Résultats de votre recherche

Les Saints Innocents, martyrs

Posté par diaconos le 26 décembre 2023

 

Les saints innocents 11

Les saints Innocents

# Le massacre des Innocents est un épisode relaté dans l’Évangile selon Matthieu en même temps que la fuite en Égypte : le meurtre de tous les enfants de moins de deux ans dans la région de Bethléem. Ce massacre a été commis sur l’ordre d’Hérode, craignant l’avènement d’un roi des Juifs annoncé par ses propres devins, dans la période de la naissance de Jésus. L’ensemble des Églises les honore comme martyrs au cours du Jour des Saints Innocents ; cet événement est fêté le 28 décembre en Occident et en Orient catholique, et le 29 décembre en Orient orthodoxe. L’historicité de ce récit fut remise en cause.

D’après certains auteurs, il serait calqué sur un passage de l’Ancien Testament où Pharaon ordonna la mort de tous les nouveau-nés israélites mâles, avant que Moïse ne survienne pour le salut du peuple. Cet épisode a une base historique, bien qu’il ne se rapporte pas explicitement à la naissance du Christ. Daniel J. Harrington déclare que l’historicité de l’événement est « une question ouverte qui probablement ne [pourra] jamais être définitivement close ». Paul L. Maier estime, quant à lui, que les biographes récents d’Hérode rejettent la réalité de ce massacre.

Après le départ des mages, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : «Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr.» Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils. Alors Hérode, voyant que les mages s’étaient moqués de lui, entra dans une violente fureur. Il envoya tuer tous les enfants jusqu’à l’âge de deux ans à Bethléem et dans toute la région, d’après la date qu’il s’était fait préciser par les mages. Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie : «Un cri s’élève dans Rama, pleurs et longue plainte : c’est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, car ils ne sont plus.» (Mt 2, 13-18)

Fuite en Égypte

Des mages arrivèrent à Jérusalem et cherchèrent l’endroit où naquit le roi des Juifs, dont ils virent  l’étoile en Orient. Hérode, troublé, convoqua les sacrificateurs et les scribes et s’informa du lieu de la naissance du Messie. Ils répondirent que, selon les prophéties, il dut naître à Bethléem. Hérode demanda alors aux mages depuis quand l’étoile parut, et les envoya à Bethléem, en les chargeant de le renseigner au sujet du petit enfant. Conduits par l’étoile, dont la vue les remplit de joie, les mages arrivèrent à Bethléem, trouvèrent le petit enfant et sa mère, et, se prosternant, lui offrirent des présents. Joseph averti par un ange, s’enfuit en Égypte avec Marie et l’enfant Jésus, et y séjourna jusqu’à la mort d’Hérode. Son retour accomplit une parole de l’Écriture. Hérode se voyant trompé, fit tuer les petits enfants de Bethléem

«Quand Israël était un jeune enfant, je l’aimai, et j’appelai mon fils hors d’Égypte» (Os 11, 1) : cette touchante parole de l’Éternel fut remise en mémoire chez Matthieu par ce récit, et il l’appliqua au vrai fils de Dieu. Il n’ignora pas que cette parole concernait Israël, que Dieu, par amour, appela son Fils , : ne fusse-là qu’une application symbolique, et non l’accomplissement d’une prophétie directe : «Tout cela arriva afin que s’accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète» (Mt 1, 22) Comment Hérode se serait-il fié à la parole de ces étrangers et aurait-il attendu leur retour pour exécuter ses projets ? Ignorant ce qu’il y eut de réel ou d’imaginaire dans la naissance d’un enfant dont on lui parla, ne dut-il pas s’en informer, puis découvrir cet enfant, s’il exista ?

Or quel moyen plus sûr pour cela, que de faire des mages ses espions involontaires ? Pouvait-il envoyer à l’aventure, avec eux ou avant eux, ses représentants ? Ne dut-il pas cacher à eux et à son entourage ses desseins ? Ne fusse pas pour cela qu’il les interrogea secrètement, avec une profonde dissimulation ? Enfin, le crime fut aveugle, et même Hérode put se tromper dans ses calculs. Hérode, pour ne pas manquer son but, étendit à deux ans le laps de temps qui d’après le récit des mages put s’écouler depuis l’apparition de l’étoile. On révoqua en doute ce meurtre des enfants de Bethléem, parce que l’historien Josèphe n’en parla pas. Dans le petit bourg de Bethléem et ses environs (quelques maisons isolées), il put, selon le calcul de Winer, se trouver dix ou douze enfants mâles au-dessous de deux ans.

Le meurtre de ces enfants, quelque horrible qu’il fut, se perdit dans le nombre des crimes d’Hérode qui, après avoir sacrifié à sa haine soupçonneuse sa femme et deux de ses fils, en fit périr un troisième, Antipater, peu avant de mourir ; qui fit conduire au supplice des conjurés avec toute leur famille, qui atteignit de sa dernière maladie, possédé de fureur contre le peuple de Jérusalem parce qu’il alla se réjouir de sa mort, ordonna de rassembler dans le cirque de Jéricho tous les principaux de la ville et de les y faire périr dès qu’il aurait expiré, ainsi, disait-il : «Qu’il y ait au moins des larmes répandues après ma mort.— Josèphe, Antiquités Juives, XVII, 6, 5»

Le terme de deux ans fixé par Hérode supposa que les mages lui avaient dit que l’étoile leur était apparue depuis plus d’un an déjà. Si cette apparition avait coïncidé avec la naissance de Jésus, un intervalle de plus d’une année se serait écoulé entre cette naissance et la visite des mages, mais cela n’est pas probable car Jésus naquit depuis peu quand arrivèrent les mages, Luc nous dit que le domicile habituel de Joseph et Marie fut Nazareth et qu’ils ne furent à Bethléem qu’en passant. Hérode mourut avant la Pâque de 750 et Jésus naquit né dans l’année qui précéda sa mort. Le massacre de Bethléem exécuté quelques semaines après la naissance de Jésus, fut l’un des tout derniers actes du règne d’Hérode. Il faut donc admettre que l’étoile apparut aux mages un an ou deux avant l’événement qu’elle dut leur signaler, de manière à leur permettre d’arriver de leur lointain pays en Judée vers le temps de son accomplissement. Le texte de l’Ancien Testament Jérémie 31.15 au lieu de gémissements, dit amertume et ajoute lamentations avant pleurs. Les meilleurs manuscrits du Nouveau Testament omettent le mot lamentations.

Encore ici la formule : Alors fut accompli n’indique point une prophétie directe, mais l’application de la pensée de Jérémie au tragique événement de Bethléem. Le prophète, pour donner une émouvante expression aux douleurs de son peuple emmené en captivité à Babylone, rappela que la voix de ses gémissements retentit vers le septentrion jusqu’à Rama, ville de la tribu de Benjamin sur les montagnes d’Éphraïm. Par un symbolisme plein de poésie et de vérité, il personnifie toutes les mères israélites dans la mère de la tribu, toutes leurs douleurs dans ses douleurs, mais ce fut pour les consoler en ajoutant «Ainsi a dit l’Éternel : Retiens ta voix de pleurer et tes yeux de verser des larmes, car ton travail aura son salaire et on reviendra du pays de l’ennemi» (J 31, 13).

Telle fut la belle pensée que Matthieu rappela en faisant à son tour de Rachel le type des mères bethléhémites qui pleurèrent leurs enfants égorgés par le tyran. Ces enfants furent réellement ceux de Rachel, mère de toute la tribu de Benjamin et morte à Bethléem où elle fut enterrée. Gn 35, 16-19 Aucune prophétie ne s’accomplit, hélas ! Plus rigoureusement que la voix de nos douleurs qui retentit de siècle en siècle.

Diacre Michel Houyoux

Complément

◊ Diacre Michel Houyoux : cliquez ici pour lire l’article → Épiphanie du Seigneur -Solennit  é

Liens avec d’autres sites web chrétiens

◊ Christine Ponsard : cliquez ici pour lire l’article → Qui sont les saints Innocents d’aujourd’hui ?

◊ Cybercuré : cliquez ici pour lire l’article→ Les Saints Innocents

Vidéo Régis Burnet : Le Roi Hérode → https://youtu.be/Ez8OBD5h0vs

Publié dans Bible, Catéchèse, comportements, évangiles, fêtes religieuses, L'Église, Page jeunesse, Paroisses, Religion, Temps de Noël, Vie des saints | Pas de Commentaires »

Samedi vingt trois décembre 2023

Posté par diaconos le 21 décembre 2023

Le temps de Dieu entre la promesse et l’accomplissement de Patrice ...

 

Jean Baptiste de son nom de naissance Yohanan, est un personnage majeur du christianisme et de l’Islam. Son existence est attestée par un passage de Flavius Josèphe, il fut un prédicateur juif du temps de Jésus de Nazareth. Jean localisa l’activité du Baptiste sur les rives du Jourdain et à Béthanie. Jésus vécut un temps dans son entourage et y recruta ses premiers disciples. Les Évangiles synoptiques synchronisent le début de l’activité de Jésus avec l’emprisonnement de Jean. L’audience de Jean-Baptiste ne cessa de croître, au point de susciter la réaction d’Hérode Antipas, qui, le voyant rassembler ses partisans, craignit qu’il ne suscita une révolution. Le Baptiste fut mis à mort, parce qu’il critiqua le mariage d’Antipas avec Hérodiade.

Dans le christianisme, Jean le Baptiste est le prophète qui annonça la venue de Jésus de Nazareth. Il le baptisa sur les bords du Jourdain, laissant certains de ses disciples se joindre à lui. Précurseur du Messie, il est présenté dans les synoptiques comme partageant beaucoup de traits avec le prophète Élie.  L’Église le canonisa et lui a consacré deux fêtes : le 24 juin qui commémore sa naissance, fixée six mois avant Noël, et le 29 août qui célèbre la mémoire de sa mort. La religion mandéenne en fait son prophète principal. Il est considéré par l’islam comme un prophète descendant de Îmran

De l’Évangile de Jésus Christ selon Luc

Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole et déclara : «Non, il s’appellera Jean.» On lui dit : «Personne dans ta famille ne porte ce nom-là !»

On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : «Jean est son nom.» Et tout le monde en fut étonné. À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : «Que sera donc cet enfant ?» En effet, la main du Seigneur était avec lui. (Lc 1, 57-66)

Le double accomplissement des promesses

L’idée première du travail de Luc et les circonstances dans lesquelles il l’entreprit, le fondement historique de son récit, la source à laquelle puisèrent ses devanciers et à laquelle il se proposa de puiser lui-même. La méthode qu’il suivit fut de remonter à l’origine, exposer les faits d’une manière complète et suivie.

Le but qu’il eut en vue fut de faire reconnaître à Théophile, à qui il dédia son livre, la certitude de l’Évangile et de la vérité chrétienne dans laquelle il fut instruit. Au moment de la circoncision, le huitième jour, les amis de la famille voulurent donner à l’enfant le nom de son père, mais la mère s’y opposa, déclarant qu’il sera appelé Jean. Zacharie consulté par signes indiqua le nom de Jean. À l’instant sa langue se délia, et il bénit Dieu. L’impression produite par cet événement fut profonde dans tout le pays. On se demanda : «Que sera donc ce petit enfant?»

Parlant sous l’inspiration de l’Esprit, Zacharie s’éleva à la contemplation des destinées de la théocratie et rendit grâces pour l’avènement du salut messianique. Il bénit Dieu de ce qu’il visita et racheta son peuple et lui donna dans l’enfant de Marie un puissant Sauveur, accomplissant ainsi les promesses de son alliance et opérant la délivrance de son peuple, qui le servit. Donnant cours alors à ses sentiments de père, Zacharie salua en son enfant le Précurseur, qui apprendra au peuple que le salut consistera dans le pardon des péchés ; puis il revint au Sauveur : il le célébra comme le soleil levant, qui fait resplendir sa lumière sur ceux qui sont assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort, afin de les conduire dans le chemin de la paix. L’enfant grandit de corps et d’esprit ; il resta dans la retraite jusqu’au moment d’entrer dans son ministère.

La circoncision eut lieu le huitième jour, on donna son nom au petit enfant. Les parents et voisins se disposèrent à donner au petit enfant le nom de son père. Mais la mère s’y opposa, car elle sut par son mari qu’il dut porter le nom de Jean. Quelques Pères de l’Église virent dans l’action d’Élisabeth une inspiration du Saint-Esprit, attendu que Zacharie, qui fut muet, ne put pas lui dire le nom du petit enfant. Comme s’il ne fut pas évident que Zacharie sut communiquer à sa femme tous les détails de l’apparition de l’ange et lui indiquer le nom de l’enfant de la même manière qu’il le fit dans un instant !

Les tablettes des anciens furent souvent des plaques en bois enduites de cire sur lesquelles on écrivit avec un style ou sorte de poinçon. Zacharie écrivit : «Jean est son nom». Il parla, voilà le fait extraordinaire noté par Luc. Et aussitôt le pieux Israélite donna essor aux sentiments dont il fut rempli, par un chant de louange et d’action de grâce. L’étonnement d’abord éprouvé fit place à la crainte. On fit de ces paroles, le sujet des entretiens, on les conserva pieusement dans son cœur, et on se demanda : «Que sera ce petit enfant ?» Cette attente fut légitime, car la puissance protectrice de l’Esprit de Dieu, dont il fut déjà rempli, fut avec lui.

Diacre Michel Houyoux

Compléments

◊ Diacre Michel Houyoux : cliquez ici pour lire l’article → Saint Jean-Baptiste

◊ Diacre Michel Houyoux : cliquez ici pour lire l’article →Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste

Liens avec d’autres sites web chrétiens

◊ Idées-Caté : cliquez ici pour lire l’article →La naissance de Jean Baptiste

◊ Regnum Christi : cliquez ici pour lire l’article → Naissance de Jean-Baptiste

Vidéo Père Miche Marie Zanotti Sorkine https://youtu.be/C-p1nmnEurY

Publié dans Bible, Catéchèse, comportements, Disciples de Jésus, évangiles, L'Église, Nouveau Testament, Page jeunesse, Paroisses, Religion, Temps de Noël | Pas de Commentaires »

Nativité du Seigneur – Année B

Posté par diaconos le 19 décembre 2023

 

  Les paroissiens espèrent ainsi rendre heureuses beaucoup de personnes du village et des villages voisins.

  Posté par diaconos le dix-huit décembre 2023

# Le titre ‘Logos’ est donné à Jésus par saint Jean dans le prologue de son Évangile (Jn 1:1-18). D’un point de vue christologique, l’idée que le Christ soit le Logos a joué un rôle important dans l’affirmation de la divinité de Jésus-Christ et sa position en tant que Dieu le Fils dans la Trinité comme indiqué dans le credo de Chalcédoine en l’an 451. Le pape Damase Ier s’intéressa à la formule « le Verbe s’est fait chair » de l’évangile de Jean et refusa l’idée que Dieu devienne homme dans l’incarnation de Jésus-Christ.

Le pape Léon précisa que Dieu s’est uni à l’homme. Pour Justin de Naplouse, le Christ est le Logos incarné. Pour Apollinaire de Laodicée, le Verbe prend totalement possession de Jésus, qui n’a qu’une enveloppe humaine et est entièrement Dieu. Cette opinion, appelée apollinarisme, est considérée comme hérétique par l’Église. Le théologien et philosophe juif Philon d’Alexandrie a beaucoup écrit sur le Logos d’une manière qui rappelle la théologie du Nouveau Testament.

De l’Évangile de Jésus Christ selon Jean

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.

Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.

Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.

Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu.

Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : «C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était.»

Tous, nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ; car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître. (Jn 1, 1-18)

La Parole dans ses rapports avec Dieu et avec le monde

À l’origine de toutes choses la Parole existait, elle était en relation vivante avec Dieu, et elle était Dieu. C’est par elle que toutes choses existent ; en elle était la vie, cette vie qui est la lumière des hommes ; mais l’humanité rebelle repousse cette lumière.

La Parole repoussée par l’incrédulité et reçue par la foi. Bien qu’elle fût précédée du témoignage de Jean-Baptiste, qu’il y eût une relation naturelle entre elle et tout homme, que le monde eût été fait par elle, et qu’elle vînt chez le peuple qui fut préparé comme son chez-soi, elle n obtint ni du monde ni de ce peuple l’accueil auquel on put s’attendre.

Mais à ceux qui l’eurent reçue, elle donna de devenir enfants de Dieu, à ceux qui furent nés, non de la chair, mais de Dieu. La Parole faite chair, objet de l’expérience du croyant. La Parole fut faîte chair et habita parmi nous, pleine de grâce et de vérité.

Jean et les croyants ses contemporains contemplèrent sa gloire de Fils unique venu du Père ; Jean-Baptiste le leur attesta ; et Jean énuméra tout ce qu’ils reçurent de Jésus-Christ, le Fils unique en qui Dieu se révéla.

La Parole

Tandis que les autres évangélistes commencèrent leur narration avec la venue de Jésus-Christ en ce monde, ou son entrée dans son ministère, Jean remonta au-delà du temps, pour saisir le Sauveur dans son éternelle préexistence, car en Jésus de Nazareth, la Parole fut faite chair.

Jean s’élevant à l’origine de toutes choses, présenta la Parole en elle-même et dans sa relation primordiale avec Dieu ; puis il décrivit ses rapports avec le monde en général et son action sur l’humanité rebelle.

Dans la seconde partie,Jean caractérisa l’accueil que les hommes, et spécialement le peuple élu firent à la Parole, quand, annoncée par Jean-Baptiste, elle apparut en Jésus-Christ. Repoussée par le peuple qui aurait dû la recevoir, elle donna à ceux qui la reçurent, et qui, par la foi, naquirent de Dieu, le pouvoir de devenir enfants de Dieu.

Cette expérience des croyants est exposée dans la troisième partie : la Parole faite chair a habité parmi ceux qui ont cru en elle. Les premiers mots de l’Évangile de Jean : «Au commencement était la Parole» rappellent les premiers mots de la Genèse et il ne s’agit pas d’un simple rapprochement dans les termes, mais d’une analogie profonde.

Si la Genèse raconte la création de l’univers, l’Évangile retrace la création nouvelle d’un monde moral. Dans son prologue, Jean remonta à l’origine de toutes choses pour nous montrer l’Auteur de cette double création.

Si les mots : au commencement ne reportèrent pas la pensée au-delà de la première création, Jean ne dit pourtant pas que la Parole elle-même fut alors créée, mais qu’elle était au moment où toutes choses furent créées, qu’elle fut antérieure à toute la création.

Si la pensée de l’éternité n’était pas impliquée dans les termes mêmes dont se servit Jean, elle se présenterait comme une conséquence de la nature divine attribuée à la Parole.

Et cette idée de la préexistence éternelle du Fils de Dieu ne fut pas une spéculation métaphysique de Jean, mais une vérité religieuse clairement enseignée dans tout le Nouveau Testament, et qui ressortit de mainte déclaration de Jésus lui-même, dans l’Évangile : « Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, je suis» (Jn 8, 58)

Rattachant sa pensée au commencement de la Genèse, Jean affirma que toute la création fut réalisée par la Parole, expression de la volonté et de la puissance de Dieu. Le terme de Parole, non moins que celui de au commencement, sert à rappeler le récit génésiaque ; il fait allusion à ce : ce Dieu, huit fois répété, qui est comme le refrain de ce magnifique poème. Tous ces dire de Dieu, Jean les rassembla comme en une Parole unique, vivante, douée d’intelligence et d’activité, de laquelle émanait chacun de ces ordres particuliers.

«Au fond de ces paroles divines parlées, il découvrit la parole divine parlante. Mais, tandis que celles là retentirent dans le temps, celle-ci exista au-dessus et en dehors du temps.» (Godet) Comment Jean fut-il amené à concevoir comme une personne cette Parole éternelle, par laquelle ont eurent lieu la création et toutes les révélations divines ?

L’Ancien Testament, compris à la lumière des enseignements de son Maître, lui fournit cette idée. Plusieurs de ses données conduisent  à la notion de la Parole que nous trouvons dans l’évangile.

Dans une série de passages, la Parole de l’Éternel est l’objet de personnifications plus ou moins poétiques : c’est par elle que les cieux ont été faits (Ps 33, 6) c’est elle que Dieu envoya à ceux qui furent dans l’angoisse, et elle les guérit ; c’est elle que Dieu envoya sur la terre ; c’est elle qui, sortant de la bouche de Dieu, exécuta son bon plaisir et amena à bien la chose pour laquelle il l’envoya : «Ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche: Elle ne retourne point à moi sans effet, Sans avoir exécuté ma volonté Et accompli mes desseins» (Is 55, 11)

  1. Dans les livres des prophètes, la Parole de l’Éternel est présentée comme l’organe des révélations divines : «La parole de l’Éternel a été adressée à Ézéchiel, le fils du prêtre Buzi, dans le pays des Babyloniens, près du fleuve Kebar. C’est là que la main de l’Éternel a reposé sur lui.

  2. Depuis l’exil, les docteurs juifs considérèrent ces actions attribuées à la Parole divine comme l’œuvre d’un agent permanent et personnel qu’ils nommèrent la Memra (Parole) de Jéhovah. La Sagesse divine se présenta aux hommes, parlant, agissant comme un être personnel.

  3. « L’Éternel m’a possédée dès le commencement, avant ses œuvres ; j’ai été établie dès l’éternité, avant les origines de la terre »

  4. Deux vérités, en apparence contradictoires, sont enseignées dans toute l’écriture : d’une part, Dieu, le Dieu invisible, inaccessible, ne s’est jamais manifesté aux hommes. «Personne ne vit jamais Dieu», nul homme ne peut le voir et vivre. «Il est le seul à posséder l’immortalité, lui qui habite une lumière inaccessible et qu’aucun homme n’a vu ni ne peut voir. A lui soient l’honneur et la puissance éternelle. Amen !» (Ti 6, 16)

  5. D’autre part, la Bible raconte à toutes les époques de l’histoire d’Israël diverses théophanies ou apparitions de Dieu à ses serviteurs. Comment se concilie cette contradiction ? Par la manifestation d’un être mystérieux qui est appelé l’ange de sa face :«Dans toutes leurs détresses ils n’ont pas été sans secours, Et l’ange qui est devant sa face les a sauvés; Il les a lui-même rachetés, dans son amour et sa miséricorde, Et constamment il les a soutenus et portés, aux anciens jour» (Is 63, 9)

  6. Cette même révélation divine par l’ange qui s’appelle l’Éternel est souvent rapportée dans l’Écriture.Mon nom est en lui, dit l’Éternel en parlant de l’ange qu’il envoyait devant Israël, c’est-à-dire qu’il fut la manifestation de l’essence divine elle-même.

Enfin, le dernier des prophètes annonça en ces termes l’apparition définitive sur notre terre de ce grand révélateur de Dieu : « Voici, je vais envoyer mon messager ; il préparera la voie devant moi et aussitôt entrera dans son temple le Seigneur (Adonaï) que vous cherchez, l’ange de l’alliance que vous désirez » (Ml 3, 1).w

Ces deux vérités contradictoires furent conciliées, et Jean, qui fut pénétré de toutes deux, en montra le sublime accord dans ces paroles : «Personne ne vit jamais Dieu, le Fils unique qui est dans le sein du Père, est celui qui nous l’a fait connaître»w

Nous savons maintenant pourquoi Jean appelle la Parole Celui par qui le Dieu invisible s’est toujours manifesté au monde, soit dans la création, soit dans ses révélations successives, soit enfin dans la rédemption de notre humanité. Et l’on conçoit quelle vive lumière ce fait projette sur toutes les Écritures, qui nous apparaissent ainsi dans leur pleine harmonie.w

Jean a donc tiré de l’Ancien Testament son idée de la Parole. Si, de ce que ce mot était alors usité dans les écoles de la philosophie alexandrine et se trouve souvent dans les écrits de Philon, on veut inférer que Jean l’a emprunté à ce philosophe, il n’y a pas lieu de le nier absolument.

Mais s’il l’a fait, c’est pour rectifier les notions fausses que ce terme recouvrait et pour mettre la vérité divine à la place des spéculations métaphysiques de son époque.

« Mais nous prêchons une sagesse entre les parfaits, sagesse qui n’est pas de ce siècle, mais une sagesse de Dieu» (1 Co 2, 6). La préposition ‘Avec Dieu’ ne signifie pas seulement que la Parole fut auprès de Dieu, dans sa société ; elle la présente dans un mouvement constant directionnel.

Malgré l’apparition des ténèbres qui envahirent l’humanité, la lumière ne cessa pas de projeter ses rayons salutaires elle persista à éclairer cette humanité devenue ténèbres : mais, par suite de l’obscurcissement moral, l’humanité résista à l’action de la lumière : «Les ténèbres ne la reçurent pas

Les moyens naturels de cette illumination sont, d’une part, la contemplation des œuvres de Dieu dans la création et, d’autre part, les avertissements de la conscience, cette loi écrite dans les cœurs : «Quand des non-Juifs qui n’ont pas la loi font naturellement ce que prescrit la loi, ils se tiennent lieu de loi à eux-mêmes, bien qu’ils n’aient pas la loi. Ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leur cœur, car leur conscience en rend témoignage et leurs pensées les accusent ou les défendent tour à tour.» (Rm 2, 14-15)

Ces moyens avec le secours de la Parole éternelle qui les employa suffirent pour ramener les hommes à Dieu, s’ils fussent dans un état normal ; ils fallut les rendre  inexcusables de résister aux sollicitations de cette lumière.

«Ils ne l’ont pas reçue», dit Jean avec tristesse. Il exprima ainsi l’expérience universelle des siècles, sans s’arrêter aux rares exceptions de ces hommes qui, de temps à autre, s’élevèrent par leurs lumières, bien au-dessus de leurs semblables.

Quoiqu’il y eut des degrés divers dans l’obscurcissement de l’intelligence et du cœur tous, même les meilleurs, restèrent plus ou moins sous l’influence de ces ténèbres au sein desquelles apparut la lumière.

Après avoir dit ce que fut la Parole divine, créatrice, vie et lumière des hommes, et comment elle ne put être reçue à cause des ténèbres qui régnèrent dans le monde, Jean poursuivit son exposition, en nous transportant au moment le plus tragique de cette lutte de la lumière avec les ténèbres.

La Parole vint au sein du peuple qui fut préparé pour la recevoir ; elle fut repoussée par lui, mais elle se constitua un nouveau peuple, formé de ceux qui reçurent d’elle par la foi le pouvoir de devenir enfants de Dieu. Jean annonça ce qu’il reçut par une révélation divine, et ce dont il fut un témoin oculaire.

Le but du témoignage de Jean fut que tous crussent à la lumière par lui.Telle fut l’intention de Dieu dans sa miséricorde ; et le témoignage de Jean fut assez clair, assez puissant, pour que cette intention fut réalisée en tous, si la plupart n’eussent été retenus loin de la foi par l’endurcissement de leurs cœurs.

Cependant plusieurs crurent, et les plus éminents disciples de Jean devinrent disciples de Jésus. Bien que Jean-Baptiste fût le plus grand des prophètes, et que Jésus lui-même l’appela : «La lampe qui brûle et qui luit » (Jn 5, 35), il ne fut pas la lumière ; son rôle se réduisait à rendre témoignage à la lumière.

On a vu dans ces paroles de Jean une intention de polémique contre ses disciples qui ne curent pas cru en Jésus : « Il dit: De quel baptême avez-vous donc été baptisés ? Et ils répondirent : Du baptême de Jean.

Alors Paul dit : «Jean a baptisé du baptême de repentance, disant au peuple de croire en celui qui venait après lui, c’est-à-dire, en Jésus» (Ac 19, 3-4) Selon d’autres, elle rappellerait l’expérience personnelle de Jean, qui crut d’abord avoir trouvé en Jean toute la lumière qu’il chercha, mais qui dut reconnaître, lorsqu’il l’eut adressé à Jésus.

Le témoignage de Jean ne fut pas le seul fait qui aurait dû assurer un accueil favorable à la Parole : une relation primordiale l’unissait à chaque homme et au monde dans son ensemble et le milieu dans lequel elle parut fut spécialement préparé pour elle.

La Parole, cette lumière à laquelle Jean dut rendre témoignage, fut la véritable lumière, qui éclaire tout homme. La Parole fut appelée la véritable lumière par contraste avec la lumière que répandit Jean-Baptiste et qui ne fut qu’un reflet de la véritable lumière manifestée en Jésus.

Cette lumière divine éclaire chaque personne. Il s’agit de cette illumination universelle et intérieure que la Parole éternelle procure à chacune personne créée à l’image de Dieu et par laquelle celle-ci est amenée à sentir le besoin d’un Sauveur et à le reconnaître quand il lui est présenté.

Jean s’arrêta sur ce point, de montrer par l’effet, qu’un chacun de nous sent en soi que Christ est la lumière4. Cette lumière a répandu de ses rayons généralement sur tout le genre humain. Car nous sommes doués de raison et intelligence, qui nous permettent de faire la distinction entre le Bien et le Mal.

«Christ n’a jamais été tellement absent du monde que cependant les hommes étant éveillés par ses rayons, ne dussent lever leurs yeux vers lui.» (Calvin)

Au lieu de cela, Jean constata avec tristesse que le monde ne l’a point connu, tellement il fut aveuglé par les ténèbres du péché. Malgré tout, les siens ne l’ont pas accueilli. Ce dernier terme est plus expressif encore que les précédents.Bien loin d’avoir été accueillie, la Parole vivante et personnelle fut rejetée, méprisée, crucifiée.

Croire en son nom, c’est croire en lui, mais Jean employa ce terme parce que, dans le style de l’Écriture, qui fut celui de la vérité, le nom exprime l’essence intime et réelle d’un être : «Voici donc comment vous devez prier : Notre Père qui es aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié» (Mt 6, 9)

À ceux qui croient en lui, le Sauveur communique une grâce immense : le pouvoir de devenir enfants de Dieu.Jésus donna à ses disciples autorité sur les esprits impurs : «Le pouvoir de les chasser et de guérir toute maladie» (Mt 10, 1).x

Or Jésus seul peut donner à de pauvres pécheurs, qui sont par nature enfants de colère, le pouvoir de devenir des enfants de Dieu ; seul il peut les enrichir de toutes les dispositions morales que suppose ce beau titre.

C’est là l’œuvre de Dieu, l’effet et la preuve de son amour immense.Pour devenir enfant de Dieu, il faut être engendré de Dieu. Ces termes caractérisent dans toute sa réalité la transformation morale que l’Écriture appelle régénération, nouvelle naissance, création nouvelle, et que Dieu lui-même opère par la puissance de son Esprit : «Jésus répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu» (Jn 3, 5)

La Parole est devenue chair. Quel contraste ! Quel abîme entre ces deux termes ! La chair désigne, comme partout dans l’Écriture, la nature humaine, l’homme tout entier, dans l’état de faiblesse, d’infirmité, de souffrance et de mortalité auquel il se trouve réduit par suite du péché.

L’histoire évangélique, en racontant la naissance de Jésus, met sur la voie de comprendre comment il n’eut aucune part à la corruption native de notre humanité : «Comme il y pensait, voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l’enfant qu’elle a conçu vient du Saint-Esprit; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus» (Mt 1, 20)

Cette incarnation du Fils de Dieu, né au sein de notre humanité, afin de la sauver en la pénétrant d’une vie nouvelle, est le fondement de la foi chrétienne, à la position qu’il prend en présence de ce fait, on peut reconnaître si un homme est de Dieu ou s’il porte en lui l’esprit de l’antéchrist : « Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu: tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu, c’est celui de l’antéchrist, dont vous avez appris la venue, et qui maintenant est déjà dans le monde.» (1 Jn 2-3)x

Après avoir invoqué l’autorité de Jean-Baptiste, Jean continua en rapportant son expérience personnelle, qui fut celle de tous les croyants : «Nous avons reçu de sa plénitude la grâce et la vérité».

Ces mots sont énigmatiques et renferment une contradiction intentionnelle dans les termes : «Celui qui vient après moi, puisqu’il n’est pas encore entré dans son ministère, m’a précédé, selon l’ordre des temps, vu qu’il était avant moi, qu’il existait antérieurement à son apparition sur la terre, dans l’éternité.»

Les paroles de Jean-Baptiste confirmèrent ainsi celles de Jean. La plupart des interprètes entendent ces mots : m’a précédé, dans le sens de :m’a surpassé, est préféré, est supérieur à moi ; en un mot, comme désignant le rang, la dignité, et non l’ordre des temps.

Voir Dieu, c’est avoir une intuition immédiate de son essence, de ses perfections, et c’est ce qui n’a jamais été donné à aucun homme sur la terre et qui reste la prérogative exclusive du Fils unique.Jean avait entendu cette déclaration de Jésus lui-même. Tout homme déchu serait resté à jamais exclu d’une connaissance parfaite de Dieu, s’il ne nous avait été révélé en Jésus-Christ.x

Mais c’est cette révélation même que Jean proclama. Quelques interprètes (Meyer, Hofmann, Weiss) virent dans ces mots la relation du Fils avec Dieu après son retour dans la gloire, et non durant son état d’abaissement sur la terre.Jean employa cette expression en se plaçant au point de vue du temps où il écrivit : qui est maintenant dans le sein du Père.

L’état céleste dont jouit présentement Jésus ne saurait expliquer comment il a pu révéler Dieu parfaitement pendant qu’il était sur la terre. (Godet)

Jésus fut dans le sein du Père, par sa communion intime avec lui ; il était  dans le ciel tout en vivant sur la terre et, en mainte occasion, il déclara qu’il ne parle que selon ce qu’il vit et entendit de son Père.

C’est parce qu’il fut dans le sein du Père qu’il put être, non seulement le révélateur, mais la révélation même de Dieu. Jean affectionna ce nom de Père, parce que Jésus exprima habituellement par ce nom l’ineffable amour qui est l’essence de Dieu.

«Jésus a manifesté Dieu comme Père, et pour cela… il lui a suffi de se montrer comme Fils Montrer en lui le Fils, c’était le mode le plus simple de montrer en Dieu le Père.» (Godet)

En contemplant Jésus, Jean trouva cette définition sublime de Dieu : «Dieu est amour.» La leçon : le Dieu Fils unique, est attestée par les Pères alexandrins à peu près exclusivement. Elle ne trouve son analogue dans aucun texte du Nouveau Testament.

Diacre Michel Houyoux

Liens avec d’autres sites Web chrétiens

◊ Église catholique de France : cliquez ici pour lire l’article→Et le verbe s’est fait chair

◊ Frère Jean-Marc Gayraud : cliquez ici pour lire l’article→ Le Verbe s’est fait chair

Vidéo Le verbe s’est fait chair : cliquez ici pour voir la vidéo→https://youtu.be/xe3ZqbsQMDk

 

 

 Les paroissiens espèrent ainsi rendre heureuses beaucoup de personnes du village et des villages voisins.

 

# Le titre ‘Logos’ est donné à Jésus par saint Jean dans le prologue de son Évangile (Jn 1:1-18). D’un point de vue christologique, l’idée que le Christ soit le Logos a joué un rôle important dans l’affirmation de la divinité de Jésus-Christ et sa position en tant que Dieu le Fils dans la Trinité comme indiqué dans le credo de Chalcédoine en l’an 451. Le pape Damase Ier s’intéressa à la formule « le Verbe s’est fait chair » de l’évangile de Jean et refusa l’idée que Dieu devienne homme dans l’incarnation de Jésus-Christ.

Le pape Léon précisa que Dieu s’est uni à l’homme. Pour Justin de Naplouse, le Christ est le Logos incarné. Pour Apollinaire de Laodicée, le Verbe prend totalement possession de Jésus, qui n’a qu’une enveloppe humaine et est entièrement Dieu. Cette opinion, appelée apollinarisme, est considérée comme hérétique par l’Église. Le théologien et philosophe juif Philon d’Alexandrie a beaucoup écrit sur le Logos d’une manière qui rappelle la théologie du Nouveau Testament.

De l’Évangile de Jésus Christ selon Jean

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.

Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière. Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu.

Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : «C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était.» Tous, nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ; car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître. (Jn 1, 1-18)

La Parole dans ses rapports avec Dieu et avec le monde

À l’origine de toutes choses la Parole existait, elle était en relation vivante avec Dieu, et elle était Dieu. C’est par elle que toutes choses existent ; en elle était la vie, cette vie qui est la lumière des hommes ; mais l’humanité rebelle repousse cette lumière.

La Parole repoussée par l’incrédulité et reçue par la foi. Bien qu’elle fût précédée du témoignage de Jean-Baptiste, qu’il y eût une relation naturelle entre elle et tout homme, que le monde eût été fait par elle, et qu’elle vînt chez le peuple qui fut préparé comme son chez-soi, elle n obtint ni du monde ni de ce peuple l’accueil auquel on put s’attendre. Mais à ceux qui l’eurent reçue, elle donna de devenir enfants de Dieu, à ceux qui furent nés, non de la chair, mais de Dieu. La Parole faite chair, objet de l’expérience du croyant. La Parole fut faîte chair et habita parmi nous, pleine de grâce et de vérité. Jean et les croyants ses contemporains contemplèrent sa gloire de Fils unique venu du Père ; Jean-Baptiste le leur attesta ; et Jean énuméra tout ce qu’ils reçurent de Jésus-Christ, le Fils unique en qui Dieu se révéla.

La Parole

Tandis que les autres évangélistes commencèrent leur narration avec la venue de Jésus-Christ en ce monde, ou son entrée dans son ministère, Jean remonta au-delà du temps, pour saisir le Sauveur dans son éternelle préexistence, car en Jésus de Nazareth, la Parole fut faite chairJean s’élevant à l’origine de toutes choses, présenta la Parole en elle-même et dans sa relation primordiale avec Dieu ; puis il décrivit ses rapports avec le monde en général et son action sur l’humanité rebelle.

Dans la seconde partie, Jean caractérisa l’accueil que les hommes, et spécialement le peuple élu firent à la Parole, quand, annoncée par Jean-Baptiste, elle apparut en Jésus-Christ. Repoussée par le peuple qui aurait dû la recevoir, elle donna à ceux qui la reçurent, et qui, par la foi, naquirent de Dieu, le pouvoir de devenir enfants de Dieu. Cette expérience des croyants est exposée dans la troisième partie : la Parole faite chair a habité parmi ceux qui ont cru en elle. Les premiers mots de l’Évangile de Jean : «Au commencement était la Parole» rappellent les premiers mots de la Genèse et il ne s’agit pas d’un simple rapprochement dans les termes, mais d’une analogie profonde.

Si la Genèse raconte la création de l’univers, l’Évangile retrace la création nouvelle d’un monde moral. Dans son prologue, Jean remonta à l’origine de toutes choses pour nous montrer l’Auteur de cette double création. Si les mots : au commencement ne reportèrent pas la pensée au-delà de la première création, Jean ne dit pourtant pas que la Parole elle-même fut alors créée, mais qu’elle était au moment où toutes choses furent créées, qu’elle fut antérieure à toute la création.

Si la pensée de l’éternité n’était pas impliquée dans les termes mêmes dont se servit Jean, elle se présenterait comme une conséquence de la nature divine attribuée à la Parole. Et cette idée de la préexistence éternelle du Fils de Dieu ne fut pas une spéculation métaphysique de Jean, mais une vérité religieuse clairement enseignée dans tout le Nouveau Testament, et qui ressortit de mainte déclaration de Jésus lui-même, dans l’Évangile : « Jésus leur dit: En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, je suis» (Jn 8, 58)

Rattachant sa pensée au commencement de la Genèse, Jean affirma que toute la création fut réalisée par la Parole, expression de la volonté et de la puissance de Dieu. Le terme de Parole, non moins que celui de au commencement, sert à rappeler le récit génésiaque ; il fait allusion à ce : ce Dieu, huit fois répété, qui est comme le refrain de ce magnifique poème. Tous ces dire de Dieu, Jean les rassembla comme en une Parole unique, vivante, douée d’intelligence et d’activité, de laquelle émanait chacun de ces ordres particuliers.

«Au fond de ces paroles divines parlées, il découvrit la parole divine parlante. Mais, tandis que celles là retentirent dans le temps, celle-ci exista au-dessus et en dehors du temps.» (Godet) Comment Jean fut-il amené à concevoir comme une personne cette Parole éternelle, par laquelle ont eurent lieu la création et toutes les révélations divines ? L’Ancien Testament, compris à la lumière des enseignements de son Maître, lui fournit cette idée. Plusieurs de ses données conduisent  à la notion de la Parole que nous trouvons dans l’évangile.

Dans une série de passages, la Parole de l’Éternel est l’objet de personnifications plus ou moins poétiques : c’est par elle que les cieux ont été faits (Ps 33, 6) c’est elle que Dieu envoya à ceux qui furent dans l’angoisse, et elle les guérit ; c’est elle que Dieu envoya sur la terre ; c’est elle qui, sortant de la bouche de Dieu, exécuta son bon plaisir et amena à bien la chose pour laquelle il l’envoya : «Ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche: Elle ne retourne point à moi sans effet, Sans avoir exécuté ma volonté Et accompli mes desseins» (Is 55, 11)

  1. Dans les livres des prophètes, la Parole de l’Éternel est présentée comme l’organe des révélations divines : «La parole de l’Éternel a été adressée à Ézéchiel, le fils du prêtre Buzi, dans le pays des Babyloniens, près du fleuve Kebar. C’est là que la main de l’Éternel a reposé sur lui.

  2. Depuis l’exil, les docteurs juifs considérèrent ces actions attribuées à la Parole divine comme l’œuvre d’un agent permanent et personnel qu’ils nommèrent la Memra (Parole) de Jéhovah. La Sagesse divine se présenta aux hommes, parlant, agissant comme un être personnel.

  3. « L’Éternel m’a possédée dès le commencement, avant ses œuvres ; j’ai été établie dès l’éternité, avant les origines de la terre »

  4. Deux vérités, en apparence contradictoires, sont enseignées dans toute l’écriture : d’une part, Dieu, le Dieu invisible, inaccessible, ne s’est jamais manifesté aux hommes. «Personne ne vit jamais Dieu», nul homme ne peut le voir et vivre. «Il est le seul à posséder l’immortalité, lui qui habite une lumière inaccessible et qu’aucun homme n’a vu ni ne peut voir. A lui soient l’honneur et la puissance éternelle. Amen !» (Ti 6, 16)

  5. D’autre part, la Bible raconte à toutes les époques de l’histoire d’Israël diverses théophanies ou apparitions de Dieu à ses serviteurs. Comment se concilie cette contradiction ? Par la manifestation d’un être mystérieux qui est appelé l’ange de sa face :«Dans toutes leurs détresses ils n’ont pas été sans secours, Et l’ange qui est devant sa face les a sauvés; Il les a lui-même rachetés, dans son amour et sa miséricorde, Et constamment il les a soutenus et portés, aux anciens jour» (Is 63, 9)

  6. Cette même révélation divine par l’ange qui s’appelle l’Éternel est souvent rapportée dans l’Écriture. Mon nom est en lui, dit l’Éternel en parlant de l’ange qu’il envoyait devant Israël, c’est-à-dire qu’il fut la manifestation de l’essence divine elle-même.

Enfin, le dernier des prophètes annonça en ces termes l’apparition définitive sur notre terre de ce grand révélateur de Dieu : « Voici, je vais envoyer mon messager ; il préparera la voie devant moi et aussitôt entrera dans son temple le Seigneur (Adonaï) que vous cherchez, l’ange de l’alliance que vous désirez » (Ml 3, 1). Ces deux vérités contradictoires furent conciliées, et Jean, qui fut pénétré de toutes deux, en montra le sublime accord dans ces paroles : «Personne ne vit jamais Dieu, le Fils unique qui est dans le sein du Père, est celui qui nous l’a fait connaître»

Nous savons maintenant pourquoi Jean appelle la Parole Celui par qui le Dieu invisible s’est toujours manifesté au monde, soit dans la création, soit dans ses révélations successives, soit enfin dans la rédemption de notre humanité. Et l’on conçoit quelle vive lumière ce fait projette sur toutes les Écritures, qui nous apparaissent ainsi dans leur pleine harmonie. Jean a donc tiré de l’Ancien Testament son idée de la Parole. Si, de ce que ce mot était alors usité dans les écoles de la philosophie alexandrine et se trouve souvent dans les écrits de Philon, on veut inférer que Jean l’a emprunté à ce philosophe, il n’y a pas lieu de le nier absolument. Mais s’il l’a fait, c’est pour rectifier les notions fausses que ce terme recouvrait et pour mettre la vérité divine à la place des spéculations métaphysiques de son époque.

« Mais nous prêchons une sagesse entre les parfaits, sagesse qui n’est pas de ce siècle, mais une sagesse de Dieu» (1 Co 2, 6). La préposition ‘Avec Dieu’ ne signifie pas seulement que la Parole fut auprès de Dieu, dans sa société ; elle la présente dans un mouvement constant directionnel. Malgré l’apparition des ténèbres qui envahirent l’humanité, la lumière ne cessa pas de projeter ses rayons salutaires elle persista à éclairer cette humanité devenue ténèbres : mais, par suite de l’obscurcissement moral, l’humanité résista à l’action de la lumière : «Les ténèbres ne la reçurent pas

Les moyens naturels de cette illumination sont, d’une part, la contemplation des œuvres de Dieu dans la création et, d’autre part, les avertissements de la conscience, cette loi écrite dans les cœurs : «Quand des non Juifs qui n’ont pas la loi font naturellement ce que prescrit la loi, ils se tiennent lieu de loi à eux-mêmes, bien qu’ils n’aient pas la loi. Ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leur cœur, car leur conscience en rend témoignage et leurs pensées les accusent ou les défendent tour à tour.» (Rm 2, 14-15) 

Ces moyens avec le secours de la Parole éternelle qui les employa suffirent pour ramener les hommes à Dieu, s’ils fussent dans un état normal ; ils fallut les rendre  inexcusables de résister aux sollicitations de cette lumière. «Ils ne l’ont pas reçue», dit Jean avec tristesse. Il exprima ainsi l’expérience universelle des siècles, sans s’arrêter aux rares exceptions de ces hommes qui, de temps à autre, s’élevèrent par leurs lumières, bien au-dessus de leurs semblables.

Quoiqu’il y eut des degrés divers dans l’obscurcissement de l’intelligence et du cœur tous, même les meilleurs, restèrent plus ou moins sous l’influence de ces ténèbres au sein desquelles apparut la lumière. Après avoir dit ce que fut la Parole divine, créatrice, vie et lumière des hommes, et comment elle ne put être reçue à cause des ténèbres qui régnèrent dans le monde, Jean poursuivit son exposition, en nous transportant au moment le plus tragique de cette lutte de la lumière avec les ténèbres.

La Parole vint au sein du peuple qui fut préparé pour la recevoir ; elle fut repoussée par lui, mais elle se constitua un nouveau peuple, formé de ceux qui reçurent d’elle par la foi le pouvoir de devenir enfants de Dieu. Jean annonça ce qu’il reçut par une révélation divine, et ce dont il fut un témoin oculaire. Le but du témoignage de Jean fut que tous crussent à la lumière par lui. Telle fut l’intention de Dieu dans sa miséricorde ; et le témoignage de Jean fut assez clair, assez puissant, pour que cette intention fut réalisée en tous, si la plupart n’eussent été retenus loin de la foi par l’endurcissement de leurs cœurs.

Cependant plusieurs crurent, et les plus éminents disciples de Jean devinrent disciples de Jésus. Bien que Jean-Baptiste fût le plus grand des prophètes, et que Jésus lui-même l’appela : «La lampe qui brûle et qui luit » (Jn 5, 35), il ne fut pas la lumière ; son rôle se réduisait à rendre témoignage à la lumière. On a vu dans ces paroles de Jean une intention de polémique contre ses disciples qui ne curent pas cru en Jésus : « Il dit: De quel baptême avez-vous donc été baptisés ? Et ils répondirent : Du baptême de Jean. Alors Paul dit : «Jean a baptisé du baptême de repentance, disant au peuple de croire en celui qui venait après lui, c’est-à-dire, en Jésus» (Ac 19, 3-4)

Selon d’autres, elle rappellerait l’expérience personnelle de Jean, qui crut d’abord avoir trouvé en Jean toute la lumière qu’il chercha, mais qui dut reconnaître, lorsqu’il l’eut adressé à Jésus. Le témoignage de Jean ne fut pas le seul fait qui aurait dû assurer un accueil favorable à la Parole : une relation primordiale l’unissait à chaque homme et au monde dans son ensemble et le milieu dans lequel elle parut fut spécialement préparé pour elle. La Parole, cette lumière à laquelle Jean dut rendre témoignage, fut la véritable lumière, qui éclaire tout homme. La Parole fut appelée la véritable lumière par contraste avec la lumière que répandit Jean-Baptiste et qui ne fut qu’un reflet de la véritable lumière manifestée en Jésus.

Cette lumière divine éclaire chaque personne. Il s’agit de cette illumination universelle et intérieure que la Parole éternelle procure à chacune personne créée à l’image de Dieu et par laquelle celle-ci est amenée à sentir le besoin d’un Sauveur et à le reconnaître quand il lui est présenté. Jean s’arrêta sur ce point, de montrer par l’effet, qu’un chacun de nous sent en soi que Christ est la lumière4. Cette lumière a répandu de ses rayons généralement sur tout le genre humain. Car nous sommes doués de raison et intelligence, qui nous permettent de faire la distinction entre le Bien et le Mal.

«Christ n’a jamais été tellement absent du monde que cependant les hommes étant éveillés par ses rayons, ne dussent lever leurs yeux vers lui.» (Calvin) Au lieu de cela, Jean constata avec tristesse que le monde ne l’a point connu, tellement il fut aveuglé par les ténèbres du péché. Malgré tout, les siens ne l’ont pas accueilli. Ce dernier terme est plus expressif encore que les précédents.Bien loin d’avoir été accueillie, la Parole vivante et personnelle fut rejetée, méprisée, crucifiée.

Croire en son nom, c’est croire en lui, mais Jean employa ce terme parce que, dans le style de l’Écriture, qui fut celui de la vérité, le nom exprime l’essence intime et réelle d’un être : «Voici donc comment vous devez prier : Notre Père qui es aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié» (Mt 6, 9) À ceux qui croient en lui, le Sauveur communique une grâce immense : le pouvoir de devenir enfants de Dieu.  Jésus donna à ses disciples autorité sur les esprits impurs : «Le pouvoir de les chasser et de guérir toute maladie» (Mt 10, 1).x

Or Jésus seul peut donner à de pauvres pécheurs, qui sont par nature enfants de colère, le pouvoir de devenir des enfants de Dieu ; seul il peut les enrichir de toutes les dispositions morales que suppose ce beau titre. C’est là l’œuvre de Dieu, l’effet et la preuve de son amour immense.Pour devenir enfant de Dieu, il faut être engendré de Dieu. Ces termes caractérisent dans toute sa réalité la transformation morale que l’Écriture appelle régénération, nouvelle naissance, création nouvelle, et que Dieu lui-même opère par la puissance de son Esprit : «Jésus répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu» (Jn 3, 5)

La Parole est devenue chair. Quel contraste ! Quel abîme entre ces deux termes ! La chair désigne, comme partout dans l’Écriture, la nature humaine, l’homme tout entier, dans l’état de faiblesse, d’infirmité, de souffrance et de mortalité auquel il se trouve réduit par suite du péché. L’histoire évangélique, en racontant la naissance de Jésus, met sur la voie de comprendre comment il n’eut aucune part à la corruption native de notre humanité : «Comme il y pensait, voici, un ange du Seigneur lui apparut en songe, et dit : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l’enfant qu’elle a conçu vient du Saint-Esprit; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus» (Mt 1, 20)

Cette incarnation du Fils de Dieu, né au sein de notre humanité, afin de la sauver en la pénétrant d’une vie nouvelle, est le fondement de la foi chrétienne, à la position qu’il prend en présence de ce fait, on peut reconnaître si un homme est de Dieu ou s’il porte en lui l’esprit de l’antéchrist : « Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu: tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu, c’est celui de l’antéchrist, dont vous avez appris la venue, et qui maintenant est déjà dans le monde.» (1 Jn 2-3)x

Après avoir invoqué l’autorité de Jean-Baptiste, Jean continua en rapportant son expérience personnelle, qui fut celle de tous les croyants : «Nous avons reçu de sa plénitude la grâce et la vérité». Ces mots sont énigmatiques et renferment une contradiction intentionnelle dans les termes : «Celui qui vient après moi, puisqu’il n’est pas encore entré dans son ministère, m’a précédé, selon l’ordre des temps, vu qu’il était avant moi, qu’il existait antérieurement à son apparition sur la terre, dans l’éternité.»

Les paroles de Jean-Baptiste confirmèrent ainsi celles de Jean. La plupart des interprètes entendent ces mots : m’a précédé, dans le sens de :m’a surpassé, est préféré, est supérieur à moi ; en un mot, comme désignant le rang, la dignité, et non l’ordre des temps. Voir Dieu, c’est avoir une intuition immédiate de son essence, de ses perfections, et c’est ce qui n’a jamais été donné à aucun homme sur la terre et qui reste la prérogative exclusive du Fils unique. Jean avait entendu cette déclaration de Jésus lui-même. Tout homme déchu serait resté à jamais exclu d’une connaissance parfaite de Dieu, s’il ne nous avait été révélé en Jésus-Christ.

Mais c’est cette révélation même que Jean proclama. Quelques interprètes (Meyer, Hofmann, Weiss) virent dans ces mots la relation du Fils avec Dieu après son retour dans la gloire, et non durant son état d’abaissement sur la terre. Jean employa cette expression en se plaçant au point de vue du temps où il écrivit : qui est maintenant dans le sein du Père. L’état céleste dont jouit présentement Jésus ne saurait expliquer comment il a pu révéler Dieu parfaitement pendant qu’il était sur la terre. (Godet) Jésus fut dans le sein du Père, par sa communion intime avec lui ; il était  dans le ciel tout en vivant sur la terre et, en mainte occasion, il déclara qu’il ne parle que selon ce qu’il vit et entendit de son Père.

C’est parce qu’il fut dans le sein du Père qu’il put être, non seulement le révélateur, mais la révélation même de Dieu. Jean affectionna ce nom de Père, parce que Jésus exprima habituellement par ce nom l’ineffable amour qui est l’essence de Dieu. «Jésus a manifesté Dieu comme Père, et pour cela… il lui a suffi de se montrer comme Fils Montrer en lui le Fils, c’était le mode le plus simple de montrer en Dieu le Père.» (Godet) En contemplant Jésus, Jean trouva cette définition sublime de Dieu : «Dieu est amour.» La leçon : le Dieu Fils unique, est attestée par les Pères alexandrins à peu près exclusivement. Elle ne trouve son analogue dans aucun texte du Nouveau Testament.

Diacre Michel Houyoux

Liens avec d’autres sites Web chrétiens

◊ Église catholique de France : cliquez ici pour lire l’article → Et le verbe s’est fait chair

◊ Frère Jean-Marc Gayraud : cliquez ici pour lire l’article→ Le Verbe s’est fait chair

Vidéo  Le Verbe s’est fait chair : cliquez ici pour voir la vidéo→https://youtu.be/xe3ZqbsQMDk

Publié dans Bible, Catéchèse, DESSINS ET BIBLE, Enseignement, évangiles, fêtes religieuses, Histoire du Salut, Nouveau Testament, Page jeunesse, Paroisses, Religion, Temps de Noël, Vierge Marie | Pas de Commentaires »

La sainte Famille -Année B

Posté par diaconos le 19 décembre 2023

La Sainte Famille - Jour du Seigneur

 

# La Présentation de Jésus au Temple est un événement de la vie de Jésus tel que relaté dans l’Évangile selon Luc. Accomplissant une prescription de la loi juive — « Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur » (Ex 13:2,11-13) — les parents de l’enfant Jésus le présentèrent et l’offrirent au Temple de Jérusalem. Il y est reçu par le vieillard Siméon. La fête chrétienne qui y est associée est célébrée le 2 février dans le calendrier grégorien. Dans les Églises d’Orient, elle est aussi célébrée le 2 février du calendrier julien, qui équivaut au 14 février du calendrier grégorien.

Le 2 février fut longtemps une date importante pour les paysans, ce qui est commémoré par un grand nombre de proverbes. Cette date est traditionnellement celle de la Chandeleur, originairement une fête païenne célébrant la lumière, remplacée par la fête chrétienne. Cette fête est également un thème de l’iconographie religieuse, aussi bien en peinture qu’en enluminures, sculpture, vitraux, tapisseries, etc. Elle s’inspire d’une scène décrite par l’Évangile selon Luc II, 22-39 où le fils de la Vierge Marie est annoncé par Siméon comme le Maître et la lumière qui portera la révélation aux païens, c’est-à-dire aux non-juifs.

De l’Évangile de Jésus Christ selon Luc

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.

Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Siméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
Sous l’action de l’Esprit, Siméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Siméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.

Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »

Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. Siméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël.
Il sera un signe de contradiction et toi, ton âme sera traversée d’un glaive : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans.

Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. (Lc 2, 22-40)

Offrande de deux tourterelles au Temple

Toute la famille dut se rendre à Jérusalem pour une double cérémonie religieuse. Joseph n’avait pas à se purifier. La loi de Moïse prescrivait qu’après sept jours de souillure légale et trente-trois jours passés dans la retraite, la mère israélite devait offrir pour sa purification un sacrifice : une paire de tourterelles ou deux jeunes pigeons. Tout premier-né appartenait à l’Éternel et devait être exclusivement consacré à son service ; mais la tribu de Lévi ayant été choisie pour ce service, il fallut que tous les premiers-nés des autres tribus fussent rachetés à prix d’argent, afin que le droit divin fût constaté, et que le futur chef de famille se souvînt toujours de ses obligations..

La mère devait offrir un agneau en holocauste et un jeune pigeon ou une tourterelle pour le péché ; mais, si ses moyens ne le lui permettaient pas, elle pouvait remplacer ce sacrifice par celui de deux tourterelles ou de deux jeunes pigeons : «Quand les jours de sa purification seront achevés – qu’il s’agisse d’un garçon ou d’une fille – elle apportera à l’entrée de la tente de la Rencontre un agneau dans sa première année pour l’holocauste, et un pigeonneau ou une tourterelle pour le sacrifice pour le péché, et elle les remettra au prêtre. Celui-ci les présentera à l’Éternel, accomplira pour elle le rite d’expiation et elle sera rituellement purifiée de sa perte de sang. Telle fut la règle concernant la femme qui donna naissance à un garçon ou à une fille. Si elle n’a pas de quoi offrir un agneau, elle prendra deux tourterelles ou deux pigeonneaux, l’un pour l’holocauste et l’autre pour le sacrifice pour le péché ; le prêtre accomplira pour elle le rite d’expiation et elle sera purifiée». (Lv 12, 6-8)

Luc ne mentionna ici que ce dernier sacrifice, celui des pauvres, parce que ce fut celui de Marie. Alors déjà s’accomplit une parole profonde de saint Paul : «Ce n’est pas un ordre que je donne, mais je parle de l’empressement des autres pour vérifier l’authenticité de votre charité. Vous connaissez en effet le don généreux de notre Seigneur Jésus Christ : lui qui est riche, il s’est fait pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté.’ (2 Co, 8-9)

Siméon est inconnu dans l’histoire. Il fut juste et pieux ; il attendait la venue du Sauveur, ici désignée par ce terme : la consolation d’Israël. Les exemples de Siméon, d’Anne, de Zacharie, de Joseph d’Arimathée, et d’autres encore, révélèrent qu’il y eut d’humbles Israélites qui furent prêts à recevoir Jésus sous quelque apparence qu’il plairait à Dieu de le leur manifester.

Le sacerdoce officiel n’accueillit pas Jésus qui, pour la première fois, entra dans son temple : «Voici que j’envoie mon messager pour qu’il prépare le chemin devant moi ; et soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez. Le messager de l’Alliance que vous désirez, le voici qui vient, dit le Seigneur de l’univers.» (Ma 3, 1) Un sacerdoce libre s’était formé pour le suppléer ; il est représenté par Siméon et Anne.

La source de la vie religieuse de Siméon fut clairement indiquée : l’Esprit-Saint était sur lui. Il vint dans le temple éclairé et conduit par l’Esprit, et c’est par cet Esprit qu’il reconnut aussitôt son Sauveur dans le petit enfant. Par l’Esprit qui fut en lui, Siméon devint prophète ; il ne parla plus de lui, sa pensée s’éleva jusqu’à ce salut que Dieu  prépara pour tous les peuples, et que tous verront.

Cette préparation eut lieu durant des siècles par toutes les révélations de l’ancienne alliance. Ce grand salut destiné à tous se répartit en deux courants divers. D’une part, il est lumière pour éclairer les nations païennes, pour la révélation des nations qui, pour la révélation qui leur est destinée, à elles, sont plongées dans les ténèbres les plus profondes ; d’autre part, il est la gloire du peuple d’Israël qui, tout en ayant part à ce salut, aura l’immortel honneur de l’avoir donné au monde.

Ces vues lumineuses sur l’universalité du salut ne s’expliquent en Siméon que par l’action de l’Esprit qui fut sur lui, et par la connaissance qu’il eut des prophéties ; car même les apôtres ne les comprirent que par une révélation particulière, et plusieurs Juifs, après leur conversion au christianisme, y trouvèrent un sujet de scandale : « Lorsque Pierre fut de retour à Jérusalem, ceux qui étaient juifs d’origine le prirent à partie, en disant : « Tu es entré chez des hommes qui ne sont pas circoncis, et tu as mangé avec eux ! » (Ac 11, 2-3)

La croix, couronnement de l’œuvre du Messie, manifeste dans toute sa profondeur l’opposition des hommes et mettra au jour leurs dispositions secrètes, en les contraignant à se prononcer pour ou contre Jésus : «Nous, nous prêchons Christ crucifié; scandale pour les Juifs et folie pour les païens» (1 Co , 23) Le mot de prophétesse indique que, comme Siméon, Anne avait reçu l’esprit de prophétie, par lequel elle aussi reconnut dans le petit enfant le Sauveur promis, et en glorifia Dieu.

Luc rappela encore à sa louange qu’après un temps assez court de mariage, elle vécut jusqu’à l’âge de quatre-vingt-quatre ans dans un long veuvage, ce qui fut considéré comme très honorable chez les Juifs. Elle assista à des services religieux qui eurent lieu le soir et le matin avant le lever du jour, ou qu’elle passa une partie de ses nuits en prières.

 Luc passa sous silence divers faits rapportés par Matthieu : la visite des mages, la fuite en Égypte, le meurtre des petits enfants de Bethléem, soit que ces faits ne rentrassent pas dans son plan, soit qu’il les ignora. Il est nécessaire d’admettre, dit M. Godet, que les deux évangélistes ont écrit chacun sans connaître le livre de l’autre. La critique négative se pressa de déclarer les deux récits inconciliables.

Elle oublia que, pendant les quarante jours qui s’écoulèrent entre la naissance de Jésus et sa présentation dans le temple, bien des événements s’accomplirent à Bethléem. Elle oublia que le retour de la sainte famille à Nazareth n’eut pas lieu après la présentation au temple.  Le voyage en Égypte suivit celle-ci, et l’établissement de la famille à Nazareth ne se fit qu’après son retour d’Égypte : «Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, et il entra dans le pays d’Israël, et vint habiter dans une ville appelée Nazareth, pour que soit accomplie la parole dite par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen.» (Mt 2, 23)

Les faits rapportés s’enchaînèrent naturellement et les deux récits se complétèrent. La sagesse, comprenant la connaissance de Dieu et celle des hommes, dans son application pratique à la vie, fut le trait saillant du caractère de Jésus enfant. Jésus passa par toutes les phases d’un développement normal, le seul qui se soit accompli sur la terre, le seul qui ait été exempt de toutes les atteintes délétères du mal et se soit poursuivi d’une manière harmonique par une communion constante avec Dieu.

Diacre Michel Houyoux

Complément

◊ Diacre Michel Houyoux : cliquez ici pour lire l’article →Elle parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem

Liens avec d’autres sites web chrétiens

◊ Diocèse de Reims et des Ardennes : cliquez ici pour lire l’article →Présentation du Seigneur au Temple – 2 février

◊ Marie de Nazareth : cliquez ici pour lire l’article →Pauvreté, obéissance, et offrande – Présentation de Jésus

Abbé Pierre Desroches : cliquez ici pour voir la vidéo→ https://youtu.be/Ci41Q5Q2QpY?t=9

 

Publié dans Bible, Catéchèse, comportements, Dieu, Enseignement, évangiles, fêtes religieuses, Histoire du Salut, L'Église, La messe du dimanche, Page jeunesse, Paroisses, Religion, Temps de Noël, Vierge Marie | Pas de Commentaires »

1...56789...148
 

Passion Templiers |
CITATIONS de Benoît XVI |
La pastorale Vauban |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | chrifsossi
| La Mosquée de Méru
| Une Paroisse virtuelle en F...