans le Deutéronome chapitre cinq, une répétition du Décalogue. Elle présente plusieurs changements dont deux surtout sont importants : Le repos à accorder aux serviteurs et aux animaux domestiques, le jour du sabbat, est motivé par le souvenir que doit garder le peuple de son affranchissement du dur travail auquel il était assujetti en Égypte. Le don de ces deux tables gravées par le doigt de Dieu lui-même est l’un des miracles les plus surprenants que présente l’histoire sainte.

Les premiers mots du verset 2 sont une introduction à tout le Décalogue ; ils seront répétés ailleurs à l’occasion de divers commandements particuliers. En même temps que Dieu rappelle au peuple sa souveraineté universelle, il lui facilite la soumission en éveillant dans son cœur le sentiment de la reconnaissance par le souvenir de la délivrance qu’il vient d’opérer en sa faveur. Dans ce texte, Dieu parle à Israël à la seconde personne du singulier ; tout le peuple est à ses yeux une personne morale.

Tout polythéisme est exclu (v3) : ceci suppose l’omniprésence et l’omniscience de celui qui parle, et par la nature même de celui qui s’appelle Le Seigneur. Le second commandement (v4) : ici, Dieu  veut élever la pensée de son peuple à la hauteur de sa propre nature qui ne peut être enfermée dans aucune forme et limitée à aucun espace.  Si Dieu ne veut pas que l’on porte sur un autre l’adoration qui lui appartient à lui seul, c’est que cet acte serait le commencement de la dégradation et de la corruption de celui-là même qui s’y livrerait : « Attendu que, ayant connu Dieu, ils ne l’ont pas glorifié comme Dieu ni ne lui ont rendu grâces, mais ils sont devenus vains dans leurs pensées et leur cœur dépourvu d’intelligence s’est enveloppé de ténèbres. (Rm 1, 21) .

Ne pas glorifier Dieu comme Dieu, ne pas lui rendre grâces, ne pas lui donner son cœur dans une reconnaissance vivante et une entière consécration, c’est, pour toute personne, manquer le but de son être et outrager son Créateur. Agissant ainsi, elle se dérobe à Dieu, à qui elle appartient, et se livre à une idolâtrie grossière ou raffinée. Cet éloignement de Dieu est le péché, source de tous les péchés.

Le troisième commandement (v 7) : l’expression le nom de Dieu renferme pour le peuple tout ce que Dieu lui a révélé de lui-même et pour chaque individu tout ce qu’il s’est approprié de cette révélation. Ce nom est donc pour Israël aussi sacré que Dieu lui-même ; il ne doit être prononcé en aucune manière au service du mal, ni sous la forme du parjure, ni sous celle des formules magiques ; il ne doit pas même être fait de ce nom un usage léger et frivole (comme jurer ... « Non de Dieu ! »

 Le quatrième commandement (v 8à v 11) : l’emploi dans ce commandement du terme le sabbat, au lieu de celui de septième jour  signifie qu’il faut distinguer ce jour-là des autres jours pour en faire un jour de complète cessation du travail  pour le consacrer à Dieu. La loi du sabbat est le seul commandement rituel du Décalogue. Ce fait suffit à montrer sa grande importance.L’obligation du repos hebdomadaire ne, repose plus pour les chrétiens sur le quatrième commandement qui a été aboli par le Christ : « La fin de la loi, c’est Christ pour la justification de tout croyant. » (Rm 10, 4) mais sur l’institution divine rapportée dans le livre de la Genèse, au chapitre deux : « Et Dieu bénit le septième jour et le sanctifia, parce qu’en ce jour-là il avait cessé de travailler à toute l’œuvre qu’il avait créée pour la faire » Le dimanche, le premier jour de la semaine, a été substitué comme mémorial de la nouvelle création inaugurée par la résurrection de Jésus-Christ. Le Sabbat était le repos après le travail achevé, l’autre est le repos en Dieu préparant l’accomplissement de la tâche nouvelle.

Le cinquième commandement (v 12) : le respect filial est l’une des conditions essentielles de la stabilité des nations. Jésus lui-même a rappelé ce commandement.  Dieu veut qu’après Lui, nous respections nos parents à qui nous devons  la vie. Nous sommes aussi tenus de respecter totutes les personnes que Dieu, pour notre bien, arevêtus de son autorité. Ce commandement annonce les commandements suivants concernant un respect particulier de la vie, du mariage,des biens, de la parole donnée. Il constitue l’un des fondements de la doctrine sociale de l’Église.

Le sixième commandement (v 13) : le bien le plus précieux pour tous, c’est la vie. Les psalmistes l’appellent quelquefois : mon unique. Le meurtre était déjà condamné dans le récit d’Abel et de Caïn, et dans la révélation de Dieu à Noé  : « Si quelqu’un verse le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé; car Dieu a fait l’homme à son image. (Gn 9,6)

Le septième commandement (v 14) : après la vie, le bien le plus précieux  pour chacun devrait être est son foyer domestique et sa femme qui en est le centre :  « Une femme vertueuse est la couronne de son mari, Mais celle qui fait honte est comme la carie dans ses os. » (Proverbes 12,4). L’adultère est à la vie de famille ce que le meurtre est à la vie individuelle : « Vous les amènerez tous deux à la porte de la ville, vous les lapiderez, et ils mourront, la jeune fille pour n’avoir pas crié dans la ville, et l’homme pour avoir déshonoré la femme de son prochain. Tu ôteras ainsi le mal du milieu de toi. « (Dt 22, 22-24)  Aussi la Loi y attachait-t-elle la peine de mort, comme pour le meurtre.meurtre.

Le huitième commandement (v 15) : tu ne commettras pas de vol. La vie de famille repose sur la propriété et attaquer celle-ci, c’est porter atteinte à celle-là. Ce commandement exclut  tout acte par lequel nous portons injustement atteinte à la propriété des autres. Le pendant positif de cet interdit est une exhortation au partage, à la lutte contre la pauvreté. Ce commandement associe la vertu à l’efficacité économique.

Le neuvième commandement (v 16)  : enlever à quelqu’un son honneur, est pire que de le dépouiller de son avoir. Les termes du commandement se rapportent  aux faux témoignages rendus devant les juges, mais aussi à toute déclaration qui peut nuire à la bonne réputation du prochain. Ces quatre derniers commandements caractérisent le péché par ses manifestations extérieures les plus grossières.

Le dixième commandement (v 17) : tu ne convoiteras pas…  Ces mots comprennent tout ce qui appartient à l’homme, même sa femme et ses enfants.  Dieu aime toutes les personnes de la même manière. Il veut le salut de tous. Il compte sur chacun pour faire grandir en lui les graines de l’amour, don de Dieu.  C’est très important pour notre monde qui est bouleversé par la haine, les violences, les guerres… Nous devons éliminer de notre vie tout ce qui est égoïsme, rancune, critique négative. C’est à ce prix que les graines de l’amour, de la justice et de la paix pourront grandir et se développer.

Ces dix paroles ont été le code de la route d’un peuple sorti de l’esclavage et qui marcha vers la liberté sous la conduite de Dieu. Ce code peut nous paraître simpliste au regard de l’Évangile, mais pouvons-nous prétendre vivre de l’Évangile sans être d’abord  fidèle à ces commandements ?

  • Quelles sont les idoles qui m’asservissent ?
  • Ma parole est-elle toujours claire, vraie, sans faux-fuyants ?
  • Ai-je le total respect des autres, de leur foyer, de leurs biens, de leur vie ?
  • Quelle est mon comportement à l’égard de mes parents  âgés ?
  • Quelle place Dieu a-t-il dans ma vie ?.

Lien externe

Les dix  commandements

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Le livre du deutéronome

Posté par diaconos le 8 août 2009

Introduction au Deutéronome

Deutéronome signifie  deuxième loi. Le livre du Deutéronome se présente comme une série de longs discours de Moïse juste avant l’entrée en Canaan. Il commença à être rédigé au septième siècle avant Jésus Christ.  Une des idées centrale du Deutéronome est l’Alliance. La tradition sur laquelle s’appuie le Deutéronome est principalement l’Horeb. Israël est né à l’Horeb (Le Mont Horeb est le lieu où le Deutéronome  place l’épisode de la remise des Dix Commandements à Moïse par Dieu. Par certains aspects, le Deutéronome apparaît comme le testament de Moïse, son encouragement à tenir bon après qu’il ait disparu. Le livre se termine avec le sobre récit de la mort de Moïse.

Plan et résumé

I. Discours d’introduction (chapitres  1 à 11)

1) Introduction (chapitre 1, versets 1 à 5) – Cette introduction permet de rattacher le livre aux évènements qui ont été racontés dans le livre des Nombres. Tous les discours de Moïse vont prendre place après les victoires remportées contre les rois de Transjordanie.

2) Premier discours de Moïse (chapitre 1, verset 6 à chapitre 4, verset 40)

  • Moïse commence par un rappel historique des interventions de Dieu depuis le départ du Sinaï (1, v6-v19)

  • Il fait également mémoire de la révolte des fils d’Israël après l’exploration du pays, aboutissant à la décision divine d’en interdire l’accès à la génération sortie d’Egypte (1, v20- v46).

  • Moïse reprend les principaux éléments historiques du livre des Nombres : guerres contre les rois de la région, partage du pays de Transjordanie, et péché du peuple dans le pays de Moab (chapitres 2 et 3)

  • Ce discours se termine par une invitation pressante à obéir à la loi qui a été donnée par Dieu au Sinaï (chapitre 4, versets 1 à 40)

3) Désignation de trois villes de refuge en Transjordanie : Béser, Ramot et Golan (chapitre 4, versets 41 à 43)

4) Deuxième discours de Moïse (chapitre 4, verset 44 au chapitre 11, verset 32)

Il s’agit d’un discours ininterrompu   dont la première partie se distingue nettement de la seconde, davantage centrée sur des textes législatifs.

  • Prologue : le rappel des dix commandements donnés au Sinaï (chapitre 5, versets 6 à 21)
  • Rappel du rôle d’intercession de Moïse qui a fonctionné comme un médiateur entre Dieu et le peuple (chapitre 5, versets 22 et 23)
  • Exposé d’un fondement théologique du Deutéronome : l’observation des commandements se fonde sur l’amour de Dieu. (chapitre 6, versets 1 à -25)
  • Développement du comportement à observer une fois installé en terre promise (7-8). L’idée de base est celle d’une totale séparation avec les païens, afin ne ne pas être contaminé par le culte des idoles.
  • Le texte rappelle ensuite qu’Israël ne doit pas tirer orgueil des succès qu’il va remporter contre les habitans de Canaan, car c’est le Seigneur lui-même qui va mener les combats. Israël ne doit pas oublier sa constante rebellion au désert et ainsi rester dans l’humilité.
  • En conclusion de cette section, Moïse invite à garder avec fidélité les commandements. Il introduit un thème fondamental : la circoncision du coeur.

II- Le code deutéronomique (chapitres 12 à 26)

  • L’unique sanctuaire (chapitres 12 à 16) : ensemble de lois régissant le fonctionnement du sanctuaire. Israël devra détruire les sanctuaires païens du pays qu’il va occuper, pour ne pas risquer d’en adopter les cultes : il ne peut y avoir qu’un seul sanctuaire pour tout Israël.
  • La mise en place des autorités gouvernant Israël, dont :
    • Les juges et les scribes (chapitre 16, versets 18 à 20)
    • Le tribulanl des Lévites (chapitre 17,versets i8 à 13)
    • Le statut du roi (chapitre 17, versets 14 à 20)
    • Les droits des prêtres et des Lévites (chapitre 18, versets 1 à 8 )
  • Le droit social et familial courant
    • Les villes de refuge pour les meurtriers involontaires (chapitre 19, versets 1 à 13)
    • Le respect des bornes de propriétés (chapitre19, verset14)
    • Les témoignages en justice ( chapitre 19 versets 15 à 21)
    • La loi de la guerre sainte (chapitre 20, versets 1 à 20)
    • Expiation des meurtres dont le coupable n’est pas identifié (chapitre 21, versets 1 à 9)
    • Le droit du mariage (chapitre 21, versets 10 à 14)
    • Le droit d’aînesse (chapitre 21, versets 15 à 17)
    • Le cas des fils rebelles (chapitre 21, versets 18 à 21)
    • L’ensevelissement des suppliciés (chapitre 21, versets  22 et 23)
    • Droit sexuel (mariage, adultère, inceste  (chapitre 22, verset 13 à chapitre 23, verset 1)
  • Les lois de bonté (chapitre 24, verset 5- au chapitre 25, verset 4)
    • Ici sont regroupées plusieurs législations qui en en commun un grand souci du droit des plus faibles en énonçant un principe fondamental : Dieu est lui-même le défenseur de ceux qui n’ont pas de défenseurs humains. S’en prendre à eux, c’est s’en prendre directement à Dieu.

    • La loi du lévirat (chapitre 25, versets 5 à 10) : Loi qui prescrit au beau-frère d’épouser la veuve de son frère si celui-ci est mort sans laisser de descendance.
    • Les prémices et la dîme (chapitre 26, versets 1 à 15)
    • L’engagement d’Israël à accomplir tous ces commandement qui scelle ainsi l’alliance entre Dieu et son peuple (chapitre 26, versets 16 à 19)

III- Derniers discours (chapitres 27 à 30)

  • La préparation du rituel de conclusion de l’Alliance (chapitre 27) Bénédictions et maléditctions qui accompagneront le respect ou la violation des commandements (chapitre 28)
  • Dernières exhortations de Moïse (chapitres 29 et 30). C’est l’occasion de développer un aspect très caractéristique de la théologie deutéronomiste.
  • La promesse est toujours conditionnelle. Si le peuple reste fidèle, alors tous les bienfaits promis arriveront. Mais s’il se détourne du Seigneur, il ne profitera pas des dons de l’Alliance.

IV- La fin de Moïse (chapitres 31-34)

  • Moïse institue Josué comme son successeur : c’est lui qui devra entreprendre la conquête de Canaan (chapitre 31)
  • Moïse est invité à monter contempler une dernière fois la terre promise avant de mourir (chapitre 32).
  • Ultime bénédiction de Moïse (chapitre 33)
  • Récit (très sobre) de la mort de Moïse (chapitre 34)

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Étude d’un extrait du Deutéronome

Cliquez ici →  Choisis le chemin de la vie ! (Dt 30, 15-20)

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Choisis le chemin de la vie ! (Dt 30, 15-20)

Posté par diaconos le 10 février 2009

Auteur Michel Houyoux, diacre permanent , « Choisis la vie ! » éd. 2003

Introduction

Le livre du Deutéronome se présente comme une série de longs discours de Moïse juste avant l’entrée au pays de Canaan. Ces discours énoncent diverses prescriptions juridiques reprenant entre autre les dix commandements ce qui a permis de parler d’une seconde loi par rapport à l’Exode.

Par certains aspects, le Deutéronome apparaît comme le testament de Moïse, son encouragement à tenir bon après qu’il ait disparu.

Le grand thème de ce livre, du commencement à la fin, c’est l’exhortation ; sa thèse, la parole de Dieu ; son objet, l’obéissance sincère, entière, du cœur, fondée sur une relation connue, sur des privilèges dont on jouit. Le but du livre est de préparer les Israélites à la possession des bénédictions que l’Éternel voulait leur donner dans le pays. Aussi l’obéissance joue-t-elle un rôle très important dans ce livre. L’obéissance aux commandements de Dieu conduit à la bénédiction, la désobéissance entraîne la malédiction et le jugement. Le livre se termine avec le sobre récit de la mort de Moïse.

Plan du livre du Deutéronome : Quatre sections…

  1. Discours d’introduction (Dt 1-11)
  2. Le code deutéronomique (Dt 12-26)
  3. Les derniers discours (Dt 27-30)
  4. La fin de Moïse (Dt 31-34)

 Le Deutéronome développe une théologie de l’alliance avec le Seigneur qui interprète le lien entre Dieu et son peuple selon le schéma des traités de vassalité du Proche Orient ancien. Les bénédictions et en particulier l’existence  d’Israël sont liées à l’obéissance du peuple à la loi.  Des six points qui composent les traités de vassalité, on en reconnaît deux dans « Dt 30, 15-18  » traitant des malédictions et des bénédictions et dans « Dt 30, 19″ concernant l’invocation des témoins de l’Alliance.

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Étude d’un extrait du Deutéronome au chapitre 30, versets 15 à 20

15. Vois, je te propose aujourd’hui vie et bonheur, mort et malheur.

16. Si tu écoutes les commandements de Yahvé ton Dieu que je te prescris aujourd’hui, et que    tu aimes Yahvé ton Dieu, que tu marches dans ses voies, que tu gardes ses commandements, ses lois et ses coutumes, tu vivras et tu multiplieras, Yahvé ton Dieu te bénira dans le pays où tu entres pour en prendre possession

17. Mais si ton cœur se détourne, si tu n’écoutes point et si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d’autres dieux et à les servir,

18. je vous déclare aujourd’hui que vous périrez certainement et que vous ne vivrez pas de longs jours sur la terre où vous pénétrez pour en prendre possession en passant le Jourdain.

19. Je prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité vous viviez,

20.  aimant Yahvé ton Dieu, écoutant sa voix, t’attachant à lui ; car là est ta vie, ainsi que la longue durée de ton séjour sur la terre que Yahvé a juré à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob, de leur donner.

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Ce texte concernant les « deux voies » est très célèbre. Cette invitation montre l’importance de nos décisions prises en toute liberté ainsi que le respect de Dieu pour la liberté humaine. Dans ce passage  Moïse disait clairement à son peuple : « La vie et la mort se trouvent devant vous choisissez ! ».

Ce texte montre que les êtres humains sont libres et responsables : on retrouve clairement  ce thème dans le Siracide (l’Ecclésiastique) au chapitre quinze (Si 15, 11-18) → « Ne dis pas : Dieu m’a fait pécher ! car il ne fait pas ce qu’il déteste. Ne dis pas : Il m’a fait commettre une erreur !, car il n’avait pas besoin d’un pécheur.

Le Seigneur déteste le mal, et de même le détestent ceux  et celles qui craignent le Seigneur.

Quand au commencement il a créé l’homme, il l’a remis à sa propre conscience : Si tu veux, tu peux garder les commandements ; il est en ton pouvoir de rester fidèle. Il a mis devant toi, le feu et l’eau : étends la main vers ce que tu préfères. Vie et mort sont là devant les êtres humains, à chacun sera donné ce qu’il a choisi.

Que la sagesse du Seigneur est grande, comme il est fort et puissant ! Le Seigneur voit toutes choses. Son regard se pose sur ceux qui le craignent ; il connaît toutes les œuvres des humains. À personne, il n’a demandé d’être impie, à personne il n’a donné la permission de pécher « 

♣ Ce texte dont je propose l’étude se situe dans la troisième section du Deutéronome (Plan ci-dessus). Dans cette  section, le discours de Moïse prend une tournure prophétique.

Le chapitre vingt sept révèle le rituel de conclusion de l’Alliance ; le chapitre vingt huit relève les bénédictions et les malédictions qui accompagneront le respect ou la violation des commandements. Les dernières exhortations de Moïse sont développées aux chapitres vingt-neuf et trente, révélant un aspect très caractéristique de la théologie deutéronomiste :  La promesse est toujours conditionnelle. Le chapitre trente prédit la repentance et le retour du peuple…. Si le peuple reste fidèle, alors tous les bienfaits promis arriveront. Mais s’il se détourne du Seigneur, il ne profitera pas des dons de l’Alliance. C’est à ce niveau que se situe le texte retenu pour cette étude. Dans ce texte, Moïse fait un appel particulièrement solennel au cœur et à la conscience du peuple, parole d’exhortation puissante.

Analyse du texte

En divisant ce texte en trois paragraphes ( Dt 30, 15-16,  Dt 30, 17-18 et Dt 30, 19-20), vous remarquerez que le morceau central est antithétique du premier et du troisième.

Dans cette péricope, il y a des formes verbales en « tu » et d’autres en  « vous « . Le discours en   » tu «   ne vise pas l’Israélite individuellement, mais le peuple tout entier, interpellé comme le partenaire du Seigneur. Cette interpellation collective n’est sans doute pas seulement une forme de style ; elle doit avoir son origine dans certaines cérémonies liturgiques où tout Israël était effectivement rassemblé pour entendre, comme un seul homme, la loi de son Dieu.

La manière de parler de Moïse diffère beaucoup de celle d’un prophète. À l’inverse du prophète qui transmet une parole directe de Dieu à son peuple, Moïse s’adresse lui-même au peuple et lui parle de son Dieu. Moïse tient donc le rôle d’un médiateur, placé entre le Seigneur qui lui a révélé sa loi et le peuple à qui il doit la transmettre et l’expliquer.

Vois…(30,15), …si tu écoutes…(30,16), …si ton cœur (30, 17) : la vue, les oreilles et le cœur  sont,  dans la Bible, reconnus comme étant le siège de l’intelligence spirituelle des évènements, sans laquelle l’œuvre divine du salut échoue.

En (Dt 30,35) : l’Alliance de Dieu avec son peuple est liée à la perspective de la vie, ici, dans sa composante corporelle. Le commandement est présenté en elle comme le chemin de la vie. Le choix du bien n’est pas une adhésion à une morale théorique, c’est un choix concret que l’on doit faire aujourd’hui, c’est à dire dans un « aujourd’hui » (hayom) précis immédiat et permanent, dans l’existence. Ce mot apparaît sept fois dans Dt 30.

Les mots vie et mort suggèrent deux états, indiquent deux directions ; ils sont toujours liés. Ils se retrouvent dans le verset 11 du chapitre 15 du Siracide (voir introduction).

Bonheur et malheur sont à rapprocher de bénédiction et malédiction : bénédiction si le Peuple de Dieu obéit aux commandements du Seigneur ou malédiction s’il n’obéit pas à ses commandements. Deux voies se trouvent devant moi : choisir la bonne voie c’est accepter en toute liberté les commandements de Dieu. Le bonheur dont il s’agit ici est un bonheur terrestre, l’auteur n’en conçoit pas d’autre.

Dt 30,15-16    reprend Dt 11,26-28 : « Tu vois que je mets aujourd’hui devant vous la bénédiction et la malédiction : la bénédiction si vous obéissez aux commandements du Seigneur votre Dieu que je vous donne aujourd’hui ; la malédiction, si vous n’obéissez pas aux commandements du Seigneur votre Dieu, si vous vous détournez de la voie que je vous ai montrée en ce jour pour vous mettre à la traîne d’autres dieux que vous n’avez pas connus » (Dt  11,26-28)

Dt 30, 16 : ce verset 16 invite  Israël à observer les commandements du Seigneur pour vivre.

Dt 30,16a :  » Si tu écoutes mes commandements…tu vivras… »

Je retrouve dans ce verset l’aspect conditionnel de la promesse du Seigneur ; de plus, il me renvoie au chapitre quatre dans le discours d’introduction qui traite de l’observance de la Loi.

Aimer Dieu, ses commandements, ses lois et ses coutumes assurent vie et prospérité (30,16b) Ce passage du texte fait allusion aux versets (Dt 5, 10-21).

« Mais je maintiens ma faveur jusqu’à la millième génération à ceux qui m’aiment et gardent mes commandements ». (Dt 5, 10)

Aimer les lois de Dieu implique le respect de son nom (Dt 5, 11), l’observance du jour du  sabbat (Dt 5, 12-15), le respect des parents et  du prochain (Dt 5, 16-21).

Dt 30,16d : « Si tu gardes ses commandements …  » est à rapprocher de Dt 4,2-9. Garder les commandements du Seigneur, c’est les observer  tels qu’ils ont été donnés sans rien ajouter ni retrancher.

« Et maintenant Israël, écoute les ordres et les commandements que je vous enseigne, pour les mettre en pratique.  Ainsi vous vivrez et vous entrerez, pour le posséder, dans le pays que Yahvé le Dieu de vos pères vous donne. Vous n’ajouterez rien à ce que je vous commande et vous n’en retrancherez rien, mais vous observerez les commandements de Yahvé votre Dieu tels que je vous les donne. » (Dt 4,1-2)

♣  S’adressant à un auditoire collectif, Israël, le Deutéronome entremêle constamment le singulier et le pluriel. Le verset précédent en est une illustration, déjà relevée en début d’analyse.

Remarquez la différence dans les deux extraits :

◊ En Dt 4,1, Moïse exhorte le peuple à écouter les ordres et les commandements qu’il enseigne: « Et  maintenant Israël, écoute… (emploi de l’impératif). Ainsi vous vivrez… »

◊ En Dt 30,16a: « Si tu écoutes…(emploi du conditionnel), tu vivras…. »

 

Dans Dt 30, 16e… : Il s’agit ici de la terre de Canaan et de l’existence du peuple d’Israël. Du point de vue théologique, la possession de la terre de Canaan est un événement important : nous pouvons faire de Canaan l’image de la patrie céleste.

« Prendre possession du pays » se trouve aussi dans le discours d’introduction en Dt 1, 21.

« Vois Yahvé ton Dieu met ce pays à ta disposition, monte, envahit-le  comme Yahvé le Dieu de tes pères, te l’a dit ! Ne crains pas, n’aie pas peur. » (Dt 1, 21)

Dans Dt (30,17a) : « Si ton cœur… » Le cœur signifie dans la Bible tout ce qui est à l’intérieur de l’homme : sa conscience, ses désirs profonds, ses propres critères.

♣ La Bible considère que le cœur est l’organe de la volonté, de la décision. C’est du cœur de l’homme que vient le pouvoir de faire le bien ou le mal. C’est dans le cœur de l’homme que peut s’enraciner le péché, c’est à dire une volonté hostile au projet de Dieu.

« Si ton cœur se détourne …  » : ici il faut comprendre « …se détourne de Yahvé  » bien que le nom de Yahvé ne figure pas dans le verset.  Dt 30,17 reprend Dt 29,27

« Que personne parmi vous, homme, femme, famille ou clan, ne se détourne aujourd’hui de Yahvé notre Dieu pour aller servir les dieux de ces nations.  » (Dt 29,27)

«  …autres dieux… « ,  se laisser entraîner à se prosterner devant d’autres dieux et les servir, c’est renier Yahvé, le Dieu vivant et unique qui n’est pas au service d’Israël, ni à notre service : c’est nous qui devons le servir !

Ce passage est un rappel du premier commandement. Aujourd’hui « servir d’autres dieux » signifie la course à l’argent, la recherche exagérée de biens matériels superflus, la recherche du pouvoir par exemple.

« …, tu n’auras pas d’autre Dieu que moi. »  ( Ex 20,3)

Servir Dieu en premier, cela signifie :  ne servir rien ni personne avant Dieu, ni suivre une idéologie qui contredit ses paroles ou vivre un amour qui ne respecte pas ses commandements.

Dans Dt (30, 18) : « …, vous périrez… » et « …vous ne vivrez pas de longs jours sur la terre…  » signifie  « pas de vie prolongée ».

Choisir la deuxième voie conduit à la mort. Ce verset est une reprise de Dt (4, 25,26)

« … il se pourrait que vous tourniez mal, et que vous fassiez des idoles, des images : Alors, si vous faîtes ce qui est mal aux yeux de Yahvé ton Dieu, si vous le mettez en colère, je le dis aujourd’hui même à la face des cieux et de la terre : vous disparaîtrez rapidement de ce pays. Il doit être vôtre quand vous aurez traversé le Jourdain, mais alors vous n’y prolongerez pas vos jours et vous serez totalement détruits. » ( Dt 4,25-26)

Dans Dt 30, 19 : Servir Dieu en premier, cela signifie :  ne servir rien ni personne avant Dieu, ni suivre une idéologie qui contredit ses paroles ou vivre un amour qui ne respecte pas ses commandements.

La foi est d’abord un acte de décision, un choix. De même que Yahvé a choisi Israël, de même celui-ci est appelé à choisir Yahvé et la vie qu’il lui offre. Ce choix est important car il met en jeu la vie et la mort.

Dt 30, 19a : On retrouve cette expression en Dt 31, 28 :  « Prendre à témoin le ciel et la terre… » correspond à  » …je le dis aujourd’hui même à la face des cieux et de la terre « dans Dt 4, 26. Cette conclusion utilise explicitement le thème du choix qui n’était que implicite  à la fin du chapitre 11, jusqu’ici le Deutéronome n’avait parlé que du choix opéré par Yahvé en faveur d’Israël. Maintenant Israël est appelé expressément à choisir à son tour, en réponse au choix de Yahvé.

« Rassemblez donc autour de moi tous les anciens de vos tribus avec vos scribes. Je prononcerai ces paroles à leurs oreilles et je prendrai le ciel et la terre comme témoins contre eux « . (Dt 31, 28)

Le substantif bénédiction est au singulier comme dans tout le Deutéronome sauf en Dt 28,2 :  « …et voici toutes les bénédictions qui se réaliseront pour toi si tu écoutes la voix de Yahvé ton Dieu. »

La bénédiction est un don de Dieu et les malédictions apparaissent comme la conséquence logique de l’infidélité.

(Dt 30, 17-18). La bénédiction est signe de l’élection et conséquence de l’alliance.

Dans Dt 30, 19b :  » Choisis donc la vie «   peut être compris dans le sens : « Choisis moi ! (le Seigneur) »

 » Choisis donc la vie, pour que toi et ta postérité,  vous viviez » correspond à  » …pour que tu vives ! « 

Dieu ne demande pas des choses impossibles : pour les cœurs droits, suivre la volonté de Dieu est le chemin le plus naturel. Le passage 30, 19b reprend Dt 30, 6.

« Yahvé ton Dieu circoncira ton cœur et le cœur de ta race pour que tu aimes ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme et que tu vives. » Dt (30,6).

Yahvé te circoncira le cœur signifie qu’Il le rendra pur  et saint ; ce qui peut être précisé davantage en citant  Ez 36,26-27 : « Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai dedans de vous un esprit nouveau : J’enlèverai de votre chair un cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. »

Dans Dt 30, 20″… aimant le Seigneur Yahvé ton Dieu » (20 a) est à rapprocher de Dt 6, 5 : « Tu aimeras Yahvé ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir. »

L’amour de Dieu ne peut être tout à fait désintéressé : les Israélites savent qu’en correspondant à l’amour de Dieu qui les a élus, ils sont sur une bonne voie et que Dieu les récompensera en leur donnant la paix et la prospérité.

Écouter la voix du Seigneur (20b) est à rapprocher de Dt 4, 30-31 :  » Lorsque tu seras dans l’angoisse, lorsque plus tard toutes ces malédictions se seront réalisées, tu reviendras vers Yahvé ton Dieu et tu écouteras sa voix. Car Yahvé ton Dieu est un Dieu qui pardonne : Il ne t’abandonnera pas, il ne te détruira pas, il n’oubliera jamais l’Alliance qu’il a jurée à tes pères. »

S’attacher à Dieu (20,c), c’est l’aimer et le servir de tout son cœur et de toute son âme. C’est un amour qui est une réponse à l’amour de Dieu car c’est Dieu qui aime d’abord et qui choisit ; ensuite nous répondons à son amour et nous essayons de l’exprimer par notre obéissance. La miséricorde de Dieu vient en premier lieu.

Le pays promis (20,d) est un rappel de Dt 1,8 : « C’est le pays que je mets à votre disposition, le pays que Yahvé a juré à vos pères Abraham, Isaac et Jacob de leur donner, ainsi qu’à leur descendance après eux : allez le conquérir. »

Le verbe « jurer  » (30,20d) est typique du Deutéronome et de la littérature apparentée.

Conclusion

En conclusion, ce texte clôturant le dernier discours de Moïse reprend l’essentiel des thèmes du Deutéronome. Il rappelle à chacun et à chacune qu’il y a deux voies devant lui et que choisir sa voie est une décision libre et personnelle. : Si tu écoutes…, si tu marches…, si tu mets en pratique…, alors tu vivras (première voie) ; si tu n’écoutes pas…, si ton cœur se détourne…, si tu te laisses entraîner à adorer de faux dieux…, alors tu périras (deuxième voie). Ce qu’on a semé dans sa vie, on le récoltera. Ceux qui observent la loi de Dieu auront le bonheur ici-bas  : « …tu vivras, …tu te multiplieras, et Yahvé ton Dieu te bénira dans le pays où tu entres pour en prendre possession. » et ceux qui refusent ne prospèreront pas. Ce texte encourage la fidélité envers Dieu par le souvenir de ses promesses et de sa récompense ici-bas.

Dt 30, 15-20 bouscule le stéréotype  de l’image d’un Dieu dur, jaloux, qui ne tolère pas l’infidélité, qui décide de la vie et de la mort. Dans ce texte, le Seigneur laisse le choix à l’homme :  » Vois, je te propose de choisir la vie et le bonheur ou la mort et le malheur « . Qui serait assez fou pour choisir la mort ? Le récit nous rappelle que c’est un fait. Nous pouvons faire des choix qui conduisent à la mort. Notre Dieu est le Dieu des vivants. La fin du texte est une invitation pressante : « Choisis la vie ! »

C’est en observant les commandements, qui sont des chemins de vie que nous suivrons cette voie proposée par Dieu.

Le thème des deux voies se retrouve en bien des endroits dans la Bible. Il exprime notre responsabilité personnelle qui apparaîtra clairement au jour du Jugement. Le vrai bonheur est donné à ceux qui sont fidèles à la volonté de Dieu notamment dans le psaume 1, le livre de Jérémie( 21, 8), celui des  Proverbes (4, 18-19), dans l’Évangile de Matthieu (7, 13).

« Heureux cet homme ! Il ne partage pas les idées des impies, il ne vit pas à la manière des pêcheurs et ne va pas chez ceux qui toujours se moquent. C’est qu’il a trouvé son bien dans la loi du Seigneur, il la médite cette loi, de jour et de nuit. » (Ps1,1)

Dans le psaume1, deux routes s’ouvrent devant tout être humain : celle du bonheur est représentée par l’image de  » l’arbre verdoyant  » et celle du malheur ou du néant est représentée par la paille qu’emporte le vent. Ce psaume annonce le bonheur pour ceux qui observent la loi de Dieu non seulement sur la terre mais aussi dans l’autre monde.

« Que vienne le Jugement, les impies ne tiendront pas : pas de place pour les pêcheurs dans l’assemblée des justes. » ( Ps 1, 5b)

Ce choix à faire en Jérémie 21, 8  se situe à un autre niveau que celui développé par Moïse. Les 10 premiers versets du chapitre 21 se rapportent au second siège de Jérusalem en 588.

Tu diras encore à ce peuple :  » Voici ce que dit Yahvé : c’est maintenant que je vous donne à choisir entre le chemin de la vie et le chemin de la mort. Celui qui restera dans cette ville périra par l’épée, la famine et la peste ; celui qui en sortira pour se rendre aux Chaldéens qui vous assiègent vivra ; il aura au moins sauvé sa vie. Car je me suis penché sur cette ville pour son malheur et non pour son bonheur.  » (Jr 21, 8 )

Dans le livre des proverbes, la route des justes est comparée à la lumière de l’aurore et son éclat grandit jusqu’au plein jour tandis que celle des méchants n’est qu’obscurité (Pr 4,18)

Dans l’Évangile selon saint Matthieu, le chemin qui mène à la vie est resserré, étroite est sa porte et peu nombreux sont ceux  qui le trouvent. Par contre, la voie qui mène à la mort est spacieuse, large est sa porte et nombreux ceux qui s’y engagent ! (Mt 7, 13)

Cela veut dire que même si de nombreuses personnes rencontrent  le chemin de la vie, très  peu font l’expérience des richesses de l’Évangile et produisent des fruits. Les élus sont ceux qui persévèrent et qui recherchent la véritable liberté. Beaucoup choisissent le chemin qui mène à la perdition. Ils ne prennent pas le chemin où Jésus serait tout pour eux. Ils gaspillent les dons de Dieu qui leurs sont confiés et ils deviennent apparemment inutiles pour le Royaume. Cependant même ainsi, ils ne sont pas privés de la miséricorde de Dieu !

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