En ce Carême, avançons ensemble vers Dieu.

Posté par diaconos le 9 février 2010

mercredi des Cendres 

Lectures bibliques du jour : cliquez ici →  Joël 2, 12-18 ; Psaume 50 ; 2 Co. 5, 20-6,2 ; Mt 6, 1-18

À propos des Cendres… Suite ici   mercredi des Cendres - Fêtes religieuses

Homélie

Le début du Carême est marqué chaque année par un geste d'imposition des cendres sur le  front des personnes qui le désirent. D'où le nom de « mercredi des cendres » pour désigner le début du Carême.

Le carême qui commence aujourd'hui  est comme un période d'entraînement spirituel. Un peu comme l'athlète qui se prépare à un tournoi, le baptisé investit plus d'énergie, plus de temps, plus de sérieux, plus de moyens pour se disposer à vivre le mystère central de sa foi, celui de la Mort et de la Résurrection de Jésus Christ que nous célébrerons au cours de la Semaine Sainte et à Pâques.

Les textes de la messe de ce jour nous indiquent plusieurs moyens à utiliser dans cet entraînement.

Dans l'évangile de Matthieu trois moyens nous sont proposés : l'aumône, la prière et le jeûne. Le tout dans la simplicité et sans ostentation car ton Père, qui est là, invisible,  voit ce que tu fais en secret : il te le revaudra.

Nous pourrions nous arrêter ici et notre Carême  serait bien engagé
En continuant notre méditation un peu, nous découvrons aussi par les pratiques anciennes de nos ancêtres que l'imposition des cendres ouvre sur des perspectives des plus intéressantes pour nous.

En effet, la cendre était utilisée de diverses façons. On l'utilisait dans la fabrication du savon et pour laver des vêtements. Elle est utilisée par les jardiniers et les agriculteurs  pour fertiliser le sol.

Ces usages anciens nous orientent vers un symbolisme où les cendres ne sont plus uniquement un résidu, mais où elles sont une ressource productive, où elles évoquent aussi la vie nouvelle.

Alors que nous recevrons l'imposition des cendres sur notre front dans un instant, nous penserons à notre finitude, à la brièveté de notre vie.

Recevoir les cendres, c'est croire que la vie maintenant mérite qu'on s'y enfonce jusqu'à la perdre pour Celui qui a donné la sienne en rançon pour la multitude et qui est devenu ainsi le « Premier-Né » d'un grand nombre de frères et sœurs dont nous sommes.

Recevoir les cendres c'est croire en la vie nouvelle dans l'Esprit où nous sommes entrés avec le Christ par notre baptême.

Chers amis, chères amies, que notre célébration soit l'occasion de laisser la grâce de Dieu entrer en nous pendant ce Carême pour y être productive. Que conscients de nos limites et de notre finitude, nous sachions, dans la foi, que cette vie est un commencement sur le chemin qui nous a été ouvert par Jésus qui est passé de la mort à la Vie. Et que cette eucharistie qui nous réunit autour de Lui toujours vivant et présent parmi nous soit un gage de vie éternelle, ce que je vous souhaite à tous.

Amen.

 lwf0004.gif Michel Houyoux, diacre permanent

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Dieu sauve et pardonne. (Jn 8, 1-11)

Posté par diaconos le 29 janvier 2010

5ième dimanche du Carême, année C             

Références bibliques :  Is 43, 16-21 ; Ps 125 ; Phil. 3, 8-14 ; Jn  8, 1-11

 La femme adultère

Ce jour là, Jésus était assis dans la cour du Temple de Jérusalem et enseignait la foule qui l'avait suivi. Lorsque survint un groupe de scribes et de pharisiens en colère, entraînant de force une femme qu'on avait  surprise en train de commettre l'adultère. Ils dirent à Jésus : ” Maître, on l'a trouvée chez un homme…elle trompe son mari…elle mérite la mort…la loi est formelle. ”

Comment se fait-il qu'ils n'amènent que la femme ? Dans un adultère, il y a aussi un homme, que la loi juive en vigueur condamne de la même manière (Dt 22, 23-24 ; Lv 20, 10)

“Ayant été prise en flagrant délit d'adultère, selon la Loi de Moïse, elle doit être lapidée. Et toi, Maître, qu'en dis-tu ?”

La réaction de Jésus est étonnante : il ne fait rien, il ne répond pas, il fait des dessins sur le sol : il ne lève même pas son regard vers la femme, car il sait sa honte. Il semble se désintéresser.

Comme on persistait à l'interroger, il se redressa et dit : ” Que celui de vous qui est sans péché lui jette la première pierre ! “  Jésus les renvoie à leur conscience, il  place le débat à un autre niveau : nous sommes tous pêcheurs et nous avons besoin d'être tous pardonnés !

Cette page de l'Évangile de Jean nous enseigne que Dieu ne veut pas la mort du pêcheur, mais il veut qu'il se convertisse et qu'il vive. Soyons miséricordieux comme Dieu l'est envers nous. Ne nous posons pas en juges et nous ne serons pas jugés ! Ne condamnons pas et nous ne serons pas condamnés !  C'est la mesure, dont nous  nous servons pour les autres, qui servira aussi de mesure pour nous  (Lc 6, 36, 38)

Sur cette réponse de Jésus, ils s'en sont allés, l'un après l'autre, en commençant par les plus âgés. Les dernières paroles de Jésus sont pour la femme : “Moi non plus, je ne te condamne pas ; va et désormais ne pèche plus !”

Dans  cette expérience unique,  qu'elle a vécu, cette femme a découvert qu'elle était aimée au-delà de son péché et donc pardonnée. Nous sommes tous appelés à faire cette expérience du Pardon de Dieu en recevant le sacrement de Réconciliation. C'est là que nous rencontrons l'Amour Infini de Dieu : un Amour qui sauve parce qu'il ne nous confond jamais avec nos péchés. Essayons, comme Jésus, de redonner un avenir à celles et à ceux que leur péché condamnait à la mort spirituelle.

Paul a bien saisi cette leçon : tout ce qui lui apparaissait comme une réussite humaine, ne compte désormais pour rien au regard de la rencontre du Christ qui a bouleversé sa vie. C'est à un complet renversement des valeurs de son existence qu'il assiste. Il n'a plus qu'un but : se laisser conduire et modeler par le Christ et n'attacher du prix qu'à ce qui compte pour lui ( 2ième lecture) et nous, qu'avons-nous quitté de nos habitudes, de notre mode de vie, de nos conceptions de l'existence, pour suivre le Christ ?

Ne regardons pas le chemin déjà parcouru dans notre existence mais tournons notre regard vers celui qui reste à faire pour appartenir totalement au Christ : « Ne vous souvenez plus d'autrefois, ne songez plus au passé. Voici que je fais un monde nouveau ; il apparaît déjà, ne le voyez-vous pas ? » (1ière lecture)

“Ta Parole Seigneur est vérité et ta loi délivrance”,  avons-nous chanté avant la lecture de l'Évangile. Pâques deviendra-t-il la fête de notre propre délivrance, par un Dieu qui sauve et qui pardonne ? Changez vos cœurs, changez de vie et croyez que Dieu vous aime.

Amen.

 lwf0004.gif Michel Houyoux, diacre permanent

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Un Père prodigue d’amour ! Laissons-nous réconcilier avec Dieu. (Lc 15, 11-32)

Posté par diaconos le 24 janvier 2010

4ième dimanche du Carême. Année C

Références bibliques →  Jos 5, 10-12 ; Ps 33 ; 2 Co 5, 17-21 ; Lc 15, 1-3.11-32

Nous avons la mauvaise habitude de n'écouter que la première partie de ce  passage de l' Évangile selon Luc que nous appelons . « la parabole de l'enfant prodigue ». Or, c'est manifestement le Père qui est le personnage principal : « Un homme avait deux fils… ».  C'est la parabole du père prodigue que nous avons entendue. Ce  père a vécu un drame en deux actes : le conflit entre lui et ses deux fils , également et follement aimés. Une histoire qui se revit dans beaucoup de familles. Papas et mamans dans une situation conflictuelle avec l'un ou l'autre de vos enfants, c'est le drame de Dieu que vous vivez. Cette page d'Évangile donne la plus belle histoire d'amour, la plus belle image de Dieu.

Dans le premier acte, l'attitude du Père envers le cadet , révèle que ce père  n'est que gratuité, partage, don total et désintéressé, respectueux de la personnalité  de son enfant ingrat : il ne lui veut que du bien, il l'aime sans réserve ! À travers ce père, Jésus nous parle de Dieu.  Est-ce ainsi que nous nous représentons Dieu ?

Ce fils révolté, revendiquant son indépendance représente l'athéisme de tous les temps : profiter des biens de Dieu, sans le reconnaître, être loin de Lui, faire ce qu'on veut sans contrôle : ni Dieu, ni maître. Son retour à  la maison, malgré les belles phrases, n'est qu'un sordide calcul pour retrouver le gîte et le couvert. Il a perdu l'habitude d'aimer…Il ne pense encore et toujours qu'à lui !

« Comme il était encore loin, son père l'aperçut, fut saisi de pitié , courut se jeter à son cou, et le couvrit de baisers » C'est  le Père qui fait tout ici ! Quatre gestes : il l'aperçoit, il est ému, il court et il l'embrasse ! Le geste de courir est le plus fort de toute cette parabole : il n'est pas dans les habitudes d'aucune époque qu'un supérieur courre vers un inférieur, surtout quand celui-ci a eu envers lui une attitude scandaleuse. Le comportement de ce père montre qu'il ne se soucie pas le moins du monde de savoir si son fils manifeste une vraie contrition : d'aussi loin qu'il le voit, il court à sa rencontre.

Dans cette scène, Jésus met l'accent sur l'amour gratuit du Père…un Père qui pardonne avant tout aveu, sans condition !

Le fils ingrat revenu, on fit la fête sans compter !

L'acte deux décrit l'attitude du père envers l'aîné : pour lui, le père manifeste la même bonté. Souvent la Bible revient sur ce thème de la gratuité absolue des dons de Dieu. Il n'y a aucune injustice dans cette attitude divine : Dieu aime tous les hommes (*)

L'attitude du fils aîné révèle qu'il n'a pas vu tout l'amour dont il était aimé. .. : « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. » À travers cette parabole en deux actes, nous sommes invités à entrer dans cet amour de Dieu et dans sa joie de retrouver les pêcheurs.

Dans sa seconde lettre aux Corinthiens, Paul leur déclare : « Nous sommes les ambassadeurs du Christ, laisser-vous réconcilier avec Dieu » (2ième lecture) . Devenir ambassadeurs du Christ, de son esprit de miséricorde, c'est répondre avec joie, à l'appel de Dieu, à nous réconcilier entre nous. Dans cette parabole de l'enfant prodigue, Jésus Christ nous a révélé combien Dieu, notre Père , est gratuité, don, désintéressé, amour. Jésus nous y a révélé le vrai visage du Père. Tout le contraire d'un Dieu méchant, jaloux, mal intentionné. Un Père prodigue d'amour ! Laissons-nous réconcilier avec Dieu. Demandons-lui pardon de tous nos manques de confiance et d'amour.

lwf0004.gif Michel Houyoux, diacre permanent

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La patience de Dieu (Lc 13,1-9)

Posté par diaconos le 17 janvier 2010

Références bibliques → Ex 3, 1-8a.10,13-15 ; Ps 102 ; Co 10, 1-6.10-12 ; Lc 13, 1-9

La patience de Dieu

Le puissant tremblement de terre du mardi 12 janvier 2010 qui a frappé Haïti, faisant des dizaines de milliers de morts,  entraînant la plus grave crise humanitaire depuis des décennies,  l’ épidémie de grippe H1/N1  qui sévit encore dans le monde,  les attentats sanglants au Moyen Orient, …, les jeunes qui subissent des sévices et des actes odieux… sont des événement malheureux débouchant sur la question suivante : « À qui la faute ? » ou encore : « Pourquoi eux ? »

Que de fois n’entendons nous pas cette expression : « Si Dieu existait, s’il était  vraiment l’Amour absolu, il ne permettrait pas de pareils drames. »

Mais n’allons pas si loin ! Nous aussi, nous sommes parfois tentés de penser : Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour mériter cela ? ,  lorsqu’un événement douloureux : accident, maladie grave, perte d’emploi … frappe notre famille ou notre personne. Ou encore : « C’est injuste, il n’avait pas mérité de mourir si jeune ! », réflexion fréquente suite à un accident mortel.

Non, la souffrance n’est pas envoyée par Dieu ! Non, l’épreuve n’est pas une punition divine ! Le mal qui nous arrive n’est souvent que la conséquence naturelle des lois de la nature : pesanteur, fragilité, erreurs commises…

L’Évangile de ce 3ième dimanche de Carême relate des évènements tout aussi tragiques que ceux que nous rencontrons à notre époque, c’était,  il y a près de deux mille ans !

C’était l’affaire des Galiléens massacrés sur l’ordre de Pilate pendant leur prière ; c’était les dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé : la réaction de Jésus, à qui ces faits furent rapportés, sera à l’opposé de ce que nous aurions dit ou pensé. Il affirma que ces victimes  de Pilate et ces pauvres gens ensevelis sous les décombres de la tour de Siloé, n’étaient pas plus pécheurs que les autres et par conséquent, ils n’avaient pas mérité ce sort malheureux dont la cause est  à chercher ailleurs. C’est le cœur de l’homme qui doit changer pour que les structures sociales s’améliorent !

Aucune cloche n'a sonné  le  dimanche 17 janvier 2010 à Port-au-Prince, où de nombreuses églises et même la cathédrale ne sont plus que ruines,  mais les Haïtiens ont réussi à se rassembler pour remercier Dieu et prier pour les victimes. Même au centre-ville, les fidèles se sont réunis dans une rue adjacente à la cathédrale, dont seule une façade est encore debout avec sa rosace. Représenté sur un vitrail, Jésus semble contempler le désastre.

 

“Je dois transmettre un message d'espoir, car Dieu est parmi nous malgré la tragédie, et la vie n'est pas finie”, explique le père Henry Marie Landasse en préparant la messe. “Il y a des choses difficiles à comprendre si l'on n'a pas la foi”.

Dans ce pays profondément croyant, où plusieurs branches du christianisme cohabitent avec d'autres  pratiques comme le vaudou, le séisme a été considéré par beaucoup comme un signe divin et accueilli avec une résignation surprenante.

Chaque nuit, des cantiques de louange et de grâce s'élèvent des rues où des milliers d'Haïtiens ont trouvé refuge de peur des répliques ou parce qu'ils n'avaient nulle part où dormir.

“Je n'ai pas perdu espoir, ni la foi en Dieu, car je suis vivante”, dit Ismela François, une vieille dame. “Et je suis venue dire merci car la main de Dieu a sauvé ma famille.”

Cette page de l’évangile de Luc et ces témoignages de foi en Haïti, nous invitent à nous remettre en cause nous-mêmes. Nous sommes invités à réfléchir sur les évènements et à les interpréter.

Dans sa lettre aux Corinthiens, Paul nous suggère d’y trouver des avertissements : « Celui qui se croit solide, qu’il fasse attention de ne pas tomber ! » L’histoire sainte est pleine d’enseignements à ce sujet.

Jamais, nous ne pouvons dire que quiconque est puni par Dieu par la mort !  Comment le pourrait-il ? D’autre part, chacun sait que la mort peut nous surprendre à tout instant, et que le temps de la conversion est court. C’est urgent ! Convertissez-vous, croyez en la Bonne nouvelle.  Changez vos cœurs, changez de vie !

« Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux ! » fut la réponse de Jésus à ceux qui lui rapportèrent les faits tragiques, cités par l’évangéliste !

Concrètement, pour tous, se convertir, implique de notre part un  changement de mentalité, et un changement de comportement vis à vis de Dieu, des autres et aussi de soi-même. La conversion est un retour vers Dieu : le sacrement de Réconciliation, reçu avec foi,  nous conduit sur le chemin de relèvement. Par contre, rester dans le péché, c’est se condamner soi-même à une mort beaucoup plus grave que la mort biologique ! En restant dans le péché, l’homme se condamne à périr éternellement.

 lwf0004.gif Michel Houyoux, diacre permanent

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