Onzième dimanche du Temps Ordinaire – Année Paire

Posté par diaconos le 10 juin 2024

Por Que Jesus Falava Por Parábolas - EDUCA

 Jésus prêche en paraboles

# Les paraboles du Nouveau Testament se trouvent dans les trois évangiles synoptiques. Il s’agit de récits allégoriques faits par Jésus de Nazareth et présentant un enseignement moral et religieux. On en dénombre une cinquantaine. Suivant un procédé ancré dans la tradition juive, ces récits entendent présenter des vérités au travers d’éléments de la vie quotidienne ou d’observation de la nature mais s’éloignent chez Jésus de la forme simplement pédagogique d’interprétation de la Loi par les rabbins pour évoquer le Règne de Dieu et les changements qui s’accomplissent au moment de sa venue.

La parabole du semeur est une parabole évangélique racontée dans les trois Évangiles synoptiques: Matthieu XIII, 1-23 ; Marc IV, 1-20 , Luc VIII, 4-15 (ainsi que dans l’Évangile apocryphe selon Thomas. Le semeur, qui représente Jésus, jette les graines dont certaines tombent sur le bord du chemin, sur les roches et dans des buissons d’épines, et la semence est donc perdue; en revanche lorsqu’elles tombent dans de la bonne terre, elles produisent du fruit jusqu’au centuple.

De l’Évangile de Jésus Christ selon Marc

En ce temps-là, parlant à la foule, Jésus disait : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. »  Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ? Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. » Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier. (Mc 4, 26-34)

Jésus prêche enparaboles

Ce livre contient : la bonne nouvelle de Jésus-Christ, qui en est l’objet. Matthieu ouvrit le sien par un titre analogue ; mais, conformément à son but, qui fut d’annoncer aux Juifs la messianité de Jésus-Christ, il l’appela fils de David, fils d’Abraham. Marc donna à son livre une destination plus universelle, nommé Jésus : Fils de Dieu, lui attribuant ainsi dès l’abord sa dignité divine. Tischendorf omit ces mots Fils de Dieu, d’après Codex Sinaiticus Irénée, Origène ; mais comme ils se lurent dans tous les autres manuscrits et toutes les versions anciennes, il faut les conserver. Plusieurs interprètes modernes, à la suite de Bengel, firent des mots : «Commencement de l’Évangile de Jésus-Christ Fils de Dieu, le titre de tout le livre.

L’Église primitive considéra le ministère de Jean-Baptiste comme le point de départ de l’œuvre de notre rédemption : «Depuis le commencement, lors du baptême donné par Jean, jusqu’au jour où il fut enlevé d’auprès de nous. Il faut donc que l’un d’entre eux devienne, avec nous, témoin de sa résurrection» (Ac 1, 22) Jean ne prêcha pas seulement un baptême, il prêcha la loi qui dut réveiller dans les âmes le sentiment du péché et leur faire désirer ce baptême, qui fut pour elles un baptême de repentance, mot qui désigne non seulement la douleur et l’humiliation du péché, mais le changement de dispositions morales qui en résulta : «Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche» (Mt 3, 2)

Ce baptême de repentance eut pour résultat la rémission ou le pardon des péchés. Non que Jean lui-même procurât aux personnes qu’il baptisa le pardon de leurs péchés, mais il annonça la venue très prochaine de Celui qui eut l’autorité de les pardonner et qui baptisa du Saint-Esprit : «Moi, je vous baptise d’eau, pour vous amener à la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu.» (Mt 3, 11) 

Plus la corruption du siècle est grande, plus il importe que les serviteurs de Dieu donnent l’exemple du renoncement à eux-mêmes. Ils prêchent par leur vie plus encore que par leurs paroles. L’évangile de Mathieu et de Luc rapportèrent avec plus de détails la prédication de Jean-Baptiste ; le récit de Marc, plus abrégé que le leur et s’en rapprochant beaucoup dans les termes qu’il employa, renferme des traits caractéristiques qui lui sont propres. Ainsi ce mot : en me baissant, que décrit si bien l’humble attitude de Jean devant Jésus ; ainsi encore, en annonçant qu’il baptisera de l’Esprit Saint. Cette prophétie de Jean, relative au baptême de l’Esprit Saint qu’administra Jésus, montre qu’il fut initié à la nature spirituelle de son règne ; aucun signe extérieur n’en marqua l’avènement.

Dans le Jourdain ; Jésus vit les cieux se fendre, expression énergique qui peignit la scène ; enfin, dans Marc comme dans Luc, la voix divine s’adressa directement à Jésus : «Tu es mon Fils bien-aimé, en toi je me complais.» Marc raconta en ces quelques lignes l’histoire de la tentation dont Matthieu et Luc donnèrent tous les détails. Ainsi cette expression énergique : l’Esprit le jette dehors au désert ; ainsi encore cette mention des bêtes sauvages, qui donna à toute la scène un caractère unique de solitude, d’abandon et de danger.

Marc, de même que Luc, rapporta que Jésus fut tenté durant tout le temps de son séjour au désert, tandis que Matthieu plaça la tentation au terme des quarante jours. Au cours de ses méditations solitaires Jésus fut assailli de pensées contraires à la volonté divine, de suggestions de Satan, qui se résumèrent et se concentrèrent dans les trois assauts suprêmes que Matthieu et Luc nous ont racontés. Ce temps fut alors accompli, annoncé par les prophètes, espérée et désirée par les croyants de l’ancienne Alliance, le temps du salut : «Mais lorsque vint la plénitude des temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme et soumis à la loi de Moïse» (Ga 4, 4)

Ce fut alors que Jésus commença à fonder sur la terre le royaume de Dieu : «Il disait : Repentez vous, car le royaume des cieux est proche. » (Mt 3, 2) Marc seul conserva ce trait caractéristique, que les deux fils de Zébédée laissèrent leur père dans la barque avec les ouvriers.

Diacre Michel Houyoux

Compléments

Diacre Michel Houyoux : cliquez ici pour lire l’article → Catéchèse sur la parabole du semeur (Mt 13, 1-23)

Diacre Michel Houyoux : cliquez ici pour lire l’article → Celui qui reçoit la Parole de Dieu et la comprend, portera beaucoup de fruits.

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Paroisse Notre Dame des Anges : cliquez ici pour lire l’article → 11ème dimanche du temps ordinaire

Prédications (Europe) : cliquez ici pour lire l’article → Lundi de la 11e semaine, année paire – Prédications

Vidéo Regards protestants : cliquez ici → https://youtu.be/vRqchpCtbYs

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Dixième dimanche du Temps Ordinaire – Année Paire

Posté par diaconos le 3 juin 2024

Belzebuth ou Belzebub ou Beelzebuth, by J.A.S. Collin de Plancy, from ...

 Belzéboul, le prince des démons

Le récit de l’Expulsion des démons chez les Gadaréniens se trouve dans les trois Évangiles synoptiques. La scène semble se situer à Gadara, aujourd’hui Umm Qeis en Jordanie, non loin du lac de Tibériade, ou à Gérasa. Saint Jean Chrysostome raconte que ce miracle montre toute la miséricorde, l’œil providentiel qu’a Dieu pour les humains. Et il rajouta : «Nous apprenons encore par cette histoire que Dieu ne veille pas seulement en général sur nous tous, mais sur chacun de nous en particulier. Jésus-Christ le déclara expressément à-ses disciples lorsqu’il leur dit : « Tous les cheveux de votre tête ont été comptés » (Mt 10, 30).

L’abbé Antoni Carol i Hostench axa son homélie sur la liberté humaine. Pour lui autant est grand le pouvoir divin concrétisé par ce miracle, autant est importante la liberté donnée aux personnes de croire en Dieu, ou de ne pas croire, et ce malgré les preuves apportées. Umm Qeis est une ville de Jordanie, dans la province jordanienne d’Irbid à 20 km au nord-ouest de la capitale provinciale Irbid et à 3 km au sud du Yarmouk. Elle est construite à l’emplacement de l’antique ville de Gadara . La ville s’est aussi appelée Antioche ou Antiochia Sémiramis et Séleucie, et faisait partie des cités de la Décapole.

# L’Église considère qu’elle est à l’image de Jésus et est donc elle-même un signe de contradiction, qui comme le Christ rencontre partout de l’opposition. (Ac 28, 22). Le même raisonnement s’applique à ses membres. Selon la Tradition, la plupart des apôtres du groupe des douze moururent de mort violente, exécutés en raison de leur foi : Pierre, André, Philippe, tous trois crucifiés,, Matthieu, Jude, Jacques de Zébédée, Barthélemy, Thomas et Simon le Zélote. De même, les premiers saints furent des martyrs.

Les premiers chrétiens, considérés comme une secte pernicieuse par plusieurs autorités de l’Empire romain, furent en bute à une forte opposition. Ils furent parfois accusés d’être cannibales, car mangeant le Corps du Christ ou athées, ils n’honorèrent pas les dieux romains. Néron en fit des boucs émissaires, et ses successeurs les regardèrent avec méfiance.

Tertullien indiqua : «Elles ne servent à rien, vos cruautés les plus raffinées. Elles sont plutôt un attrait pour notre secte.» Les religieux et religieuses, par leur mode de vie particulier, deviennent selon le pape Benoît XVI, un signe de contradiction pour le monde, dont la logique est souvent inspirée par le matérialisme, l’égoïsme et l’individualisme. 

De l’Évangile selon Marc

En ce temps-là, Jésus revint à la maison, où de nouveau la foule se rassembla, si bien qu’il n’était même pas possible de manger. Les gens de chez lui, l’apprenant, vinrent pour se saisir de lui, car ils affirmaient : « Il a perdu la tête. » Les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : «Il est possédé par Béelzéboul ; c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons.» Les appelant près de lui, Jésus leur dit en parabole : «Comment Satan peut-il expulser Satan ? Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas tenir.   Si les gens d’une même maison se divisent entre eux, ces gens ne pourront pas tenir.

Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé, il ne peut pas tenir ; c’en est fini de lui. Mais personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, s’il ne l’a d’abord ligoté. Alors seulement il pillera sa maison. Amen, je vous le dis : Tout sera pardonné aux enfants des hommes : leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés. Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours.» Jésus parla ainsi parce qu’ils avaient dit : «Il est possédé par un esprit impur.»

Alors arrivent sa mère et ses frères. Restant au-dehors, ils le font appeler. Une foule était assise autour de lui ; et on lui dit : «Voici que ta mère et tes frères sont là dehors : ils te cherchent.» Mais il leur répond : «Qui est ma mère ? qui sont mes frères ?» Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : «Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère.» (Mc 3, 20-35)

Jésus en butte à l’opposition des siens et des scribes

L’accusation des scribes fut introduite par Marc sans que le fait qui en fut l’occasion fusse raconté, tandis que Matthieu et Luc lr racontèrent dans la guérison d’un démoniaque. Marc attribua l’accusation aux scribes, tandis que Matthieu la mit dans la bouche des pharisiens. L’hostilité qui se manifesta contre Jésus ne fut pas locale et accidentelle : elle eut ses inspirateurs à Jérusalem, d’où des émissaires furent envoyés en Galilée pour combattre l’influence de Jésus. Il ne s’agissait pas seulement d’une parole qu’ils laissèrent échapper alors, mais d’une opinion qu’ils cherchaient à répandre parmi la foule. C’était le jugement qu’on portait sur Jésus à Jérusalem, siège principal de la sagesse des scribes (Jn 8, 48; Jn 10, 20).

Marc appela paraboles les diverses images si frappantes dont Jésus se servit dans ce discours pour réfuter l’accusation impie de ses adversaires. Jésus les appela à lui. Sans attendre une attaque directe de leur part, il provoqua lui-même l’occasion de leur montrer l’absurdité de leur accusation.

Les arguments de Jésus furent les mêmes que dans Matthieu, mais l’ordre en fut plus clair ; d’abord une question directe  «Comment Satan peut-il chasser Satan ?» Puis les deux images d’un royaume, d’une maison divisés contre eux-mêmes. Enfin la comparaison frappante de Satan avec l’homme fort dont nul ne peut piller le bien les ustensiles, outils, armes, si d’abord il ne l’a lié (Mt 12, 29 ; Lc 11, 22). Par ces derniers mots, qui rappellent encore une fois l’odieux blasphème prononcé contre Jésus, Marc motiva la déclaration sévère que Jésus fit entendre contre quiconque aura blasphémé l’Esprit Saint. Il n’y aura pas pour lui de pardon, parce qu’il est coupable d’un péché éternel, qui durera toujours, qui ne peut être effacé, ayant sa cause permanente dans l’endurcissement (Mt 12,32). Marc ne fit pas mention, comme Matthieu et Luc, du blasphème contre le fils de l’homme.

Diacre Michel Houyoux

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Aleteia : cliquez ici pour lire l’article → Les pharisiens

Interbible.org. : cliquez ici pour lire l’article → Béelzéboul

Vidéo  Alain Jacques : cliquez ici → https://youtu.be/qE72PQu4WeY

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Saint Justin de Naplouse

Posté par diaconos le 1 juin 2024

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Saint Justin de Naplouse

Justin de Naplouse vint au monde à Flavia Neapolis, actuelle Naplouse en Cisjordanie vers le début du IIe siècle fut un apologète et philosphe chrétien. Après s’être essayé à différentes doctrines philosophiques, Justin se convertit au christianisme qu’il considéra comme la forme la plus achevée de l’enseignement philosophique et s’engagea dans une carrière de philosophe et de prêcheur itinérant.

De naissance libre, il était citoyen romain, sa famille paternelle, dont l’ascendance évoque une origine païenne, semble issue de colon grecs romanisés arrivés sur place à la suite de l’écrasement de la révolte. Le fait qu’il déclara appartenir à la race des samaritains rendit plausible l’hypothèse selon laquelle une partie de ses racines furent également présentes de longue date en Samarie.

Il ouvrit une école à Rome où il composa une grande partie de son œuvre apologétique qui, rédigée en langue grecque, à l’exception de deux Apologies adressées à l’empereur Antonien le Pieux et ses fils ainsi que du Dialogue avec Tryphon, considérés comme témoins des premiers jalons dans la séparation entre le christianisme et le judaïsme.

Condamné au terme d’un procès instruit par le préfet et philosophe romain Junius Rusticus, il subit le martyre à une date inconnue de la seconde moitié du IIe siècle. Reconnu Père de l’Église, il est célébré depuis l’Antiquité comme saint et martyr par l’Église orthodoxe le 1er juin, rejointe par l’Église catholique depuis 1969.

Biographie

La documentation biographique concernant Justin est essentiellement constituée des éléments autobiographiques que l’on trouve dans ses écrits, dont les tournures fort stylisées ne peuvent garantir l’authenticité du propos Cette base est complétée par des Actes du martyre de Justin et de ses compagnons, dont trois recensions nous sont parvenues, ainsi que d’éléments rapportés par Eusèbe de Césarée dans son Histoire de l’Église et par Épiphane de Salamine.

D’après l’adresse aux empereurs qui introduit son Apologie, Justin était le fils d’un certain Priscus lui-même fils d’un certain Baccheios, tous deux originaires de Flavia Neapolis, une ville nouvelle de Samarie fondée dans la province de Judée par Vespasien au lendemain de la Grande révolte Juive (66-70) non loin des ruines de Sichem.

Justin, était complètement héllénisé, affirma être non circoncis, car il n’était ni samaritain ni juif de religion. Il ne témoigna d’aucune connaissance particulière de la religion samaritaine, son ignorance de l’hébreu fut en revanche questionnée

Il était au courant de certaines interprétations rabbiniques et de croyances qui leur étaient liées : sa bonne connaissance du judaïsme en général et de la Septante en particulier ainsi que la proximité tant de ses modes de raisonnement que de son exégèse avec les pratiques des rabbins attestèrent soit d’une grande familiarité avec cet univers, soit d’une initiation de bonne heure et approfondie avec des éléments Judéo-chrétiens.

Justin s’assimila à la culture hellénistique dont il étudia la philosophie et aux divinités de laquelle il crut. Après avoir reçu une formation à dominante littéraire, classique à l’époque, il partit à la recherche des réponses aux questions essentielles qu’il se posait : il s’engagea ainsi qu’il l’exposa dans les premiers chapitres du Dialogue avec Tryphon, dans une laborieuse recherche de la vérité auprès de différents maîtres philosophes dont il releva déçu les faiblesses, la suffisance du stoïcien, l’âpreté au gain du péripatéticien et les prétentions encyclopédiques du pythagoricien.

Il trouva enfin un certain contentement auprès d’un platonicien des plus éminents, auprès duquel il adhéra au platonisme moyen dont il estima que ce fut l’unique philosophie qui s’élevait au-dessus des choses matérielles et permit d’ immédiatement accéder à la vision de Dieu, car tel est le but de cette philosophie.

L’acquisition de cet enseignement philosophique de niveau supérieur lui fut précieux par la suite pour dialoguer efficacement avec l’élite intellectuelle de son temps. Peu après la révolte de Bar Kokhba (132-135), qu’au terme de ce parcours éclectique, habituel à l’époque, les nouvelles certitudes de Justin furent bouleversées par la rencontre d’un antique vieillard chrétien, non loin de la mer, dans une ville portuaire de Méditerranée, à Éphèse, Césarée, Naplouse ou Corinthe.

Justin se convertit au christianisme à la rencontre de ce didascale âgé qui lui fit connaître les Écritures et leur véritable sens, rapportant en outre son admiration du comportement exemplaire des chrétiens ainsi que du courage des martyrs devant la mort.

Après cette conversion, tout en continuant de porter le tribon, nom grec du pallium des philosophes, Justin s’engagea dans une carrière de didascale privé et de prêcheur itinérant, enseignant la doctrine chrétienne dans des milieux jusque là peu atteints par les prosélytes, notamment auprès des cercles cultivés.

Julien se présenta comme un philosophe et parlant du christianisme comme d’une forme plus achevée de l’enseignement philosophique, une doctrine conforme à la raison et à la vérité dans la plus pure tradition de la philosophie grecque.

Loin de la superstition, le christianisme fut pour Justin l’école de philosophie par excellence, celle qui intégra la philosophie des autres et fit partie d’une des formes les plus hautes de la pensée, constituant l’aboutissement divin de tout effort de réflexion humaine.

« Prêchant la parole de Dieu et combattant dans ses ouvrages pour la défense de la foi », Justin voyagea beaucoup et, d’après les Actes de Justin, fit deux longs séjours à Rome, entrecoupés d’un retour en Orient.

À Rome, Justin s’opposa au philosophe stoïcien Crescens le Cynique dans une controverse publique dont l’issue l’obligea à quitter la ville et il y composa, vers 155, une des Apologies qui nous est parvenue, adressée à l’empereur Antonin, à ses fils adoptifs Verissymus, le futur Marc Aurèle et Lucius Verus ainsi qu’au Sénat.

Lors de son deuxième séjour, peut-être à l’époque d’Antonien le Pieux, il s’installa dans la capitale et, à l’instar de maîtres valentiniens, carpoceatiens ou de personnalités comme Marcion et les addoptianistes Théodote le Corroyeur suivi de son disciple Théodote le Banquier, ouvrit sa propre école de philosophie au-dessus d’un établissement de thermes.

Il y reçut tout individu désireux de le rencontrer et y enseigna l’exégèse des Écritures en vertu d’un don d’interprétation, une grâce qu’il revendiqua. D’après son témoignage lors de son procès, Justin dit qu’il faisait partie de groupes domestiques de taille encore réduite, provenant tant de la campagne que de la ville et se réunissant en différents lieux de la capitale en des assemblées auxquels les membres étaient libres de s’affilier. Justin mentionna l’existence de prophètes, de  diacres et d’une personne qui préside les célébrations eucharistiques et administre les ressources, l’organisation de ces communautés étaient embryonnaire et les fonctions peu établies.

On y releva la présence notable de personnes fortunées qui venaient en aide aux veuves, orphelins et plus généralement aux personnes dans le besoin.

Ce fut à Rome que Justin composa la plupart de ses œuvres, son Dialogue avec le juif Tryphon fut composé entre ses deux séjours romains, et il exerça une certaine influence au sein la communauté chrétienne locale au point que, bien qu’on ne puisse en définitive en mesurer la portée réelle.

On lui attribua un rôle important dans l’exclusion de Marcion dont il condamna virulemment le dithéisme et contre lequel il composa un traité. Justin dénia la qualité de chrétien à Simon le Sage et à son disciple Ménandre qui se trouvaient à Rome.

Procès et exécution

Bien qu’il fut bien intégré au sein de l’élite culturelle romaine, les prises de position de Justin l’amenèrent à comparaître devant les autorités de la Ville. Probablement assez proche des procès-verbaux originaux, ces comptes-rendus exposèrent pour la première fois, du point de vue d’un accusé chrétien, le problème du fondement légal en droit romain d’une persécution.

Si l’on suit les Actes de Justin, le maître chrétien aurait contrevenu à des ordonnances impies sur l’idolâtrie, une nouvelle législation édictée par Marc Aurèle, ordonnant aux sujets d’un Empire mis à mal par différentes menaces de sacrifier aux dieux dans le but de reconstituer une union sacrée et la pax deodorum. Les contrevenants refusant de rejoindre la communauté et son espace sacrificiel furent alors considérés comme séditieux.

Une autre version, reprise par Eusèbe, évoqua une affaire plus locale l’opposant à son collègue philosophe Crescens qui l’aurait dénoncé aux autorités ainsi que certains de ses disciples, soupçonnant la propagation prosélyte d’une doctrine déviante, matérialisée par ses Apologies en défense du christianisme.

En tout état de cause, Justin comparut devant le préfet de la ville qui était chargé tant de l’application de la loi que du maintien de l’ordre. À cette époque, le philosophe stoicien J938

Runius Rusticus, maître et ami de l’empereur Marc Aurèle, qui exerça la fonction, entre 163 et 168. Justin comparut en présence de six autres chrétiens, une femme nommée Charitô et son père Chariton, ainsi que quatre hommes dont l’esclave impérial Evelpistos, originaire de Cappadoce, le Phrygien Hiérax, Pæon et Liberianus, lors d’un procès qui nous est connu par les Actes de Justin.

L’interrogatoire mené par Rusticus montra que celui-ci considère Justin comme un pair et l’interroge lui-même comme un philosophe. L’interrogatoire des accusés, qui plaça le débat sur un plan philosophique plutôt que religieux, laissa transparaître la crainte d’un prosélytisme que récusèrent les compagnons de Justin. Ce fut sa profession de foi devant le magistrat qui, teintée d’eschatologie, entraîna la condamnation à mort de Justin.

Suivant la tradition, Justin subit le m artyre avec six de ses compagnons à une date imprécise de la seconde moitié du IIe siècle, le Chronicon d’Eusèbe évoquant l’année 154 et le Chronicon Pascale, l’année 165, peu après que Justin adressa à Marc Aurèle une Apologie dont le contenu contribua à sa condamnation. Ses disciples Tatien le Syrien, originaire de l’Adiabène, puis Rhodon, originaire d’Asie Mineure, poursuivirent son enseignement à Rome et on doit au premier un Diatessaron, une harmonisation des quatre évangiles qui fut en usage dans les Églises de langue syriaque jusqu’au Ve siècle.

Le Martyrologe hiéronymien fixe la célébration du martyre de Justin à la date du 14 avril. Depuis la réforme liturgique de 1969-1971, l’Église catholique romaine célèbre Justin comme saint le premier juin, tout comme l’Église orthodoxe.

Diacre Michel Houyoux

Vidéo Saint Julien : cliquez ici https://youtu.be/rUaAp4Cbrt4

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Jeudi de la huitième semaine du Temps Ordinaire – Année B

Posté par diaconos le 30 mai 2024

Jesus heals Bartimaeus, a blind man begging outside Jericho. (Mark 10: ...

 

Bartimée dont le nom signifie : fils de Timée en araméen, est, dans les évangiles, un aveugle guéri par Jésus à l’entrée de Jéricho. Cet épisode existe dans les trois évangiles synoptiques Marc, Mathieu et Luc, mais le nom de Bartimée n’apparaît que chez Marc. Bartimée supplie : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi. »

# Les miracles furent nombreux dans la littérature antique juive et gréco-latine : les inscriptions rapportèrent des guérisons miraculeuses à Épidaure, le sanctuaire grec du dieu de la médecine Asclépios ; les Romains eurent leurs guérisseurs comme Apollonius de Tyane, les juifs leurs rabbis thaumaturges comme Honi HaMe’aguel ou Hanina ben Dossa.

Pour Daniel Marguerat : il s’est avéré que dans la variété de leurs motifs et de leurs personnages, ces récits se présentaient comme les variations infinies d’un même genre, stéréotypé, que l’on retrouve en abondance dans la culture gréco-romaine.

Flavius Josèphe, tout comme certaines sources rabbiniques plus proches et le Nouveau Testament, conserva le souvenir de ces individus. Un certain Eléazar chassait les démons des possédés ; Hanina ben Dosa de Galilée guérissait à distance ; l’historien Geza Vermes vit un parallèle frappant entre ce pouvoir thaumaturgique et celui attribué à Jésus dans l’épisode de la guérison du fils d’un officier, où Jésus fut censé agir à distance. D’autres charismatiques commandaient à la nature : Honi, le traceur de cercles dans Josèphe, et son petit-fils Hanan étaient réputés pour faire venir la pluie.x

Ces faiseurs de pluie étaient conscients de leur relation privilégiée avec Dieu : Hanan le faiseur de pluie allait même jusqu’à prier pour que son auditoire fît la distinction entre lui et celui qui accordait véritablement la pluie, le Abba [le Père] au ciel. Bartimée dont le nom signifie « fils de Timée » en araméen, fut le nom de l’aveugle guéri par Jésus à l’entrée de Jéricho. Cet épisode existe dans les trois évangiles synoptiques (Marc, Matthieu et Luc), mais le nom de Bartimée n’apparaît que chez Marc.. Bartimée supplia : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi. » La valeur des miracles comme étant des  signes, affirmée dans le Nouveau Testament, rejoint sur ce point l’analyse des historiens, pour qui ils ne fussent pas une description objective des faits mais une façon d’exprimer une vérité religieuse.

Daniel Marguerat indiqua en ce sens que le récit de miracle est un langage religieux connu de l’Antiquité, et qu’il est porteur d’une ambition bien plus forte que de rappeler un fait merveilleux du passé ; ce langage vit de protester contre le mal. Cet épisode peut être lu comme une parabole de la découverte de la foi. Ainsi, au départ, Bartimée fut aveugle, assis au bord du chemin. À la fin, Bartimée fut  voyant et suivit Jésus sur le chemin. 

De l’Évangile de Jésus Christ selon Marc

En ce temps-là, tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin.     Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! »     Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! » Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. »     L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus.

Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! »     Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin. (Mc 10, 46b-52)

L’aveugle Bartimée

Marc seul fit connaître par son nom, et même par le nom de son père, ce mendiant aveugle. Bartimée signifie fils de Timée, ces noms patronymiques, Bartholomée, Barsabas, tenaient lieu de noms propres. L’aveugle guéri par Jésus devint un chrétien connu dans l’Église apostolique ; son nom fut conservé par la tradition. «Grande foi de cet aveugle qui invoqua comme fils de David celui que le peuple lui annonça comme le Nazaréen.» (Bengel)

Le nom de fils de David qu’e Marc donna à Jésus montre combien était alors répandue dans le peuple la conviction que Jésus était le Messie. on entend ces diverses paroles d’encouragement prononcées par diverses voix dans la foule, cette même foule qui, il y a un instant, voulait empêcher l’aveugle de crier. Ce fut que la compassion dont Jésus fut ému, et qui le fit s’arrêter à la tête de son nombreux cortège en entendant les cris de ce pauvre mendiant, cette compassion pénétra dans les cœurs. Rien n’est plus contagieux que le vrai amour.

Répondant au mouvement qui conduisit l’aveugle vers Jésus et à la foi qui anima Bartimée la question de Jésus n’eut d’autre but que d’encourager le malheureux et de le mettre en contact personnel avec son libérateur. Ce but fut atteint ; le cri de Rabbouni (mon Maître), certifia  toute sa confiance. Selon Marc et Luc, Jésus rendit la vue à l’aveugle uniquement par sa parole puissante et créatrice et sans toucher ses yeux. Cette foi qui ouvrit son cœur à la puissance divine de Jésus, devint pour lui la source d’une grâce infiniment plus grande que le recouvrement de la vue. Bartimée suivit Jésus dans le chemin, il se joignit au cortège qui allait l’acclamer avec des transports de joie comme le Messie et le Sauveur. Luc nota qu’il glorifiait Dieu au milieu de tout le peuple qui s’associait à ses actions de grâce.

Diacre Michel Houyoux

Complément

Diacre Michel Houyoux : cliquez ici pour lire l’article → Que veux-tu que je fasse pour toi ? – Seigneur, que je retrouve la vue

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Abbaye de Scourmont – Belgique : cliquez ici pour lire l’article →  Homélie pour le jeudi de la huitième semaine du Temps Ordinaire – Année Paire

Père Jean Compazieu   : cliquez ici pour lire l’article →     Humour

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Vidéo  Lectio Divina cliquez ici → https://youtu.be/vgJHYk3qv8A

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