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Mercredi de la vingt-septième semaine du Temps Ordinaire — Année Impaire

Posté par diaconos le 6 octobre 2021

Toi, tu as pitié de ce ricin. Et moi, comment n’aurais-je pas pitié de Ninive ?

L’avertissement de l’Éternel parvient aux Ninivites

# Jonas fut un prophète des trois religions abrahamiques que sont le judaïsme, le christianisme et l’islam. Dans le judaïsme, Jonas, fils d’Amitthaï, fut le cinquième des douze petits prophètes de la Bible. C’est le personnage principal du Livre de Jonas, qui fait partie du Tanakh hébraïque (Ancien Testament chrétien). Dans le Coran, Jonas est mentionné dans six sourates, dont la dixième porte son nom.

xPour les chrétiens, le livre de Jonas a, outre les thèmes du repentir et du pardon, l’intérêt d’enseigner que les révélations prophétiques n’ont pas un caractère inéluctable qui priverait de liberté les hommes et Dieu . Les lectures chrétiennes du livre de Jonas sont fortement influencées par la comparaison entre Jonas et le Christ qui est rapportée dans l’Évangile selon saint Matthieu : Comme Jonas fut dans le ventre du cétacé trois jours et trois nuits, ainsi le Fils de l’homme fut trois jours et trois nuits dans le sein de la terre.

xCette phrase tirée de l’évangile selon Matthieu explique ce que Jésus entendit quand il annonça un « signe de Jonas », donné en réponse aux demandes de signe des responsables de son peuple. Cette réponse ne fut pas reçue, comme Jésus l’annonça lui-même.  La comparaison entre Jonas et Jésus se fait-elle à deux niveaux : celui de la prédication reçue par les Ninivites, mais pas par les contemporains de Jésus ; et celui d’un séjour de durée limitée dans le ventre du monstre marin, préfigurant la résurrection.

xJonas est un prophète biblique présent dans le Coran sous le nom de « Yûnus » Il est cité à six reprises. Dans la sourate 21, il est aussi appelé Dū al-Nūn, l’Homme à la baleine. Dans le Coran, Jonas a aussi le statut d’« envoyé divin » et tient un haut rang spirituel, personne (même Mahomet), ne devant se dire supérieur à lui. Le style elliptique des récits coraniques consacré à Jonas attesta de la connaissance du récit de Jonas par l’auditoire.

xCet aspect explique les références coraniques à la figure biblique jusque dans les contradictions du personnage ou dans des détails du récits. Selon Jérôme, sa tombe est située près du village galiléen de Gath-Hépher. Benjamin de Tudèle confirma ces propos. Les restes de Jonas auraient été déposés aux côtés des reliques de Jean le Baptiste dans l’église Saint-Jean-Baptiste de Damas, qui est depuis le VIIIe siècle la grande mosquée des Omeyyades.

xAujourd’hui, chrétiens comme certains musulmans viennent en pèlerinage dans ce lieu. Une tombe à Mossoul, au sein de la Mosquée du prophète Jonas, qui est un lieu de pèlerinage musulman, fut détruite le 24 juillet 2014 par les djihadistes de l’État islamique en Irak et au Levant. Elle fut reconquise par les forces irakiennes en janvier 2017. On y découvrit en mars 2017 dans les décombres les ruines d’un palais assyrien du VIIe siècle av. J.-C.

Du livre du prophète Jonas

01 Jonas trouva la chose très mauvaise et se mit en colère. 02 Il fit cette prière au Seigneur : « Ah ! Seigneur, je l’avais bien dit lorsque j’étais encore dans mon pays ! C’est pour cela que je m’étais d’abord enfui à Tarsis. Je savais bien que tu es un Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment. 03 Eh bien, Seigneur, prends ma vie ; mieux vaut pour moi mourir que vivre. »

04 Le Seigneur lui dit : « As-tu vraiment raison de te mettre en colère ? » 05 Jonas sortit de Ninive et s’assit à l’est de la ville. Là, il fit une hutte et s’assit dessous, à l’ombre, pour voir ce qui allait arriver dans la ville. 06 Le Seigneur Dieu donna l’ordre à un arbuste, un ricin, de pousser au-dessus de Jonas pour donner de l’ombre à sa tête et le délivrer ainsi de sa mauvaise humeur. Jonas se réjouit d’une grande joie à cause du ricin.

07 Mais le lendemain, à l’aube, Dieu donna l’ordre à un ver de piquer le ricin, et celui-ci se dessécha. 08 Au lever du soleil, Dieu donna  l’ordre au vent d’est de brûler ; Jonas fut frappé d’insolation. Se sentant défaillir, il demanda la mort et ajouta : « Mieux vaut pour moi mourir que vivre. »

09 Dieu dit à Jonas : « As-tu vraiment raison de te mettre en colère au sujet de ce ricin ? » Il répondit : « Oui, j’ai bien raison de me mettre en colère jusqu’à souhaiter la mort. » 10 Le Seigneur répliqua : « Toi, tu as pitié de ce ricin, qui ne t’a coûté aucun travail et que tu n’as pas fait grandir, qui a poussé en une nuit, et en une nuit a disparu.

11 Et moi, comment n’aurais-je pas pitié de Ninive, la grande ville, où, sans compter une foule d’animaux, il y a plus de cent vingt mille êtres humains qui ne distinguent pas encore leur droite de leur gauche ? » (Jon 4, 1-11)

Mécontentement de Jonas et réprimande de l’Éternel

Jonas en éprouva un vif chagrin. Ou bien les quarante jours étaient écoulés et le chagrin de Jonas fut motivé par le fait que rien de ce qu’il avait prédit n’arriva ; ou bien l’Éternel lui avait fait connaître à l’avance et avant la fin des quarante jours le pardon accordé à Ninive et ce fut cette nouvelle qui provoqua sa révolte.

Ce dépit violent avait un côté personnel : Jonas était irrité de voir sa menace frappée d’inefficacité ; mais ce sentiment reposait sur quelque chose de plus profond le prophète était indigné de voir se confirmer la crainte qu’il avait eue dès l’abord, à savoir que les Ninivites repentants n’eussent part aussi à la miséricorde divine. Les Juifs voulaient la miséricorde de Dieu, mais pour eux seuls ; ils faisaient bon marché des païens, qu’ils vouaient sans pitié au jugement de Dieu.

L’Éternel reprit Jonas par une parole, puis par un fait. Quelle mansuétude dans ce langage de l’Éternel. Cette manière de faire rappela celle du père de l’enfant prodigue à l’égard de son fils aîné. À l’orient de la ville, il y avait de ce côté de Ninive de hautes collines d’où l’on pouvait contempler tout ce qui se passait dans la plaine.

Le ricin cette plante d’Orient qui porte de grandes feuilles semblables à celles de la vigne, atteint en peu de jours, dans les contrées du Levant, les proportions d’un arbre. Les branches dont Jonas construisit la cabane ne suffirent pas pour l’abriter du soleil, parce que les feuilles se desséchèrent ; aussi le prophète souffrit-il dans cette position et fut heureux, au matin, de trouver ce ricin qui lui faisait ombre.

L’irritation qui le remplissait : Jonas fut livré, sans défense au vent brûlant qui se joignit à l’ardeur du soleil. Le vent d’orient dessèche rapidement la végétation. Dieu dit à Jonas : « Fais-tu bien de te fâcher à cause de ce ricin ? » Et il répondit : « Je fais bien de me fâcher jusqu’à la mort. « 

L’animal est au-dessus de la plante ; si Jonas s’affligeait pour un ricin, combien plus Dieu n’a-t-il pas pitié de tout être vivant, homme ou bête ! Ajoutons que les animaux aussi furent associés au deuil de repentance célébré à Ninive.

Il appartient à la liberté de l’homme d’entrer dans la pensée et dans le sentiment de Dieu, ou de persister dans sa propre volonté. C’est ainsi qu’après avoir révélé la pensée de Dieu, l’Écriture se tait, laissant à l’homme le soin d’achever le récit en l’acceptant ou en la repoussant.

 Diacre Michel Houyoux

Compléments

◊ Diacre Michel Houyoux : cliquez ici pour lire l’article → Seigneur, apprends-nous à prier

◊ Diacre Michel Houyoux : cliquez ici pour lire l’article → Lors du jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que cette génération

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◊ Père Gilbert Adam   : cliquez ici pour lire l’article →  Le mercredi 6 octobre 2021 ♦ Saint Bruno

◊ Croire  : cliquez ici pour lire l’article →   Ninive, la ville qui se convertit

Jonas, un homme en cavale : Opération Ninive

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Seizième dimanche du Temps Ordinaire — Année B

Posté par diaconos le 12 juillet 2021

Ils étaient comme des brebis sans berger

 Seizième dimanche du Temps Ordinaire — Année B dans Catéchèse brebis_sans_berger

# La parabole de la brebis égarée, dite aussi « parabole du bon berger » ou encore « du bon pasteur » », attribuée à Jésus de Nazareth, se retrouve dans deux évangiles canoniques du Nouveau Testament. Elle est rapportée par Matthieu (Mt 18,12-13) et Luc (Lc 15,3-7). On la trouve aussi dans l’Évangile apocryphe de Thomas, logion 107. De possibles parallèles dans l’Ancien Testament sont Ez 34,6, 12 et Ps 119,176.
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La parabole a donné lieu à une expression, la « brebis égarée », désignant, à l’instar du « fils prodigue » dans une parabole qui suit peu après dans Luc, la personne qui s’égare moralement, ou, toujours dans Luc, de la drachme perdue. Les deux premières paraboles, et parfois les trois, servent de base dans les considérations que développent les théologiens et prédicateurs sur la nécessité d’aller chercher la brebis égarée pour la faire rentrer dans le troupeau, quand on considère l’égarement involontaire, ou d’accueillir avec grâce le pécheur repenti, dans le cas de l’égarement volontaire.
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Le Bon Pasteur est un des  titres », par lesquels Jésus s’identifie (Jn 10. 11). Il fait partie des sept paroles Je suis… que l’on trouve uniquement dans l’Évangile selon Jean et fait allusion à un aspect de la mission de Jésus : celui qui rassemble, guide, recherche (celui qui est égaré) et donne sa vie pour les autres. Il fait paître ses brebis ou ramène la brebis égarée. Cette appellation est à l’origine du mot « pasteur » en usage dans le christianisme.
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Le thème iconographique du Bon Pasteur connaît une large diffusion d’abord dans l’art grec antique, où il est appliqué à l’Hermès criophore (du grec κριος, « bélier » et φόρος, « qui porte »), mais aussi aux porteurs d’offrande, puis dans l’art romain au sein duquel il est particulièrement utilisé dans un contexte funéraire, selon des formules dont s’inspire pleinement l’art chrétien naissant1. Ce thème aurait lui-même des prototypes sumériens. L’iconographie chrétienne figure d’abord le Christ « agneau de Dieu », porté par Jean le Baptiste, puis Jésus devient à son tour le Bon Pasteur qui rassemble les brebis égarées. Il est traditionnellement représenté muni de bandes molletières, vêtu de l’exomide, tenant dans ses mains une houlette, un vase à traire le lait (le mulctra) ou une syrinx. Ce thème a inspiré de nombreux artistes chrétiens.
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 De l’évangile selon Marc

30 Les Apôtres se réunirent auprès de Jésus, et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné. 31 Il leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger. 32 Alors, ils partirent en barque pour un endroit désert, à l’écart.

33 Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup comprirent leur intention. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux. 34 En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement.  (Mc 6, 30-34)

À l’écart dans la solitude reposez-vous !

Jésus envoya ses disciples en mission deux par deux. Cette façon de procéder facilite l’entraide et le soutien mutuels, surtout dans les moments difficiles. Mais ce n’est pas le plus important. Le plus important ce fut que le message fusse transmis d’un commun accord, d’une seule voix. C’est toute la communauté, nous tous, qui sommes appelés à témoigner solidairement de l’Évangile révélé par Jésus Christ. La première règle de l’apostolat, c’est de faire équipe. La vie fraternelle est déjà une prédication de l’amour, avant même d’en parler. Comme membres du Christ vivant, nous avons le devoir d’évangéliser.

 À quoi bon croire au vrai Dieu si je ne parle jamais de lui ? Dieu nous envoie porter autour de nous la bonne nouvelle de l’Évangile. Il nous envoie proclamer la Parole, qui demande un changement de vie, une conversion. Il nous demande de combattre le mal et d’agir en faveur des pauvres.

 Se convertir, tel fut le premier contenu de la prédication des disciples : changez de vie… Convertissez –vous ! Option tellement radicale qu’elle suscita une opposition farouche des auditeurs. Les gens, en moyenne, n’aiment pas changer de vie. Qu’on nous laisse tranquilles ! Dieu dérange ! Cependant, Jésus insiste et nous demande de nous engager dans une vie nouvelle : il s’agit de changer de cap. La foi est une nouvelle façon de vivre qui tranche avec celle des autres.

Dans l’évangile de ce dimanche, Marc nous rapporte que les apôtres sont revenus de leur tournée apostolique et qu’ils se réunirent auprès de Jésus  à qui ils firent un compte rendu détaillé de leur action et de leur enseignement. Ils firent l’expérience de la force de l’Évangile  mais surtout ils expérimentèrent les résistances, les refus, l’indifférence… D’ailleurs, Jésus les avaient avertis qu’ils ne seraient pas toujours accueillis : « Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage.» (Mc 6, 11)

C’est le moment important du compte rendu. Ils ont agit et à présent ils font le point avec Jésus : “Ils lui rapportèrent tout ce qu’ils firent et enseignèrent”  Établir le bilan d’une action, d’une mission, c’est important pour mieux la comprendre et pour l’améliorer dans les prochaines interventions. Nous le faisons régulièrement dans nos réunions d’entreprises, dans les P.O d’écoles et dans nos réunions paroissiales, cela devrait aussi se faire sérieusement.

Aujourd’hui, c’est vrai, on se réunit beaucoup. On travaille beaucoup en groupes : associations et comités  de toutes sortes, convoquant leurs membres pour mettre en commun idées et projets… On parle beaucoup de concertation, de dialogue dans nos réunions.Beaucoup de chrétiens ont compris combien leur foi serait plus forte s’ils arrivaient à se réunir avec d’autres chrétiens pour en discuter et  partager l’Évangile.

C’est déjà le but de la participation à la messe du dimanche : après une semaine vécue au travail et dans notre milieu, nous nous retrouvons le dimanche avec Jésus. Est-ce que j’ai alors quelque chose à lui dire ? Quel bilan de ma semaine vais-je lui présenter ? La mission des apôtres fut très riche en enseignement et ils furent vraiment  fatigués, harassés et ils eurent un urgent besoin de se reposer. Jésus le remarqua et leur dit : “Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez vous un peu” Jésus proposa à ses amis harassés par le travail un temps de détente, un temps de repos.

Jésus veut des hommes, des femmes équilibrés, sereins, paisibles.  C’est indispensable de prendre du repos, surtout de nos jours, dans notre monde survolté. Nous entendons souvent des plaintes du genre : « Je suis fatigué, je suis à bout, je ne sais plus où donner de la tête, j’en ai marre … » Quelle est ma part de calme que je mets volontairement dans mes journées, dans mes semaines ? Comment je passe mes vacances ? Profitons de nos vacances pour nous retremper par la lecture et la prière dans l’intimité du Christ sauveur.

À l’écart, dans la solitude reposez-vous ! La vie intérieure exige le recueillement. L’agitation extérieure n’engendre rien de bon. Toute vie sérieuse oscille entre  des temps d’activité au dehors et des temps de réflexion à l’intérieur : voir, juger, agir. Revoir, rejuger, agir à nouveau. Il n’y a pas de vie chrétienne solide sans ce double rythme : la vie intérieure et l’activité extérieure.

M’arrive-t-il, dans ma journée,  de prendre du temps pour prier ? Me retirer dans l’intimité avec Jésus, ce n’est jamais se couper des autres, eux-mêmes viendront nous chercher. Quand Jésus vit que la foule les avait rejoints, il ne la renvoya pas. Il vit ce qu’il lui manqua. Il eut pitié de cette foule. Prier, c’est nous rendre plus attentifs aux autres pour mieux remarquer leurs besoins réels et mieux y répondre. Que chacun de nous garde précieusement dans son cœur la parole que Dieu lui a adressée personnellement aujourd’hui. 

Diacre Michel Houyoux

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◊ La Croix : cliquez  ici  pour lire l’article → 16e dimanche du temps ordinaire

◊ Père Gilbert Adam  : cliquez  ici  pour lire l’article → 16e dimanche du temps ordinaire, année B

  Lectio Divina : « Ils étaient comme des brebis sans berger »

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Deuxième dimanche de la deuxième Semaine du Temps Pascal — Année B

Posté par diaconos le 11 avril 2021

Dimanche de la miséricorde divine

Miséricorde

La miséricorde est une forme de compassion pour le malheur d’autrui à laquelle s’ajoute la notion de générosité, de bonté gratuite. Elle fait partie des principaux devoirs du croyant, pour le judaïsme comme pour les autres religions monothéistes. Dans les religions abrahamiques, la miséricorde est une caractéristique de Dieu. Le terme « miséricorde » fut répertorié en français au douzième siècle dans le Psautier d’Oxford pour signifier la « bonté par laquelle Dieu nous pardonne,  et, à la même époque, la  vertu qui porte à soulager les misères d’autrui..

La miséricorde peut signifier, par extension, une « générosité entraînant le pardon, l’indulgence pour un coupable, un vaincu.  Käte Hamburger en vit dans la miséricorde une sorte de charité, ce qui est la différencie de la compassion, simple sentiment qui relève du domaine des émotions.

Dans l’Ancien Testament

Dans l’Ancien Testament, le mot hébreu rah’amim (רחמים) désigne un acte de grâce fondé sur la confiance, dans une relation mutuelle entre deux personnes qui ont des obligations à remplir résultant de leurs engagements. Dans le Tankh, il s’agit d’un  pluriel de plénitude du mot rehem, qui désigne au sens premier le ventre maternel, le cœur et l’utérus d’une femme, et donc les entrailles deYHWH et la tendresse maternelle de Dieu pour son peuple et ses enfants, pour les petits et pour les pauvres.

Dieu est et agit avec miséricorde, il fait preuve de clémence et voit le péché avec miséricorde : il pardonne en restant fidèle à l’Alliance avec son peuple. Dès le Livre de l’Exode, lors de la théophanie du Buisson ardent en présence de Moïse, le texte indique :  » Et l’Éternel passa devant lui, et s’écria : L’Éternel, l’Éternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité. »

L’image de la tendresse maternelle est à la racine de la miséricorde divine dans la Bible hébraïque : « Éphraïm est-il donc pour moi un fils si cher, un enfant tellement préféré, » Dans le Livre de Tobie, écrit tardif qui fait partie des textes deutérocanoniques, il nous est demandé de faire miséricorde dans nos actions : « La prière est bonne avec le jeûne, et l’aumône vaut mieux que l’or et les trésors. Car l’aumône délivre de la mort, et c’est elle qui efface les péchés, et qui fait trouver la miséricorde et la vie éternelle ».

Dans l’Évangile

Le mot « miséricorde » est prononcé à deux reprises par Marie dans le Magnificat lorsqu’elle apprit qu’elle porta Jésus dans ses entrailles : « Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Il a secouru Israël, son serviteur, et il s’est souvenu de sa miséricorde, comme il l’avait dit à nos pères, envers Abraham et sa postérité pour toujours. »

L’Évangile selon Luc se réfère à Dieu dans la parabole du fils prodigue comme à un père généreux et prêt à pardonner à tout moment, en exemple de ce que peut signifier la miséricorde : une sollicitude non méritée et due à un amour inconditionnel. De même, dans le Sermon sur la montagne, Jésus bénit les miséricordieux : « Heureux les miséricordieux, il leur sera fait miséricorde » (Mt 5, 7). Il insista sur la miséricorde dans diverses paraboles, comme celle du Bon Samaritain ou celle de la Dette.

La miséricorde humaine n’est toutefois pas la condition de la miséricorde de Dieu, ni une récompense qui pourrait être revendiquée à titre de rétribution, mais la conséquence directe de la miséricorde divine : « Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux !  » L’apôtre Paul souligna le fait que l’homme pécheur dépend du pardon de Dieu. Par miséricorde, Dieu sauve les pécheurs, soit parce qu’ils se sont repentis, soit parce qu’ils sont venus à la conversion et qu’ils ont fait le bien. L’Épitre aux Éphésiens, texte de l’école paulinienne, développa cette idée.

Propos du Pape François sur la miséricorde divine

La miséricorde divine revêt une importance capitale pour le  pape François et il ne manque jamais une occasion de le rappeler. Huit ans après, le cardinal allemand s’en souvient encore. Ce fut en mars 2013. Monseigneur Walter Kasper était à Rome, comme tous les autres cardinaux-électeurs du monde entier, afin de participer au conclave provoqué par la démission du  pape Benoît XVI.

Avant de se retrouver dans la chapelle Sixtine pour élire son successeur, les cardinaux arrivèrent au Vatican et furent accueillis dans la résidence Sainte-Marthe, un bâtiment du Vatican prévu à cet effet, dont le futur pontife fera son lieu de vie quelques jours plus tard. Le cardinal Kasper se présenta à l’accueil et on monta sa valise dans sa chambre, qui se trouvait en face de celle de l’archevêque de Buenos Aires, le cardinal Jorge Mario Bergoglio.

À l’époque parut l’édition hispanophone du dernier livre du cardinal Kasper publié un an auparavant, : « La miséricorde, notion fondamentale de l’Évangile et clef de la vie chrétienne » Le haut prélat en reçut plusieurs exemplaires de son éditeur et décida d’en remettre à ses confrères hispanophones qui furent alors une vingtaine dans le collège des électeurs. Naturellement, il en apporta un exemplaire à son voisin de chambrée.◊

La réaction du futur pontife le marqua profondément : stupéfait, le cardinal Bergoglio vit le mot « Miséricorde » dans le titre et s’écria :  « C’est la parole de notre Dieu, sans elle nous sommes perdus ». Une version légèrement différente existe de cet événement. On la retrouve dans le livre de Gerard O’Connell, : « L’élection du pape François (2020, Artège).

Selon le vaticaniste canadien, qui  récolta de très nombreux témoignages de cardinaux pendant cette période cruciale du conclave, le Pape François serait allé encore plus loin et aurait affirmé au cardinal Kasper :  » C’est le nom de notre Dieu ! « .

L’anecdote aurait pu paraître insignifiante si le conclave n’avait pas abouti à l’élection du cardinal Jorge Mario Bergoglio.  Quelques jours après avoir choisi le nom de François, le pontife se présenta à la fenêtre du Palais apostolique pour réciter l’Angélus, et évoqua à cette occasion le livre sur la miséricorde du cardinal Kasper, qu’il avait décrit comme l’œuvre d’un bon théologien. Il avait même plaisanté, affirmant ne vouloir pas faire de la publicité pour les livres des cardinaux.

Dès cet instant se furent alors croisées la petite et la grande histoire :  la miséricorde devint par la suite un des mots-clés du pape François. Il se plaça dans le sillage du pape Jean-Paul II, grand admirateur de la mystique de sainte Faustine Kwalska, qui avait reçu ce message du Christ :  « L’humanité ne trouvera pas la paix tant qu’elle ne se tournera pas vers la source de ma miséricorde ».

Après le pape polonais et le dimanche de la miséricorde divine, institué le dimanche de l’octave de Pâques, le Pape François poursuivit cette intuition pour l’Église du XXIe siècle. En 2015, il a lança : les vendredis de la miséricorde. Le principe de ces événements, dans le prolongement du dimanche de la miséricorde divine, est simple : faire au moins d’un vendredi par mois, le jour marqué par un acte concret de miséricorde.

Diacre Michel Houyoux

Complément

◊ Diacre Michel Houyoux : : cliquez ici pour lire l’article → Deuxième dimanche de Pâques – Année B

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◊ La procure : cliquez ici pour lire l’article →   La miséricorde, notion fondamentale de l’Évangile et clef de la vie chrétienne.

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◊ Aleteia: cliquez ici pour lire l’article →   Les  vendredis de la miséricorde

♥   L’abbé Benoit Gingras nous entretient sur le sens profond de cette fête.

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Mardi de la troisième semaine du Carême

Posté par diaconos le 9 mars 2021

C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère

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# l Le pardon de Die annule ou écarte un châtiment pour le péché. Il l’exprime soit par médiation d’un élu ordonné, soit par manifestation divine. Des personnes se traitent avec un amour chrétien en se pardonnant leur fautes. Ils effacent alors les mauvais sentiments à l’égard de ceux qui les ont offensés (Mt 5, 43–45 ; 6, 12–15 ; Lc 17, 3–4). Le pardon est très important dans le christianisme, mais est toujours mis au service du bien spirituel de la personne. Dans l’évangile, on voit souvent le Christ pardonner les péchés.
Il ne condamne pas la femme surprise en flagrant délit d’adultère en affirmant que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. Il s’exprima de manière imagée comme dans la parabole du fils prodigue qui est pardonné après son repentir. Jésus recommanda à Pierre de pardonner non pas sept fois, mais 77x 7 fois fà celui qui se repent., c’est-à-dire toujours. Le pardon fait partie de la prière du Notre Père : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Il fait également partie du Credo Toute la société chrétienne, avec notamment l’abolition de la peine de mort, est dans la lignée de cette morale.
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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : «Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois. Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs.

Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette.
Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.
Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. » (Mt 18, 21-35)

La parabole du serviteur impitoyable

Pierre interrogea Jésus sur l’étendue du devoir de pardonner. Jésus déclara qu’il fut sans limites.

Jésus illustra ce précepte par une parabole : Dieu, dans sa miséricorde infinie, fut comparé à un roi qui remit gratuitement à son serviteur insolvable une dette de dix mille talents. Ce serviteur, rencontrant aussitôt après un de ses camarades qui lui dut cent deniers, le fit jeter en prison.

Le roi, informé par ses autres serviteurs, le fit comparaître, lui reprocha son ingratitude et le livra aux bourreaux. Jésus déclara à ses disciples que Dieu les traitera de même s’ils ne pardonnent de tout leur cœur.  Du pardon des offenses. Pierre, préoccupé des paroles de Jésus, et de la pensée que le devoir du pardon des offenses dut pourtant avoir ses limites, adressa à Jésus sa question et crut être très généreux en allant jusqu’à sept fois.

Les rabbins, dans leur morale, se bornaient à trois fois. La réponse de Jésus prouva à, Pierre que sa morale, à lui était tout autre. C’est-à-dire un nombre indéfini de fois, toujours. S’il en fut autrement, il y aurait un moment où la charité cessa. Elle n’est pas l’exercice d’un devoir qui se calcule, mais un état d’âme.

Le talent d’argent valait, au temps de Jésus, 2 500 € ; le talent d’or valait environ 30 000 €. Dans la parabole , cela représenta une dette énorme, contractée par le maniement des affaires de l’État, et qu’un particulier ne pouvait payer. Notre dette envers Dieu ce sont d’une part ses bienfaits, d’autre part nos péchés : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » (Mt 6, 12)

La miséricorde de Dieu, telle qu’il l’a révélée dans sa plénitude par l’Évangile, est la source du pardon, d’un pardon parfaitement gratuit. Le maître accorda au serviteur infiniment plus qu’il ne demanda.  Mais ce serviteur étant sorti, rencontra un de ses compagnons de service qui lui devait cent deniers (500€) ; et l’ayant saisi, il l’étranglait, en disant : Paie ce que tu dois !

En entendant son compagnon proférer cette supplication qui, dans sa propre bouche, avait été si efficace, le méchant serviteur aurait dû sentir sa dureté, et se souvenir de la générosité de son maître.   Les bourreaux furent chargés d’exécuter le jugement. Le roi de la parabole ne remplit pas seulement le rôle de créancier, mais aussi celui de juge.

Pardonner, pardonner de tout son cœur, pardonner toujours, avec la compassion que le pécheur implore de Dieu, telle est la seule marque certaine qu’il a reçu son propre pardon, et tel est le sens de cette parabole. Jésus, pas plus ici qu’ailleurs, ne pouvait parler encore du grand et émouvant moyen par lequel il nous a acquis le pardon de Dieu. Et c’est pourtant la manifestation de cet immense amour qui rend possible aux chrétiens le pardon mutuel et même leur en fait un bonheur.

Diacre Michel Houyoux

Compléments

◊ Diacre Michel Houyoux : cliquez ici pour lire l’article → Catéchèse : « Nous devons pardonner comme Dieu nous pardonne. »

◊ Diacre Michel Houyoux : cliquez ici pour lire l’article → Soyez miséricordieux

◊ Père Marie Landry Bivina : cliquez ici pour lire l’article →  Soyez miséricordieux comme le Père

Liens avec d’autres sites web chrétiens

◊ Sensus Fidelium   : cliquez ici pour lire l’article → Le mardi de la troisième semaine de Carême

◊ Les marchands du Temple   : cliquez ici pour lire l’article → 3ème semaine de Carême Méditons la Parole !

♥     Avoir le courage de pardonner

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